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281 - Vallée de l'Eau Noire frontalière

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Chimay, Couvin
Cantonnements DNF :Chimay, Couvin
Surface : ha
Coordonnées :X Lambert : 149932 - Y Lambert : 71228
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

L'Eau Noire, qui rejoint l'Eau Blanche à Dourbes pour former le Viroin, est une rivière qui prend naissance sur le plateau de Rocroi, dans les Ardennes françaises, à 365 m d'altitude, avant de bifurquer rapidement vers l'ouest où elle marque physiquement la frontière franco-belge, une première fois à Petite-Chapelle sur environ 2 km, ensuite entre les villages de L'Escaillère et de Rièzes sur une distance de près de 4,5 km. Tout au long de cette vallée se succèdent de nombreuses prairies humides, fourrés de saules, bosquets et galeries rivulaires irrégulières, tandis que le versant wallon porte un maillage de prés de fauche souvent bordés de haies plus ou moins fournies. En outre, de petits plans d'eau ont été creusés en maints endroits pour l'agrément ou la pratique de la chasse. La végétation est particulièrement variée et de grand intérêt, malgré les nombreuses altérations qu'a subi au cours des dernières décennies ce paysage bocager typique de la Thiérache occidentale. Bien qu'encore mal connu, le peuplement faunistique regroupe également nombre d'espèces intéressantes, en particulier parmi l'avifaune. Les abords de la rivière sont notamment fréquentés par le martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) et la cigogne noire (Ciconia nigra). La majeure partie de la vallée est inscrite dans le réseau Natura 2000 au sein du site dénommé "Haute vallée de l'Eau Noire".

Carto

Régions naturelles

  • L1 - Thiérache belge

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Cul-des-SartsCOUVINNAMUR
L'EscaillèreCHIMAYHAINAUT
Petite-ChapelleCOUVINNAMUR
RièzesCHIMAYHAINAUT

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
ChimayMons
CouvinNamur

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

A compléter

Propriétaire(s)

Privé(s) Oui  ONG Non  Communes Non  Région Non  Autres publics Non

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Muscardinus avellanariusOuiNon2009A. Baar, C. Olivier
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Alcedo atthisOuiNon2012T. Dewitte
Ardea albaOuiNonHiv.-migr.2018T. Dewitte
Ciconia ciconiaOuiNonZone de nourrissage2016T. Dewitte
Ciconia nigraOuiOuiZone de nourrissage2015Divers obs.
Cinclus cinclusOuiNon
Lanius collurioOuiNonNicheur2018Divers obs.
Luscinia megarhynchosOuiNon
Milvus milvusOuiOui2018T. Dewitte
Pernis apivorusOuiNon2013T. Dewitte
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Lissotriton helveticusOuiNon
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon
Zootoca viviparaOuiNon2016Divers obs.
Plantes - Plantes supérieures
Bromus racemosus2009C. Marneffe
Callitriche platycarpa2013O. Roberfroid
Carex elongata2013O. Roberfroid
Carex vesicaria2013O. Roberfroid, P. Dupriez
Dryopteris cristata2011P. Dupriez
Equisetum telmateia2009C. Marneffe
Nymphaea albaPlanté ?2009C. Marneffe
Persicaria bistorta2013O. Roberfroid
Potentilla anglica2011P. Dupriez
Ranunculus fluitans2002N. Debruxelles
Silaum silaus2011P. Dupriez
Succisa pratensis2011P. Dupriez
Veronica scutellata2013O. Roberfroid

Nombre d'espèces confidentielles en plus de celles citées ci-dessus : 1

Espèces exotiques

Plantes: Fallopia sp., Impatiens parviflora, Picea abies, Prunus serotina, Sorbaria sorbifolia, Spiraea alba, Spiraea x billardii.

Conservation

Objectifs de conservation

Protection d'un maillage de milieux alluviaux ardennais et d'un bocage typique de la Thiérache.

Menaces

La vallée a subit toutes sortes de dégradations au cours des dernières décennies: pollution de la rivière, enrésinement, remblaiement de prairies humides, arrachage de haies, creusement d'étangs, introductions d'espèces, etc.

Recommandations

Etudes floristiques et faunistiques souhaitables.

Plan de gestion

A compléter

Accès du public

La vallée de l'Eau Noire entre L'Escaillère et Rièzes est parcourue tout le long par la route N589. La partie amont située à hauteur de Petite-Chapelle est par contre située à l'écart des voiries, la route la plus proche se trouvant à 200 m au nord (Forge Robin).

Détails

Description physique

L'Eau Noire est une rivière qui prend naissance à 365 m d'altitude sur le plateau de Rocroi, dans les Ardennes françaises, non loin de Gué d'Hossus, au lieu-dit "La Petite Chaudière".

Après à peine 1 km de parcours en direction du nord puis de l'ouest, elle rejoint la frontière franco-belge à hauteur de Petite-Chapelle, frontière qu'elle marque une première fois sur 2300 m jusqu'au Pont Ponsart, peu avant la confluence avec le ruisseau de l'Ort Marais. A ce niveau, le cours d'eau pénètre quelque peu en province de Namur en alimentant au passage une dizaine de petits étangs, avant de rejoindre de nouveau la frontière à L'Escaillère, au point de confluence du ruisseau Sainte-Anne, issu également du Plateau de Rocroi. On se trouve là à quelques centaines de mètres de la limite entre les provinces de Namur et du Hainaut.

De ce point, l'Eau Noire circule toujours dans un axe est-ouest, au sein d'une vallée étroite et peu encaissée, en longeant la frontière franco-belge sur environ 4500 m, depuis L'Escaillère jusqu'au marais de Basse Nimelette, près du village de Rièzes. Au-delà, la rivière s'écoule vers le nord à travers le vaste massif forestier de la Thiérache, en direction du nord puis de l'est, où elle traverse Couvin puis Nismes avant de rejoindre l'Eau Blanche à Dourbes, au pied de la Roche à Lomme, pour former le Viroin (affluent de rive gauche de la Meuse).

D'après HUART (1984), l'Eau Noire, pour ce qui est de sa partie amont, est une rivière de type ardennais dont les eaux sont peu minéralisées, le pH assez bas (pH 7) et la qualité bio-chimique excellente.

Le site se trouve en Thiérache belge, prolongement occidental de l'Ardenne dans le sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Du point de vue biogéographique, il fait donc partie de la région continentale mais est davantage soumis à l'influence atlantique que le reste de l'Ardenne. Il fait partie du district phytogéographique ardennais.

Description biologique

La flore et la végétation de la vallée de l'Eau Noire mitoyenne entre la Région wallonne et les Ardennes françaises ont été peu inventoriées jusqu'à présent, en dehors des relevés réalisés dans le cadre de la cartographie des habitats du site Natura 2000 BE32040 "Haute vallée de l'Eau Noire" (C. Marneffe et P. Dupriez – SPW/DEMNA).

La portion amont, située à hauteur de Petite-Chapelle et frontalière sur une longueur de 2300 m, est la moins bien connue mais les zones encore potentiellement intéressantes y sont aussi moins étendues. Le bocage couvrant le versant wallon mériterait une attention particulière.

La partie de la vallée frontalière située plus en aval, entre L'Escaillère et la Haute-Nimelette, est mieux documentée. Sur un peu plus de 4000 m, on y trouve (situation 2009):

- des mégaphorbiaies rivulaires et de prairies humides à Filipendula ulmaria, Angelica sylvestris, Iris pseudacorus, Mentha aquatica, Equisetum telmateia, Valeriana officinalis, Galeopsis tetrahit, Caltha palustris, Juncus effusus, Carex acutiformis, Epilobium tetragonum, Rumex acetosa, Calystegia sepium, Scirpus sylvaticus, Galium palustre, Scutellaria galericulata, Lycopus europaeus, Lotus pedunculatus, Poa trivialis, Holcus lanatus, Cirsium palustre, Epilobium hirsutum, etc.

- des prairies de fauche humides, souvent en mosaïque avec les mégaphorbiaies, avec Lychnis flos-cuculi, Juncus effusus, Holcus lanatus, Deschampsia cespitosa, Persicaria bistorta, Scirpus sylvaticus, Caltha palustris, Cirsium palustre, Trifolium repens, Cynosurus cristatus, Myosotis scorpioides, Ranunculus repens, Poa trivialis, Bromus racemosus, etc. Un bel exemple se trouve notamment juste à l'est d'un étang, en aval du hameau de Lisbonne.

- des prairies de fauche de basse altitude peu fertilisées, avec Heracleum sphondylium, Crepis biennis, Lotus corniculatus, Arrhenatherum elatius, Daucus carota, Ranunculus acris, Potentilla anserina, Stellaria graminea, Trifolium pratense, Rumex acetosa, Centaurea jacea, Trisetum flavescens, Anthoxanthum odoratum, Phleum pratense, Tragopogon pratensis, Festuca rubra, Taraxacum sp., etc.

- des éléments de prairies maigres à flore diversifiée, localisés surtout sur le haut des talus et les bords de chemins et de clôtures, avec entre autres Galium verum, Centaurea jacea, Leucanthemum vulgare, Molinia caerulea, Crepis biennis, Cerastium fontanum, Silaum silaus, Malva moschata, Veronica chamaedrys, Stellaria graminea, Arrhenatherum elatius, Elymus repens, Allium vineale, Lathyrus pratensis, Achillea millefolium, Vicia cracca, Lathyrus linifolius, Rumex acetosella, Luzula campestris, Agrimonia eupatoria, Origanum vulgare, Prunella vulgaris, Trifolium repens, Galium mollugo, Leontodon hispidus, Leontodon autumnalis, Linaria vulgaris, etc.

- des pâtures permanentes plus ou moins intensives à Lolium perenne, Poa pratensis, Poa trivialis, Plantago major, Alopecurus pratensis, Galium aparine, Elymus repens, Rumex obtusifolius, Ranunculus repens, Ranunculus acris, Juncus effusus, Agrostis stolonifera,

- des franges d'hélophytes plus ou moins développées en bordure des plans d'eau, avec entre autres Typha latifolia, Carex acutiformis, Carex vesicaria, Juncus effusus, Phalaris arundinacea, Sparganium erectum, Lythrum salicaria, ...

- des groupements aquatiques flottants enracinés essentiellement représentés par des herbiers de Nymphaea alba, probablement plantés sur les étangs d'agréments.

- des herbiers de Ranunculus fluitans et de Callitriche platycarpa dans l'Eau Noire.

La plupart des plans d'eau sont récents: ils ont été creusés durant les années 1980-90 par des privés, à des fins d'agrément ou pour la chasse. Leur flore est un mélange d'espèces plantées et/ou naturalisées et d'espèces indigènes spontanément installées.

Monument historique

Aucun monument.

Histoire du site

Du milieu du 18ème siècle (comme en témoigne la carte du Comte de Ferraris) jusqu'au début du 20ème, cette portion de la vallée de l'Eau Noire était entièrement occupée par des prairies à foin, sans doute en partie humides ou marécageuses selon les endroits. A cette époque, la rivière représentait déjà une limite de démarcation avec le Royaume de France et sa vallée ne comptait quasiment aucune habitation ni plan d'eau. Elle était par contre déjà parcourue par une route en rive droite. Les plans d'eau sont apparus en majorité très récemment, durant la période 1980-1990 et ils ont généralement une vocation d'agrément.

D'après DUVIGNEAUD (1972), "la partie occidentale de l'Entre-Sambre-et-Meuse a été jadis le siège d'une industrie métallurgique particulièrement florissante. Elle regorgeait de forges et fourneaux auxquels des étangs fournissaient l'eau et l'énergie nécessaires. L'aspect de la vallée de l'Eau Noire, par exemple, dans sa traversée de la partie ardennaise de l'Entre-Sambre-et-Meuse, est resté particulièrement caractéristique à ce point de vue. Les anciens bâtiments des forges et des fourneaux se succèdent tout au long de la vallée, implantés au pied de hautes digues qui retenaient les eaux vers l'amont. Si ces étangs sont aujourd'hui asséchés et transformés en prairies pâturées et si le paysage possède maintenant un aspect totalement agreste, la présence çà et là de dépôts de laitier de fourneau appelé dans la région 'crasses' ou 'crayats', rappelle l'intense activité industrielle de jadis".

Biblio

, 1992, Demande de subvention 1991 pour la réserve naturelle de Haute Nimelette., Dossier n°20, 13 pp.
, Relevés floristiques de H.POHL, G. BRUYNSEELS, L. DELVOSALLE, A. et J. EYCKERMANS, A. HAVRENNE, J. LEURQUIN.
, 1938, Forge Jean-Petit et Pont d'Oye., Publ. Soc. Hist. Archéol. Pays de Chimay, 4 : 43-47.
, 1972, La flore et la végétation des rives d'étangs dans la partie occidentale de l'Entre-Sambre-et-Meuse., Les Naturalistes belges, 52 : 2-18.
, 1984, Etude écologique comparative de quatre rivières du Sud-Hainaut : l'Eau Noire, l'Eau Blanche, l'Eau d'Eppe, la Hantes. Approches physico-chimique et faunistique, Mémoire de fin d'études, Faculté des Sciences agronomiques de l'Etat, Gembloux, 109 pp.
, 1988, Etude physico-chimique et faunistique de l'Eau Blanche, de l'Eau Noire et du Viroin (affluents de la Meuse, province de Namur, Belgique). Conséquence des pollutions organiques et autoépuration, Mémoire de fin d'études, Faculté des Sciences de l'Université de l'Etat, Mons, 162 pp.
, 1978, Intérêt et protection des zones tourbeuses de Wallonie. Le cas de la tourbière de Cul-des-Sarts., Colloquium Laagveengebieden, 25 Jaar "De Zegge", 23 april 1978, Antwerpen, pp. 13-23.
, 1994, A propos d'espèces introduites dans les étangs., Adoxa, n° 3 : 11-13.
, 1951, Landes tourbeuses et tourbières bombées à sphaignes de Belgique (Ericeto-Sphagnetalia Schwickerath, 1940), Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique, 84: 157-226.

Divers

Sources

ZHIB

Répondants de l'information

SAINTENOY-SIMON, J. (1994).

Date de la dernière modification de la fiche

2020-10-26