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2634 - Anciennes carrières de Maffle

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Anciennes carrières de la Dendre et du Congo et ancienne carrière Rivière
Communes :Ath
Cantonnements DNF :Mons
Surface :16.49 ha
Coordonnées :X Lambert : 109390 - Y Lambert : 145236
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec Google map

Intro

Brève description

Situées dans la vallée de la Dendre, au sud-est d'Ath, les carrières de Maffle existent depuis le 18ème siècle et leur exploitation a cessé en 1951. Cependant, certaines parties sont déjà à l'abandon depuis près d'un siècle et sont recolonisées par une forêt haute et dense. De très beaux fours à chaux, classés, existent encore à l'entrée du site; ils constituent de très intéressants vestiges d'archéologie industrielle. Actuellement, les deux carrières principales sont occupées par des plans d'eau profonds. Les pourtours sont colonisés par une végétation diversifiée, principalement forestière. Les parties plus ouvertes et bien éclairées montrent des friches assez riches en espèces et les vieilles murailles de moellons calcaires portent des plantes intéressantes comme l'épervière tachée (Hieracium maculatum).

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • B3 - Pays d'Ath

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Maffle16.49 haATHHAINAUT

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Mons16.49 haMons

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Propriétaire(s)

Privé(s) Oui  ONG Oui  Communes Oui  Région Oui  Autres publics Oui

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Podiceps cristatusOuiNonNicheur2010J. Saintenoy-Simon, Choc Nature
Plantes - Plantes supérieures
Asplenium scolopendrium2010J. Saintenoy-Simon, Choc Nature
Epipactis helleborine 2010J. Saintenoy-Simon, Choc Nature
Hieracium maculatum2010J. Saintenoy-Simon, Choc Nature
Listera ovata2010J. Saintenoy-Simon, Choc Nature

Espèces exotiques

Cotoneaster horizontalis, Heracleum mantegazzianum, Parthenocissus inserta, Populus x canadensis, Senecio inaequidens, Ulmus x hollandica,

Conservation

Détails

Description biologique

Une description biologique des anciennes carrières de Maffle est proposée sur le site internet de l'association Choc Nature (http://www.chocnature.be/). Elle est basée notamment sur une prospection floristique dirigée par J. SAINTENOY-SIMON et G. BOOSTEN. Les lignes qui suivent sont une adaptation libre de cette description.

Les carrières de Maffle existent depuis le 18ème siècle et leur exploitation a cessé en 1951. Cependant, certaines parties sont déjà à l'abandon depuis près d'un siècle et sont recolonisées par une forêt dense.

De très beaux fours à chaux existent encore à l'entrée du site; ils sont colonisés par de nombreuses espèces végétales comme Asplenium ruta-muraria, Cardaria draba, Clematis vitalba, Cymbalaria muralis, Hieracium maculatum, H. murorum, H. pilosella, lnula conyzae, Leucanthemum vulgare, Picris hieracioides, Poa compressa, Sedum acre... On observe également Cotoneaster horizontalis, plante très couvrante et invasive dans les milieux secs.

Toute la partie centrale des carrières est inondée, on y pratique la pêche à la ligne et la plongée. Divers oiseaux d'eau s'y rencontrent: héron cendré (Ardea cinerea), poule d'eau (Gallinula chloropus), foulque macroule (Fulica atra), grèbe huppé (Podiceps cristatus), etc.

Au bord des plans d'eau poussent Alnus glutinosa, Fraxinus excelsior, Salix alba, Angelica sylvestris, Epilobium hirsutum, Lycopus europaeus, Scrophularia auriculata, ...

Les zones abandonnées depuis très longtemps sont colonisées par un boisement dominé par Prunus avium accompagné d'Acer platanoides, A. pseudoplatanus, Fraxinus excelsior (semis abondant), Populus x canadensis, Salix caprea, Tilia platyphyllos (rare), Ulmus minor, U. x hollandica, etc. Des nappes de Clematis vitalba y contribue à une certaine luxuriance forestière. En sous-bois, se développent également Cornus sanguinea, Corylus avellana, Ilex aquifolium, Prunus spinosa, Ribes rubrum, R. uva-crispa, Rosa arvensis, R. canina, Sambucus nigra, Sorbus aucuparia, Viburnum opulus. Dans la strate herbacée croissent Aegopodium podagraria, Arum maculatum, Cardamine flexuosa, Chelidonium majus, Dryopteris filix-mas, Galeopsis tetrahit, Geranium robertianum, Geum urbanum, Glechoma hederacea, Hieracium lachenalii, Mycelis muralis, Poa nemoralis, Polygonatum multiflorum, Ranunculus ficaria subsp. ficaria, Stachys sylvatica, Veronica hederifolia subsp. lucorum, Viola odorata, etc.

Les pentes ombragées abritent localement de belles populations d'Asplenium scolopendrium et de Polypodium vulgare. Un pied d'Epipactis helleborine et quelques Listera ovata sont les seuls représentants de la famille des Orchidacées connus dans ces carrières.

Dans les friches, Reseda luteola est particulièrement abondant et vigoureux.

Une importante population de Geranium purpureum a été observée au niveau des voies de chemin de fer, au nord-ouest de la halte de Maffle. Cette plante semble bien résister aux herbicides et occupe le ballast en compagnie de sa voisine, G. robertianum (SAINTENOY-SIMON et al., 2004). Senecio inaequidens et Heracleum mantegazzianum soulignent, encore le rôle important joué par les voies ferrées comme voie de pénétration pour les animaux et les plantes.

Le long du canal de Blaton, les berges verticales n'abritent guère de végétation si ce n'est Acorus calamus, Rumex hydrolapathum et quelques touffes de Filipendula ulmaria et Lycopus europaeus. Dans l'eau poussent Elodea nuttallii et Potamogeton cripus.

Aux abords du petit Musée de la Pierre, des engins métalliques utilisés dans les anciennes carrières (ponts roulants) et diverses pierres monumentales (chapiteaux, rosaces, pierres tombales, etc.) sont entreposés dans une friche comportant Arenaria serpyllifolia, Diplotaxis tenuifolia, Echium vulgare, Erophila verna, Hypochaeris radicata, Sagina procumbens, Saxifraga tridactylites, Trifolium dubium, Valerianella locusta.

A une centaine de mètres de l'église de Maffle, les anciennes carrières, situées en contrebas de la route, sont bordées d'un mur haut de plusieurs mètres. Du coté de la route, ce mur dépasse d'un metre cinquante environ et a été rejointoyé récemment, ce qui a éliminé la flore intéressante qui s'y était installée. Quelques plantes subsistent sur ce mur mais côté carrières: Ballota nigra subsp. meridionalis, Campanula persicifolia, Erysimum cheiri (= Cheiranthus cheiri), Cymbalaria muralis, Parthenocissus inserta.

Monument historique

Anciennes carrières calcaires. Fours à chaux classés.

Histoire du site

L'histoire du site est résumée sur le site internet de l'association Choc Nature (http://www.chocnature.be/), d'où sont extraites les lignes qui suivent.

La première carrière fut ouverte en 1825 par Auguste Rivière et fut exploitée pendant plusieurs décennies. En 1914, elle fut envahie par l'eau. Actuellement, elle est presque entièrement comblée et seul subsiste un petit plan d'eau de 11 ares environ, entouré d'un terrain de remblai particulièrement accidenté et envahi par une important végétation arbustive. Ce site figure sur les cartes topographiques sous le nom de "trou Auguste".

En 1841, le baron Lefèvre entame l'exploitation d'une deuxième carrière à proximité de la carrière Rivière. En 1848, Victor Cailleau reprend l'affaire, puis, en 1877, la carrière Cailleau est rachetée par la Société Rivière frère et soeurs. Cette carrière située entre la voie ferrée et la Dendre, forme aujourd'hui un plan d'eau de près de 2 hectares: la carrière Rivière et Cailleau. Sa gestion piscicole a été confiée à une société de pêche locale.

En 1841, une troisième carrière entre en exploitation à proximité de la chaussée de Mons. Sa faillite est déclarée 10 ans plus tard et elle est alors reprise par la Société anonyme des Carrières et Fours à chaux de la Dendre.

En 1899, la Société Rivière ouvre un nouveau centre d'extraction au-delà du chemin de fer Tournai-Jurbise, à côté de la carrière de la Dendre, et creuse un tunnel sous le chemin de fer pour relier ses deux sites d'exploitation. Ce nouveau trou prend le nom de "trou du Congo" en raison de la chaleur qui y règne. Actuellement, la carrière de la Dendre et le trou du Congo sont réunis en un seul vaste plan d'eau de 4,5 hectares, qui a pris le nom de "carrière de la Dendre et du Congo".

Divers

Sources

CHOC NATURE

Répondants de l'information

CHOC NATURE (31 avenue du Bois du Roy, 7800 Ath).