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1039 - Carrière de Biernonri

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Philippeville
Cantonnements DNF :Philippeville
Surface :2.78 ha
Coordonnées :X Lambert : 164714 - Y Lambert : 96926
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Intro

Brève description

Cette ancienne carrière de marbre rouge du massif de Philippeville comprend, à côté d'un grand bâtiment d'exploitation en ruine, une excavation inondée aux falaises à nombreux pans verticaux, un premier pierrier boisé, un second pierrier globalement peu arboré et, autour de l'ancien bâtiment, une zone boisée parsemée de gros blocs de marbre. L'intérêt biologique de ce site réside dans la présence de pentes pierreuses colonisées par la végétation caractéristique des éboulis calcaires (plages de Gymnocarpium robertiana, Ceterach officinarum) et de lambeaux de pelouse rase sur les replats des pierriers. Le site héberge notamment plusieurs espèces d'orchidées (e.a. Epipactis atrorubens, Gymnadenia conopsea, Neottia nidus-avis), le Batracien Alytes obstetricans ainsi que plusieurs espèces de Lépidoptères vulnérables.

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • H1 - Massif de Philippeville

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Vodecée2.78 haPHILIPPEVILLENAMUR

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Philippeville2.78 haNamur

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Privé(s) Oui  ONG Non  Communes Non  Région Non  Autres publics Non

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Dendrocopos minorOuiNonNidification possible1998M. Lambert
Falco tinnunculusOuiNonNidification1998M. Lambert
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Alytes obstetricansOuiNon2010A. Laudelout
Bufo bufoOuiNon1996A. Remacle
Salamandra salamandraOuiNonA. Barbier
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Zootoca viviparaOuiNon1997A. Remacle
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Argynnis paphiaNonNon1997A. Remacle
Callophrys rubiNonNon1997A. Remacle
Erynnis tagesNonNon1997A. Remacle
Pyrgus malvaeNonOui1997A. Remacle
Plantes - Plantes supérieures
Daphne mezereum1997A. Remacle
Epipactis atrorubens1997A. Remacle
Gymnocarpium robertianum1997A. Remacle
Listera ovata1997A. Remacle
Neottia nidus-avis1997A. Remacle
Orchis mascula1997A. Remacle
Orchis purpureaA. Barbier
Rhamnus cathartica1997A. Remacle

Commentaires sur la faune

Mammifères
Présence de Vulpes vulpes et de Martes foina (1998 - obs. M. Lambert).

Oiseaux
Nidification dans la falaise de Corvus monedula (quelques couples en 1997, 3-5 en 1998), Columba oenas (1-2 couples en 1998) et de Falco tinnunculus (1 couple en 1998 - obs. M. Lambert).
Avifaune des milieux arborés: e.a. Dendrocopos minor (nidification possible dans le site en 1998 - obs. M. Lambert).

Batraciens
Bufo bufo: présence au printemps dans la pièce d'eau.
Alytes obstetricans (obs. pers: chants en 1997; obs. A. Barbier, A. Laudelout).
Salamandra salamandra (obs. A. Barbier).

Reptiles
Lacerta vivipara: présence au moins sur les deux pierriers.

Insectes
- Odonates: insuffisamment recensés mais peu abondants: seule espèce identifiée: Coenagrion puella.
- Orthoptères (relevé incomplet): Pholidoptera griseoaptera, Tettigonia viridissima, Chorthippus brunneus et C. parallelus.
- Lépidoptères (relevé incomplet): une espèce vulnérable: Argynnis paphia; trois espèces sujettes à un faible risque: Pyrgus malvae, Erynnis tages et Callophrys rubi; diverses espèces non menacées: e.a. Pararge aegeria, Pyronia tithonus et Maniola jurtina.
- Coléoptères Cicindelinae: aucune observation.
- Hyménoptères Aculéates: Polistes biglumis (obs. Y. Barbier), diversité relativement faible vu la fermeture assez avancée du milieu.

Commentaires sur la flore

Abondance de Gymnocarpium robertianum.

Espèces exotiques

A compléter

Conservation

Objectifs de conservation

Conservation d'une ancienne carrière de marbre du massif de Philippeville qui, malgré le boisement d'une partie des pierriers, présente un intérêt biologique assez important par la présence de pentes pierreuses colonisées par la végétation caractéristique des éboulis calcaires (plages de Gymnocarpium robertiana) et de lambeaux de pelouse rase sur les replats des pierriers.

Menaces

Boisement spontané qui réduit progressivement les surfaces colonisées par la végétation pionnière des aires pierreuses et des éboulis ensoleillés: cette menace concerne surtout le pierrier nord et certaines parties des replats du pierrier SW, le reste du site étant déjà boisé.

Recommandations

Obtention d'un statut de protection.
Contrôle des ligneux, en priorité au niveau du pierrier nord encore assez peu colonisé par les arbres et arbustes.

Plan de gestion

A compléter

Accès du public

A compléter

Détails

Description physique

Situation générale : Cette carrière est située entre Villers-le-Gambon et Sautour, plus précisément à 2,5 km à l'WSW de Villers-le-Gambon et à environ 2 km au NNE de Sautour. Elle a été creusée dans le versant gauche d'un petit ruisseau qui semble prendre sa source tout près du site.

On y a extrait du marbre rouge (calcaire frasnien).

Description du site : Ce site est accessible par le nord, en empruntant la rue du Grand Fond qui part de la route N40 Philippeville-Givet au km 3. Au bout de cette petite route, un chemin part perpendiculairement vers le SE, passe à côté d'un grand bâtiment d'exploitation en ruine, puis au pied du pierrier SW et rejoint 'Le Moulin' au nord de Sautour.

Le site peut être divisé en quatre parties bien différenciées sur le terrain.

  • Les abords de l'ancien bâtiment d'exploitation, de part et d'autre du chemin d'accès, sont boisés. De gros blocs de marbre, plus ou moins parallélipipédiques, sont répartis dans cette zone, y compris dans la partie située à l'ouest du chemin dont le talus extérieur couvert de haldes domine le champ d'une hauteur maximale de 5 m (présence d'une accumulation de blocs dans cette partie).
  • L'excavation, inondée, est délimitée par des falaises (± 20 m maximum) à pans verticaux, sauf vers le sud où le versant fort ombragé est éboulé et colonisé par les ligneux (non prospecté). La pièce d'eau (avec poissons) a une surface de 10-15 ares et est apparemment dépourvue de végétation flottante et immergée; les rives abruptes ne permettent pas l'installation de végétation de bordure. Un accès à la pièce d'eau est situé à l'angle NW, à côté de la tranchée sous eau.
  • Le pierrier SW et ses replats, dans l'ensemble très arborés, sont accessibles à partir d'un sentier qui passe à côté de deux petites ruines puis longe le côté ouest de l'excavation et atteint le bois au-dessus. Il domine les cultures vers l'ouest et le bois environnant ailleurs. Un premier replat arboré peut être atteint en empruntant le sentier passant entre les deux ruines; près d'anciennes installations subsiste une pelouse rase de 3-4 ares. Un second replat arboré est également accessible à partir du sentier longeant la fosse. Le sommet de ce pierrier, qui forme un arc de cercle, est large au maximum de 12-15 m et se rétrécit vers son extrémité; il est plat, globalement peu pierreux et domine les environs d'une hauteur supérieure à 10 m. Les pentes pierreuses sont plus ou moins fixées selon les endroits.
  • Le pierrier nord, qui, contrairement au pierrier SW, est globalement peu arboré, peut être divisé en plusieurs secteurs: la pente ouest proche de l'ancien bâtiment d'exploitation, la pente NNE qui est prolongée par la pente NW; celle-ci rejoint vers le NE le pierrier du site voisin, la carrière du Grand Fond (Na/581/13). Les pentes sont constituées de blocs de taille variable formant un éboulis assez instable et présentent à plusieurs endroits de petits replats couverts d'une végétation rase; le sommet du pierrier est plat et de largeur variable, de 0 à 15-20 m; il est peu pierreux et couvert à 80-100% de végétation, plus ou moins rase selon les endroits. Le pied de ce pierrier est en contact (sauf vers le bâtiment) avec une bande occupée par une mégaphorbiaie et présente par endroits de petits lambeaux de pelouses.

Fréquentation du site : Site privé dont la fréquentation, assez forte, semble tolérée. Lieu de pique-nique: plusieurs places à feu, y compris sur le sommet du pierrier nord.
Présence de déchets: Site exempt de déchets, hormis quelques restes de pique-nique.
Environnement du site: La carrière est intégrée à un petit versant boisé; terrains agricoles au-delà. La route Villers-le-Gambon - Sautour passe à moins de 400 m au SE du site. Le pierrier nord est prolongé vers le NE par le pierrier de la carrière voisine, la carrière du Grand Fond (Na/581/13).

Description biologique

Excavation
Les ligneux, rares sur les parties verticales, plus abondants à la partie supérieure des versants et sur la pente sud, sont représentés par les espèces suivantes: Betula pendula (dominant - pieds assez âgés sur le versant sud), Salix caprea, Fagus sylvatica, Quercus robur, Acer campestre, Carpinus betulus, Prunus spinosa, Cornus sanguinea, Rhamnus cathartica, Rosa canina, Ribes uva-crispa, Clematis vitalba, Rubus sp.,...
Sur le versant sud poussent de nombreuses bryophytes, d'abondants Polypodium vulgare, ainsi que Asplenium trichomanes, Dryopteris filix-mas, Geranium robertianum, Mercurialis perennis, Helleborus foetidus,...; ailleurs, présence de Potentilla neumanniana. Au niveau de l'accès à la pièce d'eau s'observe Orchis mascula (une dizaine de pieds), avec notamment Hypericum hirsutum, Alliaria petiolata, Agrimonia eupatoria, Geranium robertianum, Primula veris, Scrophularia nodosa, Valeriana repens, Solidago virgaurea, Artemisia vulgaris, Cirsium palustre, Dryopteris filix-mas.
Pierrier sud-ouest

Les pentes et les replats sont envahis par des ligneux souvent abondants: Betula pendula et Salix caprea (dominants), Quercus robur, Corylus avellana, Cornus sanguinea, Crataegus monogyna, Rosa canina, Prunus spinosa, Ligustrum vulgare, Euonymus europaeus (le long du sentier au pied du pierrier), Daphne mezereum (quelques petits pieds en bordure du sentier montant sur le pierrier et le long du sentier au pied du pierrier), Ribes uva-crispa, Clematis vitalba, Rubus sp.,...

Sur le replat inférieur subsiste une zone ouverte occupée par quelques ares de pelouse à bryophytes, lichen de type Cladonia (plage de 0,5 are), Hypericum perforatum, Sedum rupestre, Potentilla neumanniana (abondante), Fragaria vesca, Sanguisorba minor, Lotus corniculatus, Geranium sp. (annuel), Polygala vulgaris, Echium vulgare, Origanum vulgare, Hieracium pilosella, Carex flacca, Festuca lemanii, Calamagrostis epigejos, etc. Ailleurs, là où les ligneux sont plus denses, poussent surtout des espèces forestières et de lisières, comme Mercurialis perennis, Hypericum hirsutum, Malva moschata, Vicia sepium, Origanum vulgare, Ajuga reptans, Valeriana repens, Mycelis muralis, Hieracium murorum, H. lachenalii, Arum maculatum, Brachypodium sylvaticum, Poa nemoralis, Epipactis helleborine (quelques hampes). La fougère Ceterach officinarum est présente sur ce pierrier (obs. M. Lambert).
Sur les pentes du pierrier poussent d'abondantes bryophytes accompagnées, du côté peu ensoleillé, d'Asplenium trichomanes, Dryopteris filix-mas, Polypodium vulgare,..., et, du côté mieux exposé, Sedum rupestre, Potentilla neumanniana, Rumex scutatus,...

Sur l'une des deux ruines croît une plage de Gymnocarpium robertianum (1-2 m²).

La partie du bois située contre le flanc sud de l'excavation montre des accumulations de pierres; sous les arbres (Fagus sylvatica, Carpinus betulus, Quercus robur, Acer campestre, Betula pendula,...) poussent notamment Ranunculus auricomus, Mercurialis perennis, Adoxa moschatellina, Arum maculatum, Paris quadrifolia, Neottia nidus-avis (une dizaine de plants en 1998), Orchis mascula (une dizaine de plants en 1998).

Pierrier nord
Ce pierrier est nettement moins arboré que le pierrier SW, sauf la partie basse vers le bâtiment où domine le bouleau. Les ligneux présents dans tout ce secteur sont: Salix caprea et Betula pendula (dominants), Quercus robur, Carpinus betulus, Cornus sanguinea, Corylus avellana, Lonicera periclymenum, Clematis vitalba, Rubus sp.,...
Les pentes pierreuses instables sont notamment colonisées par Dryopteris filix-mas, Asplenium ruta-muraria, A. trichomanes, Cystopteris fragilis (touffes ou petites plages dispersées), Gymnocarpium robertianum (plages présentes en différents endroits du pierrier, la plus grande couvrant 8-10 m²), Polypodium vulgare, Ceterach officinarum (une station d'une vingtaine de touffes), Rumex scutatus, Helleborus foetidus, Geranium robertianum, Mycelis muralis.

Sur les petites zones plus ou moins planes et sur certains replats poussent une végétation rase composée en majorité d'espèces de l'Alysso-Sedion et d'espèces de pelouses sèches: Arenaria serpyllifolia, Viola hirta, Helianthemum nummularium, Arabis hirsuta, Erophila verna, Cardamine hirsuta, Sedum rupestre, S. acre, Saxifraga tridactylites, Potentilla neumanniana, Fragaria vesca, Sanguisorba minor, Echium vulgare, Thymus pulegioides, Origanum vulgare, Veronica serpyllifolia, V. arvensis, Campanula rotundifolia, Hieracium pilosella, Carlina vulgaris, Leucanthemum vulgare, Carex flacca, Poa compressa, Epipactis atrorubens (plusieurs dizaines de hampes florales en 1998), Neottia nidus-avis (4 plants), Epipactis helleborine (au moins 5 pieds sur le petit replat dominant l'excavation).
Le sommet du pierrier est couvert d'une végétation plus dense, avec e.a. Agrimonia eupatoria, Lotus corniculatus, Hieracium murorum, Centaurea scabiosa, Carex flacca, Brachypodium sylvaticum, Trisetum flavescens, Calamagrostis epigejos, Neottia nidus-avis (4 plants).

La partie basse du pierrier, face à la ruine, est arborée et envahie de Calamagrostis epigejos; y poussent Neottia nidus-avis (>15 pieds), Listera ovata (150-200 pieds) et Epipactis helleborine (une dizaine de plants). Une station d'une trentaine de pieds de Gymnadenia conopsea (1998 - obs. M. Lambert) est localisée dans une petite aire sèche dans la partie basse du pierrier, vers l'est.
Abords de l'ancien bâtiment d'exploitation

La végétation ligneuse est dominée par Betula pendula. Près du bâtiment croissent notamment des massifs d'Urtica dioica, des touffes de Lathyrus sylvestris, Mycelis muralis, Listera ovata (quelques hampes), Epipactis helleborine (en petit nombre, çà et là), ainsi que des ronciers.

Monument naturel

Intérêt géologique: non traité.

Monument historique

A compléter

Histoire du site

Occupation du site au 18e siècle:
Occupation du site avant exploitation:
Ancien exploitant:
Matériau(x) extrait(s): marbre rouge.
Référence DPPGSS: Vodecée n° 3.
Déroulement de l'exploitation:
Autorisation:
Fin:
Réaffectation prévue (dans autorisation):
Réaffectation effective: laissé en l'état.

Divers

Sources

SABLIERES

Répondants de l'information

A. REMACLE