Portail Wallonie.be| Portail Environnement| Fédération Wallonie-Bruxelles

1673 - Sur Hohière

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Durbuy
Cantonnements DNF :Marche-en-Famenne
Surface :3.9720 ha
Coordonnées :X Lambert : 235273 - Y Lambert : 117001
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

Cette petite pelouse calcaire située dans la vallée de l'Aisne est peu connue des naturalistes. Dominée par le brome érigé (Bromus erectus), elle renferme plusieurs espèces rares ou protégées tel que l'homme-pendu (Orchis anthropophora) et la gentiane ciliée (Gentianella ciliata). Quelques genévriers (Juniperus communis) sont encore présents dans un fourré en bordure du site. La faune n'est que partiellement connue. Une grotte à flanc de coteau fait l'objet d'un suivi régulier comme gîte d'hivernage pour les chauves-souris. Au début des années 2010, la surface de pelouses sèches a été nettement augmentée suite à d'importants travaux de restauration effectués dans le cadre du projet Life Hélianthème. Fin 2015, le site a obtenu le statut de réserve naturelle domaniale, d'une surface de près de 4 ha. Actuellement, la gestion est assurée par un pâturage ovin.

Carto

Régions naturelles

  • K2 - Calestienne orientale

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Heyd1.53 haDURBUYLUXEMBOURG

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Marche-en-Famenne1.53 haMarche-en-Famenne

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

A compléter

Propriétaire(s)

Commune de Durbuy.

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Oui  Région Non  Autres publics Non

Gestionnaire

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement de Marche-en-Famenne, 1, rue du Carmel, 6900 Marloie (Tél.: 084/22.03.46 - Fax : 084/22.03.48).

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6605Sur Hohière

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Myotis bechsteiniiOuiOuiHibernation (max. 1 ex.)2013GT Plecotus
Myotis dasycnemeOuiOuiHibernation (max. 4 ex.)2013GT Plecotus
Myotis myotisOuiOuiHibernation (max. 9 ex.)2016GT Plecotus
Myotis nattereriOuiOuiHibernation (max. 3 ex.)2014GT Plecotus
Plecotus sp.OuiOuiHibernation (max. 1 ex.)2015GT Plecotus
Rhinolophus ferrumequinumOuiOuiHibernation (max. 1 ex.)2014GT Plecotus
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon2010E. Graitson, C. Uyttenhoven
Coronella austriacaOuiOui2010E. Graitson, C. Uyttenhoven
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Melanargia galatheaNonNon2011H. Ghyselinck, F. Degrave
Invertébrés - Insectes - Coléoptères
Lucanus cervusOuiOui2013I. Jacobs
Invertébrés - Insectes - Orthoptères
Tetrix tenuicornis
Plantes - Plantes supérieures
Anthyllis vulneraria2015Divers obs.
Gentianella ciliata2015
Juniperus communis2015J.-L. Gathoye
Malus sylvestris2015
Neottia nidus-avis2015Divers obs.
Onobrychis viciifolia2015Divers obs.
Ononis repens2015Divers obs.
Orchis anthropophora2015J.-L. Gathoye
Orchis mascula2006L. Bailly
Platanthera chlorantha2015Divers obs.
Sorbus torminalis2015Divers obs.
Stachys alpina2013I. Jacobs
Teucrium chamaedrys2015Divers obs.
Vincetoxicum hirundinariaHibernation (max. 1 ex.)2015J.-L. Gathoye

Commentaires sur la faune

Chiroptères (données G.T. Plecotus, 2000-2016): Myotis bechsteinii, Myotis dasycneme, Myotis daubentoni, Myotis myotis, Myotis mystacinus/brandtii, Myotis nattereri, Plecotus sp., Rhinolophus ferrumequinum.

Oiseaux (données Y. Fanon et F. Degrave 2010-2013): Buteo buteo, Cuculus canorus, Loxia curvirostra, Muscicapa striata.

Reptiles (données E. Graitson 2005; C. Uyttenhoven 2010): Anguis fragilis, Coronella austriaca.

Amphibiens (données E. Graitson 2005): Bufo bufo, Rana temporaria.

Lépidoptères rhopalocères (données H. Ghyselinck, F. Degrave, W. De Moor, 2009-2015): Aglais urticae, Anthocharis cardamines, Aphantopus hyperantus, Argynnis paphia, Lasiommata megera, Leptidea sinapis s.l., Maniola jurtina, Melanargia galathea, Ochlodes sylvanus, Polyommatus icarus, Vanessa atalanta.

Orthoptères (données H. Ghyselinck, 2011): Chorthippus biguttulus, Chorthippus parallelus, Chrysochraon dispar, Meconema meridionale, Phaneroptera griseoaptera, Tetrix tenuicornis.

Commentaires sur la flore

Plantes supérieures (données PCDN 1999; L. Bailly 1998-99; H. Ghyselinck, I. Jacobs, J. Claessens et J-L Gathoye, 2009-2015): Acer campestre, Acer pseudoplatanus, Agrimonia eupatoria, Alliaria petiolata, Allium oleraceum, Anemone nemorosa, Anthriscus sylvestris, Anthyllis vulneraria, Arrhenatherum elatius, Arum maculatum, Aquilegia vulgaris, Asparagus officinalis, Asplenium ruta-muraria, Avenula pubescens, Brachypodium pinnatum, Brachypodium sylvaticum, Briza media, Bromus erectus, Campanula rotundifolia, Campanula trachelium, Carex caryophyllea, Carex flacca, Carpinus betulus, Centaurea jacea, Centaurea scabiosa, Clematis vitalba, Clinopodium vulgare, Cornus mas, Cornus sanguinea, Corylus avellana, Crataegus monogyna, Cruciata laevipes, Dactylis glomerata, Euonymus europaeus, Euphorbia amygdaloides, Festuca rubra, Fragaria vesca, Fraxinus excelsior, Galium aparine, Galium mollugo, Galium verum, Gentianella ciliata, Geranium pyrenaicum, Geranium robertianum, Geum urbanum, Hedera helix, Helianthemum nummularium, Helleborus foetidus, Heracleum sphondylium, Hieracium murorum, Hieracium pilosella, Inula conyzae, Juniperus communis, Kickxia elatine, Knautia arvensis, Lapsana communis, Leucanthemum vulgare, Linum catharticum, Lotus corniculatus, Malus sylvestris, Medicago lupulina, Melica uniflora, Neottia nidus-avis, Onobrychis viciifolia, Ononis repens (incl. subsp spinosa), Orchis anthropophora, Orchis mascula, Origanum vulgare, Pimpinella major, Pimpinella saxifraga, Plantago lanceolata, Platanthera chlorantha, Poa pratensis, Polygala vulgaris, Potentilla neumanniana (= tabernaemontani), Potentilla reptans, Primula veris, Prunus spinosa, Pulmonaria montana, Quercus robur, Ranunculus acris, Ranunculus bulbosus, Ranunculus ficaria, Ranunculus repens, Ribes uva-crispa, Rosa arvensis, Rosa canina, Rubus caesius, Rubus fruticosus s.l., Sanguisorba minor, Sedum album, Senecio erucifolius, Senecio jacobaea, Sesleria caerulea, Solidago virgaurea, Sorbus torminalis, Stachys alpina, Stachys officinalis, Taraxacum sp., Teucrium chamaedrys, Teucrium scorodonia, Thymus pulegioides, Tilia platyphyllos, Trifolium dubium, Urtica dioica, Verbascum lychnitis, Veronica chamaedrys, Viburnum opulus, Vicia hirsuta, Vicia sativa, Vicia sepium, Vincetoxicum hirudinaria, Viola hirta.

Espèces exotiques

A compléter

Conservation

Objectifs de conservation

La classement comme réserve naturelle domaniale vise à conserver voire améliorer la qualité des habitats en place, en particulier les pelouses sèches sur calcaire et zones annexes. La fermeture de la grotte par une grille contribue à assurer la quiétude nécessaire à l'hivernage des chauves-souris.

Menaces

A compléter

Recommandations

A compléter

Plan de gestion

Le plan de gestion a été réalisé dans le cadre du Life Hélianthème en collaboration avec le cantonnement DNF de Marche-en-Famenne.

Hormis les zones forestières, dans lesquelles aucune intervention n'est à prévoir, l'objectif principal de la gestion vise essentiellement le maintien des zones ouvertes par le contrôle des rejets arbustifs et des ronces. Cette gestion fait appel à deux techniques complémentaires: le pâturage ovin et la gestion mécanique. Le site a été clôturé pour permettre ce pâturage en toute sécurité.

Une attention particulière est portée aux arbustes thermophiles intéressants et plus particulièrement le genévrier, le pommier sauvage, le cornouiller mâle, l'alisier torminal qui seront épargnés lors des travaux de débroussaillage.

Un renforcement des populations de genévrier a été réalisé par la plantation, en 2014, de 75 jeunes individus originaires du Tienne des Vignes (Rochefort) et de sites de la vallée de l'Aisne (Hohière, Derrière chez Mélanie).

De même, certains massifs arbustifs et zones de rejets seront préservés en raison de leur attractivité pour la reproduction de divers papillons et autres insectes.

Le plan de gestion prévoit également le maintien d'arbres isolés, vivants et morts, y compris les arbres à cavités.

Des mesures sont spécifiques pour les reptiles qui sont très sensibles au surpâturage: ménagement de zones non ou peu pâturées, maintien des lisières étagées, aménagement de tas de bois et autres abris.

Accès du public

L'accès à la pelouse est libre via le sentier menant à la grotte. Suite à la mise en place d'un pâturage ovin, le site a été clôturé mais un passe-clôture a été aménagé en bord de route afin de permettre le passage des promeneurs. Deux autres passes-clôtures sont installés à d'autres endroits de la réserve. Un panneau didactique est installé à l'entrée du site.

La grotte est fermée par une grille protectrice afin d'assurer la quiétude des chiroptères en période hivernale. Son accès n'est autorisé que dans le cadre d'études scientifiques strictement encadrées.

Détails

Description physique

Le coteau «Sur Hohière» est situé dans la vallée de l'Aisne, en bordure nord du petit village d'Aisne, à 8 km de Durbuy et 5 km de Bomal. Il correspond au flanc droit de l'étroite vallée, ici à l'exposition sud à sud-ouest. S'élevant à une altitude de 180 à 220 m, la colline surplombe directement la Voie d'Aisne, petite route venant de Villers-Sainte-Gertrude et rejoignant la nationale 806 dans le village au fond de la vallée.

L'Aisne conflue avec l'Ourthe à Bomal. Le cours d'eau fait donc partie du bassin hydrographique mosan.

Le sous-sol est constitué de calcaires à Stringocéphales et de calcaires à polypiers et à stromatoporoïdes. Une grotte naturelle est présente sur le site, dont l'ouverture se trouve à l'altitude 215 m. Le porche d'entrée se présente comme un abri sous roche constitué d'une salle assez vaste, de forme arrondie et d'une quinzaine de mètres de longueur. La grotte en elle-même débouche dans le fond de cette salle et son ouverture a été fermée par l'UBS avec une grille. Son développement est de 203 m.

Le site est localisé en Calestienne orientale, dans la zone de transition avec l'Ardenne. Il appartient au district phytogéographique mosan.

Description biologique

Le coteau Sur Hohière était, jusqu'il y a peu, largement boisé (pins noirs d'Autriche et feuillus divers) et comportait encore une petite pelouse calcaire de plus en plus menacée par l'embroussaillement. Cette zone ouverte couvrait approximativement 0,31 ha plus quelques tout petits lambeaux de pelouse sèche sous les pins.

Cette pelouse a été considérablement agrandie au début des années 2010, grâce aux travaux de restauration effectués par l'équipe du Life Hélianthème. Le site a ensuite été clôturé afin de permettre une gestion d'entretien par pâturage ovin.

Malgré le manque de relevés disponibles, le site montre déjà une belle diversité d'espèces dont plusieurs possèdent une haute valeur patrimoniale.

Flore

Quelques relevés botaniques ont été effectués jusqu'à présent par H. Ghyselinck, I. Jacobs, J. Claessens et J.-L. Gathoye.

La pinède de Pinus nigra qui couvrait le versant sud de la colline a été exploitée début 2010 dans le cadre du Projet Life Hélianthème, en vue de restaurer les pelouses calcicoles.

Le sous-bois et la lisière de la chênaie-charmaie calcicole montrent une flore assez diversifiée avec notamment l'euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides), la violette hérissée (Viola hirta), l'ancolie vulgaire (Aquilegia vulgaris), l'épiaire des Alpes (Stachys alpina), etc. Outre les arbustes habituels, prunellier (Prunus spinosa) en tête, des espèces typiquement calcicoles sont présentes comme l'alisier torminal (Sorbus torminalis), le cornouiller mâle (Cornus mas), le fusain d'Europe (Euonymus europaeus), ...

La pelouse calcicole est dominée par le brome érigé (Bromus erectus) mais comporte de nombreuses autres espèces, les plus remarquables étant l'orchis homme-pendu (Orchis anthropophora), la gentiane ciliée (Gentianella ciliata), le genévrier commun (Juniperus communis), la néottie nid-d'oiseau (Neottia nidus-avis), la platanthère verdâtre (Platanthera chlorantha) et de l'orchis mâle (Orchis mascula). La présence de ces espèces protégées mais aussi symboliques des pelouses sèches permet de justifier la gestion et l'entretien de cette zone. Un renforcement des populations de Juniperus communis a été réalisé par la plantation, en 2014, de 75 jeunes individus provenant du bouturage d'individus du Tienne des Vignes (Rochefort) et de sites de la vallée de l'Aisne (Hohière, Derrière chez Mélanie).

Les talus de la petite route de la Voie d'Aisne, fauchés régulièrement par les services communaux, accueillent une belle diversité végétale, comme en témoigne les relevés effectués en 1998-1999 dans le cadre de la convention «bords de route» (obs. L. Bailly). Plus de 80 espèces de plantes supérieures y ont ainsi été notées dont de nombreuses caractéristiques des pelouses sèches: Ononis repens, Ranunculus bulbosus, Allium oleraceum, Thymus pulegioides, Brachypodium pinnatum, Sanguisorba minor, Avenula pubescens, Carex flacca, Centaurea scabiosa, Hieracium pilosella, Inula conyzae, Viola hirta, Orchis mascula, Campanula rotundifolia, Galium verum, Bromus erectus, Onobrychis viciifolia, Potentilla neumanniana, Lotus corniculatus, Carex caryophyllea, Vincetoxicum hirundinaria, etc.

Localement, une certaine eutrophisation du milieu se marque par la présence de rudérales comme Urtica dioica, Ranunculus ficaria, Heracleum sphondylium, Anthriscus sylvestris, Geum urbanum, Arum maculatum, Geranium robertianum ou encore Alliaria petiolata.

Faune

Très peu d'inventaires faunistiques ont été menés jusqu'à présent sur le coteau de Hohière.

Les seules données mammalogiques disponibles concernent des chiroptères en hibernation dans la grotte. Un comptage annuel est effectué depuis au moins 2005 par des membres du groupe de travail Plecotus (J.-L. Gathoye et coll.). Le nombre de spécimens comptabilisés est certes assez faible (2-20 selon les années) mais la représentation spécifique particulièrement remarquable, avec pas moins de 8 espèces recensées au cours des dix dernières années. En plus, quatre d'entre-elles sont des espèces d'intérêt communautaire (Rhinolophus ferrumequinum, Myotis bechsteinii, Myotis dasycneme, Myotis myotis), ce qui augmente encore l'intérêt de la grotte de Hohière. Notons que cette cavité est également utilisée comme gîte intermédiaire durant les périodes pré- et posthivernales.

Seules quelques espèces d'oiseaux ont été notées, dont le coucou gris (Cuculus canorus) et le bec croisé des sapins (Loxia curvirostra).

Les quelques observations de reptiles sont dues à E. Graitson (2005) et E. Graitson et C. Uyttenhoven (2010) qui ont recensé jusqu'à présent deux espèces, l'orvet fragile (Anguis fragilis) et la coronelle lisse (Coronella austriaca).

Les principaux relevés entomologiques ont été effectués par H. Ghyselinck et J. Dewyspelaere et concernent essentiellement les papillons de jour et les Orthoptères.

Parmi la petite dizaine d'espèces de papillons, on peut souligner la présence du demi-deuil (Melanargia galathea), caractéristique des prairies semi-naturelles, et du tabac d'Espagne (Argynnis paphia).

Un coléoptère emblématique a été observé récemment sur le coteau: c'est le lucane cerf-volant (Lucanus cervus). Le plus grand coléoptère de Wallonie est aussi une espèce d'intérêt communautaire qui est particulièrement rare dans la région.

Monument naturel

A compléter

Monument historique

A compléter

Histoire du site

A compléter

Divers

Sources

OFFH

Répondants de l'information

Hélène GHYSELINCK (Natagora - Life Hélianthème)

Date de la dernière modification de la fiche

2016-02-10