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3514 - Ruisseau de Nanry - La Soyère

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Tellin
Cantonnements DNF :Saint-Hubert
Surface : ha
Coordonnées :X Lambert : 209080 - Y Lambert : 86430
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

Le vallon du ruisseau de Nanry et le bocage de la Soyère sont situés à l'est du village de Resteigne et au nord de la route de Tellin, sur la marge méridionale de la Famenne, non loin du piémont de l'Ardenne. En amont du Cruckay, le Nanry, petit affluent de la Lesse, traverse une enclave de prairies de fauche peu fertilisées à la flore diversifiée et comportant également une petite zone humide juste au sud du ruisseau. A l'est, de part et d'autre du chemin de la Soyère, on observe une succession de fragments de pelouses calcicoles, de pelouses ouvertes sur schistes et même quelques éléments de lande à callune (Calluna vulgaris). Ces pelouses et leurs ourlets associés sont remarquables du point de vue botanique avec la présence de diverses espèces rares comme la cotonnière naine (Filago minima), le scléranthe annuel (Scleranthus annuus), le trèfle strié (Trifolium striatum), le cotonéaster sauvage (Cotoneaster integerrimus), le genêt ailé (Genistella sagittalis), etc. Les données faunistiques relatives à ce secteur demeurent très fragmentaires. Elles se réduisent à quelques mentions de papillons diurnes, dont l'échiquier (Carterocephalus palaemon) pour ne citer que l'espèce la plus remarquable, et deux espèces de reptiles, le lézard vivipare (Zootoca vivipara) et l'orvet fragile (Anguis fragilis) localisés sur les fragments de landes du chemin de la Soyère. Seule la partie orientale du périmètre considéré ici est inscrite dans le réseau Natura 2000 au sein du site BE 35038 "Bassin de la Lesse entre Villers-sur-Lesse et Chanly".

Carto

Régions naturelles

  • J0 - Famenne

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
ResteigneTELLIN (partim ???)LUXEMBOURG
TellinTELLINLUXEMBOURG

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Saint-HubertNeufchâteau

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Propriétaire(s)

Privé(s) Oui  ONG Oui  Communes Oui  Région Oui  Autres publics Oui

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon2003E. Graitson
Zootoca viviparaOuiNon2010E. Graitson, F. Etienne
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Carterocephalus palaemonNonNon2011X. Vandevyvre
Plantes - Plantes supérieures
Allium oleraceum2013Divers obs.
Arabis hirsuta2003G. Bottin
Astragalus glycyphyllos2006L. Bailly
Centaurea cyanus2003G. Bottin
Cerastium pumilum2003G. Bottin
Colchicum autumnale2003G. Bottin
Cotoneaster integerrimus2003G. Bottin
Dianthus armeria2003G. Bottin
Filago minima2004E. Bisteau
Genista tinctoria2011X. Vandevyvre
Genistella sagittalis2003G. Bottin
Juniperus communis2010F. Etienne
Koeleria macrantha2004E. Bisteau
Melampyrum arvense2003G. Bottin
Persicaria bistorta2017Divers obs.
Pyrus pyraster2011X. Vandevyvre
Scabiosa columbaria2003G. Bottin
Scleranthus annuus2003G. Bottin
Silene nutans2003G. Bottin
Trifolium striatum2003G. Bottin

Conservation

Détails

Description physique

Localisé en Famenne, à l'est du village de Resteigne et au nord de la route menant à Tellin (N846), le site considéré ici comprend le vallon du ruisseau de Nanry en amont du Cruckay, ainsi que la zone bocagère s'étendant de part et d'autre du chemin de la Soyère lequel part de la route de Stan, à l'est, pour se diriger vers l'ouest où il s'interrompt à la limite des anciennes communes de Tellin et de Resteigne, à moins de 200 m avant le vallon du Nanry.

Le Nanry est un minuscule affluent de la Lesse long d'à peine 3200 m dont le point de confluence se trouve au pied du Château de Resteigne et qui est nommé Ry de Bobauchamp en amont de la N846.

On se trouve ici sur la marge méridionale de la Famenne, non loin du piémont de l'Ardenne. Le relief est relativement peu accusé avec une altitude comprise entre 220 et 240 m.

Le paysage local, mollement vallonné, se compose d'un maillage de prairies, de bois et de champs (sur les plateaux). La colline du Cruckay qui sépare le Nanry de la vallée de la Lesse a été éventrée à l'ouest par la carrière de la Lesse, bien connue des naturalistes. Le flanc sud de cette colline comporte en outre un château tandis qu'un lotissement a été aménagé en bordure de la rue de Nanry qui longe l'enclave de prairies de la partie occidentale du site. Plus en aval, le Nanry alimentent un chapelet d'étangs, à hauteur du couvent de Béthanie.

Description biologique

La végétation et la flore du site du Nanry et de la Soyère n'ont pas encore été décrites de façon détaillée et complète, seule la zone reprise dans le périmètre du site Natura 2000 BE 35038 "Bassin de la Lesse entre Villers-sur-Lesse et Chanly" ayant fait l'objet de relevés plus ou moins exhaustifs.

La partie occidentale du site comprend des prairies enclavées par des bandes boisées (feuillus et pinèdes) qui sont traversées d'est en ouest par le ruisseau du Nanry, lui-même bordé d'une étroite frange boisée.

La prairie qui s'étend de part et d'autre du ruisseau du Nanry s'apparente à la prairie de fauche peu fertilisée à caractère principalement mésophile mais avec une zone plus humide au sud du ruisseau.

D'après un relevé datant de 2012 (J. Piqueray), on y observe le crépis des prés (Crepis biennis), le plantain lancéolé (Plantago lanceolata), le petit rhinanthe (Rhinanthus minor), le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), une laîche non identifiée (Carex sp.), le fromental (Arrhenatherum elatius), la renoncule rampante (Ranunculus repens), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), l'avoine dorée (Trisetum flavescens), la centaurée jacée (Centaurea jacea), le petit boucage (Pimpinella saxifraga), le gaillet jaune (Galium verum), la berce commune (Heracleum sphondylium), une mauve (Malva sp.), l'achillée millefeuille (Achillea millefolium), la knautie des champs (Knautia arvensis), le salsifis des prés (Tragopogon pratensis).

Dans la partie humide poussent le jonc épars (Juncus effusus), le jonc à tépales aigus (Juncus acutiflorus), des épilobes (Epilobium spp.), le lotier des fanges (Lotus pedunculatus), le populage des marais (Caltha palustris), le lychnis fleur de coucou (Lychnis flos-cuculi), le cirse des marais (Cirsium palustre), la valériane officinale (Valeriana officinalis), le scirpe des bois (Scirpus sylvaticus), des menthes (Mentha sp.), l'épiaire des bois (Stachys sylvatica), le lycope d'Europe (Lycopus europaeus), la canche cespiteuse (Deschampsia cespitosa) ou encore la reine des prés (Filipendula ulmaria) en petite quantité.

Des observations plus récentes font également état de la présence de diverses autres espèces prairiales: la grande marguerite (Leucanthemum vulgare), le céraiste aggloméré (Cerastium glomeratum), l'anthrisque sauvage (Anthriscus sylvestris), la renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus), la laiche hérissée (Carex hirta), le trèfle des prés (Trifolium pratense), le brome mou (Bromus hordeaceus), le vulpin des prés (Alopecurus pratensis) dans les parties les plus sèches, et le jonc glauque (Juncus inflexus), la potentille rampante (Potentilla reptans), la laiche distique (Carex disticha) ou encore la persicaire (Persicaria bistorta) dans la zone humide.

En limite nord de ces prairies, les bords du chemin de la Grotte héberge une flore diversifiée constituée d'un mélange d'espèces de prairies de fauche, de pelouses calcicoles et d'ourlets mésophiles, incluant quelques forestières et messicoles (obs. L. Bailly 2008 et 2013): knautie des champs (Knautia arvensis), géranium pied d'oiseau (Geranium columbinum), gaillet mou (Galium mollugo), centaurée scabieuse (Centaurea scabiosa), séneçon jacobée (Senecio jacobaea), origan (Origanum vulgare), laiche de Leers (Carex leersii), fétuque rouge (Festuca rubra), brome stérile (Bromus sterilis), petit coquelicot (Papaver dubium), brachypode penné (Brachypodium pinnatum), pâturin des prés (Poa pratensis), fromental (Arrhenatherum elatius), ail des champs (Allium oleraceum), fléole des prés (Phleum pratense), liseron des champs (Convolvulus arvensis), aigremoine eupatoire (Agrimonia eupatoria), primevère officinale (Primula veris), stellaire graminée (Stellaria graminea), millepertuis perforé (Hypericum perforatum), petite pimprenelle (Sanguisorba minor), lampsane (Lapsana communis), brome érigé (Bromus erectus), euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias), réglisse sauvage (Astragalus glycyphyllos), vesce commune (Vicia sativa), etc.

A l'extrémité occidentale du périmètre Natura 2000 se trouve un petit vallon en rive droite du Nanry comportant une étroite bande herbeuse avec une végétation de prairie de fauche et plus localement de mégaphorbiaie. Le cortège floristique regroupe (obs. G. Bottin, 2003 et X. Vandevyvre, 2011): la fléole des prés (Phleum pratense), l'agrostis stolonifère (Agrostis stolonifera), la fétuque rouge (Festuca rubra), la fétuque des prés (Festuca pratensis), le lierre terrestre (Glechoma hederacea), la stellaire graminée (Stellaria graminea), la renoncule rampante (Ranunculus repens), la gesse des prés (Lathyrus pratensis), la mauve musquée (Malva moschata), le gaillet croisette (Cruciata laevipes), le géranium herbe à Robert (Geranium robertianum), l'angélique sauvage (Angelica sylvestris), le populage des marais (Caltha palustris), la berce commune (Heracleum sphondylium), l'anthrisque sauvage (Anthriscus sylvestris), le vulpin des prés (Alopecurus pratensis), la grande ortie (Urtica dioica), le peuplier tremble (Populus tremula), le gaillet gratteron (Galium aparine), l'alliaire (Alliaria petiolata), la cardamine des prés (Cardamine pratensis), la patience crépue (Rumex crispus), le jonc glauque (Juncus inflexus), le jonc épars (Juncus effusus), l'oseille des prés (Rumex acetosa), la prêle des marais (Equisetum palustre), la potentilla patte d'oie (Potentilla anserina), le lotier des fanges (Lotus pedunculatus), l'achillée millefeuille (Achillea millefolium), la reine des prés (Filipendula ulmaria), le gaillet des marais (Galium palustre), le pâturin commun (Poa trivialis), le cirse des marais (Cirsium palustre), la véronique petit-chêne (Veronica chamaedrys), la houlque laineuse (Holcus lanatus), le colchique d'automne (Colchicum autumnale), la vesce en épis (Vicia cracca), le salsifis des prés (Tragopogon pratensis), le jonc à tépales aigus (Juncus acutiflorus), etc.

Le versant boisé à l'est de ce vallon héberge le genévrier commun (Juniperus communis) ainsi que des fourrés à prunelliers (Prunus spinosa), aubépines (Crataegus spp.) et rosiers (Rosa canina s.l.), incluant l'un ou l'autre poirier sauvage (Pyrus pyraster). Une petite zone de lande sèche est présente en lisière, le long du chemin de la Soyère, avec quelques pieds de callune (Calluna vulgaris), le genêt à balais (Cytisus scoparius), la germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia), la petite oseille (Rumex acetosella), le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), ainsi que le genêt des teinturiers (Genista tinctoria).

Tout le long de ce chemin de la Soyère, pratiquement jusqu'à son croisement avec la rue de Stan (à la limite orientale du site), on trouve des éléments de pelouses sèches très intéressantes du point de vue botanique. Ces pelouses ont été inventoriées en 2003 dans le cadre de la cartographique du site Natura 2000 (G. Bottin, 2003) ainsi qu'en 2004 lors de travaux de thèse réalisés au Laboratoire d'Ecologie de la Faculté d'Agronomie de Gembloux (BISTEAU, 2007; PIQUERAY et al., 2007).

Parmi les nombreuses espèces relevées, appartenant tant aux cortèges des prairies de fauche que des pelouses sèches et des ourlets, figurent notamment: l'agrostis capillaire (Agrostis capillaris), la centaurée jacée (Centaurea jacea), l'euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias), la fétuque de Leman (Festuca lemanii), le gaillet jaune (Galium verum), la potentille printanière (Potentilla neumanniana), l'hélianthème jaune (Helianthemum nummularium), le serpolet commun (Thymus pulegioides), le brachypode penné (Brachypodium pinnatum), la vipérine (Echium vulgare), l'épervière piloselle (Hieracium pilosella), la Koelérie grêle (Koeleria macrantha), le lotier corniculé (Lotus corniculé), l'orpin réfléchi (Sedum rupestre), l'orpin blanc (Sedum album), le petit boucage (Pimpinella saxifraga), la violette hérissée (Viola hirta), le petit trèfle jaune (Trifolium dubium), le trèfle champêtre (Trifolium campestre), la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia), le gaillet mou (Galium mollugo), l'orpin âcre (Sedum acre), la grande marguerite (Leucanthemum vulgare), le millepertuis perforé (Hypericum perforatum), la petite pimprenelle (Sanguisorba minor), le cotonéaster sauvage (Cotoneaster integerrimus), la laîche glauque (Carex flacca), la fétuque rouge (Festuca rubra), le calamant acinos (Acinos arvensis), le brome mou (Bromus hordeaceus), la laiche printanière (Carex caryophyllea), le silène enflé (Silene vulgaris), la scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria), l'ail des champs (Allium oleraceum), le mélampyre des champs (Melampyrum arvense), la fléole bulbeuse (Phleum nodosum), le brome érigé (Bromus erectus), la renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus), l'arabette hirsute (Arabis hirsuta), le polygala vulgaire (Polygala vulgaris),

Par endroits, l'occurrence d'espèces des pelouses acidophiles indiquent une certaine décalcification du substrat. C'est le cas de la cotonnière naine (Filago minima), du trèfle des champs (Trifolium arvense), de la potentille argentée (Potentilla argentea), de la passerage des champs (Lepidium campestre), de la petite oseille (Rumex acetosella), de la barbarée intermédiaire (Barbarea intermedia), du genêt ailé (Genistella sagittalis), de la luzule champêtre (Luzula campestris), du scléranthe annuel (Scleranthus annuus), de l'œillet velu (Dianthus armeria), du silène penché (Silene nutans), auxquelles se joignent quelques plantes naturalisées comme la potentille droite (Potentilla recta), l'alysson blanc (Berteroa incana), le géranium des Pyrénées (Geranium pyrenaicum), etc.

Là où le chemin est en situation éclairée, au contact avec les terres agricoles, on observe de petites pelouses ouvertes à annuelles et succulentes sur substrats détritiques calcarifères avec la véronique des champs (Veronica arvensis), l'orpin réfléchi (Sedum rupestre), l'orpin blanc (Sedum album), l'orpin âcre (Sedum acre), le trèfle strié (Trifolium striatum), le bec de cigogne (Erodium cicutarium), le céraiste nain (Cerastium pumilum), la sabline à feuilles de serpolet (Arenaria serpyllifolia), etc.

Les données faunistiques relatives à ce secteur demeurent très fragmentaires. Elles se réduisent à quelques mentions de papillons diurnes, dont l'échiquier (Carterocephalus palaemon) pour ne citer que l'espèce la plus remarquable, et deux espèces de reptiles, le lézard vivipare (Zootoca vivipara) et l'orvet fragile (Anguis fragilis) localisées sur les fragments de landes du chemin de la Soyère.

Divers

Date de la dernière modification de la fiche

2021-01-07