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1106 - Grand Fond

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Vielsalm
Cantonnements DNF :Vielsalm
Surface :59.65 ha
Coordonnées :X Lambert : 265650 - Y Lambert : 112352
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec Google map

Intro

Brève description

Le site de Grand Fond s'intègre dans une vallée aux versants peu pentus occupés essentiellement par des terrains agricoles et des forêts, il se trouve à l'est du village de Petit-Thier, sur la commune de Vielsalm. Ce fond de vallée présente une richesse biologique exceptionnelle. De nombreux biotopes intéressants s'y observent avec notamment les bords de ruisseaux occupés par Hydrocotyle vulgaris, Menyanthes trifoliata, Carex rostrata et Carex nigra, les landes humides à Erica tetralix, Trientalis europea, les landes sèches à Calluna vulgaris, Arnica montana et Carex pilulifera, les mégaphorbiaies à Filipendula ulmaria et Phalaris arundinacea, les prés humides de fauche à Persicaria bistorta, Deschampsia cespitosa, Angelica sylvestris, Cirsium palustre, les jonchaies à Juncus acutiflorus et effusus, les stations de Carex canescens, Wahlenbergia hederacea et Dactylorhiza maculata, les bas marais acides à Comarum palustre et Menyanthes trifoliata, les tourbières de transition à Narthecium ossifragum, Eriophorum angustifolium, Eriophorum vaginatum, Vaccinium oxycoccos. A signaler également la présence d'une très belle station du très rare Dryopteris cristata. Du point de vue ornithologique, signalons la présence du martin-pêcheur, du cincle plongeur, de la cigogne noire, du pic noir, de la pie-grièche écorcheur et du cassenoix moucheté. La réserve naturelle RNOB se trouvant sur ce site fera prochainement l'objet d'une demande d'agrément. (Auteur : Ph. Collas; 01/12/1998).

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • L0 - Ardenne
  • L4 - Plateau des Tailles

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Petit-Thier59.65 haVIELSALMLUXEMBOURG

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Vielsalm59.65 haMarche-en-Famenne

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Réserves Naturelles RNOB - Natagora.

Privé(s) Non  ONG Oui  Communes Non  Région Non  Autres publics Non

Gestionnaire

Jean-Pierre BOUYER
route de St. Vith, 69
6692 Petit-Thier
tél. 080 - 215456

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6733Grand Fond59,65 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Alcedo atthisOuiNonAP. Collas (R.NO.B.)
Ciconia nigraOuiOuiAP. Collas (R.NO.B.)
Cinclus cinclusOuiNonAP. Collas (R.NO.B.)
Lanius collurioOuiNonAP. Collas (R.NO.B.)
Nucifraga caryocatactesOuiNonAP. Collas (R.NO.B.)
Invertébrés - Insectes - Coléoptères - Coccinelles
Coccinella hieroglyphica1 ex.2000G.T. Coccinula (obs. G. San Martin et al.)
Coccinella quinquepunctata12 ex.2000G.T. Coccinula (obs. G. San Martin et al.)
Hippodamia variegata1 ex.2000G.T. Coccinula (obs. G. San Martin et al.)
Subcoccinella vigintiquatuorpunctata2 ex.2000G.T. Coccinula (obs. G. San Martin et al.)
Plantes - Plantes supérieures
Carex canescens
Comarum palustre
Dactylorhiza maculata
Dryopteris cristataA
Erica tetralix
Eriophorum angustifolium
Eriophorum vaginatum
Hydrocotyle vulgaris
Menyanthes trifoliata
Narthecium ossifragum
Trientalis europaea
Vaccinium oxycoccos
Vaccinium vitis-idaea
Wahlenbergia hederacea

Commentaires sur la faune

La faune ornithologique comporte plusieurs éléments remarquables comme le martin-pêcheur, le cincle plongeur, la cigogne noire, le pic noir, la pie-grièche écorcheur et le cassenoix moucheté.

Les invertébrés semblent avoir été peu étudiés jusqu'à présent. Il y a eu récemment un recensement de Coléoptères Coccinellidae le 22.08.2000 par G. San Martin et al. (G.T. Coccinula) faisant état d'au moins 13 espèces dont deux peu banales : Coccinella hieroglyphica, une coccinelle liée aux bruyères, et Subcoccinella 24-punctata, espèce phytophage vivant plus particulièrement sur des Caryophyllacées (Lychnis, Silene, etc.). À noter que C. hieroglyphica, en forte régression régionale, figure dans la liste des espèces protégées du nouveau décret wallon. (d'après ???)

Mammifères :
Le cerf (Cervus elaphus), le chevreuil (Capreolus capreolus), le sanglier (Sus scrofa) et le renard (Vulpes vulpes) ont été notés sur le site.

Avifaune nicheuse :
Le Pic épeiche (Dendrocopos major), le Pipit des arbres (Anthus trivialis), la Locustelle tachetée (Locustella naevia), le Bruant jaune (Emberiza citrinella) et la Fauvette grisette (Sylvia communis) sont régulièrement observés en période de nidification.

Herpétofaune :
La grenouille rousse (Rana temporaria) et le lézard vivipare (Lacerta vivpara) fréquentent le site.

Odonates :
Pas de données

Lepidoptères :
Anthocharis cardamines, Aphantopus hyperanthus, Araschnia levana, Brenthis ino, Clossiana selene, Gonepterix rhamni, Zygaena trifolii

(données JP. Bouyer et F. Vassen, 1999)


Commentaires sur la flore

Ce fond de vallée présente une richesse botanique exceptionnelle, s'expliquant par l'existance de différents biotopes particuliers et contrastés : rives de ruisseau acide, landes sèches et humides, mégaphorbiaie, pré de fauche humide, jonchaie acutiflore, bas-marais acide, tourbières, etc.
De nombreuses plantes peu communes s'y observent comme la fougère rarissime Dryopteris cristata qui a développé ici une très belle population, ainsi que Hydrocotyle vulgaris, Menyanthes trifoliata, Erica tetralix, Trientalis europea, Carex curta, Wahlenbergia hederacea, Dactylorhiza maculata,Comarum palustre, Narthecium ossifragum, Eriophorum angustifolium, E. vaginatum,Vaccinium oxycoccos, etc. (d'après ???)
Arnica montana, Comarum palustre, Dactylorhiza maculata, Dactylorhiza fistulosa, Dryopteris cristata, Erica tetralix, Eriophorum angustifolium, Eriophorum vaginatum, Juncus squarrosus, Menyanthes trifoliata, Narthecium ossifragum, Scutellaria minor, Trientalis europaea, Vaccinium oxycoccos, Wahlenbergia hederacea
La population de Dryopteris cristata sur le site est probablement la plus grande de la Belgique (plusieurs centaines de pieds observés en 1998).
(données JP. Bouyer et F. Vassen, 1999)

Espèces exotiques

A compléter

Conservation

Objectifs de conservation

Conservation et/ou restauration d'un ensemble d'habitats représentatifs de l'Ardenne Orientale : prés de fauche humides, tourbières vallicoles, landes humides et nardaies. Le site abrite une grande population d'une fougère très rare: Dryopteris cristata.

Menaces

'Changement d'affectation des parcelles : enrésinement des versants et du fond de vallée, remblayage ou drainage de zones humides, creusement d'étangs de pêche, installation de chalets de vacances...
Un poulailler industriel s'est récemment installé en bordure du site.
Abandon de la gestion traditionnelle extensive : prolifération de la mégaphorbiaie au détriment des communautés vivantes des prés humides et des bas-marais acides, fermeture paysagère de la vallée due à une prolifération des fourrés de saules en plaine alluviale...
Construction d'une nouvelle autoroute : le projet de l'installation d'un axe routier destiné à relier l'usine SPANO de Burtonville à l'autoroute de Prüm se confirme. Cette 'autoroute' traverserait le site au niveau de l'ancienne voie de chemin de fer.
'

Recommandations

La réserve naturelle RNOB du Grand Fond est loin d'avoir atteinte sa taille définitive. D'autres acquisitions de terrains devront suivre dans les années à venir pour assurer l'objectif du maintien d'une ouverture paysagère et pour faciliter une gestion par le pâturage extensif.

Plan de gestion

La gestion de cette réserve naturelle est articulée aux objectifs suivants :
1) conservation et/ou restauration des communautés animales et végétales des prairies et des fonds humides anciennement exploitées par la fauche et le pâturage. La remise en exploitation de certaines parcelles permettra notamment la conservation de la flore typique des groupements semi-aquatiques et des complexes de fonds humides (Menyanthes trifoliata, Comarum palustre, Eriophorum polystachion, divers Carex ...).
2) restauration, par le débroussaillage et le pâturage, des groupements des landes humides à Juncus squarrosus et Erica tetralix ;
3) conservation des groupements des tourbières de fond de vallée à Sphagnum div. sp., Eriophorum vaginatum, Vaccinium oxycoccos, Narthecium ossifragum et Dryopteris cristata ;
4) dans les zones non-tourbeuses, on veillera à maintenir ou à restaurer l'ouverture du paysage, afin de favoriser la réinstallation des oiseaux nicheurs les plus remarquables. Pour les traquets et les pries-grièches, actuellement absentes de la vallée, on veillera toutefois à conserver ci et là quelques bouquets de saules dans les fonds humides ainsi que, sur les versants plus secs, des arbres isolés, des fourrés à genêts et des buissons d'aubépines.
Jusqu'à présent, la gestion de la réserve naturelle s'est limité à la plantation d'un haie de protection et au placement d'une clôture destinée à accueillir du bétail rustique (Galloways). Le démarrage de la gestion par le pâturage estival des prairies du site est prévu pour l'année 2000.

Accès du public

L'accès au public de la réserve naturelle sera limité dans le cadre de visites guidées, lors des chantiers de gestion ou toute autre activité organisée dans le site et avalisée par la commission de gestion.

Les véhicules motorisés et vélos tout terrain ne seront pas admis dans la réserve, à l'exception des engins agricoles et autres destinés à la gestion du site (fauche, débroussaillage, ...).

Les études scientifiques seront suscitées et menées après accord de la commission de gestion.

Pour des motifs de sécurité publique, de protection d'espèces ou de travaux de gestion, la commission de gestion peut interdire temporairement certains accès.

Détails

Description physique

La vallée du ruisseau de Petit Thier se situe sur le territoire de la commune de Vielsalm, à l'extrême nord de la Province du Luxembourg. Cette vallée est essentiellement cultivée à des fins agricoles (herbages et, dans une moindre mesure, cultures céréalières) et sylvicoles (plantations d'épicéas).
La réserve naturelle du grand Fond se situe dans la vallée du ruisseau de Petit Thier, à environ 1 km des sources du cours d'eau, entre les villages de Petit Thier et de Poteau. L'altitude y est de l'ordre de 440 mètres.

Description biologique

Le site comprend côte à côte divers milieux acides très contrastés. De manière schématique, on peut reconnaître principalement :

- la berge de ruisseau acide avec Hydrocotyle vulgaris, Menyanthes trifoliata, Wahlenbergia hederacea, Carex rostrata et Carex nigra;

- une lande humide à Erica tetralix abritant aussi Trientalis europaea;

- une lande sèche à Calluna vulgaris et Carex pilulifera;

- une mégaphorbiaies à Filipendula ulmaria et Phalaris arundinacea;

- un pré de fauche humide avec Persicaria bistorta, Deschampsia cespitosa, Angelica sylvestris, Cirsium palustre, Carex canescens;

- des jonchaies à Juncus acutiflorus et J. effusus;

- un bas-marais acide à Comarum palustre, Menyanthes trifoliata et Dactylorhiza maculata;

- une tourbière de transition avec Narthecium ossifragum, Eriophorum angustifolium, E. vaginatum et Vaccinium oxycoccos.

- une zone tourbeuse en cours de boisement abritant une très belle station du rarissime Dryopteris cristata.

D'après la fiche RNOB (1999), les habitats suivants ont été relevés sur les terrains de la réserve naturelle :

- les parties les plus sèches du terrain comportent actuellement une végétation des prés mésophiles : Ranunculus acris, Plantago lanceolata, Cardamine pratensis, Achillea millefolium, Veronica chamaedrys, Heracleum sphondylium, Taraxacum sp., Alopecurus pratensis, Poa pratensis, Holcus lanatus, Lolium perene etc.;

- des fragments de nardaies se sont installé aux endroits où le sol a été perturbé; elles abritent Carex panicea, Potentilla erecta, Succisa pratensis, Dactylorhiza maculata et Arnica montana;

- plus près du ruisseau, dans les dépressions situées à l'emplacement d'anciens bras-morts du cours d'eau, la végétation typique des bas-marais acides est bien développée : Menyanthes trifoliata, Comarum palustre, Equisetum fluviatile, Agrostis canina, Eriophorum angustifolium, Valeriana dioica, Hydrocotyle vulgaris et Viola palustris ; quelques pieds de Dactylorhiza majalis y ont été relevés;

- dans les zones les plus marécageuses en bordure du cours d'eau, l'envahissement par les saules (Salix aurita) est important. La strate herbacée entre les boules de saules est constitué d'espèces des friches humides tels que Filipendula ulmaria, Juncus acutiflorus, Angelica sylvestris, Persicaria bistorta, Carex rostrata, Viola palustris, Comarum palustre et Hydrocotyle vulgaris;

- à l'emplacement des coupes forestières, la recolonisation arbustive est bien entamée, avec notamment Salix aurita, Betula pendula, Betula pubescens, Frangula alnus et Sambucus racemosa; dans la strate herbacée, de nombreuses espèces typiques des landes (Calluna vulgaris, Erica tetralix, Vaccinium myrtillus, Juncus squarrosus, Potentilla erecta, Galium saxatile, Carex pilulifera) et des bas-marais acides (Juncus acutiflorus, Carex echinata, Carex canescens, Succisa pratensis) font leur apparition;

- la tourbière vallicole du Grand Fond est colonisée par une végétation arborescente plus ou moins éparse, constituée de bouleaux pubescents (Betula pubescens), de saules à oreillettes (Salix aurita) et de pins sylvestres (Pinus sylvestris) ; la strate herbacée est dominée par diverses espèces de sphaignes (Sphagnum sp.), par la linaigrette vaginée (Eriophorum vaginatum) et surtout par de nombreuses touradons de molinie (Molinia caerulea). Calluna vulgaris, Erica tetralix et Vaccinium vitis-idaea sont localement abondantes. Les suintements à l'intérieur de cette tourbière sont occupés par des peuplements denses de Narthecium ossifragum. Dryopteris cristata est localement abondant (d'après la fiche RNOB, 1999).

Du point de vue ornithologique, il faut relever la présence notamment du martin-pêcheur, du cincle plongeur, de la cigogne noire, du pic noir, de la pie-grièche écorcheur et du cassenoix moucheté.

La faune entomologique du site paraît peu connue. Il existe un recensement des coccinelles datant du 22 août 2000 et comprenant 13 espèces (G. San Martin et al., G.T. Coccinula). Dans la friche ouverte ont été notées Chilocorus renipustulatus, Coccinella 5-punctata, Coccinella 7-punctata, Hippodamia variegata, Psyllobora 22-punctata, Subcoccinella 24-punctata, Tytthaspis 16-punctata. Dans la partie humide du site (prairie marécageuse et pâturée) sont présentes les espèces suivantes : Aphidecta obliterata, Anatis ocellata, Calvia 14-guttata, Chilocorus renipustulatus, Coccinella hieroglyphica, Exochomus 4-pustulatus, Propylea 14-punctata, Subcoccinella 24-punctata. L'espèce la plus remarquable est Coccinella hieroglyphica, normalement inféodée aux bruyères où elle poursuit les larves de chrysomèles, mais que l'on retrouve aussi plus localement dans les mégaphorbiaies à reine des prés. Subcoccinella 24-punctata est phytophage et vit en particulier sur des Caryophyllacées (Lychnis, Silene, etc.)

Monument naturel

Aucun monument.

Monument historique

Aucun monument.

Histoire du site

L'histoire de l'utilisation de l'espace dans la vallée du ruisseau de Petit Thier est très représentative de l'Ardenne orientale : défrichement quasi généralisé au Moyen-Age, exploitation agro-pastorale des terrains durant plusieurs siècles avec, notamment, pacage des landes à bruyère sur les plateaux et les versants secs et exploitation de prairies à foin dans les fonds de vallées.
Localement, la vallée du ruisseau de Petit Thier est également occupé en par des tourbières de fond de vallée. L'affectation ancienne de ces tourbières est inconnue, mais leur intense morcellement parcellaire témoigne de l'intérêt que les fermiers leur accordaient : une exploitation ancienne de tourbe, à l'image de celle des tourbières toutes proches situées sur les affluents du Rechterbach, est donc plus que probable.
Le recensement de 1656 décrivait le village de Petit-Thier (Vielsalm) comme scituez entre les faignes embas et les bruyères en hault.
La carte de Ferraris, levée entre 1771 et 1778, rend bien compte de l'impact des pratiques agro-pastorales sur l'aménagement du territoire de l'époque. Les environs des villages se partagent en terrains de culture et en landes à bruyère réservées au pâturage des troupeaux de moutons et, dans une moindre mesure, de bovins. Les fonds de vallées, destinés à la production de foin et de litière sont indiqués, sur la carte de Ferraris, comme des prairies marécageuses.
Actuellement, suite au retrait de l'agriculture, une proportion croissante des terrains du fond de vallée ont été reconverties en cultures d'épicéas. Jadis ouvert, le paysage du fond de vallée se referme donc progressivement au fur et à mesure que de nouvelles plantations viennent de s'ajouter.
Les landes à éricacées ont également disparu au détriment de l'agriculture et des plantations d'épicéas. Les tourbières de vallées quant à elles se reboisent progressivement, notamment avec des bouleaux et des pins sylvestres.

Biblio

Divers

Sources

RNOB

Répondants de l'information

Réserves Naturelles RNOB NATAGORA