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195 - Ermitage

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Braine-le-Château
Cantonnements DNF :Nivelles
Surface :6.58 ha
Coordonnées :X Lambert : 143096 - Y Lambert : 151085
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec Google map

Intro

Brève description

Localisé dans le Brabant sablo-limoneux, le site occupe le vallon du ruisseau de l'Ermitage, à 1 km à vol d'oiseau du centre de Braine-le-Château. Sur une superficie d'environ 5 hectares, on y rencontre un ensemble de milieux intéressants, bien que dégradés: lande à bruyère, pelouses sèches sur sable, bas-marais liés aux suintements de pente, mégaphorbiaies, roselières, magnocariçaies et groupements forestiers alluviaux. Il s'agit d'une propriété communale érigée en 1977 en réserve naturelle mais dont la gestion est abandonnée depuis des années. On y rencontre une flore diversifiée comprenant certaines espèces devenues très rares en Brabant, comme la jasione des montagnes (Jasione montana) et la téesdalie à tige nue (Teesdalia nudicaulis). La faune locale est encore peu connue; la présence du lézard vivipare (Zootoca vivipara), rare dans la région, a été signalée très récemment.

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • C0 - Brabant limoneux

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Braine-le-Château6.58 haBRAINE-LE-CHATEAUBRABANT

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Nivelles6.58 haMons

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Commune de Braine-le-Château.

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Oui  Région Non  Autres publics Non

Gestionnaire

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement de Nivelles, avenue Jean Monnet, 12 Bte 2A, 1400 Nivelles (Tél. : 067/88.42.90 - Fax : 067/88.42.99).

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
183Ermitage6,58 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Zootoca viviparaOuiNon2007J. Taymans
Plantes - Plantes supérieures
Aira praecox1982De Zuttere & Sotiaux (1982)
Carex ovalis2007J. Taymans
Carex pallescens2007J. Taymans
Carex panicea1982De Zuttere & Sotiaux (1982)
Cerastium semidecandrum2007J. Taymans
Crepis paludosa2007J. Taymans
Dactylorhiza maculata2000?E. Henrion
Drosera rotundifoliaEteint1942Heinemann (1956)
Epipactis helleborine2007J. Taymans
Eriophorum angustifoliumEteint1942Heinemann (1956)
Hyacinthoides non-scripta
Jasione montana2007BJ. Taymans
Listera ovata1982De Zuttere & Sotiaux (1982)
Menyanthes trifoliataEteint ?1982De Zuttere & Sotiaux (1982)
Mespilus germanica2007J. Taymans
Ornithopus perpusillus2007BJ. Taymans
Pedicularis sylvaticaEteint1942Heinemann (1956)
Teesdalia nudicaulis2007J. Taymans
Viola palustris1982De Zuttere & Sotiaux (1982)
Plantes - Mousses
Sphagnum auriculatum1982De Zuttere & Sotiaux (1982)
Sphagnum palustre1982De Zuttere & Sotiaux (1982)

Commentaires sur la faune

Reptiles (donnée J. Taymans 2007):
Zootoca vivipara.

Commentaires sur la flore

Phanérogames (données J. Taymans, 2006-2007):
Acer pseudoplatanus, Achillea millefolium, Agrostis capillaris, Ajuga reptans, Alnus glutinosa, Alopecurus pratensis, Anemone nemorosa, Angelica sylvestris, Anthoxanthum odoratum, Aphanes arvensis, Arrhenatherum elatius, Athyrium filix-femina, Betula pendula, Betula pubescens, Blechnum spicant, Brachypodium sylvaticum, Bromus hordeaceus, Bromus sterilis, Caltha palustris, Calystegia sepium, Campanula rotundifolia, Cardamine amara, Cardamine flexuosa, Cardamine hirsuta, Cardamine pratensis, Carex acutiformis, Carex ovalis, Carex pallescens, Carex pilulifera, Carex remota, Carex sylvatica, Castanea sativa, Centaurea gr. Jacea, Cerastium fontanum, Cerastium semidecandrum, Chrysosplenium oppositifolium, Cirsium arvense, Cirsium palustre, Cirsium vulgare, Convallaria majalis, Corylus avellana, Crataegus monogyna, Crepis paludosa, Cytisus scoparius, Dactylis glomerata, Danthonia decumbens, Deschampsia cespitosa, Deschampsia flexuosa, Dryopteris carthusiana, Dryopteris dilatata, Dryopteris filix-mas, Epilobium hirsutum, Epipactis helleborine, Equisetum arvense, Equisetum telmateia, Eupatorium cannabinum, Fagus sylvatica, Festuca pratensis, Festuca rubra, Filipendula ulmaria, Frangula alnus, Fraxinus excelsior, Galeopsis tetrahit, Galium aparine, Galium mollugo, Geranium molle, Geranium robertianum, Geum urbanum, Glechoma hederacea, Glyceria fluitans, Hedera helix, Heracleum sphondylium, Hyacinthoides non-scripta, Hieracium pilosella, Hieracium umbellatum, Holcus lanatus, Holcus mollis, Hypericum humifusum, Hypericum perforatum, Hypochaeris radicata, Ilex aquifolium, Iris pseudacorus, Jasione montana, Juncus conglomeratus, Juncus effusus, Lamium album, Lamium galeobdolon, Lapsana communis, Lonicera periclymenum, Luzula campestris, Luzula pilosa, Lychnis flos-cuculi, Lysimachia nemorum, Lythrum salicaria, Maianthemum bifolium, Melampyrum pratense, Mentha aquatica, Mespilus germanica, Milium effusum, Molinia caerulea, Ornithopus perpusillus, Oxalis acetosella, Paris quadrifolia, Persicaria hydropiper, Phragmites australis, Plantago lanceolata, Poa nemoralis, Poa pratensis, Poa trivialis, Polygonatum multiflorum, Populus tremula, Potentilla erecta, Primula elatior, Prunus avium, Prunus serotina, Prunus spinosa, Pteridium aquilinum, Quercus robur, Quercus rubra, Ranunculus acris, Ranunculus bulbosus, Ranunculus ficaria, Ranunculus repens, Ribes rubrum, Rubus sp., Rumex acetosa, Rumex acetosella, Rumex obtusifolius, Salix alba, Salix caprea, Salix cinerea, Sambucus nigra, Senecio sylvaticus, Scirpus sylvaticus, Solanum dulcamara, Solidago virgaurea, Sorbus aucuparia, Stellaria alsine, Stellaria graminea, Stellaria holostea, Stellaria media, Taraxacum sp., Teesdalia nudicaulis, Teucrium scorodonia, Trifolium dubium, Trifolium repens, Urtica dioica, Vaccinium myrtillus, Valeriana repens, Valerianella locusta, Veronica arvensis, Veronica beccabunga, Veronica chamaedrys, Viburnum opulus, Vicia hirsuta, Vicia sativa, Vinca major, Viola riviniana.
Certaines espèces signalées dans les études précédentes n'ont pas été revues récemment et sont probablement disparues: Pedicularis sylvatica, Dactylorhiza maculata, Drosera rotundifolia, Eriophorum angustifolium, Viola palustris et peut-être aussi Menyanthes trifoliata.

Espèces exotiques

Prunus serotina, Quercus rubra,

Conservation

Objectifs de conservation

Protection d'une zone de suintements acides sur sables bruxelliens et d'une ancienne lande potentiellement restaurable.

Menaces

Pollution, eutrophisation.

Recommandations

Elaboration et application du plan de gestion. Inventaires faunistiques.

Plan de gestion

Quelques pistes pour l'élaboration d'un nouveau plan de gestion sont proposées par TAYMANS (2008). Ce plan de gestion devrait viser à :
* la restauration et l'entretien des habitats semi-naturels typiques du Brabant sablo-limoneux que sont la lande à bruyère, les pelouses ouvertes sur sables acides, les bas-marais acides (suintements) et les végétations prairiales de fond de vallée (prairie de fauche humide, magnocariçaie, mégaphorbiaie, roselière) ;
* la mise en évidence de l'intérêt didactique du site.
Ces pistes sont les suivantes :
A) Phase de restauration
- réouverture du milieu au niveau des suintements et de la prairie maigre par défrichement des fourrés de saules, noisetiers et trembles, suivi du contrôle du recru par débroussaillage ;
- élimination d'une partie de la plantation de peupliers et d'aulnes dans la partie alluviale afin de restaurer les milieux ouverts de fond de vallée (mégaphorbiaies, magnocariçaies et roselières) ;
- élimination de tous les pieds de Cerisier tardif et suivi des recrus ;
- évacuation des dépôts de déchets verts ;
- mise en place de panneaux d'information + interdiction de dépôts clandestins ;
- des mesures permettant de rehausser la nappe phréatique pourraient être envisagées ;
- étrépage localisé dans la prairie maigre, afin de mettre à jour la banque de graines.
B) Phase d'entretien
- fauche et débroussaillage périodiques des végétations de suintements et du fond de vallée, ainsi que du talus sableux ;
- restauration d'un régime de pâturage extensif (par exemple à l'aide de races ovines rustiques) dans la prairie maigre dominant le site ;
- maintien d'un pâturage bovin extensif dans la pâture, sans emploi de pesticides ou d'herbicides.
Le régime de fauche devra être adapté en fonction de l'évolution de la végétation. Notons déjà que la végétation des suintements devrait être fauchée annuellement, en fin de période estivale. La végétation de fond de vallée pourra, en fonction des objectifs, être fauchée annuellement voire deux fois l'an si l'on veut faire évoluer la végétation vers une prairie de fauche humide, ou plus épisodiquement sur certaines zones où l'on veut maintenir la mégaphorbiaie, la magnocariçaie ou la roselière.

Accès du public

Accès libre sur les sentiers. Livret-guide.

Détails

Description physique

Braine-le-Château repose sur le socle primaire du Brabant qui affleure dans la plupart des vallées du Brabant (Dyle, Thyle, Gette, Hain, Samme, Sennette, etc.) et qui est représenté principalement par des roches cambriennes (Dv2 : phyllades, quartzites et arkoses de Tubize, riches en magnétite). Sur ce socle, reposent des argiles ypésiennes et des sables bruxelliens datant de l'Eocène.

Le site occupe la vallée et les flancs du ruisseau de l'Ermitage et de son petit affluent, dépendant du Hain (sous-bassin de la Seine, bassin de l'Escaut).

On se trouve ici dans le district phytogéographique brabançon.

Description biologique

Situé à 1 km du centre de Braine-le-Château, en lisière des Bois du Chapitre et de l'Apechau, le site occupe le fond de la vallée et le versant droit du ruisseau de l'Ermitage.

Dans les années 1940, l'endroit était très ouvert et occupé par une vaste lande à bruyères surmontant une zone humide alimentée par des suintements acides. On dispose pour cette époque des précieux relevés floristiques de HEINEMANN (1942) qui y notait Calluna vulgaris, Danthonia decumbens, Polygala serpyllifolia, Festuca filiformis, Luzula campestris, Hieracium umbellatum, Agrostis capillaris, Solidago virgaurea, Pedicularis sylvatica, Dactylorhiza maculata, Carex pilulifera, Potentilla erecta, etc. Au niveau des suintements, cet auteur observait également Drosera rotundifolia, Eriophorum angustifolium, Sphagnum palustre, ...

Quarante ans plus tard, la superficie de la lande s'est réduite et les milieux se sont nettement dégradés, en raison notamment de l'amendement des prairies voisines. Le cortège floristique du site s'est parallèlement appauvri et une série d'espèces telles que Drosera rotundifolia, Pedicularis sylvatica, Eriophorum angustifolium, Sphagnum palustre et Dactylorhiza maculata n'ont pas été revues par DE ZUTTERE et SOTIAUX (1982). Par contre, les espèces prairiales telles Arrhenatherum elatius, Anthoxanthum odoratum, Holcus lanatus, Poa trivialis etc., ont progressé aux dépens de la lande. La recolonisation préforestière par Cytisus scoparius et Betula pubescens est manifeste. Plusieurs beaux exemplaires de Mespilus germanica sont observés par ces auteurs. En bordure de la lande et le long des sentiers se développe une pelouse ouverte à Hieracium pilosella, Aira praecox, Ornithopus perpusillus, Danthonia decumbens, Teesdalia nudicaulis et les mousses Polytrichum piliferum, Ceratodon purpureus, Cephaloziella divaricata.

La vallée était occupée par un bas-marais, rapporté par VANDEN BERGHEN (1952) au Cariceto canescentis-Agrostidetum caninae, ainsi que par un fourré de saules et une vaste aulnaie. Le marais est bordé par une saulaie à Salix aurita, S. x multinervis assez nitrophile. Enfin, toute la plaine alluviale du ruisseau de l'Ermitage est occupée par une aulnaie, dans sa majeure partie reconvertie en peupleraie. La végétation originelle est assez dégradée, mais présente un caractère acido-mésotrophe nettement marqué. On y rencontre : Alnus glutinosa, Betula pubescens, Frangula alnus, Crepis paludosa, Viola palustris, Molinia caerulea, Sphagnum auriculatum (= crassicladum), Sphagnum palustre, Trichocolea tomentella (Alnion glutinosae). Equisetum telmateia est présent dans une crique de suintement. En aval, le milieu devient plus riche en éléments nutritifs et les espèces acidophiles observées sont remplacées par Filipendula ulmaria, Valeriana repens, Cardamine pratensis, Urtica dioica, Listera ovata (Macrophorbio-Alnetum).

D'autre part on peut observer dans le ruisseau un tuf qui renferme Cratoneuron filicinum, Brachythecium rivulare, Plagiomnium undulatum et Rhizomnium punctatum (DE ZUTTERE, 1983, relevés 50 à 53).

Des relevés effectués en 2006-2007 par J. TAYMANS (2008, inédit) ont permis d'actualiser les connaissances floristiques et mis en évidence une profonde modification du site de l'Ermitage, lequel, notamment, s'est fortement reboisé au cours des trente dernières années. Six grands types de végétations y ont été observés:

1. Chênaie-boulaie de recolonisation de la lande à bruyère:

La lande à bruyère est actuellement fortement dégradée et s'est progressivement reboisée depuis l'étude d'HEINEMANN (1942). Sur le versant exposé au nord-ouest, elle a actuellement l'aspect d'un boisement d'une trentaine d'années dominé par Betula pendula, Quercus robur, Quercus rubra et Fagus sylvatica. On y trouve également dans les strates arborescente et arbustive Ilex aquifolium, Sorbus aucuparia, Prunus serotina (espèce exotique envahissante), Mespilus germanica, Frangula alnus, Fraxinus excelsior, Castanea sativa, Prunus avium et Corylus avellana.

La strate herbacée est assez clairsemée, à l'exception des zones clairiérées où elle est dominée par la molinie (Molinia caerulea). La callune (Calluna vulgaris) semble y avoir totalement disparu, bien que des pieds soient présents en dehors du site, à une centaine de mètres de là. Les autres espèces sont Luzula pilosa, Lonicera periclymenum, Deschampsia flexuosa, Dryopteris dilatata, Dryopteris carthusiana, Hieracium umbellatum, Convallaria majalis, Melampyrum pratense, Oxalis acetosella, Teucrium scorodonia, Viola sp., Hypochaeris radicata, Carex pilulifera, Vaccinium myrtillus, Agrostis capillaris, Hedera helix, Maianthemum bifolium et Dryopteris filix-mas. A proximité des habitations, un Lamium ornemental, certainement échappé de jardins, a colonisé quelques mètres carrés. Un total de 32 espèces végétales y a été recensé.

2. Prairie maigre:

Le versant exposé au nord et nord-est a semble-t-il été amendé pour le transformer en pâture, actuellement abandonnée. La lande à bruyère y a donc évolué vers des végétations prairiales. On y relève actuellement plus de 55 espèces végétales différentes.

Cette prairie, située juste en amont des suintements, recèle plusieurs zones qui ont pu être préservées de l'eutrophisation et présentent un caractère oligotrophe. On y observe deux espèces très intéressantes : la Tormentille (Potentilla erecta) et la Sieglingie retombante (Danthonia decumbens). On note également de vastes populations de Hieracium umbellatum, Dactylis glomerata, Arrhenaterum elatius ainsi que la présence de Agrostis capillaris, Achillea millefolium, Cytisus scoparius, Galium mollugo, Stellaria alsine, Stellaria graminea, Veronica chamaedrys, Holcus lanatus, Holcus mollis, Anthoxanthum odoratum, Rumex acetosa, Hypericum perforatum, Festuca rubra, Solidago virgaurea, Plantago lanceolata, Rumex acetosella, Juncus effusus, Juncus conglomeratus, Campanula rotundifolia, Equisetum arvense, Hypochaeris radicata, Cirsium arvense, Trifolium repens, Epipactis helleborine, Luzula campestris, Stellaria holostea, Ranunculus bulbosus, Ranunculus acris, Vicia sativa subsp. nigra, Bromus hordeaceus (= mollis), Alopecurus pratensis, Luzula multiflora, Milium effusum, Cerastium semidecandrum, Festuca pratensis, …

Egalement par endroits : Galeopsis tetrahit, Taraxacum sp., Dryopteris filix-mas, Alopecurus pratensis, Centaurea jacea. Un pied de Hyacinthoides non-scripta a également été observé mais son origine est douteuse, étant donné la proximité de jardins. Cardamine pratensis est présente dans les zones les plus humides.

Les portions les plus intéressantes, dans le bas de la prairie et à proximité des suintements, sont en cours de colonisation par les ligneux, essentiellement par le tremble (Populus tremula), le genêt (Cytisus scoparius) ainsi que les ronces (Rubus sp.).
Une autre zone est colonisée par un fourré de noisetiers (Corylus avellana). La strate herbacée y est très clairsemée, on y observe Polygonatum multiflorum et Milium effusum. L'extrémité nord-ouest de la prairie est envahie par un massif de fougère-aigle (Pteridium aquilinum).

Plusieurs espèces animales intéressantes ont pu y être observées, notamment le lézard vivipare (Zootoca vivipara), le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus), ainsi que le chevreuil (Capreolus capreolus).

Afin de protéger et de restaurer la flore et la faune de ce secteur, il serait intéressant de réinstaurer un pâturage extensif (par exemple par des moutons) et de lutter contre l'enfrichement et l'envahissement par les ligneux.

3. Talus sableux du sentier Muraes:

Le talus sableux du sentier Muraes comporte une végétation tout à fait remarquable. Il est caractérisé par une pente assez forte ainsi qu'une exposition au sud ce qui lui confère un caractère xérique et thermophile. La végétation que l'on retrouve ici est typique de la pelouse ouverte sur sables acides. Elle renferme plusieurs espèces rares à très rares en Région wallonne, dont la téesdalie à tige nue (Teesdalia nudicaulis) et la jasione des montagnes (Jasione montana). D'autres espèces typiques des pelouses et landes sur sable y sont également observées: Agrostis capillaris, Hieracium pilosella, Hieracium umbellatum, Hypochaeris radicata et Rumex acetosella. On y observe également des espèces qui témoignent du caractère pauvre et acide du substrat comme Achillea millefolium, Anthoxanthum odoratum, Campanula rotundifolia, Festuca rubra, Luzula campestre, Poa nemoralis et Senecio sylvaticus, ainsi que d'autres espèces plus banales dont Arrhenatherum elatius, Cytisus scoparius, Holcus mollis, Bromus sterilis, Galeopsis tetrahit, Hedera helix, Lapsana communis, Poa pratensis, Poa trivialis, Valerianella locusta, Vicia hirsuta. On y observe également des lichens du genre Cladonia, typiques de ce type de situation. La zone est malheureusement progressivement colonisée par des plantules du cerisier tardif (Prunus serotina).

La gestion de cette zone restreinte exige de maintenir un ensoleillement maximal du talus, ce qui pourrait se faire par la taille des branches basses la surplombant. Un arrachage manuel des rejets de cerisier tardif devrait être envisagé. Une gestion douce du talus, via un fauchage annuel unique à la fin de l'été, sans aucun emploi de substances chimiques, est à préconiser.

4. Pâture:

La pâture située sur le versant sud du vallon affluent à l'Ermitage présente un couvert herbacé dense et dont la composition est banale, à l'exception des bords du sentier et du petit talus situé à proximité du sentier. En effet, ceux-ci sont caractérisés par une végétation très intéressante de sols maigres et acides.

Les deux espèces les plus intéressantes sont Ornithopus perpusillus et Jasione montana. On y observe également d'autres espèces typiques telles qu'Achillea millefolium, Agrostis capillaris, Anthoxanthum odoratum, Aphanes arvensis, Campanula rotundifolia, Cerastium semidecandrum, Festuca rubra, Hieracium pilosella, Hypericum humifusum, Luzula campestris, Ranunculus bulbosus, Rumex acetosella, Trifolium dubium et Veronica chamaedrys. Notons également la présence de Bromus hordeaceus, Bromus sterilis, Cardamine hirsuta, Cerastium fontanum, Geranium molle, Lamium album, Plantago lanceolata, Stellaria graminea, Stellaria media, Veronica arvensis et Vicia sativa subsp. nigra.

5. Végétation des suintements:

Le site est caractérisé par une belle ligne de suintements tout le long du versant est du vallon de l'Ermitage, ligne qui remonte également vers l'amont du vallon affluent. Ces suintements prennent naissance au niveau de la ligne de contact des sables du Bruxellien, perméables, avec les argiles de l'Yprésien, imperméables. Ils sont caractérisés par une eau à tendance plutôt acide, bien qu'en certains endroits celle-ci puisse contenir un peu de carbonate de calcium dissous. La physionomie de ces suintements consiste en une alternance de criques de suintement, de sources et de zones moins humides. Parmi les végétations qui ont colonisé ces suintements, une distinction doit être faite entre les suintements situés à l'ouest du site, dans la vallée de l'Ermitage, qui ont un caractère forestier, et les suintements à l'est du site, dans le vallon affluent, qui ne sont quant à eux boisés que depuis plus récemment.

Les suintements du versant exposé à l'ouest ont un aspect clairement forestier et sont dominés par Alnus glutinosa, Salix alba, Fraxinus excelsior, Salix caprea. On y trouve également Viburnum opulus, Corylus avellana, Sorbus aucuparia, Crataegus sp., Sambucus nigra, Ilex aquifolium, Acer pseudoplatanus, Betula pubescens, Fagus sylvatica et Prunus spinosa. La strate herbacée y est fort dense, avec par endroits des fourrés de ronces. On y relève Iris pseudacorus, Equisetum telmateia, Urtica dioica, Crepis paludosa, Athyrium filix-femina, Angelica sylvestris, Dryopteris carthusiana, Glechoma hederacea, Geranium robertianum, Carex remota, Galeopsis tetrahit, Glyceria fluitans, Blechnum spicant, Chrysosplenium oppositifolium, Epilobium hirsutum, Lysimachia nemorum, Paris quadrifolia, Solanum dulcamara, Valeriana repens, Cardamine sp., Filipendula ulmaria, Dryopteris dilatata, Hedera helix, Stellaria holostea, Polygonatum multiflorum, Heracleum sphondylium, Galium aparine, Oxalis acetosella, Equisetum arvense, Mentha aquatica, Geum urbanum, Lamium galeobdolon, Lonicera periclymenum, Primula elatior, Viola sp., Milium effusum, Carex acutiformis, Carex sylvatica, Brachypodium sylvaticum, Ajuga reptans, Deschampsia cespitosa et Maianthemum bifolium. Ces suintements hébergent plus de 60 espèces de végétaux supérieurs et sont d'un grand intérêt biologique. A proximité de ces suintements, sur les sentiers humides, on note encore Rumex obtusifolius et Ranunculus repens.

Les suintements du versant exposé au nord-nord-est, dans le vallon affluent, sont occupés par un boisement clair beaucoup plus récent et dominé par des saules (Salix caprea, Salix cinerea), bouleaux (Betula sp.), aulne glutineux (Alnus glutinosa), noisetier (Corylus avellana), merisier (Prunus avium), chêne pédonculé (Quercus robur), tremble (Populus tremula) et sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia). Un pied de néflier (Mespilus germanica) y est également présent, qui témoigne bien que ce site n'a pas toujours été boisé. Quelques pieds de cerisier tardif (Prunus serotina), également, commencent à coloniser le secteur.

La strate herbacée y est très clairsemée et comprend : Ajuga reptans, Athyrium filix-femina, Luzula pilosa, Blechnum spicant, Carex acutiformis, Carex pilulifera, Cirsium palustre, Cirsium vulgare, Crepis paludosa, Epipactis helleborine, Geranium robertianum, Glechoma hederacea, Juncus conglomeratus, Holcus lanatus, Lychnis flos-cuculi, Lysimachia nemorum, Lythrum salicaria, Oxalis acetosella, Poa trivialis, Ranunculus repens, Solanum dulcamara, Scirpus sylvaticus, Stellaria graminea, Poa nemoralis, Urtica dioica, Valeriana repens, Veronica beccabunga et Viola riviniana. On relève également au niveau d'une crique de suintement, juste en amont de la fontaine villageoise : Equisetum telmateia, Mentha aquatica, Cardamine flexuosa, Caltha palustris, Glyceria fluitans, Filipendula ulmaria, Angelica sylvestris et Cirsium palustre.

Notons que l'Orchis tacheté (Dactylorhiza maculata) y a été observé par Emile Henrion, il y a quelques années de cela. Carex ovalis et Carex pallescens, chacun représentés par un seul pied, sont présents à proximité des suintements, sur le bord du sentier.

6. Complexe de végétations du fond de vallon:

Le fond du vallon de l'Ermitage et de son affluent est colonisé par une végétation plus eutrophe et arborée. Une plantation de peupliers du Canada, mélangée avec de l'aulne glutineux et du frêne y a été effectuée par la commune il y a plus de 20 ans. Le sous-bois ainsi que les trouées plus lumineuses sont colonisées par une mosaïque de magnocariçaies (peuplements de laîche des marais) et de mégaphorbiaies nitrophiles (peuplements d'herbacées dicotylées hautes).

La strate arborescente y est dominée par Populus canadensis, Alnus glutinosa, Salix alba, alors que la strate arbustive est composée essentiellement de Salix cinerea, Fraxinus excelsior, Sambucus nigra, Betula pendula, Betula pubescens, Corylus avellana, Sorbus aucuparia, Acer pseudoplatanus, Crataegus sp., Viburnum opulus, …

On relève dans la strate herbacée : Urtica dioica, Eupatorium cannabinum, Cirsium palustre, Cirsium arvense, Angelica sylvestris, Valeriana repens, Calystegia sepium, Scirpus sylvaticus, Mentha aquatica, Persicaria hydropiper, Epilobium hirsutum, Galeopsis tetrahit, Ranunculus repens, Rubus sp., Geum urbanum, Heracleum sphondylium, Artemisia vulgaris, Epilobium angustifolium, Carex acutiformis, Filipendula ulmaria, Hypericum sp., Lapsana communis, Lythrum salicaria, Juncus effusus, Vinca major, Ranunculus ficaria, Geranium robertianum, Veronica chamaedrys, Anemone nemorosa, Cardamine flexuosa, Stellaria graminea, Primula elatior, Cardamine amara, Cardamine pratensis, …

La parcelle 171 est occupée au nord par une roselière à Phragmites australis fortement rudéralisée dans laquelle on trouve Caltha palustris, Stellaria alsine, Cardamine flexuosa, Carex acutiformis, Epilobium hirsutum, Filipendula ulmaria, Galium aparine, Urtica dioica Calystegia sepium, Cardamine pratensis, Crepis paludosa, Bromus sterilis et Ranunculus acris.

Monument naturel

Aucun monument.

Monument historique

Aucun monument.

Histoire du site

Sur la carte de Ferraris (fin du 18ème siècle), le site était occupé principalement par des prairies marécageuses. Au début du 20ème siècle, l'endroit était couvert d'une très vaste lande à bruyères parcourue par des moutons.

En 1942, la couverture végétale était encore très ouverte avec de rares arbres et arbustes.

Vers les années 1970, la végétation arborée commence à se développer sérieusement et des plantations ont eu lieu (peupliers, notamment). En 1977, le site est érigé en réserve naturelle sur l'initiative des Cercles des Naturalistes de Belgique. Mais ce nouveau statut, censé assurer la conservation de la lande et du bas-marais, n'a pas empêché la dégradation des milieux, en proie à l'eutrophisation et en l'absence de gestion adéquate.

En 1979, un incendie provoqué lors de travaux de gestion a permis la régénération de la callune.

Actuellement, suite à l'abandon du site, il ne reste presque plus rien de la lande ni du bas-marais. A la place, on observe une végétation prairiale et des boisements variés.

Biblio

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Divers

Sources

RESNAT

Répondants de l'information

J. SAINTENOY-SIMON, Amicale Européenne de Floristique, Rue Arthur Roland, 61, 1030 Bruxelles. J. TAYMANS, Natagora asbl, Rue du Wisconsin, 3, 5000 Namur.