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3323 - Prairies du ruisseau Vivier Janjo

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Chimay
Cantonnements DNF :Chimay
Surface : ha
Coordonnées :X Lambert : 147355 - Y Lambert : 78548
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

Sous-affluent de l'Eau Blanche, le ruisseau Vivier Janjo (ou Jean Jo) prend sa source en Thiérache, dans le bois de Bourlers, vers 310 m d'altitude. Il s'écoule ensuite du sud vers le nord en direction du village de Bourlers, d'abord sous couvert d'une forêt feuillue, puis à travers des prairies de fauche, pâtures et végétations hygrophiles variées. Avant de quitter le massif forestier, le ruisseau draine une prairie mouilleuse où sont signalées deux espèces d'orchidées, l'orchis à larges feuilles (Dactylorhiza majalis) et l'orchis tacheté (Dactylorhiza maculata). Plus en aval, on observe notamment des mégaphorbiaies à scirpe des bois (Scirpus sylvaticus) et à reine des prés (Filipendula ulmaria), des jonçaies acutiflores, des prés humides avec localement quelques plages de bistortes (Persicaria bistorta). Sur les versants s'étendent de très belles prairies de fauche peu fertilisées riches en rhinanthes à petites fleurs (Rhinanthus minor). Le ruisseau est bordé d'une galerie rivulaire d'aulne glutineux (Alnus glutinosa). Outre le peuplement d'orchidées, l'intérêt botanique du site se traduit par la présence de plusieurs espèces à valeur patrimoniale, comme la scorsonère des prés (Scorzonera humilis), indicatrice des sols non fertilisés, l'alchémille vêtue (Alchemilla filicaulis subsp. vestita), légalement protégée mais en situation critique en Région wallonne, ou encore la laîche allongée (Carex elongata), espèce plutôt rare du bord des eaux sur substrats alcalins et oligotrophes. Le peuplement faunistique est encore peu connu. Une partie du vallon du Vivier Janjo est considérée comme zone centrale ouverte dans le PCDN de Chimay, mais les parcelles les plus intéressantes sont toujours dépourvu de statut de protection.

Carto

Régions naturelles

  • L1 - Thiérache belge

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
BourlersCHIMAYHAINAUT
ForgesCHIMAYHAINAUT

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
ChimayMons

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Propriétaire(s)

Privé(s) Oui  ONG Oui  Communes Oui  Région Oui  Autres publics Oui

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Saxicola rubicolaOuiNonNicheur2017E. Bisteau, J.-Y. Baugnée
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Brenthis inoNonNon2004T. Kinet
Lycaena tityrusNonNon2017E. Bisteau, J.-Y. Baugnée
Polyommatus semiargusNonNon2017E. Bisteau, J.-Y. Baugnée
Plantes - Plantes supérieures
Alchemilla filicaulis subsp. vestita2017E. Bisteau, J.-Y. Baugnée
Carex elongata2017E. Bisteau, J.-Y. Baugnée
Dactylorhiza maculata2004PCDN
Dactylorhiza majalis2004G. Bruynseels, PCDN
Persicaria bistorta2017E. Bisteau, J.-Y. Baugnée
Scorzonera humilis2017E. Bisteau, J.-Y. Baugnée
Valeriana dioica2017E. Bisteau, J.-Y. Baugnée

Conservation

Détails

Description physique

Le ruisseau Vivier Janjo (ou Jean Jo) prend sa source en Thiérache, dans le bois de Bourlers, vers 310 m d'altitude. Il s'écoule ensuite du sud vers le nord en direction du village de Bourlers, au-delà duquel il se jette dans le ruisseau de Bardompré, lui-même affluent de l'Eau Blanche (sous-bassin du Viroin). Au total, ce ruisseau de 3ème catégorie parcourt à peine 4,2 km, d'abord en massif forestier, ensuite à travers des prairies.

Le site se trouve dans la zone de contact entre la Thiérache (Ardenne) et la Fagne. Du point de vue phytogéographique, il se situe principalement dans le district ardennais.

Description biologique

Le ruisseau du Vivier Janjo (parfois écrit Jean Jo) prend sa source dans le Bois de Bourlers. Après environ un kilomètre sous couvert forestier, il traverse une longue prairie mouilleuse enclavée, reprise comme «zone centrale ouverte» dans le Plan communal de développement de la nature (PCDN) de Chimay.

Dans le rapport final de ce PCDN (GRAITSON & GUILLITTE, 2004), cette zone de prairie été brièvement décrite en ces termes: «le site est constitué de prairies humides abandonnées enclavées dans un massif forestier. La végétation comprend une vaste mégaphorbiaie à angélique (Angelica sylvestris), ou l'on observe des faciès humides à Filipendula ulmaria, Caltha palustris, Juncus sp., Dactylorhiza maculata, D. majalis, des magnocariçaies, des faciès plus mésophiles à fétuque (Festuca pratensis), des plages plus riches à vulpin et ortie...Une galerie riveraine d'arbres borde le ruisseau qui sinue dans le site.»

En 2013, un relevé effectué par O. Roberfroid comprend les espèces suivantes: alchémille à tiges grêles (Alchemilla filicaulis) (sous-espèce non précisée – à noter cependant que le statut des deux taxons subspécifiques est très discuté), alchémille glabre (Alchemilla glabra), léontodon variable (Leontodon hispidus), porcelle enracinée (Hypochaeris radicata), stellaire des sources (Stellaria alsine), petite douve (Ranunculus flammula), tormentille (Potentilla erecta), épervière piloselle (Hieracium pilosella), campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia), jonc à tépales aigus (Juncus acutiflorus), lychnis fleur de coucou (Lychnis flos-cuculi), prêle des eaux (Equisetum fluviatile), épilobe à tiges carrées (Epilobium tetragonum), gaillet des fanges (Galium uliginosum), achillée sternutatoire (Achillea ptarmica), stellaire graminée (Stellaria graminea).

A la sortie du massif forestier, le ruisseau coule en direction du nord sur une longueur de 900 m jusqu'aux étangs de la Chaboterie, à travers un paysage ouvert de prairies de fauche, de pâtures et de végétations hygrophiles variées. Plusieurs relevés effectués en mai 2017 (obs. E. Bisteau et J.-Y. Baugnée) témoignent de la richesse floristique de ce secteur méconnu.

A cet endroit, le cours d'eau est bordé d'une étroite galerie rivulaire d'aulnes glutineux (Alnus glutinosa). Parmi les herbacées s'observent notamment la cardamine amère (Cardamine amara), la menthe aquatique (Mentha aquatica), la prêle des eaux (Equisetum fluviatile), ...

La plaine alluviale comporte une mosaïque de groupements hygrophiles de grand intérêt:

- des mégaphorbiaies à reine des prés (Filipendula ulmaria) et à scirpe des bois (Scirpus sylvaticus), avec aussi l'épilobe hirsute (Epilobium hirsutum), la valériane officinale (Valeriana repens), le lychnis fleur de coucou (Lychnis flos-cuculi), le lotier des fanges (Lotus pedunculatus), l'ortie dioïque (Urtica dioica), le gaillet gratteron (Galium palustre), l'angélique des bois (Angelica sylvestris), la laîche allongée (Carex elongata), etc.

- des jonçaies à jonc épars (Juncus effusus) et à jonc à tépales aigus (Juncus acutiflorus), souvent interpénétrées;

- des suintements à stellaire des sources (Stellaria alsine), cardamine amère (Cardamine amara), prêle des eaux (Equisetum fluviatile), populage (Caltha palustris), ...

- des prairies humides à houlque laineuse (Holcus lanatus), flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), patience des prés (Rumex acetosa), bistorte (Persicaria bistorta), cirse des marais (Cirsium palustre), pâturin commun (Poa trivialis), bugle rampant (Ajuga reptans), renoncule âcre (Ranunculus acris), gaillet des marais (Galium palustre), laîche des lièvres (Carex ovalis), laîche hérissée (Carex hirta), laîche pâle (Carex pallescens), potentille des oies (Potentilla anserina), lysimaque nummulaire (Lysimachia nummularia), centaurée jacée (Centaurea jacea s.l.), cardamine des prés (Cardamine pratensis), etc.; très localement se maintiennent quelques éléments typiques des prés oligotrophes comme la scorsonère (Scorzonera humilis), la potentille tormentille (Potentilla erecta), la laîche noire (Carex nigra).

- des fourrés de saules (Salix cinerea, e.a.), de prunelliers (Prunus spinosa) et d'aulne glutineux (Alnus glutinosa) ponctuent le vallon, de même que les ronciers, plus ou moins développés dans les secteurs plus secs.

Les versants du vallon portent des prairies de fauche et des prés pâturés dont certains renferme un cortège floristique remarquable, représentatif des prés de fauche de basse altitude peu fertilisés (habitat d'intérêt communautaire!).

A titre d'exemple, une parcelle s'étendant sur le flanc droit du vallon, en contrebas de la ferme Lemaire, montre en abondance le rhinanthe à petites fleurs (Rhinanthus minor), la centaurée jacée (Centaurea jacea s.l.), la berce spondyle (Heracleum sphondylium), le lotier corniculé (Lotus corniculatus), le petit boucage (Pimpinella saxifraga), la fétuque rouge (Festuca rubra), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), ainsi que la renoncule âcre (Ranunculus acris), la renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus), le plantain lancéolé (Plantago lanceolata), la laîche printanière (Carex caryophyllea), le grand boucage (Pimpinella major), le crépis des prés (Crepis biennis), la luzule champêtre (Luzula campestris), le fromental (Arrhenatherum elatius), le pâturin des prés (Poa pratensis), le léontodon variable (Leontodon hispidus), la bétoine officinale (Stachys officinalis), l'alchemille jaune vert (Alchemilla xanthochlora), l'avoine dorée (Trisetum flavescens), la marguerite (Leucanthemum vulgare), la véronique petit-chêne (Veronica chamaedrys), etc.

Une flore intéressante se maintient également en bordure des prairies fertilisées, en particulier sous les clôtures où fleuri parfois en masse la marguerite (Leucanthemum vulgare), mais aussi la véronique petit-chêne (Veronica chamaedrys), la luzula champêtre (Luzula campestris), l'épervière piloselle (Hieracium pilosella), la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia), l'avoine pubescente (Avenula pubescens), l'amourette (Briza media), le lotier corniculé (Lotus corniculatus), l'achillée millefeuille (Achillea millefolium), ... C'est dans ce contexte qu'a été observée la rare alchémille vêtue (Alchemilla filicaulis subsp. vestita), une plante des prés maigres légalement protégée en Région wallonne mais en situation critique en Région wallonne.

La faune qui habite ce vallon reste à inventorier. A ce jour, seules quelques rares observations y ont été réalisées, le plus souvent de manière ponctuelle.

Sur le plan ornithologique, la nidification du tarier pâtre (Saxicola torquatus) est prouvée, de même que celle de la fauvette grisette (Sylvia communis), de la fauvette des jardins (Sylvia borin), de la fauvette babillarde (Sylvia curruca), de la linotte mélodieuse (Carduelis cannabina) ou encore du bruant jaune (Emberiza citrinella).

Deux espèces de poissons sont signalées dans le ruisseau: il s'agit du chabot (Cottus gobio s.l.) et de la petite lamproie (Lampetra planeri), tous deux figurant dans l'annexe 2 de la Directive européenne Faune-Flore-Habitats.

Parmi les papillons de jour, citons plus particulièrement la présence du nacré de la filipendule (Brenthis ino), du cuivré fuligineux (Lycaena tityrus) et du demi-argus (Polyommatus semiargus), ce dernier, rare dans la «botte» du Hainaut, étant bien représenté dans les prairies de fauche riches en trèfles.

Divers

Date de la dernière modification de la fiche

2017-05-26