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454 - Noue de Moignelée et prairie au sud-ouest

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Aiseau-Presles, Sambreville
Cantonnements DNF :Namur
Surface :6.99 ha
Coordonnées :X Lambert : 165196 - Y Lambert : 125205
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Intro

Brève description

La noue de Moignelée s'étend dans la vallée de la Sambre, en rive gauche de la rivière, en amont de Tamines. Si la rive orientale est escarpée et entièrement boisée, la berge opposée, herbeuse, est entretenue pour la pratique de la pêche à la ligne. Malgré tout, la végétation rivulaire est encore bien présente et y est dominée par la grande massette (Typha latifolia) et la glycérie aquatique (Glyceria maxima), en massifs parfois assez denses. La flore aquatique semble en revanche peu développée, sans doute à cause d'une densité élevée en poissons. Quelques saules (Salix alba et S. x rubens) d'une taille remarquable sont présents dans les alentours. La faune comprend notamment le martin-pêcheur (Alcedo atthis), très régulièrement observé, ainsi que diverses espèces d'odonates et la coccinelle des roseaux (Anisosticta novemdecimpunctata). La noue est bordée au sud par une vaste prairie de fauche à l'abandon qui la sépare de la Sambre toute proche. Cette prairie, jadis inondable, héberge un petit peuplement de scirpe maritime (Bolboschoenus maritimus), plante en très forte régression figurant sur la liste rouge des plantes de Wallonie. Une sauterelle hygrophile très localisée en Wallonie, le conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis), occupe les endroits les plus marécageux. Elle fait l'objet d'une procédure de classement en ZHIB dont le plan de gestion prévoit une remise sous eau partielle.

Rappel : tout accès à une propriété privée nécessite l'accord du propriétaire.

Carto

Régions naturelles

  • E4 - Basse Sambre

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Aiseau6.68 haAISEAU-PRESLESHAINAUT
Moignelée0.31 haSAMBREVILLENAMUR

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Namur6.99 haNamur

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

MET.

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Non  Région Non  Autres publics Oui

Gestionnaire

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement de Namur, 39, avenue Reine Astrid, 5000 Namur (Tél. : 081/71.54.11 - Fax : 081/71.54.10).

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement de Nivelles, avenue Jean Monnet, 12 Bte 2A, 1400 Nivelles (Tél. : 067/88.42.90 - Fax : 067/88.42.99).

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6176Noue de Moignelée0,56 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Acrocephalus palustrisOuiNon2007JY Baugnée, E. Bisteau
Alcedo atthisOuiNonObservations régulières2010JY Baugnée, E. Bisteau
Gallinula chloropusOuiNon2010JY Baugnée, E. Bisteau
Tachybaptus ruficollisOuiNon2010JY Baugnée, E. Bisteau
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Pelophylax ridibundusNonNon10 ex.2010JY Baugnée, E. Bisteau
Rana temporariaOuiNon2010JY Baugnée, E. Bisteau
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Zootoca viviparaOuiNon2007JY Baugnée, E. Bisteau
Invertébrés - Insectes - Libellules
Ischnura pumilioNonOui1 ex.2007JY Baugnée, E. Bisteau
Sympecma fuscaOuiOui2 ex.2007JY Baugnée, E. Bisteau
Invertébrés - Insectes - Coléoptères - Cérambycidés
Aromia moschata2007JY Baugnée, E. Bisteau
Invertébrés - Insectes - Coléoptères - Coccinelles
Anisosticta novemdecimpunctata2010JY Baugnée, E. Bisteau
Plantes - Plantes supérieures
Bolboschoenus maritimus90 pieds2010JY Baugnée, E. Bisteau

Commentaires sur la faune

Données à compléter.

Commentaires sur la flore

Un peuplement de Bolboschoenus maritimus, plante en forte régression en Wallonie, a été observé en 2010 dans la partie non pâturée de la prairie au sud de la noue, à l'ouest du fossé.

Espèces exotiques

Aster lanceolatus (en expansion), Erigeron annuus, Oenothera deflexa, Senecio inaequidens.

Présence de deux oies domestiques et d'un canard hybride en 2010.

Conservation

Objectifs de conservation

Protection d'une noue de la Sambre, de sa flore et de sa faune spécifiques. A noter que seul le plan d'eau bénéficie du statut de zone humide d'intérêt biologique. Il conviendrait d'y adjoindre la prairie abandonnée située entre la noue et la Sambre.

Recommandations

Le site est très frèquenté par les pêcheurs mais semble malgré tout assez calme. Il conviendrait toutefois d'envisager la mise en place d'une zone 'intégrale' où la pêche et toute autre activité (tonte ...) seraient bannies. Cette zone pourrait correspondre à la partie sud de la noue et s'étendre sur 70 ou 80 m.

Plan de gestion

Depuis peu, la Direction Générale de la Mobilité et des Voies hydrauliques a remis la gestion du site au DNF.

La prairie située au sud-ouest de la noue fait l'objet d'un projet de classement en ZHIB par le Service public de Wallonie et un plan de gestion sera préalablement réalisé. Celui-ci devrait notamment prévoir la remise sous eau partielle du site.

Accès du public

Accès libre. Site exploité et entretenu par les 'Pêcheurs de la Vieille Sambre' (dissoute en 2010). Seule la berge occidentale est pratiquable et est tondue.

Détails

Description physique

Le site est un ancien méandre de la Sambre qui se trouve au pied d'un versant concave sur lequel a été érigée l'église de Moignelée. D'une largeur moyenne de 25 m, le plan d'eau s'étire dans une direction générale nord-sud sur une longueur d'environ 280 m. L'extrémité sud est séparée de la Sambre sur une distance de 120 m par des prairies, des friches et des bosquets de recolonisation.

La berge orientale, escarpée et entièrement boisée, est en partie sur le territoire de l'ancienne commune de Moignelée, mais la plus grande partie du site se trouve en fait sur l'ancienne commune d'Aiseau. La berge ouest est aménagée pour la pratique de la pêche à la ligne. Elle est regulièrement fauchée et nettoyée de ses déchets (le site étant exploité par 'Les Pêcheurs de la Vieille Sambre').

Au sud-ouest de cette noue s'étend, jusqu'à la Sambre canalisée, une ancienne prairie de fauche, par endroits marécageuse. Elle est bordée dans sa partie occidentale par un fossé assez profond.

L'ensemble du site est d'un grand intérêt esthétique et constitue un excellent témoin de ce que devait être le cours de la 'Vieille Sambre', paisible et d'une grande beauté.

Au nord-ouest se dresse un terril de charbonnage récemment remanié et envahi par des plantes pionnières (SGIB 1802 - Terril de Bonne Espérance).

Géologie : on est en présence d'alluvions modernes des vallées. Le versant oriental est formé de schistes et grès du Houiller.

Description biologique

J. SAINTENOY-SIMON (1994): Comme partout ailleurs dans ces types de milieux, seule une frange de végétation naturelle de quelques mètres subsiste le long des berges. On peut distinguer des fragments de roselières à Rumex hydrolapathum, R. heterophyllus, Glyceria maxima, Typha latifolia, Phalaris arundinacea, des lambeaux de mégaphorbiaies, de jonchaies, des plantes des vases exondées ou des aulnaies, des espèces nitrophiles, des fourrés de ronces. De très grands saules (Salix x rubens) forment de beaux massifs.

On observe en plus des espèces précitées: Mentha aquatica, Juncus inflexus, Iris pseudacorus, Lycopus europaeus, Eupatorium cannabinum, Lythrum salicaria, Scrophularia auriculata, Heracleum sphondylium, Epilobium hirsutum, E. parviflorum, Achillea ptarmica, Carex cuprina, C. hirta, Ranunculus sceleratus, R. repens, Alisma plantago-aquatica, Persicaria amphibia, Solanum dulcamara, Myosoton aquaticum, Urtica dioica, Galium aparine, Potentilla anserina, Rumex obtusifolius, R. acetosa, Cardamine pratensis, Alopecurus pratensis, Rubus caesius, etc.

Dans l'eau poussent Potamogeton crispus, Apium nodiflorum et Callitriche sp.

Le versant boisé montre: Prunus avium, Acer campestre, Corylus avellana, Sambucus nigra, Cornus sanguinea, Fraxinus excelsior, Prunus padus, Rosa arvensis et au sol des nappes de Hedera helix, accompagné de Ranunculus ficaria subsp. bulbifera, Stachys sylvatica, Lamium galeobdolon subsp. montanum, Carex divulsa, ...

A l'extrémité nord de la noue existe une arrivée d'eau très claire qui sort d'un petit tunnel.

E. BISTEAU et J.-Y. BAUGNEE (août 2007 et octobre 2010): Le plan d'eau présente des berges de nature très contrastée:

- la rive orientale, fort escarpée, est entièrement boisée et d'accès très difficile. La partie nord de cette rive, à l'entrée du site, est occupée par une assez vaste typhaie à Typha latifolia. Plusieurs arbres morts jonchent cette rive sauvage.

- la rive occidentale est plane et occupée principalement par une végétation herbacée. Celle-ci est tondue régulièrement pour permettre la pratique de la pêche à la ligne. Seule une étroite frange d'hélophytes est maintenue sur la berge au contact de l'eau: on y observe surtout Glyceria maxima, Typha latifolia et divers éléments de mégaphorbiaie et de prairie humide comme Mentha aquatica, Lycopus europaeus, Lythrum salicaria, Iris pseudacorus, Solanum dulcamara, Scrophularia auriculata, Epilobium hirsutum, Persicaria amphibia, Phalaris arundinacea, etc. On note aussi la présence de plusieurs grands saules (Salix x rubens et Salix alba).

La pointe nord du plan d'eau est bordé d'une roselière assez dense de Typha latifolia dans laquelle apparaissent d'autres hélophytes tels que Glyceria maxima, Rumex hydrolapathum, Iris pseudacorus, etc.

L'extrémité sud, à caractère particulièrement "sauvage", est colonisée par une végétation assez luxuriante, notamment une glycéraie à Glyceria maxima, des ronciers et des fourrés de saules.

La végétation aquatique semble peu fournie et difficile à observer du fait de la turbidité de l'eau. Les seules plantes visibles depuis la berge sont des callitriches (Callitriche spp.) et l'espèce flottante Lemna minor.

La faune aquatique ne semble pas encore avoir fait l'objet d'inventaires détaillés. Parmi les poissons, on signale le brochet (Esox lucius), la carpe (Cyprinus carpio), la perche commune (Perca fluviatilis), le gardon (Rutilus rutilus), le rotengle (Scardinius erytrophthalmus), etc. Ces populations piscicoles étaient renforcées par des réempoissonnements réguliers lorsque la société de pêche existait encore ... Une population de grenouille rieuse (Rana ridibunda) est présente et la tortue de Floride (Trachemys scripta) est signalée par des pêcheurs. Le martin-pêcheur (Alcedo atthis) est très régulièrement observé sur le site et sa nidification dans les environs est fort possible. La végétation rivulaire héberge notamment la coccinelle des roseaux (Anisosticta novemdecimpunctata), pour ne citer qu'une espèce typique.

Une vaste prairie alluviale située entre la noue et la Sambre, présente un tapis graminéen très dense. Jadis probablement fauchée, elle semble abandonnée depuis plusieurs années, sauf une partie qui est pâturée en 2010. On y observe Dactylis glomerata, Festuca arundinacea, Phleum pratense, Rumex obtusifolius, Cirsium arvense, Holcus lanatus, Stellaria graminea, etc. Une partie remblayée proche du halage de la Sambre, porte entre autre Oenothera deflexa, Herniaria glabra, Plantago lanceolata, Erigeron annuus subsp. septentrionalis, Cirsium vulgare, Chenopodium album, Silene latifolia subsp. alba et, en 2010, Aster lanceolatus, plante d'origine américaine naturalisée et en pleine expansion sur le site (non observé en 2007).

Dans la partie nord de cette prairie, une zone dépressionnaire, très humide, est occupée par une belle glycéraie à Glyceria maxima mélée de Juncus effusus, Mentha aquatica, Scrophularia auriculata, Carex cuprina, Solanum dulcamara,... En bordure alternent des plages assez étendues de Carex hirta, de Carex cf. acutiformis et de Calamagrostis epigejos. On y trouve aussi un fossé renfermant Mentha aquatica, Veronica anagallis-aquatica et de nombreuses grenouilles vertes (Rana kl. esculenta).

Non loin de cette zone marécageuse, en contre-bas du parking, un peuplement de Bolboschoenus maritimus d'environ 90 plantes a été trouvé en 2010 au sein d'une roselière à Phalaris arundinacea. Cette observation mérite d'être soulignée car le scirpe maritime est en très forte régression en Wallonie et est repris pour cette raison sur la liste rouge comme "espèce menacée d'extinction"; elle est même considérée comme disparue de la vallée de la Sambre (SAINTENOY-SIMON et coll., 2006 ) !

Des arbustes apparaissent ici et là (Crataegus monogyna, en particulier) ainsi que plusieurs grands saules (Salix alba) dans lesquels se développe notamment le longicorne Aromia moschata.

Cette prairie est bordée à l'ouest par un fossé assez profond, envahi par Typha latifolia, Lythrum salicaria, Alisma plantago-aquatica, ... La surface de l'eau est en grande partie couverte par Lemna minor tandis que Lemna trisulca est abondante 'entre deux eaux'. Epilobium montanum, Arctium sp. et Senecio inaequidens notamment poussent à proximité.

Monument naturel

Aucun monument.

Monument historique

Ancien méandre de la Sambre, témoin de la période antérieure à la canalisation.

Histoire du site

La carte de Ferraris (18ème siècle) montre le cours ancien de la Sambre, avant sa rectification. La rivière coule dans des prairies.

Divers

Sources

ZHIB

Répondants de l'information

J. SAINTENOY-SIMON (A.E.F., Rue Arthur Roland, 61, 1030 Bruxelles). - E. BISTEAU & J.-Y. BAUGNEE (SPW/DGARNE/DEMNA/DNE/OFFH, Avenue Maréchal Juin, 23, B-5030 Gembloux).