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6006 - Hautes-Fagnes

Site protégé : LCN-RND

Communes :Baelen, Butgenbach, Eupen, Jalhay, Malmedy, Raeren, Waimes
Surface SIG :4501.3 ha
Coordonnées :X Lambert :273500 - Y Lambert : 135000
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Intro

Brève description

Cette réserve naturelle, la plus vaste du pays, est constituée d'une quinzaine de sites différents totalisant plus de 4500 hectares de tourbières, landes, bas-marais acides et boisements divers. Il s'agit d'une zone sensible présentant de multiples intérêts, tant scientifique que paysager ou encore touristique. Culminant à près 700 mètres d'altitude, le plateau des Hautes-Fagnes subit un climat plus rude que partout ailleurs en Belgique, et est célèbre pour sa flore et sa faune à caractère boréo-montagnard. C'est ainsi le domaine du tétras lyre, de l'aeschne subarctique et de bien d'autres espèces que les naturalistes qualifient souvent de 'mythiques'.

Carto

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Bevercé362.31 haMALMEDYLIEGE
Butgenbach7.83 haBUTGENBACHLIEGE
Elsenborn74.13 haBUTGENBACHLIEGE
Eupen1248.19 haEUPEN (partim ???)LIEGE
Jalhay773.61 haJALHAYLIEGE
Membach847.65 haBAELENLIEGE
Raeren302.14 haRAEREN (partim ???)LIEGE
Robertville991.42 haWAIMESLIEGE
Sart-lez-Spa5.57 haJALHAY (partim ???)LIEGE

Protection

Propriétaire(s) :

Région wallonne.

Code DNF :6006
Type de site protégé :LCN-RND
Année de création :1957
Commission de gestion :Commission Consultative de Gestion des Réserves Naturelles Domaniales des Hautes-Fagnes.
Type de contrat :

A compléter

Historique de création :

A compléter.

Conservation

Conservateur

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement d'Eupen, Haasstrasse 7, 4700 Eupen (Tél. : 087/85.90.20 - Fax: 087/55.71.70).

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement de Verviers, 11, rue de Dinant, 4800 Verviers (Tél. : 087/29.34.80 - Fax : 087/29.34.89).

Commission Consultative de Gestion des Réserves Naturelles Domaniales des Hautes-Fagnes.

Objectifs de conservation

Conservation du caractère des paysages fagnards, de leurs habitats, de leurs biocénoses, de leur flore et de leur faune, d'une manière qui soit compatible avec la dynamique naturelle du tapis végétal et la circulation croissante des visiteur.

Menaces

Les principales menaces sont les incendies en cas de sécheresse printanières ou durables en été; toutefois, les mesures prises se sont révélées efficaces. Quant à la pollution atmosphérique, qui ne serait pas négligeable sur ce haut plateau, à partir du bassin industriel mosan, elle ne semble pas encore avoir affecté le caractère des phytocénoses.

Recommandations

La conservation du paysage et des biocénoses doit prendre en compte la dynamique naturelle des végétations et des tendances du climat qui peuvent les infléchir, en particulier les sécheresses des dernières décennies.
L'interprétation de photos aériennes sur 654ha des Fagnes de l'Est entre et 1988 a donné les résultats suivants (SCHUMACKER, 1969) :
1. Une extension de la molinie dans la frange extérieure des tourbières actives, contigües à des fosses ou des tranches d'exploitation ou encore l'existence de fossés de drainage; c'est sans doute les sécheresses des dernières décennies qui ont favorisé la minéralisation de la couche de tourbe superficielle et dès lors l'installation de cette graminée. C'est peut-être aussi la cause de l'extension du Narthecium dans les tourbières actives (Misten et Fagne Wallonne). Les processus seraient sans doute réversibles si l'humidité du climat redevenait plus régulière. Ceci confirme la sensibilité des tourbières actives, mais la possibilité d'une récupération. De fait, certaines tourbières allemandes ont connu des phases à molinie au cours de leur croissance et celles des Hautes Fagnes ont d'ailleurs connu un arrêt et un embruyèrement au Subboréal, ce qui ne les a pas empêché de reprendre ultérieurement leur croissance.
2. Une extension notable des faciès à molinie dans les landes tourbeuses, de 75 à 286ha, qui procèdent des mêmes causes ou des incendies.
3. Une extension des fougeraies à Pteridium aquilinum dans les landes sèches, de 7 à 12ha, peut-être due à l'incursion des feux.
4. Dans les landes tourbeuses incendiées en 1947, régression notable du faciès du Polytricho-Salicetum, de 385 à 2,5ha au profit du bouleau (de 14 à 30ha). Dans les portions de landes brûlées, la recolonisation par le bouleau est passée de 0 à 17ha. Cette tendance au reboisement des landes est accélérée par les incendies; par contre les colonies de ligneux (bouleau, sorbier, pin, épicéa) sont éparses surtout dans les landes tourbeuses, plus dynamiques dans les landes sèches, mais visiblement le voisinage de peuplements ou d'arbres semenciers est déterminant : épicéas, pins, alignements de sorbiers plantés le long des routes.
Par contre, les anciens usages, par exemple le fauchage des 'prairies' à molinie et Gentiana pneumonanthe ou le pâturage des nardaies par les moutons ont fait régresser les espèces qui les caractérisaient. Le fauchage des bruyères pour la litière d'étable (improprement désignée comme 'étrepage', qui ne concerne que les landes sablonneuses de Campine), l'essartage en vue d'une culture d'un an ou de deux (sites à genêts à balais ou à fougère-aigle). Vouloir recréer et perpétuer sur des grandes surfaces, au profit de ces faciès de flore et de faune devrait de toute façon être précédé par des expériences sur de petites surfaces expérimentales pour en tester la faisabilité.

Plan de gestion

Le plan de gestion est en cours, c'est une oeuvre de longue haleine, étant données l'étendue et la complexité. Il a été confié par le Ministre de tutelle à la Station Scientifique du Mont Rigi; à première vue, ce plan est passablement interventionniste.

Accès du public

Des panneaux d'orientation, rappelant aussi les prescriptions de sauvegarde sont placés aux principales entrées. Un réseau de pistes sont balisées et entretenues par la pose de rondins de bois dans les passes tourbeuses; ce réseau est repensé périodiquement en fonction des impératifs de la conservation.

Récemment, en application de l'A.M. du 23-10-1975, diverses zones ont été classées en zones C pour la plus grande partie de la réserve. Les zones B resteront exclusivement accessibles au grand public, avec balisage et entretien des sentiers. Les zones C ne seront accessibles qu'aux visites guidées. Ce dispositif vise à limiter la charge des promeneurs dans les aires sensibles (végétations tourbeuses, aires de séjour ou de reproduction du coq de bruyère, surfaces expérimentales de gestion).

Les informations touchant la réserve sont considérables et l'on se réfèrera à la liste bibliographique, ou encore au Centre Nature de Botrange.

Détails

Cadastres

A compléter

Surveillance

La menace des incendies sauvages, fréquents dans un passé récent et qui, le plus souvent, prennent naissance par imprudence le long des routes traversant les fagnes de la Baraque Michel ou les fagnes de l'Est, a nécessité la conception d'un important dispositif de protection lors des sécheresses, surtout printanières, qui alimentent la propagation des feux par les molinies asséchées :
- création de coupe-feux périphériques entretenus par fauchage ou construits en dur pour l'accès du matériel anti-incendie à partir des routes forestières;
- fauchage du coupe-feux central N-S de la Fagne des Deux-Séries, particulièrement exposée du fait de sa situation et de ses vastes champs de molinies;
- renforcement de la surveillance et de l'équipement radio des gardes;
- mobilisation des équipes anti-incendie locales tant belges qu'allemandes et de l'intervention régionale en cas de nécessité;
- achat d'un équipement tracté ultra léger permettant l'évolution en terrain humide ou tourbeux;
- enfin une signalisation par un drapeau rouge hissé aux principales entrées de la réserve en cas de danger d'incendie; information relayée par les mass media.
Le Service Forestier a été très coopérant en cette matière, particulièrement l'Inspecteur honoraire Terwagne.

Tolérance d'utilisation

Aucune tolérance en matière de cueillette sauf pour les myrtilles en faveur des habitants des villages riverains. Ces récolteurs ne peuvent utiliser les peignes de récolte et doivent être munis d'une autorisation dûment délivrée; aucune tolérance non plus pour la chasse et la capture d'animaux ou pour les fouilles du sol même à des fins scientifiques, sans autorisation. Les droits d'usage anciens (extraction de tourbe, fauchage, pâturage, etc) sont juridiquement éteints par la mise en réserve selon la loi de 1973.

Divers