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1597 - Canal désaffecté Ypres-Comines

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Comines-Warneton
Cantonnements DNF :Mons
Surface :17.40 ha
Coordonnées :X Lambert : 52101 - Y Lambert : 163909
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique

Intro

Brève description

Creusé à partir de 1863 dans le but de joindre la ville d'Ypres à la Lys par voie navigable, ce canal eut une histoire mouvementée et fut désaffecté à peine un demi-siècle plus tard, sans jamais avoir servi ! Actuellement, ce vestige historique présente un grand intérêt paysager et renferme, sur ses 17 kilomètres de longueur, une belle diversité floristique et faunistique dans une région agricole fortement banalisée. Parmi les différents types de groupements végétaux en place figure notamment une communauté amphibie fort intéressante et particulièrement riche en espèces dont l'oenanthe aquatique (Oenanthe aquatica), le myriophylle verticillé (Myriophyllum verticillatum), le jonc fleuri (Butomus umbellatus), la véronique à écus (Veronica scutellata), etc. Cette zone humide de grand intérêt biologique peut être visitée à vélo, à cheval ou encore à pied. Elle est pour l'instant dépourvue de statut de protection.

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • A0 - Flandre sablo-limoneuse

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Comines6.97 haCOMINES-WARNETONHAINAUT
Houthem10.42 haCOMINES-WARNETONHAINAUT

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Mons17.4 haMons

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

MET.

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Non  Région Non  Autres publics Oui

Gestionnaire

A compléter

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Acrocephalus scirpaceusOuiNonNicheur2002Tanghe et al. 2003
Alcedo atthisOuiNonNicheur possible2002Tanghe et al. 2003
Gallinago gallinagoOuiOuiPassage et hivernage2002Tanghe et al. 2003
Streptopelia turturOuiOuiNicheur possible2002Tanghe et al. 2003
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Pelophylax kl. esculentusOuiNon2002Tanghe et al. 2003
Rana temporariaOuiNon2002Tanghe et al. 2003
Triturus cristatusOuiOui2003CG.T. Rainne
Plantes - Plantes supérieures
Butomus umbellatus2003CTanghe et al. 2003
Callitriche platycarpa2003Tanghe et al. 2003
Carex paniculata2003Tanghe et al. 2003
Carex pseudocyperus2003Tanghe et al. 2003
Hottonia palustrisPrésence potentielle (signalée sur le tronçon flamand)Tanghe et al. 2003
Hydrocharis morsus-ranae2003Tanghe et al. 2003
Myriophyllum verticillatum2003Tanghe et al. 2003
Oenanthe aquatica2003Tanghe et al. 2003
Typha angustifolia2003Tanghe et al. 2003
Veronica scutellata2003Tanghe et al. 2003

Commentaires sur la faune

Données à compléter.

Commentaires sur la flore

Données à compléter.

Espèces exotiques

Fallopia japonica

Conservation

Objectifs de conservation

A compléter

Menaces

A compléter

Recommandations

A compléter

Plan de gestion

De nombreuses mesures de gestion écologiques sont proposées par TANGHE et al. (2003). Des travaux ont déjà été réalisés par les services du MET (recreusement de mares, déboisement de zones de marais, ...).

Accès du public

Les aménagements récents (piste cyclable, e.a.) autour du canal permettent à un large public de profiter du site.

Les perturbations occasionnées inévitablement par la fréquentation seront atténuées par un aménagement et une mise en valeur didactique bien pensés. L'information destinée au grand public devra non seulement valoriser les efforts d'aménagement écologique effectués par le MET, mais mettra aussi l'accent sur la richesse biologique du site et sa fragilité. Elle passera par la pose de panneaux didactiques installés à des endroits stratégiques.

Détails

Description physique

Le site s'inscrit dans une plaine très ouverte au relief très peu accentué. Il appartient au sous-bassin de la Lys, bassin de l'Escaut. Le point culminant de la région se trouve près de la frontière linguistique, atteignant à peine 22,5 m. A son débouché dans la Lys, à Comines, le canal se situe à une altitude de 14 m. Cela représente sur 6 km un dénivellé d'environ 8,5 m (soit une déclivité moyenne de 0,14%). Dans sa portion wallonne, le canal est en partie parallèle au ruisseau de Kortekeer, lequel présente la particularité de passer (à deux reprises) sous le canal ! C'est le cas également du ruisseau de Gladje.

D'un point de vue géologique, l'entièreté du site repose sur de l'Yprésien (Yc = argile grise, plastique avec lits sableux supérieurs). La vallée de la Lys proprement dite ainsi que les abords du ruisseau de Kortekeer sont occupés par des alluvions modernes (alm).

Deux forages, décrits dans les archives du Service Géologique de Belgique, donnent la nappe aquifère à 20 m et 60 m respectivement.

Les sols de l'assiette du canal ont été fortement perturbés et remaniés lors des travaux de creusement de l'ouvrage. Les sols aux abords immédiats sont formés à partir de dépôts limoneux éoliens, excepté dans les vallées ou ils sont constitués par des alluvions modernes argileuses.

A l'est du canal on trouve essentiellement des sols sablo-limoneux légers (P), secs à modérément humides. Au nord de Houthem, à hauteur du hameau de Kortewilde se développent quelques plages de sols sablo-limoneux modérément gléyfiés (Ldc). Ce même type de sol se rencontre également en majorité à l'ouest du canal. A hauteur de Comines, quelques plages de limons sabloneux légers sont présents.

Le climat de la région est de type tempéré atlantique. La pluviosité moyenne annuelle y est de 677 mm.

Toutes ces données sont reprises du dossier de TANGHE et al. (2003)

Description biologique

Cet ancien canal, désaffecté depuis la première guerre mondiale, s'inscrit entièrement dans le district phytogéographique flandrien (sensu LAMBINON et al., 2004).
La végétation et la flore de la partie wallonne a été décrite en détail par TANGHE et al. (2003). Un minimum de 139 espèces botaniques y ont été recensées. Les groupements suivants ont egalement été reconnus :
- des roselières (Phragmition), occupant le lit du canal ainsi que la partie inférieure des berges, principalement constituées de Phragmites australis qui est souvent accompagné de Typha latifolia et T. angustifolia, Glyceria maxima, Iris pseudacorus, Scrophularia auriculata. Sur les substrats à la fois plus eutrophes et moins humides prennent place des roselières à Phalaris arundinacea mêlé à Urtica dioica, Galium aparine, Epilobium hirsutum.
- un marais à Sparganium erectum et Persicaria amphibia, renfermant diverses autres plantes, notamment des espèces liées aux eaux courantes telles que Lythrum salicaria, Galium palustre, Butomus umbellatus, Apium nodiflorum. On y retrouve divers hélophytes déjà cités (Phragmites australis, Glyceria maxima, ...) mais également des hygrophytes comme Lycopus europaeus, Mentha aquatica, Juncus effusus, Lysimachia vulgaris. On trouve aussi dans les zones eutrophisées Calystegia sepium et le précité Epilobium hirsutum. Des peuplements de Rorippa amphibia et de Persicaria amphibia se développent localement, là où les variations du niveau de l'eau sont marquées.
- une communauté amphibie à Plantago aquatica, Rorippa amphibia et Oenanthe aquatica, occupant les zones soumises à d'importantes variations du niveau d'eau. On y trouve également divers hydrophytes dont certains sont rares à l'échelle régionale : Myriophyllum verticillatum, Hydrocharis morsus-ranae, Potamogeton pusillus, Callitriche platycarpa, Sium latifolium, Veronica scutellata, Butomus umbellatus, Nasturtium officinale, etc.
- des jonchaies et cariçaies, plus ou moins entremélées, prenant place notamment dans un secteur récemment recreusé (en 2001) : on note Juncus effusus, J. inflexus, J. articulatus, Carex acutiformis, C. hirta, C. pseudocyperus, C. vulpina, accompagnées d'espèces des vases exondées comme Bidens tripartita, Rorippa amphibia, Lemna minor, Spirodela polyrhiza, etc. Dans cette zone s'observe également des éléments plus mésophiles comme Pulicaria dysenterica, Rumex crispus, R. conglomeratus, R. obtusifolius, Epilobium parviflorum, ...
- des prairies mésophiles et des friches, généralement à flore assez banale quoique assez variée, dominée par les nitrophiles. On relève notamment Achillea millefolium, Arrhenatherum elatius, Daucus carota, Elymus repens, Equisetum arvense, Festuca rubra, Holcus lanatus, Dactylis glomerata, Hypochoeris radicata, Ranunculus repens, Plantago major, Rumex acetosa, Trifolium repens, Heracleum spondylium, etc.
- des fourrés arbustifs, occupant de vastes surfaces et dominés par les saules : Salix alba, S. caprea et S. viminalis essentiellement. Par endroits apparaissent d'autres espèces comme Acer pseudoplatanus, Fraxinus excelsior, Sambucus nigra, Rosa canina, Crataegus monogyna, Prunus spinosa, ... Ces fourrés etant souvent très dense, la strate herbacée est peu développée et composée d'espèces nitrophiles banales : Urtica dioica, Galium aparine, Aegopodium podagraria, Convolvulus arvensis, Fallopia japonica, etc.
- des fragments de saulaie marécageuse à Salix alba, avec diverses essences secondaires telles que Betula pendula, Acer pseudoplatanus, Fraxinus excelsior, Alnus glutinosa. Dans l'étage arbustif prennent place aussi Salix cinerea et S. caprea. La strate herbacée renferme des hygrophytes variés (Carex paniculata, C. riparia, C. pseudocyperus, Mentha aquatica, Lycopus europaeus, Filipendula ulmaria, ...) mais aussi quelques hélophytes (Phragmites australis, Iris pseudacorus, Phalaris arundinacea, Rumex hydrolapathum, ...). Par endroits on note en outre Solanum dulcamara, Humulus lupulus, Galium aparine et l'inévitable Urtica dioica dont la vigueur indique l'eutrophisation de la station.

Monument naturel

A compléter

Monument historique

Canal désaffecté datant de la fin du 19e et début 20è siècle. Important témoin historique et archéologique régional.

Histoire du site

Un bref historique du site est fourni par TANGHE et al. (2003). En voici un résumé :
L'histoire du canal Ypres-Comines est étroitement liée à celle de la ville d'Ypres, dont le développement et la prospérité économique dépendaient pour une grande part de la jonction vers la Lys, une voie navigable de première importance. Aux 12è et 13è siècles, un chemin pavé reliait déjà Ypres au port de Comines. Mais il faut attendre le 17è siècle pour que l'idée d'un canal de jonction entre les deux cités voie le jour et encore un siècle pour que se concrétisent les premiers projets !
Le tracé définitif du canal suit la voie la plus directe entre les deux villes précitées. L'ouvrage s'étend sur une longueur de 17 km et prévoit pas moins de 9 écluses ainsi qu'un tunnel de 1330 m à hauteur du village de Hollebeke, sur la ligne de partage des bassins de l'Yser et de l'Escaut. Ce canal doit permettre le passage de bateaux de 300 tonnes.
Les travaux débutent en 1863 mais très vite des problèmes d'instabilité du substrat surviennent, causant des effondrements répétés. Ainsi, en 1865, le tunnel s'affaisse sur près de 63 m de longueur ! De 1873 à 1886, les travaux sont à l'arrêt. En 1910, le tunnel est dynamité. Enfin, en 1913, le nouveau pont métallique qui enjambe le canal à hauteur de Hollebeke s'effondre... Finalement, la première guerre mondiale aura définitivement raison du canal.
Plus récemment, les abords du canal ont été aménagés comme zone de loisirs, surtout aux alentours des noyaux d'habitat. Dans le courant de l'année 2000, le chemin de halage longeant le canal a été transformé en piste cyclable dans le cadre du réseau des voies lentes (RAVeL), tandis qu'une voie réservée aux cavaliers a été aménagée en rive gauche. Ces travaux ont pris fin au printemps 2002.
En 2001, un forage a permis d'alimenter en eau la portion du canal située en aval du bief du parc.

Divers

Sources

OFFH

Répondants de l'information

A compléter