Site d'étude

Les quatre bassins de l'Our, de la Sûre, de la Rulles et de la Vierre couvrent les parties sud et est du massif Ardenne-Eifel (altitude maximale 693 m) qui se caractérise par des couches géologiques anciennes (Cambrien, Eodévonien, ...), par des sols acides à très acides et des conditions climatiques rudes, avec un grand volume de précipitations (1100 à 1500 mm), des températures très contrastées et souvent une longue période de neige, conditions climatiques qui sont à l'origine de la présence de nombreux habitats tourbeux à haute altitude et de fonds de vallées à haut potentiel biologique.

Généralement, la qualité de l'eau des têtes de bassins est bonne et se dégrade avec une diminution de l'altitude, dès que des zones agricoles, rurales et urbaines sont traversées. Le profil habituel des bassins commence par des zones de sources sur les sommets aplatis (souvent occupés par des prairies) auxquelles succèdent des vallées profondes et étroites (< 50 m, avec les versants occupés par la forêt), qui se fondent les unes dans les autres pour déboucher dans des vallées plus larges (200 à 500 m), où l'exploitation agricole domine (prairies, mais aussi cultures (maïs)). Des portions significatives des lits majeurs des ruisseaux et rivières sont encore occupées par des prairies abandonnées d'un très grand intérêt biologique. Souvent, la mise en plantation intensive d'épicéas sur des sols non adéquats, vu leur caractère hydromorphe, a succédé à l'arrêt des activités agricoles extensives.

Au niveau biologique, ces trois bassins recèlent encore toute une série de milieux à très haute valeur biologique qui abritent souvent les dernières populations et de nombreuses espèces protégées, rares ou menacées.

Site Natura 2000 de la vallée supérieure de l’Our et affluents (SICP : BE3362)

Le site se compose d’une vallée orientée vers le Sud. Le lit majeur du cours d’eau est généralement ouvert et occupé par de nombreux habitats humides à forte valeur patrimoniale. Les prairies à fenouilles des alpes (Meum athamanticum) représentent l’exemple le plus marquant. Ces prairies sont le résultat d’une utilisation agro-pastorale par abissage, c’est-à-dire une technique d’amendement par alluvionnement. On en trouve tout le long de la vallée ; certaines de ces prairies sont malheureusement dégradées et nécessitent des mesures de restauration. Dans les affluents de l’Our, ces prairies à fenouilles des alpes (M. athamanticum) sont également largement répandues.

La zone en aval des sources comprend un grand potentiel écologique : on y rencontre des trientales (Trientalis europea), des epipactis à larges feuilles
(Epipactis helleborine), des bois-gentils (Daphne mezereum). La suite du lit majeur reste certainement intéressante, avec de grandes pâtures plus ou moins extensives comprenant des groupements de canches cespiteuses (Deschampsio cespitosae) – de bistortes (Polygonetum bistortae) ou de géranium des bois (Geranium sylvaticum). On peut également observer des marais à comarais (Comarum palustre) et trèfles d'eau (Menyanthes trifoliata) aux embouchures de certaines affluents. Certains tronçons du cours d’eau sont bien structurés, avec, au long de la galerie riveraine d’aulnes et de saules, des fragments de forêts alluviales. Près du village de Schönberg, on rencontre un grand peuplement de colchiques d'automne (Colchicum automnalis), ainsi qu’un suintement à joncs à tépales aigues (Juncus acutiflorus).

A noter également les jonchaies acutiflores, les mégaphorbiaies à reine des prés (Filipendula ulmaria) et les peuplements de laîches blondes
(Carex hostiana), linaigrettes (Eriophorum polystachion), et orchis tachetés (Dactylorhiza maculata). Le lit majeur comprend également plusieurs petits bras morts, des éléments importants pour le programme de protection de la moule perlière. D’autres plantes caractéristiques : violette des marais (Viola palustris) et scripes des marais (Eleocharis palustris).

L’Our est une rivière acide et bien aérée, se situant dans la zone piscicole à truites. L’activité de l’homme est bien perceptible par les effets de l’agriculture et des eaux usées.

En ce qui concerne la faune, on y rencontre des espèces remarquables telles que (Alcedo atthis) et le sizerin flammé (Carduelis flammea), ou parmi les poissons, le chabot (Cottus gobio) ou la lamproie de Planer (Lampetra planeri). Ces espèces bénéficieront à terme des mesures prises pour la moule perlière.

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Site Natura 2000 de la vallée inférieure de l’Our (SICp BE33065)

La vallée inférieure de l’Our et du Braunlauf présente les mêmes caractéristiques que la vallée supérieure de l’Our : fragment de prairies à fenouilles des alpes (Meum athamanticum), foncs à tépales aigues (Juncus acutiflorus), en partie avec du comarais (Comarum palustre) et orchis tachetés (Dactylorhiza maculata), et mégaphorbiaie à reines des prés (Filipendula ulmaria). On y trouve également des prairies à Canches cespiteuses et Bistortes. On y trouve également des marais à comarais (Comarum palustre) et trèfles d'eau (Menyanthes trifoliata). D’autres plantes caractéristiques : l'arnica (Arnica montana), la violette des bois (Viola palustris), scripe des marais (Eleocharis palustris). Certaines parties des cours d’eau sont bien structurées, avec des galeries d’aulnes et de saules.

De manière générale, ce site est plus dégradé que le cours supérieur de l’Our à cause de la pression anthropique plus forte. On y rencontre plus de prairies amendées de plantations d’épicéas. Par contre, à la jonction des deux sites se situe un bras mort de l’Our en zone humide ; il pourrait jouer un rôle important dans le cadre de ce projet.

En ce qui concerne la faune, on y rencontre des espèces remarquables telles que le martin-pêcheur (Alcedo atthis) et le sizerin flammé (Carduelis flammea), ou parmi les poissons,le chabot (Cottus gobio) ou la lamproie de Planer (Lampetra planeri). Ces espèces bénéficieront à terme des mesures prises pour la moule perlière. Enfin, citons également le cuivré et le nacré de la bistorte, Lycaena helle et Proclossianna eunomia, que l’on rencontre surtout dans la vallée du Braunlauf et ses affluents.

Site Natura 2000 de la Haute Sûre (SCIp BE34039)

Le site se compose de la haute vallée de la Sûre et de ses affluents, au nord du massif de la forêt d’Anlier. Le lit majeur de la rivière y est généralement ouvert et occupé par de nombreux habitats de grand intérêt : habitats tourbeux avec des plages à sphaignes (Sphagnum sp.) et canneberges (Vaccinium oxycoccos) et zones à linaigrettes vaginées (Eriophorum vaginatum) et épilobes en épis (E. angustifolium), avec colonies de saules à oreillettes (Salix aurita) et saules rampants (S. repens), bas marais à trèfles d'eau (Menyanthes trifoliata) et comarais (Comarum palustre), à écuelles d'eau (Hydrocotyle vulgaris) et violettes des marais (Viola palustris). Des zones de suintements de Calthion, à grand carex comme la laïche à bec (C. rostrata) et le C. vesicaria ou à populages des marais (Caltha palustris) sont aussi observés, de même que des cariçaies à touradons de laîches vulgaires (Carex nigra), des molonies (Molinia caerulea) et canches cespiteuses (Deschampsia cespitosa), avec des angéliques sauvages (Angelica sylvestris) et épilobes en épis (Epilobium angustifolium).

Les fonds de vallées sont occupées par de très nombreuses prairies humides et prés de fauche abandonnés et colonisées par les mégaphorbiaies du Filipendulion (reines des prés (Filipendula ulmaria), cirses des marais (Cirsium palustre), angéliques sauvages (Angelica sylvestris), bistortes (Polygonum bistorta), épilobes hérissés (Epilobium hirsutum), valérianes officinales à rejets (Valeriana repens), ...). Sur les petites terrasses du ruisseau, prairie du Molinion, à molonies (Molinia caerulea), sauguisorbes (Sanguisorba officinalis), serratule des teinturiers (Serratula tinctoria) et scorsonère des prés (Scorzonera humilis), orchis à larges feuilles (Dactylorhiza majalis) et des nardaies à arnica (Arnica montana). D'autres zones ouvertes relèvent de prairies de fauche mésophiles plus ou moins abandonnées relevant de l'Arrhenaterion.

La Sûre est une rivière se situant dans la zone piscicole à truites et à barbeaux

De nombreuses espèces animales précieuses sont recensées : la cigogne noire (Ciconia nigra), les deux pies-grièches (Lanius excubitor et L. collurio), le traquet tarier (Saxicola rubetra), la bergeronnette printanière (Motacilla flava) et la bécassine des marais (Gallinago gallinago). La Loutre (Lutra lutra) y a été mentionnée à plusieurs reprises. La petite lamproie de rivière (Lampetra planeri), le chabot (Cotus gobio), la mulette épaisse (Unio crassus) sont également présente et bénéficieront à terme des mesures envisagées dans le cadre de ce projet Life.

Site Natura 2000 de la forêt d’Anlier (SICp : BE 34052)

Le site se compose de trois vallées plus moins parallèles, orientées vers le Sud, qui drainent le massif forestier de la forêt d’Anlier. Le lit majeur des cours d’eau est généralement ouvert et occupé par de nombreux habitats, généralement humides, à forte valeur patrimoniale.

Les habitats tourbeux avec des plages de sphaignes (Sphagnum sp. et Vaccinium oxycoccos) et zones à linaigrettes vaginées (Eriophorum vaginatum) et linaigrettes à feuilles étroites (E. angustifolium), avec colonies de saules à oreillettes (Salix aurita) (CORINE 51.2), fondrières de bas marais avec plages à Callitriche sp. et monties des fontaines (Montia fontana) (Cardamino-Montion, CORINE 54.111) à trèfles d'eau (Menyanthes trifoliata) et comarais (Comarum palustre), à ecuelles d'eau (Hydrocotyle vulgaris) et violettes des marais (Viola palustris), à laïches à bec (Carex rostrata) au bord du ruisseau (CORINE 54.422). Des zones de suintement de Calthion, à grands carex comme laïche à bec (C. rostrata) et C. vesicaria ou à populages des marais (Caltha palustris) sont aussi observées, de même que des cariçaies à touradons de laîches vulgaires (Carex nigra), molinies (Molinia caerulea) et canches cespiteuses (Deschampsia cespitosa), avec angéliques sauvages (Angelica sylvestris) et épilobes en épi (Epilobium angustifolium) qui est probablement un faciès d'abandon des prés de fauche à Carex nigra, molinie et bistorte (CORINE 54.422). Les fonds de vallées sont occupées par de très nombreuses prairies humides et prés de fauche abandonnés. De nombreuses zones de prairies de fauche sont aussi colonisées par les mégaphorbiaies à Reine des prés du Filipendulion (cirse des marais (Cirsium palustre), angélique sauvage (Angelica sylvestris), bistortre (Polygonum bistorta), épilobe hérissé (Epilobium hirsutum), valériane officinale à rejets (Valeriana repens, ...). Sur les petites terrasses du ruisseau, prairie du Molinion, à molinies (Molinia caerulea), sanguisorbes (Sanguisorba officinalis), serratules des teinturiers (Serratula tinctoria) et scorsonères des prés (Scorzonera humilis), orchis à larges feuilles (Dactylorhiza majalis) (CORINE 37.312) et des nardaies à arnica (Arnica montana) et sieglingies décombantes (Sieglingia decumbens) (CORINE 35.1 et 35.13) sont observés. D'autres zones ouvertes relèvent de prairies de fauche mésophiles plus ou moins abandonnées relevant de l'Arrhenaterion et parfois de l'Alopecurion, habitat auquel la moule perlière est très liée. La plaine alluviale est régulièrement inondée lors des crues.

Le lit majeur est bordé en aval par des pentes plus ou moins fortes occupée par la forêt où domine les feuillus, avec notamment des hêtraies du Luzulo-Fagetum (9110), des hêtraies du Asperulo-Fagetum (9130), des forêts alluviales à aulnes glutineux (Alnus glutinosa) et frênes (Fraxinus excelsior) (91E0), de chênaies acidophile à myrtille, ... Pour l’Arlune et l’Anlier, les parties amont des vallées débouchent dans un cirque très aplati occupé de manière dominante par l’agriculture, les villages et souvent des plantations d’épicéas.

Ce sont des rivières à eaux fraîches, vives et bien aérées, se situant dans la zone piscicole à truites et de productivité faible à moyenne. Les eaux sont faiblement acides (pH 6,3 à 6,8), assez pauvres en calcium. Pour la Rulles, comme une grande partie du bassin n’est ni habitée, ni cultivée, les eaux ne contiennent ni chlore, ni nitrites, seulement des traces d’ammoniaque dans les petits ruisseaux et des teneurs en nitrates faibles, sauf en fortes crues, elles peuvent être chargées de matières organiques. Elles se classent probablement parmi les rares exemplaires d’eaux naturelles non polluées, avec la présence de myriophylles à feuilles alternes (Myriophyllum alterniflorum), potamots des alpes (Potamogeton alpinum) et callitriches à crochets (Callitriche hamulata), qui sont toutes les trois des espèces très rares. Pour les deux autres vallées, l’influence des activités humaines est plus perceptible.

Ces trois vallées recèlent une série d’espèces à très forte valeur patrimoniale comme pour les oiseaux, la cigogne noire (Ciconia nigra), les deux pies-grièches (Lanius excubitor et L. collurio), le traquet tarier (Saxicola rubetra), la bergeronnette printanière (Motacilla flava) et la bécassine des marais (Gallinago gallinago). De nombreuses espèces d’Invertébrés, la Loutre (Lutra lutra), la petite lamproie de rivière (Lampetra planeri), le chabot (Cotus gobio), l'écrevisse (Astacus astacus), la mulette épaisse (Unio crassus) bénéficieront à terme des mesures prises pour la moule perlière.

Le bassin de la Vierre