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159 - Marais de Genneville

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Prairies de Saint-Rémy-Geest
Communes :Jodoigne
Cantonnements DNF :Nivelles
Surface : ha
Coordonnées :X Lambert : 185339 - Y Lambert : 160147
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique

Intro

Brève description

Situé près du village de Saint-Remy-Geest, au nord de Jodoigne, en Hesbaye brabançonne, le marais de Genneville constitue l'une des premières réserves naturelles établies par les Réserves Naturelles RNOB (actuellement Natagora) en Brabant wallon, et ce dès 1976, avec une extension réalisée en 2012 par l'achat de trois parcelles supplémentaires, portant sa surface actuelle à 1,5 ha. D'autres zones voisines mériteraient également d'être protégées. Le site s'étend en bordure de la Trislaine, un affluent de la Grande Gette, et prend place dans une région d'agriculture intensive où les ilots de nature sont rares et peu étendus. Il comprend d'intéressantes prairies humides incluant de petites phragmitaies et cariçaies, des fossés, des haies d'aubépines, un alignement de vieux saules têtards et une aulnaie marécageuse. Deux mares y ont aussi été creusées en 2012 dans une des parcelles de la réserve et ont été rapidement colonisées par des plantes de mégaphorbiaies et de roselières, ainsi que par une population importante de l'algue Chara sp. Malgré son isolement, le site héberge une biodiversité assez remarquable avec notamment près de 180 espèces de plantes supérieures et plus de 90 espèces d'oiseaux. Le bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus), la bouscarle de Cetti (Cettia cetti), l'hypolaïs ictérine (Hippolais icterina) sont quelques-unes des espèces de l'avifaune peu commune qui fréquentent l'endroit durant la période de nidification, tandis que, durant l'hiver, on peut y contacter la bécassine des marais (Gallinago gallinago) ou le râle d'eau (Rallus aquaticus). On mentionnera en outre l'observation d'un minuscule rongeur caractéristique des végétations herbacées hautes, le rat des moissons (Micromys minutus), de plus en plus localisé en territoire wallon à cause de l'intensification des pratiques agricoles. L'entomofaune reste à inventorier mais les relevés effectués à ce jour font état de la présence d'éléments intéressants entre autre parmi les coléoptères, les libellules et les abeilles solitaires. Le marais de Genneville est situé hors réseau Natura 2000 et seules les parcelles appartenant à Natagora sont protégées, la réserve naturelle venant d'être agréée fin mars 2019 par la Région wallonne.

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • D0 - Hesbaye

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Saint-Remy-GeestJODOIGNEBRABANT

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
NivellesMons

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Réserves Naturelles RNOB - Natagora.

Privé(s) Non  ONG Oui  Communes Non  Région Non  Autres publics Non

Gestionnaire

Hervé PAQUES

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6983Marais de Genneville1.5060 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Meles melesOuiNon2014Natagora
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Acrocephalus palustrisOuiNon2018J. Taymans, H. Paques
Acrocephalus scirpaceusOuiNonNicheur2018J. Taymans, H. Paques
Alcedo atthisOuiNon2016H. Paques
Cettia cettiOuiNonNicheur2018J. Taymans, H. Paques
Columba oenasOuiNonNicheur2015H. Paques
Dendrocopos minorOuiNonNicheur possible2015H. Paques
Emberiza schoeniclusOuiNonNicheur possible2017H. Paques
Falco subbuteoOuiNonNicheur probable2017H. Paques
Hippolais icterinaOuiNonNicheur possible2015H. Paques
Motacilla cinereaOuiNon
Rallus aquaticusOuiNonHivernant-nicheur possible2015H. Paques, J. Taymans et al.
Tachybaptus ruficollisOuiNonOccasionnel ?
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Pelophylax kl. esculentusOuiNon2014J. Taymans
Rana temporariaOuiNonReproduction2018J. Taymans et al.
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Aricia agestisNonNon2013D. Sevrin, J. Taymans
Thecla betulaeNonNon2013D. Sevrin, J. Taymans
Invertébrés - Insectes - Libellules
Ischnura pumilioNonOui2013D. Sevrin
Sympetrum danaeNonNon2013J. Taymans
Invertébrés - Insectes - Coléoptères
Cetonia aurata2013Natagora
Donacia vulgaris2014D. Sevrin
Dorcus parallelipipedus2013Natagora
Invertébrés - Insectes - Hyménoptères
Anthophora furcata2013D. Sevrin
Dasypoda hirtipes2013D. Sevrin
Melitta nigricans2013D. Sevrin
Invertébrés - Insectes - Diptères
Parhelophilus frutetorum2013D. Sevrin
Tropidia scita2013D. Sevrin
Plantes - Plantes supérieures
Carex nigra2014D. Sevrin, J. Taymans
Crepis paludosa2013D. Sevrin, J. Taymans
Juncus acutiflorus2014D. Sevrin, J. Taymans
Orobanche minor2014D. Sevrin, J. Taymans
Veronica anagallis-aquatica2016D. Sevrin, J. Taymans

Commentaires sur la faune

Mammifères (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Capreolus capreolus, Lepus europaeus, Micromys minutus, Myotis daubentonii, Pipistrellus pipistrellus, Rattus norvegicus, Sciurus vulgaris, Talpa europaea, Vulpes vulpes

Oiseaux (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Accipiter nisus, Acrocephalus palustris, Acrocephalus scirpaceus, Aegithalos caudatus, Alauda arvensis, Alcedo atthis, Alopochen aegyptiaca, Anas crecca, Anas platyrhynchos, Anthus pratensis, Apus apus, Ardea cinerea, Asio otus, Athene noctua, Buteo buteo, Carduelis cabaret (migr.), Carduelis cannabina, Carduelis carduelis, Carduelis chloris, Carduelis spinus, Certhia brachydactyla, Cettia cetti, Chroicocephalus ridibundus, Ciconia ciconia (migr.), Circus aeruginosus, Circus cyaneus (migr.), Coloeus monedula, Columba oenas, Columba palumbus, Corvus corone, Cyanistes caeruleus, Delichon urbicum, Dendrocopos major, Dendrocopos minor, Emberiza citrinella, Emberiza schoeniclus, Erithacus rubecula, Falco tinnunculus, Fringilla coelebs, Fringilla montifringilla (migr./hiv.), Gallinago gallinago (migr.), Gallinula chloropus, Garrulus glandarius, Hippolais icterina, Hirundo rustica, Locustella naevia, Milvus migrans, Motacilla alba, Motacilla cinerea, Muscicapa striata, Parus major, Passer domesticus, Passer montanus, Perdix perdix, Periparus ater, Pernis apivorus, Phalacrocorax carbo, Phasianus colchicus, Phoenicurus ochruros, Phylloscopus collybita, Phylloscopus sibilatrix, Phylloscopus trochilus, Pica pica, Picus viridis, Poecile montanus, Poecile palustris, Prunella modularis, Rallus aquaticus, Regulus ignicapilla, Regulus regulus, Scolopax rusticola, Sitta europaea, Streptopelia decaocto, Sturnus vulgaris, Sylvia atricapilla, Sylvia communis, Sylvia curruca, Tachybaptus ruficollis, Tadorna tadorna (migr.), Tringa ochropus, Troglodytes troglodytes, Turdus iliacus (migr.-hiv.), Turdus merula, Turdus philomelos, Turdus pilaris.

Amphibiens (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Bufo bufo, Lissotriton sp., Pelophylax kl. esculentus, Pelophylax ridibundus s.l., Rana temporaria.

Poissons (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Gasterosteus aculeatus

Lépidoptères (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Aglais urticae, Anthophila fabriciana, Aphantopus hyperantus, Araschnia levana, Aricia agestis, Autographa gamma, Celastrina argiolus, Endothenia nigricostana, Epirrhoe alternata, Euthrix potatoria, Gypsonoma sociana, Hypena proboscidalis, Inachis io, Maniola jurtina, Noctua pronuba, Ochlodes sylvanus, Pararge aegeria, Pieris brassicae, Pieris napi, Pieris rapae, Polygonia c-album, Polyommatus icarus, Rhizedra lutosa, Thecla betulae, Vanessa atalanta, Vanessa cardui.

Coléoptères (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Adalia bipunctata, Adalia decempunctata, Agapanthia villosoviridescens, Calosoma inquisitor, Carabus violaceus, Cetonia aurata, Chrysomela populi, Coccinella septempunctata, Donacia vulgaris, Dorcus parallelipipedus, Gastrophysa viridula, Harmonia axyridis, Malachius bipustulatus, Oberea oculata, Phyllobius virideaeris, Pocadius ferrugineus, Propylea quatuordecimpunctata, Stenopterus rufus, Stenurella melanura, Tachyporus hypnorum, Trichius zonatus, Valgus hemipterus.

Hémiptères (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Aelia acuminata, Eurygaster testudinaria, Eysarcoris venustissimus, Gerris lacustris, Graphosoma lineatum, Notonecta sp., Rhaphigaster nebulosa.

Diptères (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Cheilosia illustrata, Cheilosia pagana, Chrysotoxum bicinctum, Empis sp., Episyrphus balteatus, Eristalis pertinax, Euleia heraclei, Myathropa florea, Oscinella frit, Parhelophilus frutetorum, Physocephala rufipes, Scaeva pyrastri, Sicus ferrugineus, Syrphus ribesii, Temnostoma vespiforme, Tipula paludosa, Tipula sp., Trichocera sp., Tropidia scita, Volucella pellucens, Xylota segnis, Xylota sp.

Orthoptères (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Conocephalus fuscus (= discolor), Pholidoptera griseoaptera, Tettigonia viridissima.

Hyménoptères (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Andrena florea, Anthidium manicatum, Anthophora furcata, Apis mellifera, Arge ustulata, Dasypoda hirtipes, Formica rufa, Hepiopelmus melanogaster, Megachile centuncularis, Melitta nigricans, Tiphia femorata.

Odonates (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Aeshna cyanea, Aeshna mixta, Anax imperator, Calopteryx splendens, Calopteryx virgo, Coenagrion puella, Cordulia aenea, Ischnura elegans, Ischnura pumilio, Lestes sponsa, Lestes viridis, Libellula depressa, Libellula quadrimaculata, Orthetrum cancellatum, Platycnemis pennipes, Pyrrhosoma nymphula, Sympetrum danae, Sympetrum sanguineum, Sympetrum striolatum.

Commentaires sur la flore

Plantes supérieures (données H. Paques, D. Sevrin, J. Taymans, 2010-2018): Acer pseudoplatanus, Achillea millefolium, Adoxa moschatellina, Aegopodium podagraria, Agrostis capillaris, Agrostis stolonifera, Ajuga reptans, Alisma plantago-aquatica, Alliaria petiolata, Allium vineale, Alnus glutinosa, Alopecurus geniculatus, Alopecurus myosuroides, Alopecurus pratensis, Angelica sylvestris, Anthriscus sylvestris, Apium nodiflorum, Arrhenatherum elatius, Artemisia vulgaris, Arum maculatum, Bellis perennis, Brachypodium sylvaticum, Brassica nigra, Bromus hordeaceus, Bromus sterilis, Buddleja davidii, Callitriche sp., Caltha palustris, Calystegia sepium, Cardamine hirsuta, Cardamine pratensis, Carex acutiformis, Carex disticha, Carex nigra, Centaurea jacea, Cerastium fontanum, Chenopodium album, Cirsium arvense, Cirsium oleraceum, Cirsium palustre, Cirsium vulgare, Cornus sanguinea, Corylus avellana, Crataegus laevigata, Crataegus monogyna, Crepis biennis, Crepis capillaris, Crepis paludosa, Cynosurus cristatus, Dactylis glomerata, Deschampsia cespitosa, Dryopteris filix-mas, Epilobium hirsutum, Epilobium parviflorum, Epilobium sp., Epipactis helleborine, Equisetum arvense, Equisetum fluviatile, Equisetum palustre, Eupatorium cannabinum, Festuca arundinacea, Festuca gigantea, Festuca pratensis, Festuca rubra, Filipendula ulmaria, Fraxinus excelsior, Galanthus nivalis, Galeopsis tetrahit, Galium aparine, Geranium dissectum, Geranium robertianum, Geum urbanum, Glechoma hederacea, Glyceria fluitans, Hedera helix, Heracleum sphondylium, Holcus lanatus, Holcus mollis, Humulus lupulus, Hypericum sp., Hypericum tetrapterum, Hypochaeris radicata, Juncus acutiflorus, Juncus articulatus, Juncus effusus, Juncus inflexus, Juncus tenuis, Lactuca serriola, Lamium album, Lathyrus pratensis, Lemna minor, Leucanthemum vulgare, Ligustrum ovalifolium, Linaria vulgaris, Lolium perenne, Lychnis flos-cuculi, Lycopus europaeus, Lythrum salicaria, Malus domestica, Matricaria maritima subsp. inodora, Medicago lupulina, Mentha aquatica, Myosotis nemorosa, Myosoton aquaticum, Nasturtium officinale, Ornithogalum umbellatum, Orobanche minor, Parthenocissus sp., Persicaria amphibia, Persicaria hydropiper, Phalaris arundinacea, Phleum pratense, Phragmites australis, Picea abies, Pimpinella saxifraga, Plantago lanceolata, Plantago major, Poa annua, Poa nemoralis, Poa pratensis, Poa trivialis, Populus x canadensis, Potentilla reptans, Primula elatior, Prunus avium, Pulicaria dysenterica, Quercus robur, Ranunculus acris, Ranunculus bulbosus, Ranunculus ficaria, Ranunculus repens, Ranunculus sceleratus, Ribes rubrum, Robinia pseudoacacia, Rosa canina, Rubus fruticosus agg., Rubus idaeus, Rumex crispus, Rumex obtusifolius, Rumex sanguineus, Salix alba, Salix caprea, Salix cinerea, Sambucus nigra, Scirpus sylvaticus, Scrophularia auriculata, Scrophularia nodosa, Solanum dulcamara, Sonchus asper, Sonchus oleraceus, Stachys palustris, Stachys sylvatica, Stellaria alsine, Tanacetum vulgare, Taraxacum sp., Torilis japonica, Trifolium pratense, Trifolium repens, Typha latifolia, Ulmus minor, Urtica dioica, Valeriana officinalis, Verbena officinalis, Veronica agrestis, Veronica anagallis-aquatica, Veronica beccabunga, Veronica chamaedrys, Veronica hederifolia, Viburnum opulus, Vicia cracca, Vicia sativa, Vicia tetrasperma.

Champignons (données D. Ghyselinck et al. 2012): Agaricus augustus, Agaricus augustus, Auricularia auricula-judae, Auriculariopsis ampla, Calvatia excipuliformis, Coprinus phaeosporus, Diatrype bullata, Entoloma percandidum, Hymenoscyphus albidus, Hypoxylon rubiginosum, Lachnum controversum, Lophodermium arundinaceum, Lycogala epidendron, Marasmius curreyi, Marasmius oreades, Melampsora capraearum, Pluteus salicinus, Polydesmia pruinosa, Psilocybe inquilina, Psilocybe phillipsii, Pyrenopeziza fuckelii, Reticularia lycoperdon, Rosellinia aquila, Rutstroemia conformata, Scutellinia crinita, Seticyphella niveola, Torula herbarum, Tremella mesenterica, Triphragmium ulmariae.

Espèces exotiques

Plantes: Buddleja davidii, Juncus tenuis, Ligustrum ovalifolium, Ornithogalum umbellatum, Parthenocissus sp., Picea abies, Populus x canadensis, Robinia pseudoacacia.

Animaux: Alopochen aegyptiaca, Harmonia axyridis, Pelophylax ridibundus, Phasianus colchicus.

Conservation

Objectifs de conservation

Protection d'une petite zone humide au sein d'une zone d'agriculture intensive. Maintien et diversification des habitats par la mise en oeuvre de mesures de gestion adéquates.

Menaces

Eutrophisation, pollution du cours d'eau.

Recommandations

Extension de la réserve afin de limiter les influences néfastes en provenance des zones agricoles voisines.

Compléter les inventaires faunistiques.

Plan de gestion

Depuis 1997, une partie des prairies était fauchée annuellement par un agriculteur local.

Un plan de gestion détaillé du Marais de Genneville a été rédigé dans le cadre de la demande d'agrément soumis par l'asbl Natagora (TAYMANS, 2014). Les principaux objectifs de ce plan de gestion visent à:

- Conserver et restaurer une diversité de milieux prairiaux;

- Conserver et améliorer l'habitat des espèces animales présentes sur la réserve;

- Conserver et améliorer les populations des espèces végétales rares et menacées des milieux humides;

- Conserver et améliorer les populations d'invertébrés, et en particulier les populations de libellules;

- Préserver les caractéristiques naturelles du lit et des berges de la Trislaine et conserver, améliorer et restaurer l'habitat des espèces liées aux annexes hydrauliques du cours d'eau (zones humides, mares, sources,...).

- Préserver et développer les populations d'amphibiens, notamment par la restauration de leurs micro-habitats (mares,...).

- Maintenir et améliorer la richesse biologique globale, en assurant le maintien d'un maximum d'éléments qui lui sont favorables (éléments ligneux et aquatiques notamment);

- Maintenir l'intérêt paysager de la zone;

- Assurer un rôle important dans une approche de découverte de la nature et de sensibilisation du public aux enjeux de la conservation de la nature.

Accès du public

Le marais de Genneville est bordé de routes secondaires et est accessible depuis la rue du Moulin de Genneville, à l'ouest, et depuis le hameau de Mont-à-Lumay à l'est, via un chemin de terre.

L'accès à la réserve naturelle est limité aux visites guidées dont le programme est diffusé dans le magazine publié par Natagora ainsi que dans la presse locale et associative. Des visites guidées spéciales pour groupes sont organisées sur demande.

Des journées et chantiers de gestion sont également programmés pour permettre à ceux qui le souhaitent de participer activement à l'entretien de la réserve.

Aucune récolte ou cueillette n'est permise.

Les études scientifiques seront suscitées ou menées en accord avec la commission de gestion de la réserve. Les membres de ladite commission ont accès en tout temps à la réserve.

Détails

Description physique

Le cadre physique dans lequel prend place le marais de Genneville (anciennement appelé prairies de Saint-Remy-Geest) est décrit avec précision dans la demande d'agrément réalisée par Natagora (TAYMANS, 2014).

La réserve naturelle occupe une dépression du plateau limoneux de la Hesbaye brabançonne où sourdent au pied du versant les sources du ruisseau de la Trislaine, petit affluent non classé de rive gauche de la Grande Gette, d'une longueur d'environ 1100 mètres. A proximité immédiate, à 40 mètres au sud de la réserve, coule le ruisseau de Chebais, cours d'eau de 2ème catégorie qui prend naissance, en amont du site, à la confluence du ruisseau de Gobertange et du ruisseau d'Hussompont et qui reçoit également les eaux du ruisseau de Genneville (3ème catégorie) avant de se jeter dans la Grande Gette (1ère catégorie), un affluent de l'Escaut. La partie occidentale de la réserve est caractérisée par la présence d'une nappe phréatique superficielle battante, la zone s'inondant l'hiver pour s'assécher l'été.

L'indice de polluo-sensibilité du Chebais au niveau du Moulin de Genneville est considéré comme moyen.

Le dénivelé de la réserve est très faible, allant de 60 mètres d'altitude au niveau de la Trislaine à 65 mètres au pied de versant.

D'après la carte géologique, le site occupe des couches géologiques du Tertiaire de l'étage Landenien composées de sable glauconifère et d'argile grise. Ce sont ces argiles imperméables, proches de la surface, qui expliquent la présence d'une nappe superficielle et de nombreuses sources. A proximité, on trouve aussi des gisements de la pierre de Gobertange, une roche calcaire blanche datant de l'Eocène et plus précisément de l'étage du Lutétien, dont une carrière est encore en exploitation dans la région.

Les sols sont essentiellement constitués d'alluvions limoneuses fortement gleyifiées avec engorgement d'eau permanent et zone de battement de la nappe (sigle pédologique: Aep(1)).

Le marais de Genneville appartient au district phytogéographique brabançon et, du point de vue géographique, à la région limoneuse.

Description biologique

Le marais de Genneville constitue l'une des premières réserves naturelles de l'association Natagora (anc. Réserves Naturelles RNOB) dans le Brabant wallon, les premières parcelles y furent en effet acquises dès 1976. La partie centrale du site est une ancienne prairie pâturée par des vaches qui, en une quinzaine d'années, s'est profondément transformée. Des observations réalisées les 7 et 27 juin 1990 par J. Saintenoy-Simon et coll. permettent de donner de la végétation la description suivante.

En bordure de la réserve existe une friche nitrophile à fromental (Arrhenatherum elatius),  ortie dioïque (Urtica dioica), gaillet gratteron (Galium aparine), cirse des champs (Cirsium arvense), berce commune (Heracleum sphondylium), liseron des haies (Calystegia sepium), ainsi qu'une vaste magnocariçaie très dense dominée par la laiche des marais (Carex acutiformis) qui ne laisse place qu'à peu d'autres espèces végétales. Seuls quelques hautes plantes comme le cirse lancéolé (Cirsium vulgare), l'angélique sauvage (Angelica sylvestris), le gaillet gratteron (Galium aparine), la renouée amphibie (Persicaria amphibia) ou encore la reine des prés (Filipendula ulmaria) parviennent à y croître.

En bordure de cette magnocariçaie se trouve une phragmitaie à roseau commun (Phragmites australis), riche en valériane officinale (Valeriana repens), suivie par une filipendulaie assez étendue avec la reine des prés (Filipendula ulmaria), l'épilobe hirsute (Epilobium hirsutum), la salicaire (Lythrum salicaria), l'eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum), la scrofulaire aquatique (Scrophularia auriculata), le lychnis fleur de coucou (Lychnis flos-cuculi) principalement.

Des fragments de jonçaies à jonc à tépales aigus (Juncus acutiflorus) sont dispersés çà et là. Les dépressions très humides où l'eau affleure en temps normal sont occupées principalement par un groupement à prêle des eaux (Equisetum fluviatile), la prêle des marais (Equisetum palustre), la menthe aquatique (Mentha aquatica), la patience agglomérée (Rumex conglomeratus), l'âche faux-cresson (Apium nodiflorum) (très petit, sans doute à cause de la sécheresse), le gaillet des marais (Galium palustre), le populage des marais (Caltha palustris), la véronique mouron d'eau (Veronica anagallis-aquatica), la pulicaire dysentérique (Pulicaria dysenterica), la stellaire des sources (Stellaria alsine), la stellaire aquatique (Myosoton aquaticum), la laiche noire (Carex nigra), la laiche distique (C. disticha), etc.

Le ruisselet est envahi par endroits par de vigoureuses populations d'âche faux-cresson (Apium nodiflorum).

Le site qui a une valeur paysagère incontestable, est avoisiné de rangées de saules têtards (Salix alba), de rideaux de saules et d'une haie vive formée de sureau noir (Sambucus nigra), l'aubépine à un style (Crataegus monogyna), l'orme champêtre (Ulmus minor) qui servent de support à la bryone dioïque (Bryonia dioica).

La strate muscinale comporte entre autres Pellia endiviifolia, Kindbergia praelonga (=Eurhynchium stockesii), Oxyrrhynchium hians (=E. swartzii), Plagiothecium succulentum, Tortula truncata, Dicranoweissia cirrata.

Plus récemment, la végétation des parcelles qui constituent l'actuelle réserve naturelle agréée du marais de Genneville a été décrite en détail dans le cadre de la demande d'agrément réalisée par Natagora (TAYMANS, 2014).

Les communautés végétales peuvent être distinguées en trois grands groupes:

- les milieux aquatiques (ruisseaux, fossés, mares et zone inondable);

- les milieux prairiaux;

- les milieux liés à la dynamique forestière (essentiellement boisements alluviaux et marécageux et ancienne coupe à blanc de peupleraie).

Milieux aquatiques

Le marais de Genneville est traversé et bordé par la Trislaine, qui comporte une végétation eutrophe des ruisseaux de sources eutrophes. Le tronçon amont du cours d'eau, juste en aval des sources où l'on note la présence de légères incrustations calcaires, est caractérisé par une pente faible et un lit peu végétalisé, alors que plus en aval, la pente pratiquement nulle induit une sédimentation favorable au développement d'une abondante végétation à base d'âche faux-cresson (Apium nodiflorum) et cresson de fontaine (Nasturtium officinale). Le lit et les berges de ce ruisseau ont encore un caractère naturel, mais les curages intempestifs entrepris par le propriétaire voisin tendent à détériorer la qualité du cours d'eau.

La réserve comporte deux mares creusées en octobre 2012 dans sa partie orientale. Celles-ci, de superficie respective de 50 et 250 m², voient leurs berges être progressivement recolonisées par des espèces de mégaphorbiaies et de roselières. En 2013, une algue du genre Chara sp. s'y est développée de façon exubérante.

La partie occidentale de la réserve comprend une large dépression inondée en hiver mais s'asséchant en été, occupée par une belle phragmitaie (ou « roselière vraie »).

Milieux prairiaux

Les milieux les mieux représentés au sein de la réserve, en termes de surface, sont les milieux prairiaux. D'après les cartes topographiques les plus anciennes (notamment celles de Ferraris vers 1770 et Vandermaelen vers 1850), il apparaît que ces prairies sont caractérisées par une continuité historique et ne semblent donc jamais avoir été converties en cultures. La partie orientale de la réserve comporte divers types de prairies humides, plus ou moins enfrichées ou abandonnées, alors que la partie occidentale a été plantée de peupliers (Populus x canadensis) au cours des dernières décennies, ceux-ci ayant été exploités fin 2011, ce qui a permis la régénération des espèces végétales des milieux ouverts, en rapide évolution.

Les milieux prairiaux présents du marais de Genneville sont relativement diversifiés et comprennent les végétations suivantes:

- une prairie de fauche de basse à moyenne altitude; cet habitat est essentiellement représenté dans la partie plus sèche et est dominé par le fromental (Arrhenatherum elatius) et le vulpin des prés (Alopecurus pratensis). En raison de la proximité de terres agricoles, cet habitat est fortement rudéralisé, et on y observe une abondance d'ortie (Urtica dioica) et de liseron des haies (Calystegia sepium), fort envahissants. On y observe encore néanmoins la berce commune (Heracleum sphondylium) et la gesse des prés (Lathyrus pratensis).

- une prairie de fauche humide moyennement fertilisée occupe une partie conséquente du site, en transition avec d'autres habitats prairiaux (mégaphorbiaies, roselières et magnocariçaies). Celle-ci est caractérisée par la présence de l'angélique sauvage (Angelica sylvestris), le populage des marais (Caltha palustris), le lychnis fleur de coucou (Lychnis flos-cuculi), la stellaire des sources (Stellaria alsine), le scirpe des bois (Scirpus sylvaticus), l'eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum), la salicaire (Lythrum salicaria), le lotier des fanges (Lotus pedunculatus), la canche cespiteuse (Deschampsia cespitosa), etc.

- des éléments de prairies abandonnées à reine des prés (Filipendula ulmaria), dans les zones où la prairie humide n'a plus fait l'objet de gestion par fauche depuis plusieurs années.

- des éléments de magnocariçaies à laiche des marais (Carex acutiformis) en mosaïque avec les autres milieux prairiaux, témoignant d'un certain abandon.

- une roselière sèche, en mosaïque avec les précédents types prairiaux, présente localement, et témoignant de l'absence de gestion, elle est caractérisée par une plus faible diversité floristique.

- une phragmitaie ou roselière «vraie» au sein de la zone inondable, constituée par un peuplement presque pur de roseau commun (Phragmites australis).

- des éléments de mégaphorbiaies nitrophiles et hygrophiles dans les secteurs les plus rudéralisés, composés de peuplement d'ortie (Urtica dioica), liseron des haies (Calystegia sepium), gaillet gratteron (Galium aparine), cirse maraîcher (Cirsium oleraceum), galéopsis tétrahit (Galeopsis tetrahit), etc.

Les milieux liés à la dynamique forestière

Les milieux liés à la dynamique forestière sont essentiellement :

- des éléments d'aulnaie marécageuse sur substrat méso- à eutrophe, représentés localement par un stade jeune constitué de fourrés de saule cendré (Salix cinerea), mais également présents en dehors des parcelles de la réserve, entre ses parties orientale et occidentale. Outre l'aulne glutineux (Alnus glutinosa), les espèces typiques de ce boisement marécageux sont le houblon (Humulus lupulus), le populage des marais (Caltha palustris), la primevère élevée (Primula elatior), la morelle douce-amère (Solanum dulcamara), etc.

- des haies bien développées, riches en espèces dominées par l'aubépine à un style (Crataegus monogyna) et le sureau noir (Sambucus nigra), occupent la bordure nord de la réserve.

- des mises à blanc, clairières, trouées récentes en milieu marécageux et non marécageux, qui caractérisent la partie occidentale de la réserve, celles situées en milieu marécageux évoluant rapidement vers la mégaphorbiaie et la magnocariçaie.

Intérêt floristique du marais de Genneville

La flore du marais de Genneville fait l'objet d'inventaires depuis les années 1970 au moins, mais seules les plantes supérieures ont été étudiées à ce jour.

La richesse globale des parcelles en réserve s'élève à 173 espèces, ce qui est assez remarquable pour un site aussi exigu. Bien que comprenant pas d'espèces rarissimes ou protégées, cette liste comporte toutefois plusieurs plantes rares ou tout au moins très localisée dans le contexte de la Région limoneuse: c'est particulièrement le cas de la laîche noire (Carex nigra), de la crépide des marais (Crepis paludosa), de la véronique mouron d'eau (Veronica anagallis-aquatica), mais aussi du jonc à tépales aigus (Juncus acutiflorus), si répandu en Ardenne mais beaucoup plus disséminé ailleurs.

Intérêt mycologique

La fonge n'a encore jamais fait l'objet d'inventaires détaillés et seules 32 espèces de champignons ont été recensées dans la réserve. Parmi elles, notons la présence d'Auriculariopsis ampla, un champignon lignicole poussant surtout sur les brindilles de peuplier tremble et rare en Brabant, ainsi que de Hymenoscyphus albidus, un ascomycète vivant sur les feuilles mortes de frêne.

Intérêt faunistique

La faune n'a été que partiellement documentée et en particulier l'intérêt entomologique n'a été abordé que récemment. Les listes de toutes les espèces recensées jusqu'en 2014 figurent dans le dossier de demande d'agrément de la réserve naturelle. D'autres observations ont été réalisées depuis, notamment par le conservateur de la réserve.

Les mammifères n'ont fait l'objet que d'observations occasionnelles, avec seulement 8 espèces recensées dont le rat des moissons (Micromys minutus), le blaireau (Meles meles) rare en Région limoneuse, ainsi que deux espèces de chauves-souris.

Les oiseaux représentent le groupe le mieux connu, pour lequel on dispose du plus grand nombre de données. Pas moins de 90 espèces d'oiseaux ont été observées dans la réserve ou à proximité immédiate. On soulignera plus particulièrement la présence durant la période de nidification du martin-pêcheur (Alcedo atthis), de la bouscarle de Cetti (Cettia cetti), du bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus), de la rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), la linotte mélodieuse (Carduelis cannabina), le bruant jaune (Emberiza citrinella), la mésange boréale (Poecile montanus), le gobemouche gris (Muscicapa striata), le pic épeichette (Dendrocopos minor), le pigeon colombin (Columba oenas) et, en migration ou pendant l'hiver, la sarcelle d'hiver (Anas crecca), la bécassine des marais (Gallinago gallinago), la bécasse des bois (Scolopax rusticola), le chevalier culblanc (Tringa ochropus), ...

En outre, la chevêche d'Athéna (Athene noctua) est cantonnée en bordure du site, au hameau de Mont-à-Lumay et son maintien est dépendant de l'offre en cavités, notamment dans les vieux saules têtards.

En ce qui concerne les vertébrés aquatiques, le ruisseau de la Trislaine abrite une population d'épinoche (Gasterosteus aculeatus) et les mares hébergent trois ou quatre amphibiens dont la grenouille rousse (Rana temporaria) et le crapaud commun (Bufo bufo).

Au sein de l'entomofaune, qui constitue l'essentiel de la biodiversité de nos régions, on relève au moins 17 espèces de papillons de jour la plupart communes et répandues en Région limoneuse, à l'exception du collier de corail (Aricia agestis) et du thécla du bouleau (Thecla betulae), et 19 espèces de libellules surtout concentrées au niveau des mares creusées en 2012, la plupart étant également communes sauf l'agrion nain (Ischnura pumilio), espèce pionnière qui disparaît assez vite lorsque la végétation devient trop touffue, et le sympétrum noir (Sympetrum danae), libellule rare en Brabant wallon typique des eaux stagnantes oligotrophes pouvant aussi coloniser les mares plus eutrophes entourées de cariçaies.

A ces deux groupes d'insectes très populaires auprès des naturalistes viennent s'ajouter d'autres taxons plus occasionnellement rencontrés ou reconnus, comme les coléoptères avec 25 espèces dont la petite biche (Dorcus parallelipipedus), proche du lucane mais plus répandu et lié à la présence de bois mort, de même que la cétoine dorée (Cetonia aurata), espèce légalement protégée, et la donacie aquatique (Donacia aquatica), inféodée aux végétations rivulaires; les hyménoptères dont les abeilles solitaires Dasypoda hirtipes, Anthophora furcata et Melitta nigricans, ou encore les Diptères avec le syrphe Tropidia scita étroitement lié aux zones humides.

Monument historique

A quelques centaines de mètres du site se trouve le moulin classé de Genneville, très vieille usine hydraulique dont la machinerie est restée en état de marche et dont la roue à aubes est toujours visible. Le village de Saint-Remy-Geest est en grande partie construit en pierre de Gobertange.

Histoire du site

D'après les cartes topographiques les plus anciennes, à savoir celles de Ferraris vers 1770 et Vandermaelen vers 1850, il apparaît que les prairies montrent une continuité historique et ne semblent donc jamais avoir été converties en cultures.

Les premières parcelles qui constituent la réserve naturelle du Marais de Genneville ont été acquises dès 1976 par l'association Les Réserves Naturelles RNOB (actuellement Natagora). D'autres parcelles ont été achetées plus récemment, en 2012. L'agrément de cette réserve a été obtenu par Arrêté du Gouvernement wallon signé le 28 mars 2019.

Divers

Sources

Natagora - demande d'agrément

Répondants de l'information

Natagora / Réserves Naturelles RNOB

Date de la dernière modification de la fiche

2019-05-10