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811 - Ru des Fagnes

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Ruisseau des Fagnes et Ruisseau de Tierru / Fagne Baugnez
Communes :Malmedy, Waimes
Cantonnements DNF :Malmédy
Surface :109.77 ha
Coordonnées :X Lambert : 271495 - Y Lambert : 121964
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec Google map

Intro

Brève description

Le Ru des Fagnes se trouve sur la commune de Waimes à quelques kilomètres au sud-est de Malmedy. Le village le plus proche de ce vallon est celui de Thirimont. Le site est caractérisé par une mosaïque végétale très intéressante. De grandes surfaces sont occupées par une boulaie-saulaie sur sphaignes, là où les ligneux ne sont pas trop denses. Des espèces de lande humide ou de tourbière s'y rencontrent, comme la bruyère quaternée (Erica tetralix), la narthécie (Narthecium ossifragum), la canneberge (Vaccinium oxycoccos), la trientale (Trientalis europaea), la linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium), le trèfle d'eau (Menyanthes trifoliata), la violette des marais (Viola palustris), etc. Une roselière à phragmite (Phragmites australis) poussant sur un tapis de sphaignes y constitue un biotope très original. Sur le plan ornithologique, les parties forestières du Ru des Fagnes conviennent bien à des espèces tels que le pic noir (Dryocopus martius), le cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactes), le pic épeichette (Dendrocopos minor, rare dans la région) ou encore le grimpereau des bois (Certhia familiaris). Plusieurs espèces d'amphibiens et de reptiles se reproduisent dans le site. L'entomofaune présente une remarquable diversité, quoique largement méconnue. L'une des espèces phares du Ru des Fagnes est un papillon, le nacré de la bistorte (Boloria eunomia), dont la chenille se développe précisément sur la renouée bistorte. La réserve naturelle RNOB qui englobe une grande partie du site fera prochainement l'objet d'un dossier d'agrément.

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • L0 - Ardenne

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Bellevaux-Ligneuville0.97 haMALMEDYLIEGE
Bevercé14.77 haMALMEDYLIEGE
Waimes94.03 haWAIMESLIEGE

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Malmédy109.77 haMalmédy

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Privé(s) Oui  ONG Oui  Communes Non  Région Non  Autres publics Non

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
331Ru des Fagnes109,77 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Accipiter nisusOuiNon
Bonasa bonasiaOuiOui2005J. Hupperetz
Ciconia nigraOuiOui2008P. Thomas
Cinclus cinclusOuiNon
Cuculus canorusOuiOui2010L. Simon
Dendrocopos minorOuiNon
Dryocopus martiusOuiNon2007O. Schott
Gallinago gallinagoOuiOuiHivernage (3 ex.)2008O. Schott
Locustella naeviaOuiNon
Nucifraga caryocatactesOuiNon
Phylloscopus sibilatrixOuiNon
Scolopax rusticolaNonNon
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Ichthyosaura alpestrisOuiNon2010Dossier d'agrément 1995; L. Simon
Lissotriton helveticusOuiNon
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon
Natrix natrixOuiOui
Zootoca viviparaOuiNon
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Boloria eunomiaOuiOui2006V. Fichefet, A. De Broyer
Boloria seleneNonNon2011GT Lycaena, L. Simon
Brenthis inoNonNon2006GT Lycaena
Invertébrés - Insectes - Libellules
Calopteryx splendensNonNon
Cordulegaster boltoniiNonNon
Orthetrum coerulescensOuiOui2011R. Thunus
Plantes - Plantes supérieures
Arnica montana
Carex binervis1994J. Saintenoy-Simon (1994)
Carex pulicaris
Comarum palustre
Dactylorhiza maculata
Dactylorhiza majalis2006O. Schott
Erica tetralix2008div. obs.
Eriophorum angustifolium
Eriophorum vaginatum
Menyanthes trifoliata2008div. obs.
Meum athamanticum
Nardus stricta
Narthecium ossifragum2008div. obs.
Pedicularis palustris
Pedicularis sylvatica
Platanthera bifolia1994J. Saintenoy-Simon (1994)
Potamogeton polygonifolius
Sanguisorba officinalis
Scorzonera humilis
Selinum carvifolia
Succisa pratensis
Trichophorum cespitosum
Trientalis europaea
Vaccinium oxycoccos
Vaccinium uliginosum
Vaccinium vitis-idaea
Viola palustris
Wahlenbergia hederacea2008div. obs.

Commentaires sur la faune

Mammifères (dossier d'agrément 1995; L. Simon 2010): Capreolus capreolus, Felis sylvestris, Lepus europaeus, Martes martes, Meles meles, Mustela erminea, Mustela nivalis, Ondatra zibethicus, Procyon lotor, Sus scrofa, Vulpes vulpes.

Oiseaux (dossier d'agrément 1995; L. Simon 2010; O. Schott 2008; P. Thomas 2008): Accipiter nisus, Anas platyrhynchos, Bonasa bonasia, Certhia brachydactyla, Certhia familiaris, Ciconia nigra, Cinclus cinclus, Cuculus canorus, Dendrocopos major, Dendrocopos minor, Dryocopus martius, Gallinago gallinago, Locustella naevia, Nucifraga caryocatactes, Phylloscopus collybita, Phylloscopus sibilatrix, Phylloscopus trochilus, Scolopax rusticola, Sitta europaea, Sylvia atricapilla, Sylvia borin, Sylvia communis.

Reptiles (dossier d'agrément 1995): Anguis fragilis, Natrix natrix, Zootoca vivipara.

Amphibiens (dossier d'agrément 1995; L. Simon 2010): Ichthyosaura alpestris, Lissotriton helveticus, Rana temporaria.

Crustacés (dossier d'agrément 1995): Astacus astacus

Lépidoptères Rhopalocères (dossier d'agrément 1995; GT Lycaena 2000-2011): Aglais urticae, Anthocharis cardamines, Aphantopus hyperantus, Aporia crataegi, Araschnia levana, Boloria eunomia, Boloria selene, Brenthis ino, Coenonympha pamphilus, Maniola jurtina, Ochlodes sylvanus, Pararge aegeria, Pieris napi, Polyommatus icarus, Thymelicus sylvestris, Vanessa atalanta, Vanessa cardui.

Odonates (dossier d'agrément 1995; GT Gomphus 2000-2011): Anax imperator, Calopteryx splendens, Coenagrion puella, Cordulegaster boltonii, Cordulia aenea, Enallagma cyathigerum, Gomphus pulchellus, Ischnura elegans, Libellula depressa, Libellula quadrimaculata, Orthetrum coerulescens, Pyrrhosoma nymphula.

Commentaires sur la flore

Phanérogames (données dossier d'agrément 1995; Saintenoy-Simon, 1994; F. Vassen 1998 + div. obs 2005-2010): Achillea millefolium, Achillea ptarmica, Agrostis canina, Agrostis capillaris, Ajuga reptans, Alnus glutinosa, Anemone nemorosa, Angelica sylvestris, Arnica montana, Betula pendula, Betula pubescens, Briza media, Calluna vulgaris, Caltha palustris, Campanula rotundifolia, Carex binervis, Carex canescens, Carex echinata, Carex nigra, Carex panicea, Carex pulicaris, Carex rostrata, Centaurea nigra, Cirsium palustre, Comarum palustre, Crepis paludosa, Dactylorhiza maculata, Dactylorhiza majalis, Danthonia decumbens, Deschampsia cespitosa, Deschampsia flexuosa, Dryopteris carthusiana, Equisetum fluviatile, Equisetum sylvaticum, Erica tetralix, Eriophorum angustifolium, Eriophorum vaginatum, Festuca filiformis, Festuca rubra subsp. commutata, Filipendula ulmaria, Frangula alnus, Galium palustre, Galium saxatile, Galium uliginosum, Holcus lanatus, Holcus mollis, Ilex aquifolium, Juncus acutiflorus, Juncus effusus (incl. var. compactus), Lamium galeobdolon subsp. montanum, Lathyrus linifolius var. montanus, Lonicera periclymenum, Lotus pedunculatus, Luzula sylvatica, Lychnis flos-cuculi, Lysimachia vulgaris, Maianthemum bifolium, Melampyrum pratense, Menyanthes trifoliata, Meum athamanticum, Molinia caerulea, Nardus stricta, Narthecium ossifragum, Oxalis acetosella, Pedicularis palustris, Pedicularis sylvatica, Persicaria bistorta, Persicaria hydropiper, Phegopteris connectilis, Phragmites australis, Platanthera bifolia, Polygala serpyllifolia, Polygonatum verticillatum, Populus tremula, Potamogeton polygonifolius, Potentilla erecta, Pteridium aquilinum, Quercus robur, Ranunculus flammula, Rumex acetosa, Salix aurita, Sanguisorba officinalis, Scorzonera humilis, Scutellaria minor, Selinum carvifolia, Senecio ovatus, Solidago virgaurea, Sorbus aucuparia, Stachys officinalis, Stellaria graminea, Succisa pratensis, Trichophorum cespitosum, Trientalis europaea, Vaccinium myrtillus, Vaccinium oxycoccos, Vaccinium uliginosum, Vaccinium vitis-idaea, Valeriana dioica, Valeriana repens, Veronica beccabunga, Veronica chamaedrys, Viburnum opulus, Vicia sepium, Viola palustris, Wahlenbergia hederacea.

Espèces exotiques

Ondatra zibethicus, Procyon lotor.

Conservation

Objectifs de conservation

Conservation d'un ensemble de milieux de grand intérêt botanique, entomologique et ornithologique, représentatifs de la Haute Ardenne: tourbières et boulaies sur sphaignes, landes sèches, landes humides, nardaies, prés humides et bas-marais.

Menaces

Abandon de la gestion traditionnelle extensive: prolifération de la mégaphorbiaie au détriment des communautés vivantes des prés humides et des bas-marais acides, fermeture de la vallée due à une prolifération des fourrés de bouleaux, de saules et de peupliers à l'emplacement des landes et des tourbières.

Changement d'affectation des parcelles: enrésinement, remblayage ou draînage de zones humides, creusement d'étangs de pêche, ...

Pollution des ruisseaux: un petit affluent du Ru des Fagnes récolte des eaux usées en provenance du village de Thirimont, ce dernier ne possèdant pas de station d'épuration.

Dépôts clandestins d'immondices et de déblais: toujours d'actualité.

Recommandations

Protection de la boulaie située près des sources, des prairies à fenouil des Alpes et de la vallée de ce petit ruisseau aux eaux très pures. Elimination des épicéas.

Agrandissement et consolidation de la réserve naturelle par l'acquisition de parcelles supplémentaires.

Recherche de nouveaux partenariats pour un développement de la gestion du site par le pâturage avec des bovins et/ou des équins.

Plan de gestion

L'objectif de la gestion au Ru des Fagnes est la conservation et/ou la restauration des communautés animales et végétales des tourbières acides et des boulaies sur sphaignes, des landes, des nardaies, des prés humides et des bas-marais acides.

Des travaux de réouverture (coupes de jeunes bouleaux, débroussaillage, évacuation des jeunes épicéas) sont actuellement déjà bien entamés dans différentes parties de la réserve. Plus d'une petite dizaine d'hectares de plantations d'épicéas ont déjà été mises à blanc. Ces travaux seront poursuivis dans les années à venir. Seules les zones forestières occupées par des boisement feuillus âgés (vieilles chênaies et boulaies sur sphaignes) seront épargnées.

La gestion récurrente doit également être mise en place dans un futur proche. Une combinaison de différentes techniques de gestion s'avérera alors indispensable pour préserver les milieux les plus intéressants, à savoir:

* les landes tourbeuses: pâturage extensif;

* les landes sèches à callune: pâturage extensif et feu printanier;

* les nardaies et les prés à fenouil des alpes: fauchage et pâturage extensif;

* les prés humides et les bas-marais acides: fauchage et pâturage extensif.

Le développement du pâturage extensif sur l'ensemble du site avec des bovins et/ou des poneys rustiques est souhaitable à la fois pour des raisons budgétaires et des raisons d'efficacité de la gestion. Cependant, les possibilités de la mise en place d'une telle gestion extensive dépendront en premier lieu de la vitesse d'agrandissement de la réserve. Il sera donc primordial de poursuivre les efforts en matière d'achats de parcelles dans les prochaines années.

Pour éviter le morcellement des zones à pâturer, il est souhaitable que la gestion par le pâturage concerne aussi les boisements de feuillus dans le site. La présence du bétail y favorisera l'apparition d'un faciès forestier semi-ouvert, composé d'essences ligneuses héliophiles (Crataegus sp., Ilex aquifolium, Malus sylvestris,...) résistant bien aux attaques des herbivores.

Accès du public

L'accès au public de la réserve naturelle sera limité dans le cadre de visites guidées, lors des chantiers de gestion ou toute autre activité organisée dans le site et avalisée par la commission de gestion.

Les véhicules motorisés et vélos tout terrain ne seront pas admis dans la réserve, à l'exception des engins agricoles et autres destinés à la gestion du site (fauche, débroussaillage, ...).

Les études scientifiques seront suscitées et menées après accord de la commission de gestion.

Pour des motifs de sécurité publique, de protection d'espèces ou de travaux de gestion, la commission de gestion peut interdire temporairement certains accès.

Le seul accès facile au site est constitué d'un chemin en terre qui traverse le Ru des Fagnes à l'ouest du village de Thirimont.

Détails

Description physique

Le site du Ru des Fagnes se situe entre les villages de Thirimont au sud-est et de Baugnez au nord-ouest (d'où son ancien nom "Fagne de Baugnez"), sur le territoire de la commune de Waimes.

Il est constitué d'une série de sources et de ruisseaux qui convergent vers le sud pour formé le Ruisseau de Tierru, affluent de l'Amblève (bassin de la Meuse).

Le site se trouve à une altitude moyenne de 460 m. Il fait partie du district phytogéographique de Haute Ardenne.

Description biologique

La flore et la végétation du Ru des Fagnes sont d'un très grand intérêt mais aussi d'une grande complexité.

La zone de sources est occupée par une boulaie pubescente qui regroupe:

- dans la strate arborescente Betula pubescens (4.4), Alnus glutinosa (1.1), Populus tremula (1.1);

- dans la strate arbustive Salix aurita (2.2), Frangula alnus (+), Viburnum opulus (+);

- dans la strate herbacée Molinia caerulea (3.3), Equisetum sylvaticum (2.2), Lysimachia vulgaris (1.2), Persicaria bistorta (1.1), Solidago virgaurea (1.1), Vaccinium myrtillus (1.2), Agrostis canina (1.2), Dryopteris carthusiana (1.2), Lonicera periclymenum (1.1), Maianthemum bifolium (+);

- dans la strate muscinale Sphagnum sp. (3.3).

Le tremble peut parfois co-dominer avec le bouleau pubescent. On trouve alors au sol Deschampsia cespitosa (2.2), Deschampsia flexuosa (1.1), Molinia caerulea (3.3), Equisetum sylvaticum (1.2), Crepis paludosa (1.1), Valeriana repens (1.1), Valeriana dioica (+.2), Galium palustre (+), Ajuga reptans (+.2), Senecio ovatus (1.1), Solidago virgaurea (1.1), Angelica sylvestris (1.1), Filipendula ulmaria (1.1), Anemone nemorosa (1.2), Oxalis acetosella (1.2), Polygonatum verticillatum (1.1), Succisa pratensis (+), Veronica chamaedrys (+), Stachys officinalis (+), etc.

La boulaie marécageuse montre plusieurs suintements à Narthecium ossifragum qui abritent également Succisa pratensis, Scutellaria minor, ainsi que des vasques à Menyanthes trifoliata, Viola palustris, Crepis paludosa, Comarum palustre, Eriophorum angustifolium, Trientalis europaea, Erica tetralix, Vaccinium oxycoccos. En outre, Potamogeton cf. polygonifolius est également visible dans les filets d'eau qui sourdent dans la boulaie.

Des prairies à l'abandon existent dans le haut de la vallée. On y observe:

- une mégaphorbiaie à Filipendula ulmaria;

- une jonchaie acutiflore à Juncus acutiflorus (5.5), Valeriana repens (2.2), Juncus effusus (incl. var. compactus) (1.2), Viola palustris (1.2), Lotus pedunculatus (1.2), Holcus mollis (1.2), Rumex acetosa (1.1), Cirsium palustre (+), Achillea ptarmica (+), etc.;

- des prairies à Molinia caerulea, pauvres en espèces;

- des prairies à Molinia caerulea plus riches, avec Carex pulicaris, Valeriana dioica, Selinum carvifolia, Juncus acutiflorus, Danthonia decumbens, Crepis paludosa, Cirsium palustre, etc;

- des landes tourbeuses à molinie, éricacées et sphaignes, accueillant Erica tetralix, Calluna vulgaris, Vaccinium vitis-idaea, Vaccinium uliginosum, Trichophorum cespitosum;

- une prairie submontagnarde très intéressante, dans les zones un peu surélevées et en conditions plus mésophiles, avec Meum athamanticum (2.2), Sanguisorba officinalis (2.2), Festuca rubra subsp. commutata (3.3), Agrostis capillaris (1.2), Holcus mollis (2.2), Holcus lanatus (+), Briza media (1.2), Selinum carvifolia (1.2), Galium uliginosum (1.1), Stachys officinalis (1.2), Stellaria graminea, Veronica chamaedrys (1.2), Vicia sepium (1.2), Achillea millefolium (1.1), Campanula rotundifolia (+.2), Persicaria bistorta (+,) etc.;

- des pelouses du Nardo-Galion à Nardus stricta, Festuca filiformis, Danthonia decumbens, Polygala serpyllifolia, Galium saxatile, Arnica montana, Centaurea nigra, Lathyrus linifolius var. montanus, etc.;

- des fragments de landes à Calluna vulgaris et Vaccinium spp. (Calluneto-Vaccinietum).

Le long des chemins abondent Wahlenbergia hederacea et Pedicularis sylvatica.

Vers l'aval, le ruisseau coule dans une vallée relativement étroite. Il se faufile entre de gros blocs rocheux et il forme des vasques et des cascatelles. Il est bordé localement de belles aulnaies mêlées de bouleau pubescent avec au sol Luzula sylvatica (4.4), Deschampsia cespitosa (1.1), Pteridium aquilinum (1.1), Lamium galeobdolon subsp. montanum (1.1), Senecio ovatus (1.1), etc.

Un relevé linéaire le long des berges montre des espèces hygrophiles comme Crepis paludosa, Persicaria bistorta, Persicaria hydropiper, Caltha palustris, Veronica beccabunga, Ranunculus flammula, ...

De petites falaises rocheuses ombragées sont l'habitat de la fougère Phegopteris connectilis.

La végétation actuelle au niveau du Ru des Fagnes est relativement complexe du fait de la superposition, en de nombreux endroits, d'éléments floristiques des landes, des tourbières et des bas-marais acides aux espèces typiquement forestières des boulaies et des aulnaies. S'y ajoute une complexité au niveau des conditions hydrologiques, le site étant truffé d'innombrables sources et suintements.

Les groupements suivants, correspondant à une classification très grossière de la végétation, peuvent être distingués en pratique:

A) dans les cours d'eau: Potamogeton polygonifolius, Scapania undulata, Fontinalis antipyretica, F. squamosa.

B) le long des ruisselets, en situation alluviale, les espèces des bas-marais acides et des prés humides se développent sous un couvert d'aulnes et de saules: Filipendula ulmaria, Crepis paludosa, Angelica sylvestris, Valeriana repens, Juncus acutiflorus, Viola palustris, Persicaria bistorta, Deschampsia cespitosa, ... La rare Wahlenbergia hederacea est localement présente en bordure des ruisselets;

C) dans les dépressions humides se developpent diverses espèces de bas-marais acide comme Sphagnum spp., Menyanthes trifoliata, Carex rostrata, Equisetum fluviatile, ... ;

D) un groupement particulier est noté au niveau d'un suintement sur la parcelle cadastrale n° 262b: plusieurs centaines de mètres carrés sont ici occupés par une phragmitaie installée sur des sphaignes. Outre Phragmites australis, on y remarque la présence des espèces telles que Solidago virgaurea, Equisetum fluviatile, Comarum palustre, entre autres;

E) un groupement très complexe, dominé par Molinia caerulea, est présent sur de grandes surfaces en cours de recolonisation par la boulaie à Betula pubescens. Ce groupement est principalement composé d'espèces des bas-marais acides (Juncus acutiflorus, Viola palustris, Valeriana dioica, Carex canescens, Carex panicea, Carex echinata et Carex nigra) et des landes tourbeuses (Vaccinium oxycoccos, Erica tetralix, Narthecium ossifragum). Scutellaria minor y est localement présente, tout comme Trientalis europaea;

F) dans les zones plus sèches, sous un couvert de jeunes arbres (Betula pubescens et B. pendula, Frangula alnus, Sorbus aucuparia, Salix aurita, ...), la molinie est omniprésente. Elle est accompagnée ici de quelques espèces reliques de la lande sèche comme Potentilla erecta, Vaccinium myrtillus, Vaccinium vitis-idaea, Deschampsia flexuosa, ... S'y ajoutent les espèces forestières Anemone nemorosa, Maianthemum bifolium, Polygonatum verticillatum, Oxalis acetosella, et d'autres encore;

G) dans la partie nord de la réserve naturelle, la chênaie acidophile à Quercus robur abrite les espèces suivantes: Vaccinium myrtillus, Deschampsia flexuosa, Melampyrum pratense, Maianthemum bifolium, ...

H) plusieurs parcelles de la réserve sont occupées par une végétation de pré de fauche humide. On y rencontre notamment Angelica sylvestris, Cirsium palustre, Lotus pedunculatus, Persicaria bistorta, Selinum carvifolia, Achillea ptarmica, Lychnis flos-cuculi, Dactylorhiza maculata, Succisa pratensis, ... Dans une de ces prairies (parcelle n° 136), une dizaine de pieds de Scorzonera humilis ont été découverts récemment. Il s'agit, d'après nos informations, de la seule station de cette espèce actuellement connue en Haute Ardenne;

I) des prairies submontagnardes maigres, caractéristiques des bas de versants en Haute Ardenne orientale, ne sont présentes que dans quelques rares endroits de faible superficie. Ces prairies comportent notamment Meum athamanticum, Stachys officinalis, Lathyrus linifolius, Sanguisorba officinalis, etc.

La faune du Ru des Fagnes est d'une remarquable diversité et montre de multiples intérêts, d'ailleurs partiellement méconnus. En effet, peu de groupes taxonomiques ont été pris en compte jusqu'à présent.

Les mammifères sont bien représentés sur le site, certains n'y faisant que passer. Le chevreuil (Capreolus capreolus), le renard roux (Vulpes vulpes), le blaireau (Meles meles), le chat sauvage (Felis sylvestris), la martre (Martes martes), l'hermine (Mustela erminea), la belette (Mustela nivalis), le lièvre d'Europe (Lepus europaeus) et le sanglier (Sus scrofa) font partie des espèces régulièrement notées. Deux espèces exotiques, le raton laveur (Procyon lotor) et le rat musqué (Ondatra zibethicus), ont récemment été observées dans le site ou ses environs immédiats.

Les oiseaux regroupent diverses espèces intéressantes. Le Ru des Fagnes est propice au cincle plongeur (Cinclus cinclus). Les parties forestières hébergent le pic noir (Dryocopus martius), le pic épeiche (Dendrocopos major), le pic épeichette (Dendrocopos minor), la sittelle torchepot (Sitta europaea), le grimpereau des bois (Certhia familiaris), le grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla), le pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix), la bécasse des bois (Scolopax rusticola), le casse-noix moucheté (Nucifraga caryocatactes) ou encore l'épervier d'Europe (Accipiter nisus). La rare gélinotte (Bonasa bonasia) a également été observée à deux reprises au moins au cours de la dernière décennie!

Parmi l'herpétofaune, on note la présence régulière de la grenouille rousse (Rana temporaria), du triton alpestre (Ichthyosaura alpestris), du triton palmé (Lissotriton helveticus), du lézard vivipare (Zootoca vivipara) et de l'orvet (Anguis fragilis). L'occurrence de la couleuvre à collier (Natrix natrix) est fortement suspectée.

La présence de l'écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus) a déjà été avérée mais elle devrait être vérifiée.

Globalement mal connue, la diversité de l'entomofaune s'exprime au travers des quelques groupes recensés jusqu'à présent, c'est-à-dire les Lépidoptères rhopalocères (ou papillons de jour) et les odonates. L'espèce phare du Ru des Fagnes est sans nul doute le nacré de la bistorte (Boloria eunomia), papillon lié aux prairies humides oligotrophes dans lesquelles la chenille trouve sa plante nourricière, la renouée bistorte.

Monument naturel

A compléter

Monument historique

A compléter

Histoire du site

Sur la carte de Ferraris (fin du 18ème siècle), le site était jadis occupé par des prairies marécageuses.

Le couvert végétal de la vallée du Ru des Fagnes a subi d'importantes modifications au cours du 20ème siècle. Les landes à bruyères et les landes humides, les nardaies et les zones tourbeuses, largement dominantes encore jusqu'aux années 1950 et issues d'anciennes pratiques agro-pastorales (écobuage, fauche et pâturage...), ont pratiquement disparu aujourd'hui ou ne sont plus représentées que par des fragments de faible superficie. Trois tendances doivent être notées:

1) dans les zones les plus humides au coeur du site, à l'ancien emplacement des landes tourbeuses, l'abandon de toute exploitation traditionnelle (fauche, pâturage et étrépage) a conduit à une augmentation considérable de la superficie des boisements feuillus (jeunes boulaies);

2) aux alentours de cette zone centrale, à l'emplacement d'anciennes landes et de prairies humides, plusieurs dizaines d'hectares de terrains sont actuellement occupés par des plantations d'épicéas. Ces dernières, aménagées par des propriétaires privés, sont le plus souvent de faible valeur économique. Ces plantations nécessitent par ailleurs le maintien d'un important réseau de drains;

3) dans les zones plus périphériques, la plupart des nardaies et des prés humides ont été transformés en herbages intensifs.

Signalons que l'abandon des pratiques agropastorales et les changements consécutifs dans l'affectation des terrains ont provoqué la disparition de nombreuses espèces des landes et des tourbières, parmi lesquelles Arnica montana, Drosera intermedia, D. rotundifolia, Genista anglica, G. pilosa, Gentiana pneumonanthe, Hammarbya paludosa, Platanthera bifolia, Pedicularis palustris, Rhynchospora alba,... il semblerait également que Colias palaeno ait jadis été présent sur le site.

Signalons également, dans les forêts de feuillus au Ru des Fagnes, d'autres témoins d'un paysage plus ouvert dans le passé: présence relictuelle d'espèces héliophiles dans le sous-bois (Malus sylvestris, Ilex aquifolium, Crataegus sp.), présence de vieux chênes au port bas et large (arbres ayant grandi dans un milieu ouvert), etc.

Divers

Sources

RNOB

Répondants de l'information

Réserves Naturelles RNOB NATAGORA

Date de la dernière modification de la fiche

2012-03-08