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Les actions du projet

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C. Actions concrètes de restauration:

C.1: Coupes d'arbres isolés et de régénération

De nombreux milieux ouverts sont en voie de recolonisation arborée, il est parfois nécessaire pour protéger l'habitat de procéder à des coupes sélectives des arbres ou des buissons afin d'ouvrir l'espace et de se débarrasser des semenciers (action C1a).

De même, des zones déboisées ces dernières années sur sols très hydromorphes, paratourbeux ou tourbeux n'ont pas été replantées en raison de l'absence d'intérêt économique et sont aujourd'hui envahies de semis d'épicéas. Ces peuplements peuvent être coupés et broyés pour nettoyer le parterre de coupe et ainsi permettre une recolonisation de ces zones par la végétation naturelle (action C1b) : boulaies tourbeuses, aulnaies marécageuses, landes humides ou sèches, mégaphorbiaies,... Des bosquets de résineux seront toutefois maintenus localement dans les zones de travail, afin de « fixer » les cervidés dans ces secteurs soumis à des baux de chasse.

C.2 : Nettoyage des coupes à blanc

Le nettoyage du parterre de coupe des zones qui auront été mises à blanc (action C2) consiste à rassembler les rémanents, dégager les souches sur les zones qui pourraient ensuite faire l'objet de gestion par fauchage, mettre le sol à nu afin de favoriser le développement de la banque de graines et combler, barrer ou détourner le réseau de drainage afin de réhumidifier le sol.

C.3 : Restauration hydrique des milieux tourbeux et paratourbeux

Une fois le sol libéré des peuplements résineux et des semis naturels, un large travail doit être réalisé sur le système hydrique, car sur ces sols tourbeux ou hydromorphes, les plantations résineuses avaient été précédées de la création d'un vaste réseau de drainage.

L'objectif de cette action est de bloquer l'eau au maximum, sur tous les sites, pour faire remonter le niveau de la nappe d'eau en vue de redynamisation des tourbières tout en permettant d'éviter l'envahissement des sites par la molinie.

Plusieurs méthodes sont possibles, parmi lesquelles la mise en place d'innombrables bouchons d'argile sur les drains (action C3a), le décapage de milieux tourbeux ou paratourbeux dégradés (action C3b) ainsi que par la construction de digues (action C3c).

Le bouchage des drains crée une multitude de petits bassins inondés en permanence sous une faible profondeur d'eau profitables à de nombreuses espèces.

Le décapage consiste à enlever la couche superficielle du sol (jusqu'à 30 cm) pour atteindre le niveau de la nappe d'eau. Cette action sera réalisée dans les zones tourbeuses fortement dégradées et envihies par la molinie.

La construction de digues, composées pour la plupart d'argile ou de tourbe, crée, en amont, des plans d'eau de faible profondeur, dans lesquels se développe la végétation typique des marais tourbeux, prélude à la formation future de nouvelles tourbières hautes.

C.4 – C.5 : Étrépage – Fraisage de restauration

Une grande partie des landes sèches (4030) et tourbeuses (4010), ainsi que les tourbières dégradées (7120) présentes dans le périmètre du projet sont fortement envahies par la molinie (Molinia caerulea) ou par la fougère aigle (Pteridium aquilinum), et sont donc dans un mauvais état de conservation.

L'étrépage (action C4) consiste à décaper et enlever la couche superficielle du sol (environ 10 cm) en éliminant ainsi totalement la végétation de surface, pour mettre le sol à nu et réactiver la banque de graines.

Le fraisage (action C5) moins efficace, mais aussi moins coûteux, est réalisable sur de grandes surfaces, la végétation et la couche superficielle du sol sont broyées jusqu'à 10 cm de profondeur.

C.6 : Régénération de feuillus

La pose de clôtures forestières temporaires (action C.6) sert à exclure les cerfs, chevreuils et sangliers, jusqu'à ce que les arbres soient assez grands et se régénèrent.

Afin de diversifier les essences feuillues, un coup de pouce est donné via la plantation notamment d'alisier blanc, de chêne sessile, de chêne pédonculé, de bourdaine, de peuplier tremble, de sorbier des oiseleurs, de pommier sauvage, ...

Cette action concerne de nombreuses zones qui seront restaurées, tant sur des sols paratourbeux ou très hydromorphes que sur des sols plus secs, car il est indispensable que puissent s'y développer des noyaux de boulaies tourbeuses (91D0*), de chênaies pédonculées à bouleaux (9190), d'aulnaies rivulaires (91E0*) le long des ruisselets et de hêtraies à luzule (9110).

C.7 : Contrôle de la régénération résineuse dans les zones déboisées

Lorsque les premiers travaux de restauration par coupe à blanc de résineux seront entrepris, on peut s'attendre à une colonisation de jeunes épicéas assez rapide. Dans d'autres cas, une régénération naturelle existe déjà sous les peuplements mâtures et elle peut rester très dynamique malgré les coupes et le nettoyage du parterre. On prévoit donc de contrôler la régénération résineuse dans les zones de coupes à blanc, en un passage au cours des deux dernières années du projet LIFE+.

C.8 : Fauchage de restauration

Les surfaces destinées à être fauchées par des agriculteurs bénéficiant de MAE peuvent être préalablement travaillées, la plupart du temps par fraisage et aplanissement du sol, afin de permettre le passage ultérieur de la faucheuse.

Par ailleurs, un fauchage de restauration peut être utile après un étrépage de zones envahies par la fougère aigle. L'étrépage fait très fortement régresser la fougère, mais ne l'éradique pas totalement. Un fauchage de restauration à la débroussailleuse est nécessaire, durant quelques années (2-3 ans généralement), pour faucher deux fois par an les frondes qui subsistent, afin d'épuiser les rhizomes. De même, dans les zones les plus sensibles, certains peuplements de fougère aigle peuvent être restaurés sans être étrépés, par un fauchage pratiqué 2 fois par an pendant quelques années afin d'épuiser les rhizomes

C.9 : Infrastructure de pâturage

La gestion des zones ouvertes par pâturage extensif vise à empêcher la colonisation par les arbustes et les arbres, à renouveler la végétation herbacée et à créer un certain nombre de perturbations très locales qui permettent de diversifier les habitats.

Des enclos sont mis en place pour accueillir des vaches ou des moutons rustiques adaptés aux conditions du terrain. Le pâturage est réalisé avec l'aide d'agriculteurs locaux touchant des MAE.