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1242 - Cron de Montauban

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Cron de Buzenol-Montauban
Communes :Etalle
Cantonnements DNF :Arlon
Surface :6.81 ha
Coordonnées :X Lambert : 238620 - Y Lambert : 35935
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec Google map

Intro

Brève description

Le site s'étend à environ 2 km au sud du village de Buzenol, sur le versant gauche de la vallée du Gros Ruisseau, dans un environnement en grande partie forestier (hêtraie à méliques, entre autres). Le cron, nom donné aux sources calcaires pétrifiantes, apparaît actuellement comme une clairière en forte pente exposée au sud et dévallée par des ruisselets à l'eau cristalline, qui sont alimentés par deux sources situées un peu en contre-bas du parc archéologique de Montauban. On y rencontre une végétation et des conditions écologiques remarquablement contrastées : ainsi se côtoient sur peu de distance une pelouse calcicole aride à seslérie bleue (Sesleria caerulea), un marais alcalin à molinie (Molinia caerulea), des dalles rocheuses sèches ou humides, une cariçaie à laîche écailleuse (Carex lepidocarpa), des fourrés pionniers de saules (Salix spp.) et de bourdaine (Frangula alnus), des ourlets préforestiers thermophiles, etc. La flore comprend de nombreuses espèces rares comme la parnassie (Parnassia palustris) et la laîche puce (Carex pulicaris), toutes deux très menacées en Wallonie. La faune locale est tout aussi remarquable: le site constitue par exemple le biotope de prédilection d'une rare libellule, le cordulégastre bidenté (Cordulegaster bidentatus), dont les larves se développent dans les minces filets d'eau. Sur ce même versant existent plusieurs autres crons également très intéressants mais en grande partie sous couvert forestier.

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • M1 - Gaume

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Buzenol6.81 haETALLELUXEMBOURG

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Arlon6.81 haArlon

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site classé par A.R. du 2 décembre 1959.

Propriétaire(s)

Région wallonne.

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Non  Région Oui  Autres publics Non

Gestionnaire

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement d'Arlon, 45, Place Didier, 6700 Arlon (Tél. : 063/58.91.50 - Fax : 063/58.91.55).
Commission consultative de gestion des réserves naturelles domaniales de Lorraine et d'Ardenne méridionale.

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6429Cron de Montauban0,51 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Myotis emarginatusOuiOui2010F. François
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Dryocopus martiusOuiNon1 ex.2000J.-Y. Baugnée
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Bufo bufoOuiNon1 ex.2001J.-Y. Baugnée
Ichthyosaura alpestrisOuiNon2003J.-Y. Baugnée, T. Kervyn
Lissotriton helveticusOuiNon2 ex.2002E. Delooz, J.-Y. Baugnée
Rana esculenta2 ex.2000J.-Y. Baugnée
Rana temporariaOuiNon1 ex.2001J.-Y. Baugnée
Salamandra salamandraOuiNon1 ex.1996J.-Y. Baugnée
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Zootoca viviparaOuiNonAbondant2000A. Remacle, J.-Y. Baugnée.
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Apatura iliaNonNon1 ex.2000GT Lycaena (J.-Y. Baugnée)
Argynnis adippeNonOui2007V. Fichefet
Argynnis aglajaNonOui2012K. Van Asten
Argynnis paphiaNonNonmax. 10 ex.2003GT Lycaena (div. obs.)
Boloria diaOuiOui2013J. Versigghel
Boloria seleneNonNon2012B. de Knegt
Brenthis daphneNonNon2013Y. Giot
Brenthis inoNonNon4 ex.2013Y. Giot
Callophrys rubiNonNon1 ex.2000GT Lycaena (Ph. Goffart)
Carcharodus alceaeNonNon1 ex.1994GT Lycaena (J.-Y. Baugnée)
Carterocephalus palaemonNonNon2013D. Dekeukeleire
Coenonympha arcaniaNonOui2013Y. Giot
Issoria lathoniaOuiNon1 ex.1991GT Lycaena (Ph. Goffart)
Limenitis camillaNonNon1 ex.2000GT Lycaena (Ph. Goffart)
Melanargia galatheaNonNon2 ex.2011M. Vandeput
Melitaea diaminaNonNon2013Y. Giot
Neozephyrus quercusNonNon2011R. Dujardin
Polyommatus semiargusNonNon2 ex.2003GT Lycaena (V. Fichefet)
Pyrgus malvaeNonOui2013M. Vandeput
Satyrium w-albumOuiNon2007V. Fichefet
Spialia sertoriusNonNon1 ex.2000GT Lycaena (J.-Y. Baugnée)
Invertébrés - Insectes - Papillons nocturnes
Epirrhoe hastulataPrésence actuelle à confirmer1967AHeim de Balzac & Choul
Invertébrés - Insectes - Libellules
Aeshna affinisNonNon1 ex.2003AG.T. Gomphus (V. Fichefet)
Cordulegaster bidentataOuiOui0-5 ex.(reproduction)2000AG.T. Gomphus (div. obs.)
Orthetrum coerulescensOuiOui1 ex.2003G.T. Gomphus (V. Fichefet)
Invertébrés - Insectes - Coléoptères - Carabidés
Cicindela campestris10 ex.2000J.-Y. Baugnée
Invertébrés - Insectes - Coléoptères - Cérambycidés
Ergates faberGaleries larvaires (pin)2005AV. Fièvet, J.-Y. Baugnée
Leptura aurulenta1 ex.1998J.-Y. Baugnée
Invertébrés - Insectes - Coléoptères - Coccinelles
Subcoccinella vigintiquatuorpunctata3 larves2000J.-Y. Baugnée
Invertébrés - Insectes - Orthoptères
Euthystira brachyptera2009J.-L. Renneson
Gomphocerippus rufus2 ex.2000J.-Y. Baugnée & O. Van Damme
Metrioptera roeselii1998Ph. Goffart
Phaneroptera falcata2 larves1998J.-Y. Baugnée, Jeunes et Nature
Tetrix bipunctata1 ex.2000J.-Y. Baugnée
Tettigonia cantans2 ch.2000J.-Y. Baugnée, O. Van Damme
Invertébrés - Insectes - Hyménoptères
Halictus sexcinctus1 ex.1995J.-Y. Baugnée
Holopyga generosa1 femelle2000J.-Y. Baugnée
Hylaeus difformis2 femelles1995Baugnée (1998)
Panurgus dentipes1 ex.1995J.-Y. Baugnée
Polistes bischoffi1 mâle1995Baugnée (1996)
Invertébrés - Insectes - Diptères
Ictericodes zelleri1 mâle2000J.-Y. Baugnée
Temnostoma apiforme1 mâle2000J.-Y. Baugnée
Invertébrés - Insectes - Hémiptères
Chlorionidea flava> 500 ex.2000AJ.-Y. Baugnée
Oncochila simplex2000J.-Y. Baugnée
Plantes - Plantes supérieures
Anacamptis pyramidalis2012J.-L. Renneson
Arabis glabra5 pieds2000J.-Y. Baugnée
Atropa bella-donna> 5 pieds2000J.-Y. Baugnée
Blysmus compressusDisparu ?Parent (1973)
Carex diandra2000Parent (1973), Saintenoy-Simon (1996), J.-Y Baugnée.
Carex flava1994Duvigneaud et al. (1984)
Carex lepidocarpaAbondante2000Parent (1973), Saintenoy-Simon (1996), J.-Y Baugnée.
Carex paniculata2 touffes2000Parent (1973)
Carex pulicaris2 touffes2000Parent (1973), Saintenoy-Simon (1996), J.-Y Baugnée.
Daphne mezereumParent (1973)
Epipactis atrorubens15 pieds2000J.-Y. Baugnée
Epipactis helleborine20-30 pieds2000J.-P. Jacob
Epipactis palustrisDisparu ?Parent (1973)
Eriophorum latifolium25 pieds2000J.-Y. Baugnée
Gymnadenia conopseaDisparu ?Parent (1973)
Hippocrepis comosa2002
Juniperus communisIndigénat douteux2002J.-P. Jacob
Listera ovata20-30 pieds2000J.-P. Jacob
Neottia nidus-avis5 pieds2002J.-Y. Baugnée
Parnassia palustris5 pieds fleuris2000J.-Y. Baugnée
Platanthera bifolia3 pieds2000Section Orchidées d'Europe
Silene nutans2000J.-Y. Baugnée
Mycètes - Lichens
Peltigera horizontalisParent (1973)

Nombre d'espèces confidentielles en plus de celles citées ci-dessus : 2

Commentaires sur la faune

Le site de Montauban abrite de nombreuses espèces rares ou menacées. Parmi les invertébrés, le Lépidoptère Geometridae Epirrhoe hastulata, le Coléoptère Cerambycidae Ergates faber et l'Hyménoptère Vespidae Polistes bischoffi ont été trouvés ici pour la première fois en Belgique. D'autres ne sont connus que de deux ou trois autres stations, comme le Diptère Tephritidae Ictericodes zelleri lié à l'état larvaire à Inula conyza, et l'Homoptère Delphacidae Chlorionidea flava associé étroitement à Sesleria caerulea.

On peut citer comme autres espèces d'insectes peu banales :
- Lépidoptères rhopalocères : Apatura ilia, Lycaena virgaureae, Carcharodus alceae, Spialia sertorius, Carterocephalus palaemon, Brenthis ino;
- Homoptères : Cixius distinguendus, Adarrus multinotatus, Arocephalus languidus, Zyginidia mocsaryi;
- Hétéroptères :Oncochila simplex, Cymus claviculus, Rubiconia intermedia;
- Orthoptères : Euthystira brachyptera, Gomphocerippus rufus, Tettigonia cantans, Phaneroptera falcata, Tetrix bipunctata;
- Odonates : Cordulegaster bidentatus (un des rares sites de reproduction connu en Belgique);
- Diptères Syrphidae : Temnostoma apiforme, Metasyrphus nitens, Platycheirus occultus;
- Diptères Bombylidae : Hemipenthes morio, Bombylius minor;
- Hyménoptères : Holopyga generosa, Chrysis illigeri, Lestiphorus bicinctus, Polistes biglumis; Hylaeus difformis, Panurgus dentipes, Halictus sexcinctus, Coelioxys aurolimbata;
- Coléoptères : Leptura aurulenta.

L'herpétofaune comprend notamment le Lézard vivipare Lacerta vivipara et la salamandre Salamandra salamandra.

Le pic noir Dryocopus martius se reproduit dans la hêtraie environnante.

Commentaires sur la flore

La flore du cron de Montauban et des environs est très riche et originale; elle a été décrite notamment par Parent (1973). On y rencontre côte à côte des espèces de pelouse calcicole et des espèces de bas-marais alcalin avec en plus des éléments de la mégaphorbiaie et de la hêtraie à méliques. Le site est inclus dans l'inventaire SURWAL pour le volet orchidées (site n°514).
Espèces protégées : Daphne mezereum, Epipactis palustris (disparu ?), Epipactis atrorubens, Epipactis helleborine, Gymnadenia conopsea, Platanthera bifolia, Listera ovata et Parnassia palustris. A noter aussi la présence de 6 pieds de Juniperus communis dont l'indigénat paraît douteux (ils auraient en effet été implantés sur le site par un particulier, après un incendie). Par ailleurs, Goodyera repens existe non loin, près de la forge de Montauban (donnée S.O.E).
Autres plantes rares ou intéressantes : Arabis glabra, Atropa bella-donna, Blysmus compressus (disparu ?), Carex lepidocarpa, Carex pulicaris, Carex flava, Carex diandra, Dipsacus pilosus, Eriophorum latifolium, Hippocrepis comosa, Melica nutans, Rubus saxatilis, Sesleria caerulea (rare en Lorraine), Silene nutans.

Espèces exotiques

A compléter

Conservation

Objectifs de conservation

Le premier objectif est de maintenir le caractère ouvert du site, alors que la plupart des autres crons de la région sont plus ou moins ombragés sous le couvert forestier. Il y a lieu ensuite de limiter strictement la circulation sur le site, du fait de la grande sensibilité du biotope face au piétinement (fragilité des concrétions calcaires) combinée à la forte déclivité du terrain (érosion).

Menaces

Les menaces pesant sur le site sont de deux types :

1) le cron est en cours de recolonisation forestière rapide, en particulier par les saules et les bourdaines, laquelle entrainera, à terme, la disparition de beaucoup d'espèces rares, qui sont pour la plupart héliophiles;

2) l'endroit subit les passages répétés de vélos tout-terrain ainsi que de promeneurs qui ne sont pas nécéssairement au courant de l'extrême fragilité de ce type de milieu; les dégâts dus aux piétinements intempestifs y sont en effet très dommageables car la précipitation du calcaire, formant les concrétions, est un processus très long et complexe. Par ailleurs, la modification du cours des ruisselets, par exemple par des barrages édifiés par les enfants, est à empêcher, de même que tout captage d'eau de source.

Recommandations

Il y a lieu, dans un premier temps, de limiter la recolonisation forestière du tuf, qui est de plus en plus rapide (bourdaines et saules principalement). L'étude de la faune et de la flore très particulière du site doit être poursuivie, de manière à en tenir compte dans le plan de gestion.

Plan de gestion

Un plan de gestion est à établir en concertation avec la C.C.G.R.N.D.

Accès du public

L'accès au cron doit être strictement limité, du fait de la grande fragilité du milieu. Un panneau didactique, insistant sur l'originalité et la fragilité de ce biotope exceptionnel devrait être placé au pied du cron, qui est repris dans le réseau Natura2000. En dernier recours, la pose d'une cloture pourrait être envisagée afin d'empêcher les passages intempestifs (vélo tout terrain, ...).

Détails

Description physique

Description résumée en grande partie d'après PARENT (1973: p. 232) qui fournit un plan topographique du site.

Le cron est orienté au sud-ouest. Il prend place sur un affleurement de marne de Buzenol et est irrigué par deux ruisselets dont les sources sont situées à 310 m d'altitude, légèrement en aval du Château des 4 Fils Aymon. Jusqu'au chemin longeant le bas du cron, les ruisselets parcourent environ 93 m avec un espacement maximal de 26 m. La pente est forte avec une déclivité allant de 10° à plus de 40°. Au total, l'étalement du tuf atteint 40 m à la base.

L'âge et les processus de formation du tuf ne sont pas encore connus avec précision. Certains auteurs pensent que ces formations datent de périodes froides, tandis que d'autres estiment que leur âge remonte aux périodes chaudes de l'Holocène. Une étude de GULLENTOPS & MULLENDERS publiée en 1972 a montré que la formation des dépôts de tuf, dans l'ensemble du territoire belge, a démarré surtout au Préboréal avec un maximum d'activité au Boréal.

Description biologique

Dans sa description botanique, PARENT (1973) distingue la xérosère, partie assèchée (ou désactivée) du cron, et l'hydrosère qui correspond au tuf actif.

La xérosère : dans la partie occidentale du cron, on peut distinguer trois zones:

- des dalles nues et sèches à végétation ouverte montrant une colonisation par des lichens (Lecanora spp., Cladonia spp., Peltigera horizontalis), des bryophytes (Grimmia apocarpa, etc.) et par une série d'espèces de pelouse calcaire : Linum catharticum, Euphrasia stricta, Thymus pulegioides, Euphorbia cyparissias, Arabis hirsuta, Helianthemum nummularium, Potentilla neumanniana, Carex caryophyllea, Sesleria caerulea, Galium pumilum, Sanguisorba minor, Campanula rotundifolia, Hypericum perforatum, Hieracium pilosella, Hippocrepis comosa, Fragaria vesca;
- des dalles à végétation dense, avec la plupart des espèces ci-dessus (notamment Sesleria caerulea) mais avec en plus Carex flacca, Epipactis atrorubens, Lotus corniculatus, Campanula persicifolia, Hieracium lachenalii, Leucanthemum vulgare, Galium mollugo, Solidago virgaurea;
- une recolonisation forestière qui est le fait de Corylus avellana, Ligustrum vulgare, Cornus sanguinea, Acer pseudoplatanus, Prunus spinosa, Rosa arvensis, Daphne mezereum, Carpinus betulus, Salix caprea, Crataegus monogyna, Betula pendula, avec diverses herbacées annoncant la hêtraie à méliques : Viola riviniana, Rubus saxatilis, Ajuga reptans, Mercurialis perennis, Brachypodium sylvaticum, Luzula luzuloides, Galeopsis tetrahit, et Campanula persicifolia.
La séquence de la xérosère peut être résumée ainsi : végétation pionnière (lichens et bryophytes) > pelouse ouverte à Linum catharticum > pelouse fermée à Sesleria caerulea > fruticée > hêtraie à méliques.

L'hydrosère : le groupement caractéristique du cron actif est l'association à Sesleria caerulea et Carex lepidocarpa qui renferme Carex flacca, Parnassia palustris, Palustriella commutata (= Cratoneuron commutatum), Eucladium verticillatum, Fissidens adiantoides, Bryum pseudotriquetrum, etc. On note aussi au voisinage Mentha aquatica, Scrophularia nodosa, Cirsium palustre, Eupatorium cannabinum, Frangula alnus et même Juniperus communis. Vers la mi-pente, Molinia caerulea prend de l'ampleur au détriment de la séslérie, accompagnée par Crepis paludosa, Briza media et Epipactis atrorubens.

Vers la base du cron, dans sa partie occidentale, s'étend une moliniae riche en espèces des bas-marais alcalins : Eriophorum latifolium, Carex lepidocarpa, C. diandra, C. pulicaris, C. paniculata, Blysmus compressus, Juncus articulatus, Parnassia palustris, Epipactis palustris (qualifié d'abondant par l'auteur !), Gymnadenia conopsea. Diverses espèces à tendance acidiphile mélées à des xérophiles sont également présentes, comme Potentilla erecta, Deschampsia flexuosa, Carex nigra, Viola palustris, Crepis paludosa, Salix purpurea, S. cinerea, Aquilegia vulgaris, Sanguisorba minor, etc.

Dans sa portion orientale, diverses espèces annoncent l'aulnaie basicline : Cirsium oleraceum, Angelica sylvestris, Cirsium palustre, Salix cinerea. Par ailleurs, toute la partie drainée par les ruisselets subit depuis le début des années 1990 une recolonisation forestière rapide, principalement par Frangula alnus et Salix spp. (dont S. purpurea).

Cette mosaïque végétale associée à des conditions microclimatiques et hygrométriques très contrastées expliquent probablement la remarquable diversité faunistique locale, même si l'étude de celle-ci est encore très incomplète. On relève notamment plusieurs espèces qui n'ont été, jusqu'à présent, observées nulle part ailleurs dans le pays.

Les libellules sont recensées depuis au moins 1989 par des collaborateurs du groupe Gomphus (e.a. J.-P. Jacob, P. Goffart, H. Blockx, R. Stoks, G. De Knijf, V. Fichefet, J.-Y. Baugnée). Le site est surtout connu pour être un lieu de reproduction typique de Cordulegaster bidentata, dont les larves se développent dans les petits ruisselets alimentant le tuf. Pas moins de 19 autres espèces ont par ailleurs été signalées : Aeshna affinis, Aeshna cyanea, Aeshna grandis, Aeshna mixta, Anax imperator, Calopteryx splendens, Calopteryx virgo, Coenagrion puella, Enallagma cyathigerum, Erythromma najas, Ischnura elegans, Lestes sponsa, Libellula depressa, Orthetrum cancellatum, Orthetrum coerulescens (espèce rare!), Platycnemis pennipes, Pyrrhosoma nymphula, Somatochlora metallica et Sympetrum striolatum.

Les Lépidoptères semblent avoir fait l'objet d'observations plus occasionnelles mais parmi les 30 espèces récensées (données du GT Lycaena), il faut toutefois noter celles figurant sur la liste rouge élaborée par Goffart & De Bast (2000): Apatura ilia, Argynnis paphia, Brenthis ino, Callophrys rubi, Carcharodus alceae, Carterocephalus palaemon, Polyommatus semiargus, Issoria lathonia, Limenitis camilla, Lycaena virgaureae, Melanargia galathea, Spialia sertorius.

Le très rare Géomètridé Epirrhoe hastulata, dont la larve se développe sur Galium sylvaticum, fut signalé jadis de Montauban (seule station belge) mais il n'aurait pas été revu récemment (J.-L. Renneson, comm. pers.).

Les Orthoptères comptent au moins 13 espèces sur le cron et les environs immédiats : les plus remarquables sont Euthystira brachyptera (en limite de répartition), Gomphocerippus rufus, Phaneroptera falcata, Tettigonia cantans et Tetrix bipunctata; les autres étant plus répandues (Chorthippus biguttulus, C. brunneus, C. parallelus, Chrysochraon dispar, Meconema thalassinum, Nemobius sylvestris, Pholidoptera griseoaptera et Tetrix undulata).

Insectes se nourrissant exclusivement de sève végétale, les Homoptères sont très étroitement liés à la végétation et beaucoup d'espèces sont, de plus, souvent spécialisées sur une plante ou quelques espèces voisines. Parmi les relations les plus intéressantes, citons : Chlorionidea flava, Zyginidia mocsaryi et Arocephalus languidus sur Sesleria; Muellerianella extrusa et Emelyanoviana mollicula sur Molinia; Adarrus multinotatus sur Brachypodium sylvaticum (également sur B. pinnatum dans le district mosan); Cicadella viridis, Cicadula albingensis, Notus flavipennis sur Carex spp.; Kelisia guttula et Kelisia irregulata sur Carex flacca; Conomelus anceps sur Juncus spp.; Eupteryx notata sur Hieracium pilosella; Kybos smaragdula, Oncopsis alni et Baeopelma foersteri sur Alnus glutinosa;

L'étude des Hétéroptères (ou Punaises) en est à son début, mais l'on peut déjà mentionner quelques éléments peu communs, souvent à biologie spécialisée : Rubiconia intermedia, Oncochila simplex, Gampsocoris punctipes, Tingis pilosa, Carpocoris fuscispinus, Cymus claviculus, etc.

Les Diptères et les Hyménoptères semblent très bien représentés sur le site et ses environs et mériteraient des recherches attentives. Plusieurs espèces recensées jusqu'ici se révèlent rares en Belgique, voire en Europe; citons entre autres le Diptère Tephritidae Ictericodes zelleri, lié à Inula conyzae et nouveau pour la faune belge, ainsi que les Hyménoptères Chrysididae Holopyga generosa et Chrysis illigeri, le Vespidae Polistes bischoffi, le Sphecidae Lestiphorus bicinctus, l'Andrneidae Panurgus dentipes, le Colletidae Hylaeus difformis, l'Halictidae Halictus sexcinctus, etc.
Citons encore, parmi les Coléoptères, deux longicornes peu banals : tout d'abord Ergates faber, le plus grand représentant européen de la famille (la femelle pouvant atteindre 6 cm !) dont la larve se développe surtout dans les souches de pins et dont la présence en Belgique n'avait encore jamais été signalée auparavant ! Enfin, le magnifique Leptura aurulenta, à répartition belge limitée à la Lorraine et dont les larves se développent dans les souches de hêtre et autres feuillus.

L'herpetofaune locale se compose notamment de Zootoca vivipara, Bufo bufo, Rana temporaria, Rana kl. esculenta et Salamandra salamandra.

Le massif forestier entourant le cron accueille une avifaune variée (grand corbeau Corvus corax ; pic noir Dryocopus martius ; gobemouche noir Ficedula hypoleuca ; etc.).

Monument naturel

Par son importance et son étendue, le cron de Montauban constitue un monument naturel d'intérêt exceptionnel. Non seulement ce type de formation est rarissime en Belgique, mais de plus son étude, du plus haut intérêt scientifique, n'a pas encore permis d'élucider totalement les mécanismes de lithogénèse. En outre, les crons de la région sont en partie fossiles, avec une origine remontant selon les auteurs, à l'Holocène, au Préboréal ou au Boréal.

Monument historique

Le refuge antique de Montauban est évoqué par J. Mertens (1953). Son occupation semble avoir été continue depuis la Préhistoire jusqu'au Moyen Age. Cet ensemble remarquable comprend notamment des remparts gallo-romains et un donjon du haut Moyen Age. Des fouilles, entreprises par le Musée du Cinquantenaire dès 1913, ont permis d'exhumer de nombreuses pièces de grand intérêt, dont des blocs sculptés et des monuments funéraires. Le site est actuellement aménagé en musée de plein air.
L'oppidum gallo-romain a été précédé par un oppidum celtique qui fait partie d'un ensemble de quatre fortifications établies sur le revers de la cuesta sinémurienne profondément entaillée par des ruisseaux. Les promontoirs ainsi dégagés ont été fortifiés.
La vallée du Gros Ruisseau comprend les ruines d'anciennes forges métallurgiques datant du 16e siècle.

Histoire du site

D'après PARENT (1973 : p. 242) le tuf calcaire semble avoir été exploité dès le début de notre ère; en effet il rappelle qu'une auge funéraire formée de cette roche et datant de l'époque romaine a été trouvée à Sampont (Musée Gaumais).

Biblio

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Divers

Sources

ZHIB
RESNAT
OFFH

Répondants de l'information

G.H. Parent (rue des Blindés 37, 6700 Arlon). - J.-Y. BAUGNEE (SPW/DGARNE/DEMNA/DNE/OFFH, Avenue Maréchal Juin, 23, B-5030 Gembloux).