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Gérer les plantes invasives

Il n'existe pas de solution miracle pour éliminer sans effort une population de plante invasive. Ces espèces sont difficiles à détruire suite à leur importante faculté de multiplication végétative. Certaines interventions peuvent même conduire à les dynamiser plutôt qu'à les éliminer. Des techniques permettent toutefois de limiter leur développement ou de les éradiquer localement. Ces techniques sont spécifiques à chaque espèce et doivent être suivies scrupuleusement pour pouvoir arriver aux résultats escomptés.

Introduction

Bonnes pratiques de gestionLes plantes invasives sont difficiles à détruire. Nombre d'entre elles tendent à s'étendre et à densifier leurs populations suite à la coupe de leurs parties aériennes. Elles ont souvent une forte capacité à rejetter de souche ou à produire des drageons et des stolons. C'est typiquement le cas des plantes ligneuses envahissantes comme l'ailante glanduleux (Ailanthus altissima), l'aulne blanc (Alnus incana), le cerisier tardif (Prunus serotina), le cornouiller soyeux (Cornus sericea), de l'érable jaspé de gris (Acer rufinerve) ou le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia).

La plupart des plantes invasives peuvent se régénérer rapidemment à partir de fragments de tiges ou de racines. Un tout petit morceau de tige ou de rhizome suffit, par exemple, à régénéer la renouée du Japon. La plupart des plantes aquatiques invasives se bouturent aussi très facilement et peuvent se reconstituer au départ d'un fragment de tige. Lors de la gestion, il faut donc veiller à bien éliminer l'entièreté de la plante et à traiter les déchets verts issus de la gestion de manière adéquate. En outre, on limitera au maximum la dispersion des fragments de plante dans l'environnement pour éviter d'initier la formation de nouvelles populations.

Cornus sericeaFallopia japonicaRobinia pseudoacacia
La plupart des plantes invasives sont dotées d'importantes capacités de multiplication végétative et sont capables de rejeter vigoureusement suite à la coupe de leurs tiges aériennes. Photos: Etienne Branquart.

Certaines plantes invasives produisent également de grandes quantités de graines qu'elles dispersent dans l'environnement. Ces graines peuvent parfois garder une capacité germinative durant de nombreuses années. L'éradication locale de ces espèces ne sera donc possible qu'après avoir épuisé le stock de graines contenu dans le sol.

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Certaines plantes invasives produisent des graines à profusion qui peuvent conserver leur capacité germinative durant plusieurs années. Photos: Etienne Branquart.

La gestion d'une population de plante invasive doit toujours s'envisager sur le moyen ou le long terme. La lutte doit souvent être menée de manière rigoureuse durant plusieurs années consécutives pour pouvoir s'en faire quitte. Ce laps de temps est nécessaire pour épuiser progressivement tout le stock de graines contenu dans le sol et pour venir à bout de la capacité de multiplication végétative de la plante. Il est donc indispensable de mettre en place un suivi régulier des parcelles gérées.

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Recommandations

Lutter ou non ?

La lutte menée contre une plante invasive peut parfois conduire à la dynamiser et à favoriser sa dispersion dans l'environnement. Avant de lutter, il faut donc toujours bien se poser la question de savoir si la lutte est nécessaire et comment elle doit être conduite afin d'obtenir un résultat efficace (bonnes pratiques). Dans certains cas de figure, il vaut parfois mieux ne rien faire plutôt que de tenter de détruire la plante. Tel est typiquement le cas des grosses populations de renouées du Japon qui sont extrêmement difficiles à détruire et qui ne tendent guère à essaimer tant qu'on ne fragmente pas leurs tiges ou leurs racines ou qu'on ne déplace pas les terres sur lesquelles elles se développent.

Principes généraux pour la gestion des plantes invasives

  • Traiter les plantes dès leur apparition pour maximiser les chances de succès et limiter les coûts de la lutte. La destruction doit donc s'opérer sur des surfaces aussi réduites que possible;
  • Prendre des précautions vestimentaires pour éviter tout contact entre la peau de l'opérateur et la sève toxique ou allergisante de certaines plantes comme la berce du Caucase, l'ailante glanduleux ou le sumac de Virginie;
  • Respecter scrupuleusement les bonnes pratiques de gestion décrites pour chaque plante invasive (voir section suivante);
  • Eviter de traiter les surfaces envahies par un girobroyage superficiel car cela stimule souvent le développement de la plante (rejets, drageons, stolons) et entraîne la production de petits fragments de plantes capables de se bouturer;
  • Assurer un traitement adéquat des résidus de gestion. Autant que possible, les déchets verts provenant de plantes invasives devront être rassemblés avant d'être séchés et incinérés sur site ou exportés vers un centre de traitement de déchets. Le compostage "artisanal" sur site de ces déchets doit être évité : (i) pour toutes les plantes invasives qui forment facilement des boutures à partir de fragments de tiges (cornouillers, cotoneasters, renouées, spirées, vignes vierges, etc.) et (ii) pour toutes les plantes invasives dès qu'elles sont en fleurs ou commencent à produire des graines;
  • Ne pas se défaire dans la nature de déchets verts provenant de la gestion de plantes invasives. Cette pratique est rigoureusement interdite et conduit à l'apparition de nouveaux foyers d'invasion;
  • Opérer un nettoyage minutieux des outils de gestion afin de s'assurer qu'ils ne contiennent plus de fragments de plantes invasives;
  • Mettre en place des visites de contrôle régulières après la gestion afin d'éliminer la présence de repousses. Le traitement devra être répété si nécessaire durant plusieurs années consécutives.

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Le dépôt sauvage de déchets verts conduit souvent au développement de nouveaux foyers d'invasion. Cette pratique est rigoureusement interdite par la loi. Photos: Etienne Branquart.

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Dispositions légales

Cette section est en cours de développement. L'information sur les dispositions légales sera disponible très prochainement.

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Bonnes pratiques

Les espèces suivantes font l'objet de campagnes de lutte récurrentes en Wallonie. Elles se basent sur des techniques de gestion éprouvées qui permettent leur élimination locale au bout de quelques années:

balsamineLa Balsamine de l'Himalaya
berceLa Berce du Caucase

La littérature scientifique fournit en outre des informations qui permettent de lutter contre d'autres plantes invasives. Ces informations ont notamment été collationnées et/ou testées par l'université de Liège Gembloux Agro-Bio Tech, le Conservatoire Botanique National de Bailleul et Centre de conservation de la faune et de la nature du Canton de Vaud. Le tableau ci-dessous permet d'accéder à cette information. Plusieurs techniques sont parfois proposées pour lutter contre une même espèce, à moduler en fonction des caractéristiques du site à gérer et du résultat escompté. Plusieurs techniques devront parfois être utilisées en complément pour éliminer ou réduire le développement d'une plante invasive.

AmbartVaudHermanVaudImpglanVaudFaljapVaudSeninaVaudSolsppVaudHermanGbxImpglaGbxFaljapGbxHermanManualAsterCBNBlHermanCBNBlImpglaCBNBlFaljapCBNBlSolsppCBNBlPl herbacées terrestresPl herbacées terrestres
AilaltVaudBuddavVaudRobpseVaudRhutypVaudCothorGbxAcerufGbxSpiraeaGbxAilaltCBNBlPruserCBNBlCorserCBNBlAcenegCBNBlRobpseCBNBlRhuthyCBNBlPruserALJPl ligneuses terrestresPl ligneuses terrestres
PlaquaGbxElonutVaudHydranCBNBlLudsppCBNBlLagmajCBNBLMyraquCBNBlPl aquatiquesPl aquatiques

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