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1319 - Bois de Grand-Leez

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Communes :Éghezée, Gembloux, Perwez
Cantonnements DNF :Namur, Nivelles
Surface :112.12 ha
Coordonnées :X Lambert : 179369 - Y Lambert : 142623
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Intro

Brève description

Avec ses 110 hectares, le Bois de Grand-Leez représente, au même titre que le Bois de Buis tout proche, le dernier grand massif forestier de la Hesbaye occidentale. Pourtant, dans les années 1980, il a bien failli disparaître en lieu et place d'un hippodrome, projet auquel se sont heureusement opposés les habitants de la région, qui considèrent ce bois comme un lieu de promenade très apprécié. Il s'agit d'un reliquat de l'antique forêt charbonnière, qui couvrait, avant les grands défrichements commencés à la préhistoire, la plus grande partie de la moyenne Belgique. Des traces en sont encore visibles de nos jours dans les champs, sous la forme de taches foncées correspondant aux anciennes aires de faude. Occupant des sols lourds et humides qui n'ont, semble-t-il, jamais été cultivés, cette propriété communale est constituée principalement d'une chênaie-charmaie atlantique à jonquille et à jacinthe des bois (cette dernière y étant toutefois très rare, contrairement au bois de Buis). Le peuplement est traité essentiellement sous le régime de taillis sous futaie et de futaie mélangée. Diverses plantations de résineux y ont été effectuées. Si la flore est variée mais banale, le bois de Grand-Leez accueille plusieurs éléments faunistiques remarquables pour la région, comme par exemple la bondrée apivore (Pernis apivorus) nicheur au moins en 2011, le pic mar (Dendrocopos medius) dont l'installation est récente mais qui montre à présent des densités élevées, ou encore le grand mars changeant (Apatura iris), papillon très rare en Hesbaye.

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • D1 - Hesbaye occidentale

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Grand-Leez112.12 haGEMBLOUXNAMUR

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Namur111.89 haNamur
Nivelles0.23 haMons

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Commune de Gembloux.

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Oui  Région Non  Autres publics Non

Gestionnaire

Faculté des Sciences agronomiques de Gembloux.

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Accipiter nisusOuiNonNicheur (1-2 couples)2002J.-P. Jacob, J.-Y. Baugnée
Columba oenasOuiNonNicheur (2-3 couples)2002J.-P. Jacob, J.-Y. Baugnée
Dendrocopos mediusOuiNon15-20 cantons (2012)2012BJ.-P. Jacob, J.-Y. Baugnée, L. Wargé
Oriolus oriolusOuiOuiNicheur (1-2 couples)1998J.-P. Jacob, J.-Y. Baugnée
Pernis apivorusOuiNonNicheur2012L. Wargé
Scolopax rusticolaNonNonNicheur probable2012L. Wargé
Strix alucoOuiNonNicheur (1-2 couples)2004J.-P. Jacob, J.-Y. Baugnée
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Bufo bufoOuiNon2001J.-Y. Baugnée
Ichthyosaura alpestrisOuiNon1998J.-Y. Baugnée
Lissotriton vulgarisOuiNon1998J.-Y. Baugnée
Rana temporariaOuiNon2001J.-Y. Baugnée
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon2011J.-Y. Baugnée, L. Wargé
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Apatura irisNonNonplusieurs observations (2000-2011)2011J.-Y. Baugnée, L. Wargé
Melanargia galatheaNonNon2012L. Wargé
Neozephyrus quercusNonNon> 15 ex.2012J.-Y. Baugnée, L. Wargé
Plantes - Plantes supérieures
Centaurium erythraea> 5 pieds1995J.-Y. Baugnée
Epipactis helleborine< 10 pieds1998J.-Y. Baugnée
Hyacinthoides non-scripta< 5 pieds1995J.-Y. Baugnée
Listera ovata1 pied1994J.-Y. Baugnée
Narcissus pseudonarcissus2004J.-Y. Baugnée

Commentaires sur la faune

Données à compléter.

Commentaires sur la flore

Données à compléter.

Espèces exotiques

A compléter

Conservation

Objectifs de conservation

Conservation de la dernière grande chênaie-charmaie atlantique subsistant en Hesbaye namuroise.

Menaces

A compléter

Recommandations

Il conviendrait d'élargir certains chemins et maintenir ici et là des clairières afin de favoriser la végétation héliophile (floraisons très peu abondantes !).

Plan de gestion

Le bois est traité en taillis-sous-futaie.

Accès du public

Le bois est situé à environ 7 km à l'est de la ville de Gembloux et 4 km au sud-ouest de Perwez.
L'accès est libre sur les chemins balisés à l'intention du public (parcours vita et panneau d'information à l'entrée, route de Aische-en-Refail), uniquement dans la partie au sud du chemin pavé.

Détails

Description physique

Le bois de Grand-Leez s'inscrit sur un bas-plateau, à relief peu accusé, faiblement ondulé. L'altitude est comprise entre 155m et 175 m, augmentant progressivement d'ouest en est.

Il se trouve sur la crête de partage des eaux des bassins hydrographiques de la Meuse (Orneau, Mehaigne) et de l'Escaut (Grande Gette).

Le socle géologique est constitué par du sable bruxellien, qui s'est sédimenté au cours de l'ère Tertiaire, voici environ 60 million d'années. Au cours du Quaternaire, ce socle fut recouvert par des limons éoliens qui se sont déposés par vagues successives pendant les périodes interglaciaires, entre 20 mille et 70 mille ans d'ici. Ces limons, aussi appelés loess, sont formés de particules beaucoup plus fines que le sable bruxellien (0,04 mm de diamètre, contre 0,2 mm). L'épaisseur de la couche limoneuse est très variable : au niveau du bois de Grand-Leez, elle peut ainsi varier entre 3 et 15 m.

D'après DELECOUR (2003), la très grande majorité des sols appartient au type de plateau, seuls quelques hectares relevant du groupe des sols de dépression. Il s'agit dans tous les cas de sols profonds, humides à très humides, défavorables à la culture.

Description biologique

Le bois de Grand-Leez relève de la chênaie atlantique mélangée à jacinthe des bois. Ce groupement, distribué dans l'ouest de la Moyenne-Belgique, est caractérisé par la présence de deux plantes bulbeuses à floraison printanière bien connues, à savoir la jonquille (Narcissus pseudonarcissus), fréquente par place, et la jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta) très rare ici, alors qu'elle est abondante deux kilomètres plus à l'ouest, dans le bois de Buis.

La strate arborescente est dominée par le chêne pédonculé (Quercus robur). Les essences secondaires les plus fréquentes sont le frêne (Fraxinus excelsior), l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus), le merisier (Prunus avium), l'orme champêtre (Ulmus minor), le charme (Carpinus betulus), le bouleau verruqueux (Betula pendula). Le hêtre (Fagus sylvatica) est très rare à cause de l'humidité excessive des sols en place. La plupart des espèces précitées se retrouvent dans la strate arbustive, avec en plus le noisetier (Corylus avellana), le sureau noir (Sambucus nigra), le sureau à grappes (Sambucus racemosa), la viorne obier (Viburnum opulus), les ronces (Rubus spp.), le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), l'aulne glutineux (Alnus glutinosa), le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), etc.

Diverses essences exotiques ont par ailleurs été plantées, comme l'épicéa commun (Picea abies), le sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii), les peupliers hybrides (Populus x canadensis), etc.

Dans le sous-bois, suivant la topographie, le degré d'humidité et l'acidité du substrat, se rencontrent diverses plantes comme le lierre (Hedera helix), le lamier jaune (Lamium galeobdolon), le lamier blanc (Lamium album), l'anémone sylvie (Anemone nemorosa), la méringie à trois nervures (Moerhingia trinervia), le sceau de Salomon (Polygonatum multiflorum), le millet (Milium effusum), le muguet (Convallaria majalis), le circée de Paris (Circaea lutetiana), la fougère-aigle (Pteridium aquilinum), le pâturin des bois (Poa nemoralis), etc.

Les ornières occupant les chemins accueille une flore particulière rassemblant notamment la renoncule flammette (Ranunculus flammula), diverses callitriches (Callitriche sp.), le poivre d'eau (Persicaria hydropiper), la glycérie flottante (Glyceria fluitans), la véronique des ruisseaux (Veronica beccabunga).

Sur la lisière occidentale du bois, à l'emplacement de l'ancien terrain de football, s'étend une prairie mésophile dans laquelle a été récemment observé le demi-deuil (Melanargia galathea), papillon très rare sur le plateau hesbignon, ainsi que l'orvet fragile (Anguis fragilis), reptile peu commun dans la région (obs. L. Wargé).

Monument naturel

A compléter

Monument historique

Tombes gallo-romaines (cf. DEL MARMOL, 1876).

Histoire du site

Comme plusieurs bois de Moyenne-Belgique, le bois de Grand-Leez constitue une relique de l'antique forêt qui couvrait, avant les grands défrichements survenus dès la préhistoire, la plus grande partie de la région. Il acquiert sa superficie actuelle au début du 20ème siècle.

A l'époque romaine, suite aux vastes déboisements intervenus le long des grandes voies de communication, le massif couvrant la région limoneuse est définitivement séparé des forêts de l'Ardenne. On sait, depuis les fouilles effectuées par DEL MARMOL (1876), que le bois de Grand-Leez a été occupé dès l'époque gallo-romaine (5ème siècle), au moins comme lieu de sépulture.

Au Moyen-Age, le bois est passé successivement aux mains de plusieurs abbayes (Saint-Denis, Lobbes, Floreffe) puis de châtelains locaux. Il est propriété communale depuis 1830 (un historique détaillé du bois de Grand-Leez est donné par DELECOUR, 2003 p. 22).

Divers

Sources

OFFH

Répondants de l'information

J.-Y. BAUGNEE (SPW/DGARNE/DEMNA/DNE/OFFH, Avenue Maréchal Juin, 23, B-5030 Gembloux).

L. WARGE (SPW/DNF).

Date de la dernière modification de la fiche

2012-07-26