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1958 - Vallée de la Gulp

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Plombières
Cantonnements DNF :Eupen
Surface :13.19 ha
Coordonnées :X Lambert : 258720 - Y Lambert : 158779

Intro

Brève description

Appartenant au Pays de Herve, la Gulp, petite rivière affluente de la Gueule, a creusé sa vallée au sein d'une région bocagère vallonnée où alternent prairies, cultures, haies, bosquets, villages, vergers etc. D'une manière générale, le sol a été intensivement cultivé et amendé et la flore locale s'est fortement banalisée. Cependant, ici et là subsistent quelques fragments de prairies plus ou moins maigres ainsi que des zones humides renfermant diverses espèces de plantes peu communes. La réserve naturelle de la Gulp a été créée récemment dans le but de protéger ces fragments de milieux semi-naturels, actuellement fortement menacés partout en Wallonie. La faune comporte des espèces sensibles, comme la pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), le martin-pêcheur (Alcedo atthis), ainsi qu'une importante population de lézard vivipare (Zootoca vivipara).

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • X2 - Pays de Herve

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Hombourg13.19 haPLOMBIERESLIEGE

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Eupen13.19 haMalmédy

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

A compléter

Propriétaire(s)

Privé(s) Oui  ONG Non  Communes Non  Région Non  Autres publics Non

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
562Vallée de la Gulp13,19 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Meles melesOuiNon2009L. Pinckers, P. Nyssen
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Acrocephalus palustrisOuiNonNicheur (1-2 couples)2009L. Pinckers, J.-Y. Baugnée, P. Nyssen
Alcedo atthisOuiNonPrésence régulière2009L. Pinckers, J.-Y. Baugnée, P. Nyssen
Emberiza citrinellaOuiNonNicheur (1-2 couples)2009L. Pinckers, J.-Y. Baugnée, P. Nyssen, V. Fiévet
Lanius collurioOuiNonNicheur (1-2 couples)2009L. Pinckers, J.-Y. Baugnée, P. Nyssen
Motacilla cinereaOuiNonNicheur2009L. Pinckers, J.-Y. Baugnée, P. Nyssen, V. Fiévet
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Rana temporariaOuiNon2009L. Pinckers, J.-Y. Baugnée, P. Nyssen, V. Fiévet
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon2009L. Pinckers, J.-Y. Baugnée, P. Nyssen
Zootoca viviparaOuiNon2009L. Pinckers, J.-Y. Baugnée, P. Nyssen, V. Fiévet
Invertébrés - Insectes - Coléoptères
Dorcus parallelipipedus2007V. Fiévet
Plantes - Plantes supérieures
Cardamine flexuosa2009D. Ertz, P. Nyssen et al.
Carex nigra2009D. Ertz, P. Nyssen et al.
Carex panicea2009D. Ertz, P. Nyssen et al.
Carex paniculata2009D. Ertz, P. Nyssen et al.
Lamium maculatum2009D. Ertz, P. Nyssen et al.
Ononis repens2009D. Ertz, P. Nyssen et al.
Ononis spinosa2009D. Ertz, P. Nyssen et al.
Prunus padus2009D. Ertz, P. Nyssen et al.
Succisa pratensis2009D. Ertz, P. Nyssen et al.

Commentaires sur la faune

Oiseaux (données V. Fiévet 2007): Emberiza citrinella, Motacilla cinerea.

Reptiles (données V. Fiévet 2007): Anguis fragilis, Zootoca vivipara.

Amphibiens (données V. Fiévet 2007): Rana temporaria.

Lépidoptères (données V. Fiévet 2007): Aglais urticae, Inachis io, Maniola jurtina.

Commentaires sur la flore

Données à compléter.

Espèces exotiques

A compléter

Conservation

Objectifs de conservation

A compléter

Menaces

A compléter

Recommandations

A compléter

Plan de gestion

A compléter

Accès du public

A compléter

Détails

Description physique

NYSSEN (2010): La Gulp est un affluent direct de la Gueule, dans laquelle elle se jette aux Pays-Bas peu après le village de Gulpen (à qui elle a donné son nom) et après avoir cheminé sur quelques km successivement dans les Fourons puis dans le sud du Limbourg hollandais.

La réserve naturelle de la vallée de la Gulp est constituée de terrains pentus voire très pentus (versant orienté au sud), sur la rive droite de la Gulp, entre 190 et 250 m d'altitude. Un court tronçon du ruisseau touche la réserve, un petit morceau de sa rive gauche en faisant d'ailleurs partie également.

Dans sa partie supérieure, une voie carrossable coupe la réserve. Ce chemin est en réalité une ancienne voie romaine qui reliait Aix-la-Chapelle à Maastricht. Il était surnommé Witte Weg , ou chemin blanc, probablement en raison de la craie qui le borde.

Enfin, la réserve est longée à l'est par une ancienne voie de chemin de fer, faisant partie de l'ancienne ligne 38 Chênée - Battice - Plombières. Mise en service à la fin du 19ème siècle (1895 pour le tronçon Aubel - Plombières), cette ligne assurait le transport à la fois de voyageurs et des marchandises. En 1962, après de nombreux mouvements liés entre autres aux 2 guerres mondiales, cette ligne a été totalement désaffectée. La section Montzen - Hombourg a été reconstruite en 1998 par une personne privée dans le but d'exercer une activité touristique, actuellement à l'arrêt.

Le sous-sol de la vallée de la Gulp, tout comme dans la vallée voisine de la Gueule, est constitué en bordure de rivière de dépôts limoneux et silex des pentes, mêlés à des alluvions modernes des vallées, c'est-à-dire un sol assez récent d'un point de vue géologique. En remontant la pente par contre, on rencontre des sols beaucoup plus anciens, datant du crétacé supérieur avec successivement plusieurs zones : lits graveleux, sable jaune, grès et argile violette à végétaux, puis une couche glauconifère (argile sableuse, sable, gravier, argilite et grès argileux) et enfin sur le dessus, au nord du chemin, une partie crayeuse calcaire composée de craie glauconifère et craie blanche.

La réserve de la vallée de la Gulp se fond dans le paysage rural et bocager typique du Pays de Herve par la présence de prairies permanentes et de nombreuses haies - nouvelles ou anciennes, vives ou taillées. La région est en effet vouée depuis longtemps aux activités agricoles. Les parcelles de la réserve ont été préservées des pratiques intensives parfois appliquées sur les terrains gérés par l'agriculture moderne. Nous sommes loin des mornes plateaux de Hesbaye. Ici, le caractère bocager a su être préservé et l'élevage laitier en pâture garde une place importante.

Description biologique

NYSSEN (2010): Du nord au sud, la réserve naturelle de la Vallée de la Gulp présente diverses communautés végétales, dont les surfaces les plus importantes font partie de la série des prairies permanentes (situation en août 2009).

Un joli lambeau de forêt constitue la limite nord-ouest de la réserve (UG 010). Il s'agit d'une chênaie-frênaie subatlantique neutrophile à faciès de frênaie non-riveraine qui est située entre le chemin carrossable et les prairies au sud (non incluses dans la réserve). La strate arborée, haute et bien développée, est constituée de grands feuillus de différentes espèces et d'âges variés. Un sous-étage diversifié ajoute un intérêt biologique supplémentaire à cette forêt située en lisière de zone crayeuse.

Une végétation similaire est représentée en extrême est de la réserve, occupant le talus du chemin de fer dans sa partie la plus élevée (UG 004).

Un deuxième lambeau de forêt (UG 001) longe au nord-ouest la grande prairie sur calcaire constituant la partie nord de la réserve (UG 002). Il s'agit d'une boulaie de colonisation ou de dégradation qui s'est développé sur un talus calcaire précédemment dénudé, mais laissé à l'abandon pendant de nombreuses années. Des témoignages anciens signalent la présence à cet endroit d'espèces thermophiles telles que le thym sauvage et les primevères. Ces données attestent du potentiel de restauration de cette petite surface, aujourd'hui reboisée, en pelouse sèche. Bryonia dioica se développe au pied de ce talus.

La partie située au nord du chemin (UG 002) est constituée d'une grande prairie permanente maigre de fauche transgressive vers la pelouse semi-naturelle. Rattachée aux prairies de fauche de basse altitude peu à moyennement fertilisées, cette parcelle située sur sol calcaire présente un intérêt important, grâce notamment à une zone en pente très richement fleurie. Cette grande prairie est bordée de haies diversifiées riches en espèces favorisant une biodiversité importante. Cette prairie renferme en abondance Primula veris, Lotus corniculatus, Leucanthemum vulgare, Centaurea jacea, Tragopogon pratensis, Festuca rubra, etc. En dehors de cette zone particulièrement fleurie, la strate herbacée est dominée par des graminées (Holcus lanatus, Arrhenatherum elatius, Bromus sterilis, Dactylis glomerata), ponctuées d'espèces telles que Geranium dissectum, Urtica dioica, Calystegia sepium, Galium aparine, Rumex acetosa, ...). Une gestion appropriée devrait permettre d'étendre la surface de grande diversité florale au sein de cette parcelle qui n'aurait jamais été amendée. A l'entrée de la parcelle, un gros frêne porte de nombreux lichens épiphytes.

L'UG 003, à l'instar de l'UG 002, présente également quelques plages de flore plus riche et plus diversifiée que le reste de la parcelle. On peut noter par exemple la présence spontanée de perce-neiges (Galanthus nivalis). Rare au Pays de Herve, Succisa pratensis, se retrouve également dans cette parcelle, témoin de la pauvreté relative du sol et de ce fait d'un bon potentiel floristique. En bordure de parcelle, un gros frêne est présent sur lequel se développe un polypore, Ganoderma adspersum (det. M. Paquay), qu'il conviendrait de conserver.

Dans les prairies de l'UG 005, les zones les plus pentues sont assez maigres et intéressantes également: à l'ouest, en bordure de bande boisée et à l'est dans le bas de la pente du petit vallon. Agrimonia eupatoria, Ajuga reptans, Centaurea jacea, Hypochaeris radicata, Leucanthemum vulgare, Achillea millefolium, Ononis repens, Pimpinella saxifraga, Trifolium medium, Trisetum flavescens sont autant d'espèces présentes sur la pente herbeuse bien exposée. Dans le bas de la pente du petit vallon, des touradons se sont développés, qu'il conviendrait de conserver comme micromilieux fort appréciés du lézard vivipare (Zootoca vivipara) notamment. Un gros roncier est également présent en fond de vallon, à la limite entre les UG 005 et 006. Ce massif impénétrable est très intéressant pour la petite faune (oiseaux, petits rongeurs comme le muscardin par exemple, insectes) qui, en plus d'y trouver un abri très sûr, y dispose de nourriture à profusion.

Plus bas, l'essentiel de la surface est constitué de praires permanentes en pente, orientées sud, présentant un gradient d'intérêt variable selon les zones, reflet de la gestion appliquée dans les dernières décennies, de la profondeur du sol, de sa richesse et de son humidité. De nombreuses haies de qualité sont présentes en bordure et au sein de ces parcelles de praires, avec une diversité d'espèces et de faciès particulièrement attractive pour la faune. Certaines zones plus pentues, rendant toute fauche fastidieuse, ont évolué vers une friche plus ou moins broussailleuse (c'est notamment le cas de l'UG 006 et de certaines zones des UG 008 et 009). On peut donc parler d'une mosaïque de prairies fortement fertilisées à vulpin, végétation rudérale et pâtures permanentes à Lolium perenne et Cynosurus cristatus. Ces prés maigres de fauche sont par endroit transgressifs vers la pelouse semi-naturelle, avec la présence de Succisa pratensis, Lotus corniculatus, Festuca rubra, Anthoxanthum odoratum, Hieracium pilosella, Centaurea jacea, Achillea millefolium, etc. En effet, localement, des zones à flore diversifiée sont présentes, attestant du haut potentiel de développement de l'ensemble de la prairie vers une prairie de fauche de basse altitude peu à moyennement fertilisée et une prairie pâturée permanente pas ou peu fertilisée.

Enfin, le bas de la réserve en bordure de la Gulp (UG 007), est occupé par un grand fond humide à très humide. L'habitat prédominant de cette zone est une grande Cariçaie à Carex acutiformis, où se trouvent également des Carex paniculata, Carex nigra, Carex panicea et Scirpus sylvaticus. Cette cariçaie évolue localement vers la prairie abandonnée à reine des prés. On y observe également Equisetum fluviatile, Glyceria maxima, Impatiens noli-tangere, Lotus pedunculatus, Eupatorium cannabinum, Galium palustre, Valeriana repens, Juncus effusus, Juncus conglomeratus, Mentha aquatica, Scrophularia auriculata, Humulus lupulus, etc.

Une aulnaie marécageuse sur substrat méso- à eutrophe occupe les deux berges de la Gulp, dans le bas de la réserve. On y observe des suintements d'eau ferrugineuse avec Chrysosplenium alternifolium, Caltha palustris, Lysimachia nummularia, etc.

La faune de la vallée de la Gulp a fait l'objet de recensements partiels, notamment dans le cadre de Natura 2000 mais aussi en 2009 pour la préparation du dossier de demande d'agrément (NYSSEN, 2010).
Parmi l'avifaune, la pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) et la rousserole verderolle (Acrocephalus palustris) semblent apprécier les fourrés de l'UG 006 et les nombreuses haies (nouvelles et anciennes) que comporte la réserve. L'UG 002, vu sa situation en lisière de forêt, est également particulièrement attractive pour les grives draines (Turdus viscivorus) qui y nourrissent leurs jeunes. Enfin, le martin-pêcheur (Alcedo atthis), quoique présent sur l'ensemble du Pays de Herve, reste un oiseau vulnérable, tirant profit des réserves naturelles en bordure de cours d'eau.

En dehors de son avifaune, la réserve naturelle de la vallée de la Gulp est particulièrement intéressante pour les insectes. La prairie de fauche de l'UG 002 accueille par exemple des densités d'orthoptères exceptionnellement élevées, probablement favorisées par la fauche très tardive mise en place dans cette parcelle. Les importantes floraisons de cette même UG, ainsi que de l'UG 005 par exemple sont très attractives pour les papillons qui y trouvent une source de nectar abondante.

Le talus du tram qui longe la bordure nord des UG 005 et 008 abrite une population assez dense de lézard vivipare (Zootoca vivipara) et d'orvet (Anguis fragilis) qui profitent d'un microclimat bien chaud sur ces talus secs exposés au sud. Sur ce même talus, un nid de polistes de la guêpe sociale Polistes biglumis a été découvert en 2009.

Une nouvelle espèce pour la faune belge, Dolerus zhelochovtsevi, a été observée à l'état larvaire sur les grands Carex constituant le fond humide (UG 007). Il s'agit d'un hyménoptère de la famille des Tenthredinidae récemment décrit du nord de l'Europe (BLANK et al., 2009).

Deux papillons peu communs ont été notés dans le fond humide également: le Tortricide Olindia schumacherana lié au stade larvaire à différentes plantes herbacées, et le Géométride Xanthorhoe biriviata dont la chenille se développe sur la l'impatiente ne-me-touchez-pas.

La présence du blaireau (Meles meles) dans la réserve est à signaler également. Bien qu'elle soit aujourd'hui relativement abondante dans la région, cette espèce mérite une protection appropriée et une quiétude que cette réserve naturelle lui procure.

Monument naturel

A compléter

Monument historique

A compléter

Histoire du site

NYSSEN (demande d'agrément 2010): La région du Pays de Herve, en raison d'une part de son sol insuffisant pour les grandes cultures, et d'autre part de son relief, est depuis plusieurs décennies une région bocagère où prime l'élevage bovin laitier. Si ces pratiques ont su préserver le paysage, il n'en reste pas moins que l'intensification agricole a eu lieu ici comme partout. Heureusement, quelques parcelles, telles que celles qui constituent la réserve naturelle de la vallée de la Gulp, ont été plus ou moins épargnées de l'intensification à outrance. Ceci ne l'empêche pas d'être bordée de prairies très fortement engraissées, qui ont indéniablement un effet d'enrichissement non désiré sur les prairies du site.
Les crêtes calcaires telles que celle présente au nord de la réserve et dans le Bois de Beusdal ont souvent fait l'objet dans la région d'exploitations de craie à petite échelle. Nous ignorons cependant si de telles extractions familiales ont eu lieu dans le périmètre de la réserve.
Une particularité de cette réserve est qu'elle est traversée à mi-pente par un replat qui a été créé artificiellement pour constituer une assise d'un tram. Ce tram a été construit durant la première guerre mondiale au début du 20ème siècle. Il était destiné à transporter les terres dégagées lors du creusement du tunnel du chemin de fer sous le bois du Curé, entre la gare de Montzen et Remersdael.
Un ancien puits maçonné est présent en bordure de chemin (UG 002). Actuellement recouvert d'une dalle, l'origine et l'usage de ce puits ne semblent plus connus.
De l'autre côté du chemin (UG 003), subsiste un grand bac en béton construit durant la deuxième guerre mondiale par les allemands pour évacuer l'eau de la route. En effet, ce chemin est en réalité une voie reliant Aix-la-Chapelle à Maastricht et constituait donc une voie de passage importante pour les troupes militaires.
De nombreuses balades balisées passent sur ce chemin, au milieu de la réserve. Les promeneurs sont donc amenés à traverser la réserve naturelle et à profiter du paysage de la vallée qui s'offre à eux depuis ce point de vue.
En bordure on note également la présence d'une ancienne ligne de chemin de fer.

Divers

Sources

RNOB

Répondants de l'information

Natagora asbl, Rue du Wisconsin, 3, 5000 Namur.