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1373 - Sous Saint-Roch

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Viroinval
Cantonnements DNF :Viroinval
Surface :4 ha
Coordonnées :X Lambert : 163210 - Y Lambert : 85830
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

La réserve naturelle Sous Saint-Roch est localisée en Calestienne, au nord du village de Nismes, en bordure de l'Eau Blanche. D'une surface de près de 4 ha, cette zone humide trouve son origine en 1975 lorsque, en vue de l'aménagement d'un terrain de football, il a fallu prélever des terres de remblais afin de surélever l'espace prévu dans ce secteur soumis aux crues annuelles de la rivière. Ces travaux ont engendré la formation d'une fosse d'un hectare ainsi qu'une série de dépressions rétentives en eau, en particulier durant l'hiver. Après son abandon, le site fut laissé à son évolution spontanée. Une végétation pionnière s'y installa les premières années à laquelle succéda rapidement une mégaphorbiaie puis une saussaie marécageuse qui occupait pratiquement toute la cuvette centrale durant les années 1990, époque à laquelle le site fut pris en charge par des naturalistes locaux qui ont vite compris son intérêt pour l'avifaune. Après son achat par la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux et la mise à disposition d'un ancien méandre par la commune de Viroinval, une réserve naturelle privée est alors créée et progressivement aménagée en faveur de la biodiversité. Des haies et un verger hautes tiges sont plantés, une mare est creusée, des prés de fauche oligotrophes sont restaurés, la surface de la saussaie est réduite au profit de végétations herbacées hygrophiles, etc. Le bilan actuel est très positif et les mesures de gestion appliquées depuis trois décennies n'ont cessé d'augmenter les potentialités d'accueil pour la faune et la flore. La valeur de cette réserve naturelle se traduit en premier lieu par la présence d'une avifaune particulièrement riche et originale, comptant plus de quarante espèces nicheuses, chiffre remarquable au regard de la faible superficie du site. L'hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta), la locustelle tachetée (Locustella naevia), le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos), le tarier pâtre (Saxicola rubicola) et le bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) en sont quelques-uns des éléments caractéristiques. En outre, nombre d'oiseaux migrateurs y font halte tandis que certaines espèces peu communes y séjournent durant la période hivernale. La flore est également digne d'intérêt et comporte notamment des plantes typiques des prés oligotrophes sur argiles comme le colchique d'automne (Colchicum autumnale), la laîche tomenteuse (Carex tomentosa), l'alchémille vêtue (Alchemilla filicaulis subsp. vestita), ainsi que diverses espèces des prairies humides, des mégaphorbiaies, des roselières ou encore de grèves humides incluant le rarissime scirpe à une écaille (Eleocharis uniglumis), la rare laîche des renards (Carex vulpina), la véronique à écus (Veronica scutellata), l'érythrée élégante (Centaurium pulchellum), etc. En avril 2019, cette riche biodiversité est enfin officiellement reconnue grâce à l'agrément de la réserve naturelle de Sous Saint-Roch par les autorités wallonnes, couronnant ainsi le travail collaboratif des acteurs locaux qui ont œuvré à sa protection.

Carto

Régions naturelles

  • K1 - Calestienne occidentale

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Nismes4.03 haVIROINVALNAMUR

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Viroinval4.03 haNamur

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

L.R.B.P.O., sauf pour l'ancien méandre de l'Eau Blanche qui appartient à la commune de Viroinval.

Privé(s) Non  ONG Oui  Communes Oui  Région Non  Autres publics Non

Gestionnaire

Conservateur : Bernard CLESSE, Centre Marie-Victorin, 21 Rue des Ecoles, 5670 Vierves-sur-Viroin (tél. 060/39.98.78).

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6794Sous Saint-Roch3.7768 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Micromys minutusNonNon2015Divers obs.
Neomys fodiensOuiNon
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Acrocephalus palustrisOuiNonNicheur2010M. Lambert, T. Dewitte et al.
Acrocephalus schoenobaenusOuiOuiPassage régulierG.T. Cinclus, M. Lambert, T. Dewitte
Acrocephalus scirpaceusOuiNonPassage régulierG.T. Cinclus, M. Lambert, T. Dewitte
Anas creccaNonOuiHiv.-migr.2016
Anthus pratensisOuiOuiNicheur2015M. Lambert, T. Dewitte et al.
Anthus spinolettaOuiNonHivernageM. Lambert, T. Dewitte et al.
Anthus trivialisOuiNonPassage régulier2002M. Lambert, T. Dewitte et al.
Ardea albaOuiNonHiv.-migr. (max. 50 ex.)2019Divers obs.
Cuculus canorusOuiOuiNicheur possible2015Divers obs.
Emberiza schoeniclusOuiNonNicheur2015M. Lambert, T. Dewitte et al.
Gallinago gallinagoOuiOuiHivernage2015M. Lambert, T. Dewitte et al.
Gallinula chloropusOuiNonNicheur2019M. Lambert, T. Dewitte et al.
Hippolais polyglottaOuiNonNicheur2019M. Lambert, T. Dewitte et al.
Locustella naeviaOuiNonNicheur2015M. Lambert, T. Dewitte et al.
Luscinia megarhynchosOuiNonNicheur2019M. Lambert, T. Dewitte et al.
Luscinia svecicaOuiNonPassage régulierG.T. Cinclus, M. Lambert, T. Dewitte
Lymnocryptes minimusOuiNonHivernageM. Lambert, T. Dewitte et al.
Phoenicurus phoenicurusOuiNonNicheur possible2015M. Ittelet
Rallus aquaticusOuiNonHivernageM. Lambert, T. Dewitte et al.
Saxicola rubicolaOuiNonNicheur2015M. Lambert, T. Dewitte et al.
Serinus serinusOuiOuiNicheur2002M. Lambert, T. Dewitte et al.
Sylvia currucaOuiNonNicheur2019M. Lambert et al.
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Lissotriton helveticusOuiNonReprod.2015Divers obs.
Lissotriton vulgarisOuiNonReprod.2015Divers obs.
Pelophylax kl. esculentusOuiNonReprod.2015Divers obs.
Rana temporariaOuiNonReprod.2015Divers obs.
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon2015Divers obs.
Natrix natrixOuiOui2002M. Lambert, T. Dewitte et al.
Zootoca viviparaOuiNon2015Divers obs.
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Aporia crataegiNonNon2011
Argynnis aglajaNonOui2009J. Couckuyt
Carterocephalus palaemonNonNon2018M. Soetaert, R. Clicque
Melanargia galatheaNonNon2018S. Claerebout
Nymphalis polychlorosNonNon2017J. Pintens
Invertébrés - Insectes - Libellules
Sympecma fuscaOuiOui2017Divers obs.
Invertébrés - Insectes - Orthoptères
Chorthippus albomarginatus2009Saltabel
Conocephalus dorsalis2017Divers obs.
Gomphocerippus rufus2009Saltabel
Metrioptera roeselii2016Divers obs.
Stenobothrus lineatus2017M. Dubucq
Stethophyma grossum2017Divers obs.
Plantes - Plantes supérieures
Alchemilla filicaulis subsp. vestita2016Divers obs.
Alopecurus aequalis
Bromus commutatus2019O. Roberfroid
Carex pseudocyperus
Carex tomentosa
Carex vesicaria1998J. Duvigneaud, B. Clesse
Carex vulpina2019Divers obs.
Centaurium erythraea2017Divers obs.
Centaurium pulchellum2018Divers obs.
Colchicum autumnale2019Divers obs.
Eleocharis uniglumis1998J. Duvigneaud, B. Clesse
Lythrum portula2016Divers obs.
Poa palustris2009Divers obs.
Potentilla anglica2011Divers obs.
Rhinanthus angustifolius2011Divers obs.
Veronica scutellata2018Divers obs.

Commentaires sur la faune

Mammifères (données divers obs. 2010-2020): Capreolus capreolus, Erinaceus europaeus, Lepus europaeus, Micromys minutus, Mustela erminea, Neomys fodiens, Talpa europaea.

Oiseaux (données divers obs. 2010-2020): Accipiter nisus, Acrocephalus palustris, Acrocephalus schoenobaenus (migr.), Acrocephalus scirpaceus, Aegithalos caudatus, Alopochen aegyptiaca, Anas crecca, Anas platyrhynchos, Anthus pratensis, Anthus spinoletta, Anthus trivialis, Ardea alba, Ardea cinerea, Branta canadensis, Buteo buteo, Cairina moschata, Carduelis cannabina, Carduelis carduelis, Certhia brachydactyla, Chloris chloris, Circus cyaneus, Coccothraustes coccothraustes, Columba palumbus, Crex crex (occ.), Cuculus canorus, Cyanistes caeruleus, Dendrocopos major, Emberiza citrinella, Emberiza schoeniclus, Erithacus rubecula, Falco subbuteo, Falco tinnunculus, Fringilla coelebs, Gallinago gallinago, Gallinula chloropus, Garrulus glandarius, Hippolais polyglotta, Hirundo rustica, Locustella naevia, Loxia curvirostra, Luscinia megarhynchos, Luscinia svecica (migr.), Lymnocryptes minimus, Motacilla alba, Motacilla flava, Muscicapa striata, Parus major, Passer domesticus, Passer montanus, Periparus ater, Phasianus colchicus, Phoenicurus ochruros, Phoenicurus phoenicurus, Phylloscopus collybita, Phylloscopus trochilus, Pica pica, Picus viridis, Poecile montanus, Prunella modularis, Pyrrhula pyrrhula, Rallus aquaticus, Saxicola rubicola, Serinus serinus, Strix aluco, Sylvia atricapilla, Sylvia borin, Sylvia communis, Sylvia curruca, Tringa ochropus, Troglodytes troglodytes, Turdus iliacus, Turdus merula, Turdus pilaris, Turdus viscivorus, Tyto alba, Vanellus vanellus.

Reptiles (données divers obs. 2010-2020): Anguis fragilis, Natrix natrix, Zootoca vivipara.

Amphibiens (données divers obs. 2010-2020): Ichthyosaura alpestris, Lissotriton helveticus, Lissotriton vulgaris, Pelophylax kl. esculentus, Rana temporaria.

Orthoptères (données Saltabel, 2009): Chorthippus albomarginatus, Chorthippus biguttulus, Chorthippus parallelus, Chrysochraon dispar, Conocephalus dorsalis, Conocephalus fuscus, Gomphocerippus rufus, Leptophyes punctatissima, Metrioptera roeselii, Stenobothrus lineatus, Stethophyma grossum, Pholidoptera griseoaptera, Tetrix subulata, Tetrix undulata, Tettigonia viridissima.

Lépidoptères (données divers obs. 2010-2020): Aglais urticae, Aphantopus hyperantus, Aporia crataegi, Araschnia levana, Argynnis aglaja, Carterocephalus palaemon, Coenonympha pamphilus, Colias croceus, Gonepteryx rhamni, Inachis io, Lasiommata megera, Leptidea sp.,Maniola jurtina, Melanargia galathea, Nymphalis polychloros, Ochlodes sylvanus, Pieris brassicae, Pieris napi, Pieris rapae, Polygonia c-album, Polyommatus icarus, Pyronia tithonus, Thymelicus lineola, Thymelicus sylvestris, Vanessa cardui.

Libellules (données divers obs. 2010-2020): Aeshna grandis, Anax imperator, Calopteryx splendens, Calopteryx virgo, Coenagrion puella, Gomphus pulchellus, Ischnura elegans, Libellula depressa, Orthetrum cancellatum, Platycnemis pennipes, Pyrrhosoma nymphula, Sympecma fusca, Sympetrum fonscolombii.

Diptères (données S. Claerebout, 2009-2018; W. Opdekamp, 2017; J. Versigghel, 2017): Amauromyza flavifrons, Cheilosia barbata, Cheilosia illustrata, Chrysogaster solstitialis, Chrysotoxum bicinctum, Dasineura auritae, Dasineura engstfeldi, Dasineura marginemtorquens, Dasineura plicatrix, Dasineura pustulans, Dasineura urticae, Ectophasia crassipennis, Eristalis arbustorum, Eristalis pertinax, Harmandiola tremulae, Melanostoma scalare, Myathropa florea, Orthonevra nobilis, Phasia hemiptera, Pipizella annulata, Pipizella viduata, Rhopalomyia ptarmicae, Syritta pipiens, Tabanus bromius, Tabanus sudeticus, Villa cingulata.

Commentaires sur la flore

Plantes supérieures (données divers obs. 2010-2020): Acer campestre (planté), Achillea millefolium, Achillea ptarmica, Agrimonia eupatoria, Agrostis stolonifera, Ajuga reptans, Alchemilla filicaulis subsp. vestita, Alchemilla xanthochlora, Alisma plantago-aquatica, Alliaria petiolata, Alopecurus aequalis, Alopecurus geniculatus, Alopecurus pratensis, Anemone nemorosa, Angelica sylvestris, Anthoxanthum odoratum, Arctium lappa, Arrhenatherum elatius, Aster sp., Barbarea intermedia, Bidens tripartita, Bromus commutatus, Calamagrostis epigejos, Calystegia sepium, Cardamine pratensis, Carex acuta, Carex cuprina, Carex disticha, Carex divulsa, Carex flacca, Carex hirta, Carex nigra, Carex ovalis, Carex pallescens, Carex pseudocyperus, Carex riparia, Carex spicata, Carex tomentosa, Carex vulpina, Centaurea jacea s.l., Centaurium erythraea, Centaurium pulchellum, Cerastium fontanum, Colchicum autumnale, Cornus sanguinea, Corylus avellana, Crataegus monogyna, Crepis biennis, Cruciata laevipes, Cynosurus cristatus, Dactylis glomerata, Daucus carota, Deschampsia cespitosa, Dipsacus fullonum, Echium vulgare, Eleocharis palustris, Eleocharis uniglumis, Elymus repens, Epilobium hirsutum, Epilobium roseum, Epilobium tetragonum, Euonymus europaeus, Festuca arundinacea, Filipendula ulmaria, Galeopsis tetrahit, Galium aparine, Galium palustre subsp. elongatum, Geranium dissectum, Geranium pyrenaicum, Glechoma hederacea, Gnaphalium uliginosum, Heracleum sphondylium, Holcus lanatus, Hypericum maculatum subsp. obtusiusculum, Hypericum perforatum, Hypochaeris radicata, Iris pseudacorus, Juncus articulatus, Juncus bufonius, Juncus compressus, Juncus conglomeratus, Juncus effusus, Juncus inflexus, Juncus tenuis, Lamium album, Lathyrus pratensis, Leontodon hispidus, Ligustrum vulgare, Linaria vulgaris, Linum catharticum, Lolium perenne, Lotus corniculatus, Lotus pedunculatus, Luzula campestris, Lychnis flos-cuculi, Lycopus europaeus, Lysimachia nummularia, Lysimachia vulgaris, Lythrum portula, Lythrum salicaria, Malva moschata, Mentha aquatica, Mentha arvensis, Mentha x verticillata, Myosoton aquaticum, Persicaria hydropiper, Phalaris arundinacea, Phleum pratense, Pimpinella major, Plantago lanceolata, Plantago major, Plantago media, Poa palustris, Poa trivialis, Populus tremula, Potentilla anglica, Potentilla anserina, Potentilla reptans, Primula elatior, Primula veris, Prunus padus (planté), Prunus spinosa, Quercus robur, Ranunculus acris, Ranunculus auricomus, Ranunculus ficaria, Ranunculus flammula, Ranunculus repens, Rhinanthus angustifolius, Rhinanthus minor, Rorippa palustris, Rorippa sylvestris, Rosa canina s.l., Rubus caesius, s.l., Rumex acetosa, Rumex conglomeratus, Rumex crispus, Rumex obtusifolius, Salix alba, Salix aurita, Salix caprea, Salix cinerea, Salix purpurea, Salix triandra, Salix x multinervis, Salix x rubens, Saponaria officinalis, Scutellaria galericulata, Solanum dulcamara, Sorbus aucuparia, Stachys palustris, Stellaria alsine, Stellaria graminea, Symphytum officinale, Tanacetum vulgare, Taraxacum sp., Torilis japonica, Trifolium medium, Trifolium pratense, Trifolium repens, Urtica dioica, Valerianella locusta, Veronica anagallis-aquatica, Veronica chamaedrys, Veronica scutellata, Viburnum opulus, Vicia cracca, Vicia hirsuta, Vicia sativa.

Espèces exotiques

Plantes: Aster sp., Juncus tenuis.

Animaux: Alopochen aegyptiaca, Branta canadensis, Cairina moschata, Phasianus colchicus,

Conservation

Objectifs de conservation

Conservation d'une zone humide de grand intérêt biologique notamment comme site de nidification, d'hivernage et de halte migratoire pour l'avifaune.

Menaces

Envahissement des cariçaies par les saules.

Recommandations

Compléter l'inventaire faunistique, et plus particulièrement entomologique.

Plan de gestion

La réserve naturelle L.R.B.P.O. de Sous Saint-Roch est gérée depuis le début par l'équipe du Centre Marie-Victorin de Vierves-sur-Viroin avec l'aide de diverses associations locales et de nombreux bénévoles.

La première journée de gestion sur le site a eu lieu le 24 octobre 1998: elle a consisté en la coupe de nombreux saules afin de favoriser le développement des végétations hygrophiles et en particulier des cariçaies. La coupe s'effectuait au départ au sécateur et à la débroussailleuse, ensuite au gyrobroyeur. Cette opération a été renouvelée plusieurs années consécutives, pour arriver à une stabilisation de la saussaie vers 2007. L'objectif est de laisser vieillir ce peuplement au profit de la fonge et des bryophytes.

L'année 1998 a également vu la plantation de 380 arbres et arbustes offerts par la Région wallonne à l'occasion de la Semaine de l'Arbre. Ceux-ci ont permis de créer une haie libre le long de la bordure sud de ce qui allait devenir le pré-verger. Ils se répartissaient en 50 aulnes glutineux, 50 bouleau verruqueux, 25 cornouillers sanguins, 20 noisetiers, 25 aubépines à un style, 10 fusains d'Europe, 50 bourdaines, 50 cerisiers à grappes, 10 prunelliers, 25 sureaux noirs, 75 viornes obiers, 10 sorbiers des oiseleurs. Un alignement de saules taillés en têtard est également installé.

En décembre 1998, intervient la pose d'une clôture de 800 m de long en vue de protéger les plantations et de parcelliser le site en vue d'une gestion en rotation (fauchage et pâturage). S'y ajoute la pose d'une barrière en bois à l'entrée du chemin afin de limiter l'accès tout en laissant le passage aux engins agricoles (servitude). Cette clôture a aussi l'avantage de créer une bande refuge de 6 m de large sur tout le périmètre de la réserve, favorable aux reptiles, à l'entomofaune, aux micromammifères et aux oiseaux nichant au sol.

En mars 1999 a lieu la plantation d'un verger de vingt hautes tiges (anciennes variétés traditionnelles de pommes et de prunes). Ces travaux ont été réalisés avec l'aide de l'Institut pour personnes handicapées adultes "L'Albatros" (Petite-Chapelle). Le choix des variétés est basé sur le résultat de l'inventaire régional organisé par le CRA de Gembloux (M. Lateur). Plus tard d'autres plantations sont encore été effectuées dont une quatrième ligne de 575 arbustes, tandis que le verger est complété par 12 pommiers.

En 2000, 150 arbustes supplémentaires sont installés dans la réserve.

En 2002, ont lieu la fauche tardive de la prairie, l'entretien des fruitiers, la coupe des rejets de saules et divers relevés faunistiques et botaniques. On évacue également les dépôts d'ordures clandestins.

A partir de 2004, une convention d'occupation à titre précaire et gratuit est signée entre la LR.B.P.O., les C.N.B. et un agriculteur local en vue de la fauche tardive des prés.

De nouvelles plantations d'arbres fruitiers sont réalisées en 2005, de même que la pose de quatre panneaux directionnels financés par le PCDN de Viroinval.

En outre, une mare a été creusée sur le site au début des années 2000 et recreusée en 2005 par l'INASEP dans le cadre d'une compensation écologique. Ces travaux ont eu pour but de garantir la présence constate d'une masse d'eau durant toute l'année.

Couronnant le travail collaboratif de plusieurs associations pour la protection de la nature, l'agrément de la réserve est devenue enfin effective depuis la signature de l'Arrêté du Gouvernement wallon le 25 avril 2019.

Le plan de gestion est détaillé dans le dossier de demande d'agrément rédigé sous l'égide de la L.R.B.P.O. En résumé, il vise principalement à:

- laisser vieillir la saussaie, au profit des champignons, bryophytes et lichens, ainsi que comme zone refuge pour l'avifaune

- l'entretien périodique des vergers et des haies plantées, notamment pour éviter un ombrage trop important des zones ouvertes voisines, avec aménagement de tas de branchages et de bois mort à leur pied, pour servir d'abris à la petite faune

- la taille annuelle au ras du tronc des saules têtards et un étêtage tous les 6-10 ans

- la conservation du cordon boisé rivulaire de l'ancien méandre, dans l'idée d'un ilot de vieillissement favorable à l'avifaune des ripisylves et à l'entomofaune saproxylique

- la conservation des fourrés de prunelliers et d'aubépines dans leur état existant, tout en prévoyant un rajeunissement périodique de la périphérie

- le gyrobroyage annuel en automne-hiver de la cariçaie, des zones de vasières et des lambeaux de prés de Fagne (cette méthode est appliquée avec succès depuis plusieurs années, avec un résultat très positif du point de vue botanique). Quelques arbustes isolés sont préservés au sein de cette zone comme poste de chant pour les passereaux nicheurs.

- la fauche annuelle tardive (après le 1er août) avec exportation du foin de la prairie semi-naturelle, assurée par un agriculteur local. Cette fauche ne fait appel à aucune fumure ni engrais et est suivie d'un pâturage de regain en septembre-octobre et en février-avril par des moutons de race Mergelland

- la fauche tardive du pré-verger, selon les mêmes modalités que la prairie semi-naturelle

- le maintien du caractère ouvert de la mare existante et plus particulièrement de sa bordure sud afin d'assurer son ensoleillement. Des tas de foin et autres végétaux en décomposition seront laissés aux abords pour servir de lieu de ponte pour la couleuvre à collier

- le creusement d'autres mares et mardelles afin de créer un réseau de petits points d'eau dans le site à différents stades de colonisation végétale.

- le suivi scientifique des actions menées dans la réserve afin de pouvoir adapter le plan de gestion le cas échéant.

Accès du public

Compte tenu de la nature du site (absence de sentier) et la sensibilité des espèces l'accès de la réserve naturelle par le public ne peut être actuellement envisagé que dans le cadre de visites guidées ainsi que lors des journées de gestion organisées par le conservateur.

Les recherches et études scientifiques seront suscitées et menées après accord de la commission de gestion.

Les véhicules motorisés, les motos et les vélos ne sont pas admis dans les limites de la réserve, à l'exception des engins destinés à la mise en œuvre des mesures prévues au plan de gestion.

Les membres de la commission de gestion ont accès en tout temps à l'ensemble du territoire de la réserve naturelle.

Détails

Description physique

La réserve naturelle Sous Saint-Roch s'étend au nord du village de Nismes, en rive droite de l'Eau Blanche, un kilomètre avant sa rencontre avec l'Eau Noire, la confluence de ces deux cours d'eau, au pied de la Roche à Lomme, donnant naissance au Viroin (bassin de la Meuse). Le site occupe une large dépression alluviale orientée dans l'axe est-ouest et bordée au nord et au sud par d'imposantes collines calcaires, les tiennes, qui composent le paysage si typique de la Calestienne. Il s'agit en l'occurrence de la Montagne-aux-Buis et de la Roche à Lomme qui forment le flanc nord de la dépression, et du massif des Abannets au sud.

Le site lui-même prend place sur des alluvions modernes développés sur plus d'un mètre d'épaisseur. Ces alluvions sont composées de limons argileux dans la partie supérieure et de galets dans la partie inférieure. Ils recouvrent une couche d'argiles gleyifiées qui reposent elle-même sur une assise rocheuse formée de schistes du Frasnien. Ces caractéristiques expliquent que les sols soient humides à détrempés en hiver et au printemps mais très secs en été.

Le secteur se trouve dans une zone soumise aux crues et la réserve est d'ailleurs inondée pratiquement chaque hiver. Celle-ci se situe à 153 m d'altitude, alors que le sommet de la Montagne-au-Buis, qui domine le nord de la dépression, culmine à 250 m.

Le site appartient à la région biogéographique continentale et au district phytogéographique mosan.

La réserve Sous Saint-Roch s'inscrit dans un paysage rural et est bordée à l'ouest par des prairies et des champs, au sud par les habitations et les jardins de la rue de la Station, à l'est par deux terrains de football, et au nord par une voie ferrée (ancienne ligne 137 Mariembourg-Treignes exploitée par le Chemin de fer à vapeur des Trois Vallées).

Description biologique

Les données relatives à la flore et la végétation du site Sous Saint-Roch ont été synthétisées dans le plan de gestion accompagnant la demande d'agrément rédigée pour le compte de la LRBPO par S. Carbonnelle (Centre Marie-Victorin).

Depuis son apparition dans les années 1970, à l'emplacement d'une prairie alluviale, la flore de cette zone humide a beaucoup évolué au fil du temps en fonction de la dynamique végétale et des aménagements successifs. Ainsi, durant les années 1990, la saussaie occupait une grande partie de la zone centrale mais sa surface fut réduite de moitié une décennie plus tard au profit de groupements herbacés.

La liste floristique globale regroupe au moins 180 espèces de plantes supérieures dont 16 ont un intérêt patrimonial particulier (espèce rare, protégée et/ou sur liste rouge wallonne). Cette liste rassemble une majorité d'espèces apparues spontanément mais aussi quelques plantes installées dans le cadre de l'aménagement du site (principalement des ligneux utilisés pour la création de haies et d'écrans végétaux).

Les différents habitats actuellement visibles dans la réserve sont décrits ici de façon résumée.

La saussaie

Cette végétation arbustive s'est développée progressivement à l'emplacement de l'argilière qui a fourni de la terre pour le chantier du terrain de football voisin. Ce décapage a entrainé la formation, au centre du site, d'une cuvette inondée ou marécageuse en hiver et au printemps et asséchée durant la période estivale. Les premiers saules sont apparus une dizaine d'années après les travaux initiaux de 1975. Dans les années 1990, la saussaie couvrait près d'un hectare, soit la plus grande partie de la cuvette. La surface actuelle est réduite de moitié.

Les fourrés sont constitués de diverses espèces de saules et plusieurs hybrides dont l'identification est souvent délicate: Salix cinerea, Salix cf atrocinerea, Salix x multinervis, Salix x reichardtii, Salix purpurea, Salix x rubens, Salix triandra, ... Sous l'ombrage poussent notamment Lysimachia nummularia, Potentilla anglica, Carex pseudocyperus, Carex riparia, Cardamine pratensis, Lysimachia vulgaris, Mentha aquatica, Solanum dulcamara.

La cariçaie

Cette végétation très intéressante riche en cypéracées et joncacées occupe deux zones assez étendues dans des dépressions humides. Elle renferme diverses espèces rares, la plus spectaculaire étant sans nul doute Carex vulpina qui se remarque par ses touffes vigoureuses de plus en plus nombreuses. Mais globalement, la flore résulte d'un mélange d'espèces appartenant à différents groupements (mégaphorbiaies, prés humides oligotrophes, roselières, jonçaies, groupement des grèves humides, ...), entre autres Achillea ptarmica, Alopecurus aequalis, Alopecurus geniculatus, Angelica sylvestris, Calamagrostis epigejos, Calystegia sepium, Carex acuta, Carex cuprina, Carex disticha, Carex hirta, Carex nigra, Carex pseudocyperus, Carex riparia, Deschampsia cespitosa, Eleocharis palustris, Eleocharis uniglumis, Epilobium hirsutum, Epilobium roseum, Epilobium tetragonum, Filipendula ulmaria, Galium palustre subsp. elongatum, Iris pseudacorus, Juncus compressus, Juncus conglomeratus, Juncus effusus, Juncus inflexus, Lotus pedunculatus, Lychnis flos-cuculi, Lycopus europaeus, Lysimachia vulgaris, Lythrum salicaria, Mentha aquatica, Mentha arvensis, Mentha x verticillata, Persicaria hydropiper, Phalaris arundinacea, Poa palustris, Poa trivialis, Ranunculus flammula, Rumex conglomeratus, Scutellaria galericulata, Stachys palustris, Symphytum officinale, ...

Cette zone humide est ponctuée ici et là de buissons de saules fort appréciés par les passereaux en halte migratoire ou comme poste de chant durant la période de reproduction.

Elle comporte également une mare (creusée début des années 2000) ainsi que de petites vasières et grèves exondées durant les périodes sèches, accueillant une flore particulière constituée d'espèces pionnières souvent assez délicates: Alisma plantago-aquatica, Bidens tripartita, Centaurium pulchellum, Gnaphalium uliginosum, Juncus articulatus, Juncus bufonius, Lysimachia nummularia, Lythrum portula, Ranunculus flammula, Rorippa palustris, Rorippa sylvestris, Veronica scutellata, ... On y observe également diverses mousses comme Calliergonella cuspidata, Drepanocladus aduncus, Drepanocladus polycarpus, etc.

Le pré de fauche semi-naturel

Situé dans la partie nord de la réserve, cette prairie est inondée chaque hiver lors des crues de l'Eau Blanche. Il s'agissait à l'origine d'une prairie intensive dont l'exploitation est devenue de plus en plus extensive dans le but d'y restaurer une végétation de pré de fauche oligotrophe. Elle est pâturée épisodiquement par des moutons, plus particulièrement en automne.

Différentes espèces indicatrices s'y observent comme Bromus commutatus, Colchicum autumnale, Filipendula ulmaria, Lychnis flos-cuculi, Rhinanthus minor, Carex pallescens, Achillea ptarmica, Carex tomentosa, Hypericum maculatum s.l., Pimpinella major, au côté d'un important cortège d'espèces prairiales dont Ajuga reptans, Alchemilla xanthochlora, Alopecurus pratensis, Anthoxanthum odoratum, Arrhenatherum elatius, Cerastium fontanum, Crepis biennis, Cruciata laevipes, Cynosurus cristatus, Geranium dissectum, Heracleum sphondylium, Holcus lanatus, Plantago lanceolata, Centaurea jacea s.l., Stellaria graminea, Ranunculus acris, Rumex acetosa, Veronica chamaedrys, Vicia cracca, Vicia hirsuta, Trifolium repens, Trifolium pratense, Hypochaeris radicata, Phleum pratense, Potentilla reptans, etc.

Les fragments de prés de Fagne

Ces prés oligotrophes méso-hygrophiles souvent riches en espèces rares, sont présents en marge des cariçaies, de la saussaie et le long du chemin agricole traversant la réserve. Ils regroupent Achillea millefolium, Achillea ptarmica, Agrimonia eupatoria, Alchemilla filicaulis subsp. vestita, Bromus commutatus, Carex flacca, Carex ovalis, Carex divulsa, Carex spicata, Carex tomentosa, Centaurea jacea s.l., Colchicum autumnale, Festuca arundinacea, Hypericum maculatum s.l., Leontodon hispidus, Lotus corniculatus, Luzula campestris, Malva moschata, Primula veris, Trifolium medium, ...

Le pré-verger

L'ancienne terre de culture située dans la partie sud du site, derrière les jardins de la rue de la Station, fut progressivement transformée en prairie mésophile de fauche et ensuite aménagée en verger haute tige entouré d'une haie libre, en vue de retrouver une configuration paysagère traditionnelle locale. La flore y est actuellement relativement banale mais elle est appelée à s'enrichir au fil du temps.

Les fourrés d'épineux

De gros fourrés de prunelliers (Prunus spinosa) mêlés de quelques aubépines (Crataegus spp.) sont présents en bordure centre-ouest du site, au sein de lambeaux de prés de Fagne. Bien que souvent éliminés dans d'autres réserves naturelles, ces fourrés se révèlent très attractifs pour la faune et sont donc maintenus en l'état

La friche rudérale sur remblais

Une friche herbeuse s'est implantée sur le remblais caillouteux situé en marge sud-ouest de la réserve, avec diverses plantes nitrophiles ou rudérales comme Senecio jacobaea, Daucus carota, Artemisia vulgaris, Tanacetum vulgare, Dactylis glomerata, etc.

L'ancien méandre de l'Eau Blanche

Cet ancien méandre situé dans le nord du site, en contrebas de la voie ferrée, est sous eau une grande partie de l'année et est occupé par une saulaie riche en vieux arbres et en bois mort.

L'intérêt faunistique du site Sous Saint-Roch est bien documenté, surtout du point de vue ornithologique (e.a. DEWITTE, 2002). Une description synthétique de l'avifaune présente est fournie sur le site internet de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (https://protectiondesoiseaux.be/index.php/2016/01/26/sous-saint-roch/) ainsi que dans le plan de gestion qui accompagne la demande d'agrément de la réserve (document non publié).

Avifaune

Bien qu'exigu, l'endroit présente un grand intérêt ornithologique et est suivi régulièrement par des naturalistes locaux. Au total, pas moins de 144 espèces y ont été observées à ce jour, dont 49 y nichent plus ou moins régulièrement.

Dans les années 1990, une station de baguage installée dans une saussaie a révélé le rôle de relais migratoire pour de nombreux passereaux comme la rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), la rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris), la locustelle tachetée (Locustella naevia), les fauvettes (Sylvia spp.), le phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus), le gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), l'hypolaïs ictérine (Hippolais icterina), l'hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta), mais aussi des espèces beaucoup plus rares comme la rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus), la locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides), le phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola), la fauvette épervière (Sylvia nisoria), le torcol fourmilier (Jynx torquilla), etc. (BULTEAU et al., 1996).

Par ailleurs, cette saussaie sous eau d'octobre à avril permet l'hivernage du râle d'eau (Rallus aquaticus) notamment.

En hiver, le site est régulièrement fréquenté par la bécassine des marais (Gallinago gallinago), la bécassine sourde (Lymnocryptes minimus), le pipit spioncelle (Anthus spinoletta), etc.

Herpétofaune

Trois reptiles sont notés sur le site, soit la couleuvre à collier (Natrix natrix), du lézard vivipare (Zootoca vivipara) et de l'orvet (Anguis fragilis).

En ce qui concerne les amphibiens, leur diversité a sans doute été amplifiée depuis le creusement d'une mare au début des années 2000, qui accueille la reproduction d'au moins 5 espèces: triton alpestre (Ichthyosaura alpestris), triton palmé (Lissotriton helveticus), triton ponctué (Lissotriton vulgaris), grenouille verte (Pelophylax kl. esculentus) et grenouille rousse (Rana temporaria).

D'autres sont possibles comme le triton crêté (Triturus cristatus) qui a encore été noté dans le voisinage du site en 1995.

Entomofaune

Contrairement aux prestigieux sites calcaires voisins (Montagne-aux-Buis, Roche à Lomme), le peuplement entomologique reste imparfaitement connu et seuls quelques groupes sont plus ou moins bien documentés.

Comptant parmi les insectes les plus populaires, les papillons de jours n'ont pourtant guère été visés jusqu'ici par des études détaillées, seules des données courantes étant disponibles (notamment sur les portails naturalistes). Néanmoins, celles-ci permettent d'établir la présence d'au moins 25 espèces différentes dont l'échiquier (Carterocephalus palaemon), le gazé (Aporia crataegi), le demi-deuil (Melanargia galathea), ...

Ayant fait l'objet d'un inventaire en 2009 par des membres du groupe de travail Saltabel, les Orthoptères, c'est-à-dire les criquets, sauterelles et grillons, comptent 14 espèces dont deux sont indicatrices des milieux très humides: le conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis) et le criquet ensanglanté (Stethophyma grossum). A signaler aussi la présence du criquet marginé (Chorthippus albomarginatus), espèce peu commune des herbages maigres mésophiles à hygrophiles, ainsi qu'une observation, plus récente et peut-être occasionnelle, du sténobothre ligné (Stenobothrus lineatus), en 2017.

Monument naturel

A compléter

Monument historique

A compléter

Histoire du site

A la fin du 18ème siècle (carte de Ferraris, +/- 1775), les plaines alluviales de l'Eau Blanche, de l'Eau Noire et du Viroin, entre Mariembourg et Dourbes, sont occupées largement par des prairies à foin et cela semble encore le cas tout au long du siècle suivant (voir e.a. carte du Dépôt de la Guerre).

Le site de Sous Saint-Roch trouve son origine en 1975 lorsque des travaux de décapage sont réalisés dans une prairie en bordure de l'Eau Blanche, près de l'ancienne gare de Nismes, en vue de rehausser la surface dévolue à l'aménagement d'un nouveau terrain de football, situé quelques dizaines de mètres plus à l'est, dans une zone inondée chaque hiver par la crue de la rivière. A cette fin, la prairie en question fut achetée par l'entrepreneur qui avait remporté l'adjudication de façon à pouvoir disposer de terre de remblais à proximité immédiate du chantier tout en limitant les frais de transport.

Ces travaux ont entrainé la formation d'une dépression de plus d'un hectare recueillant à la fois les eaux de pluie et celles des crues de l'Eau Blanche. C'est ainsi que s'est formé un nouveau milieu pionnier et humide dans un contexte géographique particulier: il occupe la plaine alluviale non loin de la confluence de l'Eau Blanche et de l'Eau Noire qui donne naissance au Viroin, dont la vallée inondable constitue un important couloir migratoire pour les oiseaux. De plus, l'endroit est situé au pied d'imposantes collines calcaires bien connues pour leur faune et leur flore thermophiles. Cette situation privilégiée explique l'attrait que ce milieu neuf a pu exercer pour de nombreuses espèces parfois très rares, ainsi qu'en témoignent les observations remarquables accumulées au fil des années par un ornithologue mariembourgeois (M. Lambert) et d'autres par la suite.

Cet intérêt biologique ainsi dévoilé a encouragé plusieurs naturalistes et associations, en particulier la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (L.R.B.P.O.) et les Cercles des Naturalistes de Belgique (C.N.B.), à prendre des mesures pour tenter de protéger le site et d'en augmenter encore l'attrait pour la faune et la flore.

Après moultes démarches, la L.R.B.P.O fini par acquérir, en septembre 1998, plusieurs parcelles couvrant au total 3 hectares 50 ares. Un ancien méandre de l'Eau Blanche contigu est intégré à la nouvelle réserve par la signature, en mars 1999, d'une convention entre la L.R.B.P.O. et l'Administration communale de Viroinval, laissant à disposition du nouvel occupant une parcelle de 26 ares.

Depuis 1998, année des premières activités de gestion, le site a beaucoup évolué et divers aménagement écologiques y ont été effectués: plantations de haies, d'un verger haute tige et d'alignements de saules têtards, creusement d'une mare permanente, aménagement d'un pré de fauche, gestion de prairies humides oligotrophes, ...(voir https://protectiondesoiseaux.be/index.php/2016/01/26/sous-saint-roch/)

L'agrément de la réserve a été accordé par Arrêté du Gouvernement wallon signé le 25 avril 2019 et ce pour une durée de trente ans.

Divers

Sources

Centre Marie-Victorin

L.R.B.P.O.

Observations.be

Répondants de l'information

Sébastien CARBONNELLE et Bernard CLESSE (Centre Marie-Victorin).

Date de la dernière modification de la fiche

2020-04-16