Portail Wallonie.be| Portail Environnement| Fédération Wallonie-Bruxelles

105 - Marais de la Cussignière

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Marais de la Cussignière
Communes :Musson
Cantonnements DNF :Virton
Surface : ha
Coordonnées :X Lambert : 243746 - Y Lambert : 27861
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

Le marais de la Cussignière se loge dans l'extrême sud de la Lorraine belge, sur le territoire communal de Musson, à 1,5 km au sud de Mussy-la-Ville et à mi-distance entre les villages frontaliers de Baranzy (à l'est) et de Signeulx (à l'ouest). On se trouve en effet ici aux confins de la province de Luxembourg et du département français de Meurthe-et-Moselle. La confluence de plusieurs ruisseaux, dont le ruisseau de Cussigny venant de France, et le ruisseau de la Batte, issu de Belgique, y a constitué une plaine d'une soixantaine d'hectares jadis occupée par des prairies basses puis transformées en marais suite à leur abandon dans le courant des années 1950 causé par l'obstruation partielle du ruisseau de Cussigny. Différents types de végétations s'y sont progressivement installés: roselières, cariçaies, mégaphorbiaies, prairies de fauche humides, fourrés de saules, bois marécageux, etc. Le site est vite devenu attractif pour l'avifaune des milieux humides et a notamment accueilli la nidification du rare busard cendré (Circus pygargus), attirant nombre de naturalistes et éveillant l'intérêt d'une jeune association, les Réserves Naturelles et Ornithologiques de Belgique, qui a commencé a y acquérir des terrains dès 1968 afin de constituer un territoire protégé apte à assurer l'avenir du marais et des espèces associées. Aujourd'hui, la réserve couvre une quarantaine d'hectares et la Région wallonne en a agréé la presque totalité. Un sentier en caillebotis permet de traverser le marais de part-et-d'autre, en toute sécurité. Outre son statut de réserve naturelle agréée, le marais de la Cussignière a été intégré dans le site Natura 2000 BE34067 "Forêts et marais bajociens de Baranzy à Athus".

Carto

Régions naturelles

  • M0 - Lorraine belge

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
BleidVIRTON (partim ???)LUXEMBOURG
MussonMUSSONLUXEMBOURG
Mussy-la-VilleMUSSONLUXEMBOURG

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
VirtonArlon

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Privé(s) Oui  ONG Oui  Communes Non  Région Non  Autres publics Non

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6732Marais de la Cussignière34.6454 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Eptesicus serotinusOuiOuiTerrain de chasse2008GT Plecotus
Meles melesOuiNon
Myotis bechsteiniiOuiOuiTerrain de chasse2008GT Plecotus
Myotis brandtiiOuiOuiTerrain de chasse2008GT Plecotus
Myotis daubentoniiOuiOuiTerrain de chasse2008GT Plecotus
Myotis mystacinusOuiNonTerrain de chasse2008GT Plecotus
Pipistrellus pipistrellusOuiOuiTerrain de chasse2008GT Plecotus
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Acrocephalus schoenobaenusOuiOui2008J.-P. Jacob, R. Dujardin
Alcedo atthisOuiNon2020Divers obs.
Anas creccaNonOuiHiv. (1-100 ex.)2010H. Baltus
Anas querquedulaOuiOuiHalte migr.2010Divers obs.
Anthus pratensisOuiOui4 ex.2012J.-P. Rolin
Ardea albaOuiNonHiv.-dortoir (1-15 ex.)2020Divers obs.
Cettia cettiOuiNon
Circus aeruginosusOuiOuiNicheur possible2018Divers obs.
Circus cyaneusOuiOuiA niché
Circus pygargusOuiOuiA niché
Cuculus canorusOuiOui2016R. Cors
Emberiza schoeniclusOuiNonNicheur2016H. Baltus, P. Verté, R. Cors
Falco tinnunculusOuiNon
Fulica atraNonNonHivernant-migrateur2020H. Baltus
Gallinago gallinagoOuiOuiHiv.-migr. (1-40 ex.)2020Divers obs.
Jynx torquillaOuiOui
Lanius collurioOuiNonNicheur2020Divers obs.
Lanius excubitorOuiOui2001R. Dujardin
Limosa limosaOuiNonHalte migr.
Locustella luscinioidesOuiOuiNicheur (1-2 couples)2013Divers obs.
Lymnocryptes minimusOuiNonHiv.-migr. (max. 10 ex.)2018Divers obs.
Milvus migransOuiOuiNicheur probable2020Divers obs.
Milvus milvusOuiOui
Oriolus oriolusOuiOui
Picus viridisOuiNonNicheur probable2009H. Baltus
Rallus aquaticusOuiNon2013Divers obs.
Saxicola rubetraOuiOuiA niché - halte migr.2020Divers obs.
Saxicola rubicolaOuiNonNicheur2020Divers obs.
Serinus serinusOuiOui
Upupa epopsOuiOuiMigrateur
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Ichthyosaura alpestrisOuiNon
Pelophylax kl. esculentusOuiNon2016H. Baltus
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon2020Divers obs.
Coronella austriacaOuiOui2002S. Bocca
Lacerta agilisOuiOui2011S. Bocca
Natrix natrixOuiOui2008E. Graitson
Zootoca viviparaOuiNon2020Divers obs.
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Apatura iliaNonNon2012S. Bocca
Apatura irisNonNon2008P. Verté
Aporia crataegiNonNon2019Divers obs.
Brenthis inoNonNon2020Divers obs.
Cyaniris semiargusNonNon2020Divers obs.
Lycaena disparOuiOui2020Divers obs.
Lycaena tityrusNonNon2020Divers obs.
Melanargia galatheaNonNon2020Divers obs.
Satyrium pruniNonNon2018Divers obs.
Invertébrés - Insectes - Libellules
Coenagrion mercurialeOuiOui2020ADivers obs.
Invertébrés - Insectes - Coléoptères
Anastrangalia sanguinolenta2016R. Cors
Invertébrés - Insectes - Orthoptères
Conocephalus dorsalis2016P. Goffart, R. Cors
Metrioptera roeselii2016R. Cors
Oedipoda caerulescens10 au stage imago2013S. Pierret
Stethophyma grossum2016P. Goffart, R. Cors
Plantes - Plantes supérieures
Berula erecta2016Divers obs.
Carex acuta
Carex vesicaria
Colchicum autumnale2013P. Verté
Dianthus deltoides15 pieds2008P. Verté
Dipsacus pilosus2016H. Baltus
Lamium maculatum2016H. Baltus
Lathyrus aphaca
Rumex hydrolapathum2020Divers obs.
Scrophularia umbrosa

Commentaires sur la faune

Mammifères (données M. Henrion, 1998 + divers obs. 2000-2020): Eptesicus serotinus, Lepus europaeus, Meles meles, Mustela erminea, Mustela nivalis, Myocastor coypus, Myotis bechsteinii, Myotis brandtii, Myotis daubentonii, Myotis mystacinus, Pipistrellus pipistrellus, Procyon lotor, Talpa europaea, Vulpes vulpes.

Oiseaux (données R.-M. Lafontaine, 1998 + divers obs. 2000-2020): Acrocephalus palustris, Acrocephalus schoenobaenus, Alcedo atthis, Anas clypeata, Anas crecca, Anas platyrhynchos, Anas querquedula, Anthus pratensis, Ardea alba (hiv.), Ardea cinerea, Buteo buteo, Cettia cetti, Circus aeruginosus, Circus cyaneus, Circus pygargus, Cuculus canorus, Emberiza schoeniclus, Falco tinnunculus, Fulica atra, Gallinago gallinago (hiv.), Jynx torquilla, Lanius colllurio, Lanius excubitor, Limosa limosa (migr.), Locustella luscinioides, Locustella naevia, Luscinia megarhynchos, Lymnocryptes minimus (hiv.), Milvus migrans, Milvus milvus, Oriolus oriolus, Picus viridis, Rallus aquaticus, Saxicola rubetra (migr.), Saxicola rubicola, Serinus serinus, Sylvia atricapilla, Sylvia borin, Sylvia communis, Sylvia curruca, Turdus merula, Turdus pilaris, Upupa epops (migr.), Vanellus vanellus.

Reptiles (données J.-P. Jacob 1998 + divers obs. 2000-2020): Anguis fragilis, Coronella austriaca, Lacerta agilis, Natrix natrix, Zootoca vivipara.

Amphibiens (données J.-P. Jacob 1998 + divers obs. 2000-2020): Bufo bufo, Ichthyosaura alpestris, Pelophylax kl. esculentus, Rana temporaria.

Orthoptères (P. Goffart, 1994; R. Cors, 2016): Chorthippus parallelus, Chrysochraon dispar, Conocephalus dorsalis, Conocephalus fuscus, Metrioptera roeselii, Oedipoda caerulescens, Phaneroptera falcata, Pholidoptera griseoaptera, Stethophyma grossum, Tetrix subulata, Tettigonia viridissima,

Papillons diurnes (données divers obs. 2000-2020): Aglais urticae, Anthocharis cardamines, Apatura ilia, Apatura iris, Aphantopus hyperantus, Aporia crataegi, Araschnia levana, Aricia agestis, Brenthis ino, Carcharodus alceae, Celastrina argiolus, Coenonympha pamphilus, Colias croceus, Colias hyale, Cupido argiades, Cyaniris semiargus, Gonepteryx rhamni, Inachis io, Lasiommata megera, Leptidea sp., Limenitis camilla, Lycaena dispar, Lycaena phlaeas, Lycaena tityrus, Maniola jurtina, Melanargia galathea, Ochlodes sylvanus, Papilio machaon, Pararge aegeria, Pieris brassicae, Pieris napi, Pieris rapae, Polygonia c-album, Polyommatus icarus, Pyronia tithonus, Satyrium pruni, Thecla betulae, Thymelicus lineola, Vanessa atalanta, Vanessa cardui.

Libellules (données divers obs. 2000-2020): Aeshna cyanea, Anax imperator, Calopteryx splendens, Calopteryx virgo, Coenagrion mercuriale, Coenagrion puella, Enallagma cyathigerum, Ischnura elegans, Libellula depressa, Libellula quadrimaculata, Orthetrum cancellatum, Platycnemis pennipes, Pyrrhosoma nymphula, Sympetrum sanguineum, Sympetrum striolatum, Sympetrum vulgatum.

Espèces exotiques

Plantes: Alnus incana, Impatiens glandulifera, Picea abies, Populus x canadensis, Solidago gigantea.

Oiseaux: Alopochen aegyptiaca, Branta canadensis, Harmonia axyridis, Myocastor coypus, Procyon lotor.

Conservation

Objectifs de conservation

Conservation d'un marais de grand intérêt ornithologique et entomologique.

Menaces

Différentes menaces ou atteintes ont existé par le passé. Dans l'ouvrage "Les plus belles réserves naturelles de Belgique" (1986), il est notamment fait mention du fait suivant: ''Situé en aval d'une usine métallurgique française (Gorcy), le ruisseau a subi, il y a quelques années, une pollution très importante à l'acide chlorhydrique. Des quantités considérables d'acide ont été libérées par erreur et ont traversé le marais pour terminer leur course dans la Vire où elles ont provoqué, on s'en doute, des dégâts piscicoles très graves". Actuellement cette menace n'est plus d'actualité.

Pour la petite histoire, signalons que durant les années 1980 ou 1990, l'armée mena des manoeuvres sur le site. Cependant, un char s'enlisa jusqu'à la tourelle, puis la grue amenée pour le désembourber connut le même sort, au grand amusement des villageois accourus pour voir le spectacle.

L'usage des prairies situées en bordure du marais continue à s'intensifier. En outre, fin des années 1980, un permis de creusement d'étang a délivré sur une parcelle privée située en pleine zone noyau de ZPS (!) et ce malgré les avis négatifs remis à l'époque par la Division Nature et Forêts, la commune de Musson et les RNOB. Il s'agit de l'étang situé au nord de la réserve, entre la route N88 et le ruisseau de la Batte.

A noter encore que dans le prolongement de la réserve en territoire français subsiste une importante pression de chasse. Les chasseurs interviennent dans le contrôle du niveau de l'eau, contribuant davantage à l'assèchement du site côté belge. L'alimentation insuffisante en eau du site semble actuellement être la principale menace qui pèse sur son intérêt biologique en tant que marécage.

Recommandations

Agrandissement et consolidation de la réserve naturelle par l'acquisition de parcelles supplémentaires.

Plan de gestion

Un plan de gestion détaillé a été réalisé dans le cadre de la demande d'agrément de la réserve naturelle. Il est disponible auprès de Natagora ainsi qu'au Cantonnement DNF de Virton.

Accès du public

Le marais de la Cussignière est une zone marécageuse où il peut être difficile de circuler en toute sécurité. C'est pourquoi un sentier en caillebotis a été restauré en 2019 par Natagora en vue de permettre au public la traversée du site en facilitant la découverte de ses richesses naturelles. Ce sentier se trouve dans le prolongement d'un chemin communal qui va de l'ancienne gare de Signeulx (à l'ouest) jusqu'à la rue Firmin Dieudonné, à Baranzy (à l'est). Le public y est informé à l'aide de différents panneaux didactiques.

En dehors de ce sentier, l'accès est limité aux visites guidées dont le programme est diffusé par Natagora ainsi que dans la presse locale et associative. Des visites guidées spéciales pour groupes sont organisées sur demande. Des journées et chantiers de gestion sont également programmés pour permettre à ceux qui le souhaitent de participer activement à la gestion de la réserve.

Les véhicules motorisés et vélos tout terrain ne seront pas admis dans la réserve, à l'exception des engins agricoles et autres destinés à la gestion du site (fauche, débroussaillage, ...).

Les études scientifiques seront suscitées et menées après accord de la commission de gestion.

Pour des motifs de sécurité publique, de protection d'espèces ou de travaux de gestion, le Cantonnement DNF de Virton, chargé de la surveillance, peut interdire temporairement certains accès au site.

Voir aussi https://www.natagora.be/reserves/marais-de-la-cussigniere

Détails

Description physique

Le marais de la Cussignière se loge dans l'extrême sud de la Lorraine belge, sur le territoire communal de Musson, à 1,5 km au sud de Mussy-la-Ville et à mi-distance entre les villages frontaliers de Baranzy (à l'est) et de Signeulx (à l'ouest). Il s'étend sur une soixantaine d'hectares à la confluence des ruisseaux des Ecrevisses et de La Batte avec le ruisseau de Cussigny (ou de Gorcy) puis avec la Vire (ou Fausse Eau) qui tracent ici la frontière entre la province de Luxembourg et le département français de Meurthe-et-Moselle. Le marais se prolonge d'ailleurs côté français en direction de Cussigny.

Le site est traversé d'est en ouest par la ligne de chemin de fer Virton-Athus, sur près de 900 m. Il est également longé au sud-ouest par l'embranchement de cette ligne qui rejoint la ville française de Gorcy. Le marais est limité au nord par la route N88 Athus-Florenville. En outre, un étang privé de 1,5 ha s'étend au nord du marais, entre les ruisseaux de La Batte et des Ecrevisses et la N88.

Se trouvant à 230 m d'altitude, le marais repose sur les alluvions des différents ruisseaux qui le traverse. Au sud, le sol se relève et l'on rencontre les assises du Virtonien et du Toarcien puis la cuesta bajocienne.

Description biologique

Le marais de la Cussignière est l'une des zones humides les plus intéressantes de Lorraine belge. Installé à la conjonction de plusieurs ruisseaux, le site regroupe une mosaïque d'habitats alluviaux et palustres et s'est établi à l'endroit d'anciens prés de fauche retournés à l'état sauvage. Suivant le niveau du sol et la hauteur de la nappe d'eau, on y distingue ainsi des éléments du Phragmition, du Filipendulion, du Magnocaricion, etc. Les observations naturalistes sont nombreuses et permettent d'avoir un aperçu relativement précis et détaillé de la végétation en place et du peuplement faunistique local. La description présentée ici est toutefois très imparfaite et demande à être complétée sur base d'éléments plus récents. Elle concerne essentiellement les parcelles situées dans les limites de la réserve naturelle.

Des relevés phytosociologiques effectués le 25 juillet 1990 (J. Saintenoy-Simon et al.) comprennent les cortèges floristiques suivants:

- un groupement du Filipendulion dans une ancienne prairie, avec Angelica sylvestris (2.2), Epilobium hirsutum (2.2), Arrhenatherum elatius (2.2), Filipendula ulmaria (1.2-3.3), Lathyrus pratensis (2.2), Cirsium palustre (2.2), Valeriana officinalis (1.2), Urtica dioica (1.2), Galium aparine (1.2), Carex disticha (1.2), Lychnis flos-cuculi (+), Scirpus sylvaticus, etc.

- une cariçaie (Caricetum distichae) regroupe Carex disticha (5.5), Juncus inflexus et J. effusus (1.2), Cirsium palustre (1.1), Scrophularia umbrosa subsp. neesii (1.2), Carex hirta (1.1), Rumex conglomeratus (1.1), Mentha aquatica (1.1), Caltha palustris, Iris pseudacorus, etc.

- une magnocariçaie à Carex acuta (Caricetum gracilis) occupe une grande partie du site, incluant quelques touradons de Carex paniculata. On y trouve également Epilobium parviflorum, Epilobium ciliatum, Calystegia sepium, ...

- de vastes roselières à Typha latifolia (Typhetum latifoliae) occupent également le site. A côté de Typha latifolia (3.3), on y observe Lycopus europaeus (3.3), Epilobium hirsutum (1.2), Solanum dulcamara (1.2), Carex disticha (1.2), Mentha aquatica (1.2), Cirsium palustre (1.1), Rumex conglomeratus (1.1), Juncus effusus (1.2), etc.

- un groupement à Phalaris arundinacea (Phalaridetum) existe également içi et là, ainsi que des jonchaies à Juncus effusus (Agropyro-Rumicion crispi).

- des peuplements d'hélophytes et de plantes rivulaires le long d'un ruisselet et de drains, dont Sparganium erectum, Rorippa palustris, Juncus articulatus, J. effusus var. compactus, Rumex hydrolapathum, Myosoton aquaticum, etc.

- des fourrés de saules ici et là, constitués de Salix alba, Salix x multinervis, Salix viminalis, Salix purpurea subsp. lambertiana, etc. (Salicion triandro-viminalis).

A proximité de l'abri du chemin de fer, poussent en outre Achillea ptarmica, Hypericum desetangsii, Stellaria graminea, Galium mollugo, Tanacetum vulgare et des fourrés de Prunus spinosa, tandis qu'une station de Berula erecta existe dans un fossé situé au pied des voies ferrées traversant le marais d'est en ouest. Sur ces dernières poussent également Linaria repens ainsi que diverses autres plantes thermophiles, non présentes dans le marais.

La réserve comporte deux parcelles de prairies attenantes situées à l'extrémité sud du site, près du lieu-dit "Petit Gayet". La prairie la plus orientale est cernée partiellement par une épaisse haie et a été plantée d'une quinzaine d'arbres fruitiers hautes tiges. La strate herbacée regroupe Arrhenatherum elatius, Lathyrus pratensis, Dactylis glomerata, Geranium dissectum, Convolvulus arvensis, Knautia arvensis, Phleum pratense, Plantago lanceolata, Cirsium arvense, Heracleum sphondylium, Vicia sepium, Anthriscus sylvestris, Cerastium fontanum, Lotus corniculatus, Centaurea jacea, Malva moschata, etc.

La parcelle ouest, en contact avec la saulaie marécageuse, est plus humide et est composée d'espèces des prairies de fauche peu amendées comme Crepis biennis, Centaurea jacea, Arrhenatherum elatius, Trifolium pratense, Alopecurus pratensis, Rhinanthus minor, Prunella vulgaris, Stellaria graminea, Cynosurus cristatus, Anthoxanthum odoratum, Hypochaeris radicata, Holcus lanatus, Heracleum sphondylium, mais également des plages de Carex acuta et des espèces de prairies humides et de roselières dont Lythrum salicaria, Cirsium palustre, Juncus effusus, Juncus acutiflorus, Phalaris arundinacea, Valeriana officinalis, Rumex hydrolapathum, Epilobium tetragonum, Urtica dioica, Calystegia sepium, etc.

La bande de terre s'étendant vers Signeulx entre la ligne de chemin de fer et la Vire frontalière, est principalement occupée par des pâtures ainsi que, à la confluence du ruisseau des Ecrevisses avec la Vire, par une prairie de fauche abandonnée. Située hors réserve, mais dans le site Natura 2000, cette dernière comporte, selon un relevé datant de 2007 (obs. P. Verté): Pimpinella major, Rumex acetosa, Ranunculus repens, Ranunculus acris, Alopecurus pratensis, Crepis biennis, Cirsium vulgare, Festuca pratensis, Angelica sylvestris, Leucanthemum vulgare, Arrhenatherum elatius, Rumex obtusifolius, Festuca rubra, Anthriscus sylvestris, Lotus corniculatus, Holcus lanatus, Cerastium fontanum, Cirsium arvense, Taraxacum sp., Centaurea jacea, etc.

Dans le nord de la réserve, entre la voie ferrée et l'étang de la Batte, cinq petites mares arrondiées, creusées au début des années 2010, sont bordées d'hélophytes comme Sparganium erectum, Equisetum fluviatile, Lythrum salicaria, Lycopus europaeus, Phalaris arundinacea, Carex acutiformis, ... et certaines hébergent des herbiers à Potamogeton natans et à Persicaria amphibia.

Une peupleraie alluviale à Populus x canadensis existait jusqu'en 2015 entre le ruisseau des Ecrevisses et la la N88, au nord-ouest de l'étang de la Batte. Diverses herbacées du bord des eaux se sont maintenues sous le couvert des peupliers, indiquant la nature très humide voire marécageuse du terrain: Phragmites australis, Iris pseudacorus, Filipendula ulmaria, Scirpus sylvaticus, Carex acutiformis, Lycopus europaeus, Solanum dulcamara, Angelica sylvestris, Epilobium hirsutum, Glyceria maxima, Calystegia sepium, Phalaris arundinacea, etc. En 2016, plusieurs de ces espèces ont encore été notées, de même que Mentha aquatica, Cirsium oleraceum, Lysimachia vulgaris, Symphytum officinale, Rumex acetosa, Impatiens noli-tangere, Myosoton aquaticum, Typha latifolia, Berula erecta, ...

Dans le prolongement ouest de cette ancienne peupleraie, le long de la N88, on trouve encore une parcelle de prairie de fauche qui constitue la limite nord-occidentale de la réserve de la Cussignière. La flore comprend entre autres: Malva moschata, Daucus carota, Arrhenatherum elatius, Securigera varia, Tanacetum vulgare, Lotus corniculatus, Cirsium arvense, Hypericum perforatum, Medicago lupulina, Centaurea jacea, Dipsacus fullonum, Lathyrus pratensis, Cynosurus cristatus, Vicia cracca, Potentilla reptans.

La réserve comporte encore une petite parcelle excentrée située en rive gauche de la Vire, à l'est du terrain de football de Signeulx et occupée par un boisement humide. D'après un inventaire réalisé en août 2016 (obs. H. Baltus), les strates arborées et arbustives se composent d'Alnus glutinosa, Corylus avellana, Fraxinus excelsior, Crataegus monogyna, Populus sp., Hedera helix, Rubus caesius, Acer pseudoplatanus, Sambucus nigra, et la strate herbacée de Geum urbanum, Glechoma hederacea, Petasites hybridus, Stachys sylvatica, Filipendula ulmaria, Urtica dioica, Lamium maculatum, Stellaria nemorum, Cirsium oleraceum, Dipsacus pilosus, Epipactis helleborine, ...

Histoire du site

Au 18ème siècle, le site s'inscrivait déjà au sein d'un vaste ensemble de prairies, sans doute humides ou marécageuses, sur une frontière contestée à l'époque entre le Duché de Luxembourg et le Royaume de France (carte de Ferraris, ± 1775). C'était encore le cas un siècle plus tard, sauf que vers 1875, le marais est bouleversé par les travaux de construction de la ligne de chemin de fer Athus-Virton qui le traverse d'est en ouest sur près de 900 m.

D'après PETREMENT (1968), des prairies basses s'étendaient vers 1948 à l'endroit même du marais de la Gaume: "A la sortie de l'hiver, une vanne située en amont du petit ruisseau qui borde la réserve était fermée. Les eaux débordaient du lit et trempaient les prairies. C'était alors le moyen employé pour faire donner à la terre une abondante récolte de foin en été. Peu à peu les méthodes de culture changèrent, les fauchées des prairies hautes furent mieux appréciées, les terres demandant beaucoup d'entretien (drainage, curage des rivières, etc) furent délaissées au profit de terres rentables. Le ruisseau, étalé en de nombreux méandres, s'engorgea d'alluvions, de racines d'arbres, déborda de son lit et d'année en année, avança de plus en plus loin pour atteindre finalement le pied du versant cultivé. Actuellement, l'ancien lit ne canalise plus qu'une faible quantité d'eau de moins en moins importante à mesure qu'il s'avance dans le marais. En effet, en plusieurs endroits, l'eau s'échappe en s'étalant et rejoint le fond de la vallée où un nouveau cours s'est formé".

Conscient de la grande valeur biologique, écologique et paysagère du site, Les Réserves Naturelles et Ornithologiques de Belgique (RNOB), à l'époque jeune association, y ont acheté les premières parcelles dès 1968 en vue de constituer une réserve naturelle nommée alors "Le Marais de la Gaume".

La réserve naturelle du Marais de la Cussignière couvre actuellement une quarantaine d'hectares dont 27 ha ont été agréés par l'Arrêté du Gouvernement wallon du 11 mars 2004. Plus récemment, l'Arrêté du Gouvernement wallon du 28 mars 2019 étend le périmètre total à 34.6 ha et modifie les conditions de gestion de la réserve naturelle agréée (parution au M.B. 02.05.2019). Le propriétaire est l'association Natagora (ex. RNOB).

Outre son statut de réserve naturelle agréée, l'ensemble du marais est également intégré au réseau Natura 2000.

Biblio

, 1973, Le Marais de Gaume., RNOB, 20 : 32-33.
, 2009, Bon anniversaire, la Cussignière !, L'Echo des Réserves, 6: 14-15.
, 1994, Première contribution à l'étude du développement et du régime alimentaire des chenilles de Lycaena dispar en Lorraine belge., Mémoire de fin d'étude, Université Catholique de Louvain, 76 pp.
, 1986, Les plus belles réserves naturelles de Belgique., Reader's Digest, Bruxelles, 304 pp.
, 1980, Brèves nouvelles de la réserve de Gaume., RNOB, 27 : 83.
, 1980, La synécologie et la dynamique des végétations dans les biotopes humides, en vue d'une gestion écologique des paysages., Thèse de Doctorat, Fondation Universitaire Luxembourgeoise, Arlon, 3 tomes, 470 pp.
, 1969, Quelques sites à vocation scientifique du district jurassique en Belgique., Parcs nationaux, 24 : 3-17.
, 1970, Année 1969 au Marais de la Gaume., RNOB, 1969 : 107-110.
, 1967, La nidification du busard cendré (Cyrcus pygargus) en Lorraine belge en 1967., Aves, 4 : 80-87.
, 1968, Le Marais de la Gaume., RNOB, 1968 : 80-90.
, 1970, Le Marais de la Gaume., RNOB, 1970 : 58-60.
, 1971, Le Marais de la Gaume., RNOB, 1971 : 44-46.
, 1972, Le Marais de la Gaume., RNOB, 1972 : 46-48.
, 1974, Le Marais de la Gaume., RNOB, 21 : 62 pages.
, 1976, Le Marais de la Gaume. Historique., RNOB, 24 : 74-75.
, 1996, Les zones humides d'intérêt biologique de la Région wallonne., Publication du Ministère de la Région Wallonne, Division de la Nature et des Forêts, Namur, 63 pp.

Divers

Sources

NATAGORA

Répondants de l'information

NATAGORA

Date de la dernière modification de la fiche

2020-12-17