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142 - Vallée de la Mellier

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Marais de Mellier
Communes :Léglise
Cantonnements DNF :Habay-la-Neuve
Surface : ha
Coordonnées :X Lambert : 233028 - Y Lambert : 50956
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

Localisé en Ardenne méridionale, ce site d'une vingtaine d'hectares comprend le tronçon de la vallée de la Mellier compris entre le sud du village de Mellier et les anciennes Forges de Mellier, sur le territoire de la commune de Léglise, à une altitude de 380 m. A cet endroit, le fond de vallée est très étroit et parcouru par la ligne de chemin de fer Namur-Arlon, tandis que les versants escarpés sont entièrement couverts par la forêt. La zone noyau est constituée par la réserve naturelle gérée par Natagora qui couvre environ 3,5 ha dans la dépression alluviale délimitée par la voie ferrée à l'ouest, la rue de la Gare au nord et la rue des Forges à l'est, en rive gauche de la rivière. Celle-ci est majoritairement occupée par une mégaphorbiaie dense à reine des prés (Filipendula ulmaria) et baldingère (Phalaris arundinacea) ponctuée de nombreux massifs de saules cendrés (Salix cinerea). Un égout à ciel ouvert longeant la voie ferrée déborde fréquemment dans la zone humide lors de fortes pluies, occasionnant une forte eutrophisation des sols marquée par le développement de plantes nitrophiles comme la grande ortie (Urtica dioica) et le gaillet gratteron (Galium aparine). Ces parcelles sont périodiquement entretenues par fauchage tardif, une gestion qui tend à réduire la proéminence de la mégaphorbiaie au profit d'autres formations comme la prairie de fauche humide à bistorte (Persicaria bistorta) et les magnocariçaies. D'autre part, les activités du castor (Castor fiber) ont causé l'ennoiement partiel du sud de la réserve. Plus en aval, quelques autres prairies alluviales subsistent encore le long de la Mellier entre les boisements rivulaires, mais toujours sur des surfaces restreintes. L'une d'elles a fait l'objet d'une restauration dans le cadre du projet LIFE Herbages. La vallée comporte en outre un très ancien étang de forge, à la limite sud du site. L'intérêt faunistique n'est que modérément bien documenté mais il est avéré par la présence de plusieurs espèces rares, menacées et/ou indicatrices: nacré de la bistorte (Boloria eunomia), damier noir (Melitaea diamina) et grande violette (Brenthis ino) parmi les papillons de jour, mais aussi la couleuvre à collier (Natrix natrix), le criquet ensanglanté (Stethophyma grossum), le bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus), etc. Une grande partie de cette zone humide est intégrée dans le site Natura 2000 BE34051 "Vallées du Ruisseau de Mellier et de la Mandebras".

Carto

Régions naturelles

  • L5 - Ardenne méridionale

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
MellierLEGLISELUXEMBOURG

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Habay-la-NeuveArlon

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Natagora.

Privé(s) Non  ONG Oui  Communes Non  Région Non  Autres publics Non

Gestionnaire

Natagora.

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6710Mellier3,56 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Castor fiberOuiNon2018H. Baltus, P. Verté
Eptesicus serotinusOuiOuiTerrain de chasse2010F. François
Myotis daubentoniiOuiOuiTerrain de chasse2010F. François
Nyctalus leisleriOuiOuiTerrain de chasse2016P. Verté
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Acrocephalus palustrisOuiNon
Alcedo atthisOuiNon2018Divers obs.
Anas creccaNonOuiHiv. (1-10 ex.)2015R. Dujardin, S. Bocca
Emberiza schoeniclusOuiNon
Gallinago gallinagoOuiOuiHiv.-migr. (1-35 ex.)2015S. Bocca
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Bufo bufoOuiNonReprod.2017E. Graitson
Ichthyosaura alpestrisOuiNon2017E. Graitson
Rana temporariaOuiNonReprod.2018Divers obs.
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon2018H. Baltus, A. Biart
Natrix natrixOuiOui2008A. Biart
Zootoca viviparaOuiNon2015E. Graitson
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Aporia crataegiNonNon2018H. Baltus
Boloria eunomiaOuiOui2010M. Dufrêne
Brenthis inoNonNon2018H. Baltus
Melitaea diaminaNonNon2018M. Dufrêne, H. Baltus
Pyrgus malvaeNonOui2015M. Gillard
Satyrium pruniNonNon2018H. Baltus
Invertébrés - Insectes - Libellules
Cordulegaster boltoniiNonNon
Invertébrés - Insectes - Orthoptères
Gomphocerippus rufus2016Y. Martin
Stethophyma grossum2016Y. Martin
Plantes - Plantes supérieures
Carex acuta
Carex vesicaria
Persicaria bistorta2018
Salix fragilis

Commentaires sur la faune

A compléter

Commentaires sur la flore

A compléter

Espèces exotiques

A compléter

Conservation

Objectifs de conservation

Protection d'un fond de vallée dans le cadre du programme 'Cigogne noire'.
Conservation d'un fond de vallée ardennais de grand intérêt ornithologique, botanique et entomologique, abritant des espèces typiques des prés de fauche humides et des mégaphorbiaies à reine des prés.

Menaces

Un problème important se pose sur le site de Mellier. En effet, un égout à ciel ouvert s'écoule le long de la limite ouest de la réserve naturelle. En cas de forte pluie ce dernier déborde et inonde toute la zone. Les effets négatifs de cette eutrophisation sur la végétation sont largement perceptibles. La commune de Léglise n'a pas encore pris les mesures qui s'imposent pour solutionner cette situation.

Recommandations

L'extension de la réserve semble souhaitable, en particulier par l'acquisition des parcelles 831e, 835k, 837f, 842b et 867c.

Plan de gestion

Quelques parcelles de la réserve sont actuellement fauchées annuellement avec exportation du foin. Toutefois, l'égout à ciel ouvert provoque une eutrophisation très forte de ces parcelles. Tant que ce problème ne sera pas réglé les travaux de fauche ne feront que pallier à cette eutrophisation, sans amélioration réelle et durable de la situation.
D'autres parcelles sont pâturées de manière extensive (quelle race de bétail ?). Cette gestion devrait être formalisée et pourrait être étendue à d'autres parcelles via un contrat d'entreprise.

Accès du public

L'accès au public de la réserve naturelle sera limité dans le cadre de visites guidées, lors des chantiers de gestion ou toute autre activité organisée dans le site et avalisée par la commission de gestion.

Les véhicules motorisés et vélos tout terrain ne seront pas admis dans la réserve, à l'exception des engins agricoles et autres destinés à la gestion du site (fauche, débroussaillage, ...).

Les études scientifiques seront suscitées et menées après accord de la commission de gestion.

Pour des motifs de sécurité publique, de protection d'espèces ou de travaux de gestion, la commission de gestion peut interdire temporairement certains accès.

Détails

Description physique

La Mellier, ou ruisseau de Mellier, est un petit cours d'eau de l'Ardenne méridionale qui nait de la conjonction de différents ruisseaux issus des plateaux situés entre Assenois et Léglise. Il s'écoule sur une dizaine de kilomètre au fond d'une vallée relativement étroite orientée dans un axe nord-sud, traversant au passage la petite localité de Mellier, puis la vaste ceinture boisée des forêts de Neufchâteau et de Rulles, jusqu'à sa confluence avec la Rulles, près de Marbehan, aux portes de la Lorraine belge. En tant que sous-affluent de la Semois, ce cours d'eau appartient donc au bassin hydrographique de la Meuse.

Le site considéré ici s'étend au sud de Mellier, depuis la rue de la Gare jusqu'aux Forges de Mellier, soit une distance de 1500 m. Le fond de la vallée y est situé vers 380 m d'altitude et dépasse rarement 100 m de large. Il est emprunté par une voie ferrée importante, la ligne SNCB 162 Namur-Arlon, aménagée ici sur remblais, ainsi que par deux routes, la rue de la Bougeoise qui conduit de Mellier à Marbehan par la rive droite, et la rue des Forges qui, via la rive gauche, rejoint la première au niveau des Forges de Mellier. La vallée entre Mellier et Marbehan comprend deux étangs, celui des Forges, d'environ un hectare, et celui des Basses Forges, situé plus aval, hors périmètre.

Entre la voie ferrée, la rue de la Gare et la rue des Forges, en rive gauche de la Mellier, la zone alluviale est quelque peu élargie et abrite la réserve naturelle agréée de Mellier (Natagora) couvrant environ 3,5 ha. Elle prend assise sur des sols alluvionnaires très humides voire marécageux et une petite zone inondée a été créée par le castor dans la partie aval de la réserve.

Du point de vue géologique, le site repose sur des alluvions modernes des vallées, tandis que les reliefs environnants sont formés de roches datant du Siegenien inférieur (Dévonien inférieur): il s'agit ici du faciès d'Anlier caractérisé par des bancs de phyllades et des schistes en alternance des quartzophyllades et des amas de quartzites (rarement un peu calcareux). La faille d'Herbeumont, qui traverse la région d'est en ouest, marque un chevauchement majeur (voir ASSELBERGHS, 1946).

Description biologique

La vallée de la Mellier comprise entre le village de Mellier et les Forges de Mellier n'a pas encore été suffisamment documentée en ce qui concerne les habitats et la flore actuellement présents.

Seule la végétation des parcelles constituant la réserve naturelle Natagora a été décrite de façon synthétique dans le dossier de demande d'agrément (RNOB, 1998). On y trouve:
- une très vaste mégaphorbiaie assez nitrophile à reine des prés (Filipendula ulmaria), bistorte (Persicaria bistorta), gaillet gratteron (Galium aparine), grande ortie (Urtica dioica), vesce en épi (Vicia cracca), lysimaque vulgaire (Lysimachia vulgaris), populage (Caltha palustris), épilobe cilié (Epilobium ciliatum), scirpe des bois (Scirpus sylvaticus), vulpin des prés (Alopecurus pratensis), renouée amphibie (Persicaria amphibia), ...;
- des lambeaux de magnocariçaie à laiche aiguë (Carex acuta) localisés aux zones en dépression et pénétrés ici et là par la bistorte (Persicaria bistorta), le populage (Caltha palustris), la scutellaire toque (Scutellaria galericulata), etc.;
- une roselière à baldingère (Phalaris arundinacea), principalement au pied de la ligne de chemin de fer, en mélange avec le liseron des haies (Calystegia sepium), la reine des prés (Filipendula ulmaria), le chiendent rampant (Elymus repens), la grande ortie (Urtica dioica), le gaillet gratteron (Galium aparine), ...;
- une prairie de fauche relictuelle à canche cespiteuse (Deschampsia cespitosa), bistorte (Persicaria bistorta), cirse des marais (Cirsium palustre), etc.;
- une friche herbeuse sur sol plus sec, avec le fromental (Arrhenatherum elatius), le chiendent rampant (Elymus repens), le cirse des champs (Cirsium arvense), e.a.;
- une colonisation forestière sous couvert de saules marsaults (Salix caprea) avec l'aubépine à un style (Crataegus monogyna), l'herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria), le cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris), le lamier blanc (Lamium album), l'épiaire des bois (Stachys sylvatica), etc.;
- des fourrés de saule cendré (Salix cinerea).

Une actualisation des données de cette belle zone alluviale serait nécessaire, d'autant que depuis quelques années, l'installation du castor (Castor fiber) a entrainé l'ennoiement de la portion aval de la réserve.

Les informations relatives à la flore aquatique du cours d'eau ainsi que de l'étang des Forges ne sont pas disponibles.

Juste au nord de cet étang, en contrebas de la rue de la Bourgeoise, s'étend une petite prairie enclavée (0,6 ha) inventoriée et restaurée dans le cadre du projet LIFE Herbages. Les relevés effectués en 2015 et 2016 (obs. P. Verté, M. Vanschepdael et Y. Martin) regroupent une cinquantaine d'espèces de plantes herbacées dont le gaillet mou (Galium mollugo), la tanaisie commune (Tanacetum vulgare), le plantain lancéolé (Plantago lanceolata), le trèfle des prés (Trifolium pratense), la centaurée jacée (Centaurea jacea), la patience des prés (Rumex acetosa), la vesce des haies (Vicia sepium), le lotier corniculé (Lotus corniculatus), la porcelle enracinée (Hypochaeris radicata), le cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris), le fromental (Arrhenatherum elatius), l'alchémille vert jaunâtre (Alchemilla xanthochlora), la berce commune (Heracleum sphondylium), l'angélique des bois (Angelica sylvestris), le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), la lampsane (Lapsana communis), le liondent hispide (Leontodon hispidus), l'épilobe en épi (Epilobium angustifolium), l'eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum), la pensée tricolore (Viola tricolor), l'achillée millefeuille (Achillea millefolium), le crépis des prés (Crepis biennis), la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia), le gaillet croisette (Cruciata laevipes), l'agrostis capillaire (Agrostis capillaris), la crételle (Cynosurus cristatus), le solidage verge d'or (Solidago virgaurea), la houlque laineuse (Holcus lanatus), la houlque molle (Holcus mollis), la baldingère (Phalaris arundinacea), le petit rhinanthe (Rhinanthus minor), l'achillée sternutatoire (Achillea ptarmica), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), la gesse des prés (Lathyrus pratensis), l'avoine dorée (Trisetum flavescens), le salsifis des prés (Tragopogon pratensis), le céraiste commun (Cerastium fontanum), la mauve musquée (Malva moschata), etc.

Le domaine ferroviaire fait l'objet d'une fiche distincte (SGIB 3122).

Quant au peuplement faunistique de cette portion de la vallée de la Mellier, les données demeurent fragmentaires mais celles qui existent font état de la présence de diverses espèces intéressantes, notamment parmi les papillons diurnes, l'herpétofaune et les oiseaux d'eau.

Monument naturel

Aucun monument.

Monument historique

Aucun monument.

Histoire du site

Le fond de la vallée était occupé au 18ème et durant la première moitié du 19ème siècle par des prairies à foin (voir par ex. la carte de Ferraris). Les étangs des Forges existaient déjà à cette époque. La vallée a ensuite été fortement modifiée par la construction de la ligne de chemin de fer Namur-Arlon dans les années 1850.

Divers

Sources

Natagora

Répondants de l'information

Natagora

Date de la dernière modification de la fiche

2020-12-15