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2639 - Le Richa

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Ruisseau des Recollets
Communes :Florennes
Cantonnements DNF :Philippeville
Surface :4.48 ha
Coordonnées :X Lambert : 167966 - Y Lambert : 104775
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Intro

Brève description

Situé à l'est de la ville de Florennes, dans le Condroz de l'Entre-Sambre-et-Meuse, le site est constitué d'une prairie humide abandonnée évoluant vers une mosaïque de groupements de hautes herbes: roselières à baldingère (Phalaris arundinacea), cariçaies à laîche aiguë (Carex acuta) et laîche vésiculeuse (Carex vesicaria), mégaphorbiaies, etc. Cette prairie bénéficie depuis 2011 du statut de "zone humide d'intérêt biologique". D'autres prairies voisines, pâturées intensivement par des chevaux, présentent également un potentiel intéressant moyennant des mesures de gestion plus extensives. L'ensemble du site comporte d'épaisses haies vives très attractives pour l'avifaune. Il présente à la fois un intérêt biologique en tant qu'élément important du réseau écologique local, et une valeur didactique en raison de la proximité des écoles.

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • F3 - Condroz occidental

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Florennes4.48 haFLORENNESNAMUR

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Philippeville4.48 haNamur

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Propriétaire(s)

Commune de Florennes

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Oui  Région Non  Autres publics Non

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6381Le Richa

Espèces

Conservation

Recommandations

Le statut de ZHIB récemment accordé au site devrait permettre d'y mener des travaux de gestion ou d'aménagement favorables à la biodiversité. Il semble toutefois difficile de proposer un statut à la partie amont actuellement pâturée sans y réduire de manière drastique le pâturage.

Plusieurs aménagements ont été proposés: pose de caillebotis, construction d'une plate-forme d'observation et autres postes d'observation, creusement de mares etc. Ces travaux, s'ils se réalisent, doivent l'être absolument en dehors de la partie la plus intéressante, soit dans la partie actuellement pâturée. L'utilité d'installer un poste d'observation devra être évaluée en fonction de l'avifaune présente sur le site (essentiellement passereaux) peu visibles à la longue vue et plutôt reconnaissables à leur chant. De même, le creusement de mares doit être réfléchi en fonction des pièces d'eau existant en amont du site et qui n'ont pas été investiguées.

L'état actuel de la végétation ne semble pas justifier d'y mener une gestion active, même si un fauchage régulier serait de nature à diversifier les faciès de prairie présents (existence d'espèces des prairies de fauche de l'Arrhenatherion et du Calthion, de magnocaricaies, ...) et à limiter l'extension des espèces sociales (Filipendula ulmaria, Phalaris arundinacea, e.a.). Cette gestion ne se justifierait que dans le cadre d'une exploitation didactique du site (comparaisons "gérés"/ "témoins").

Détails

Description physique

Le site fait partie du Condroz de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Il s'étend à l'est de la ville de Florennes, le long du ruisseau des Recollets, affluent de l'Eau d'Yves. On se trouve donc dans le bassin hydrographique de la Meuse et au sein du district phytogéographique mosan. L'altitude voisine les 250 m.

Il est situé au lieu-dit "Dessous le Chemin de Namur" sur la matrice cadastrale.

Description biologique

L.-M. DELESCAILLE (2010): Le site du Richa est constitué d'une prairie humide abandonnée (parcelle cadastrale 140B) et d'une prairie encore pâturée par des chevaux (parcelles cadastrales 140E et 141C2). Il est bordé au sud par le ruisseau des Récollets. De grosses haies vives entourent partiellement les 3 parcelles. La bordure nord est légèrement relevée et donc plus sèche.

Les haies vives sont composées de coudrier (Corylus avellana), aubépines (Crataegus monogyna, C. laevigata), prunellier (Prunus spinosa), sureau noir (Sambucus nigra), saule marsault (Salix caprea), viorne obier (Viburnum opulus), lierre grimpant (Hedera helix), chêne rouvre (Quercus robur), frêne (Fraxinus excelsior), saule blanc (Salix alba). Le long du ruisseau, on trouve aussi des aulnes (Alnus glutinosa et A. incana). Le sous-bois est occupé par des espèces (pré)forestières nitrophiles: Glechoma hederacea, Adoxa moschatellina, Silene dioica, Arum maculatum, Alliaria petiolata, Rubus fruticosus, Galium aparine, Urtica dioica, etc. Cette végétation est surtout développée dans la partie non pâturée.

Dans la partie abandonnée (non pâturée), la végétation herbacée est constituée d'arrhénathéraies plus ou moins nitrophiles, essentiellement dans les parties les plus sèches, avec Arrhenatherum elatius, Alopecurus pratensis, Stellaria graminea, Dactylis glomerata, Poa pratensis, Ranuculus acris, Rumex acetosa, Veronica chamaedrys, Galium mollugo etc. L'abandon se marque par l'extension d'espèces nitrophiles: Cirsium arvense, Calystegia convolvulus, Cirsium vulgare, Anthriscus sylvestris, Heracleum sphondylium, Cruciata laevipes, Linaria vulgaris e.a.

Les parties plus fraîches sont colonisées par Lychnis flos-cuculi, Lathyrus pratensis, Angelica sylvestris, Lotus pedunculatus, Deschampsia cespitosa, Carex disticha, Galium palustre, Lysimachia nummularia. Des espèces de mégaphorbiaie peuvent éventuellement y former des peuplements assez denses comme Filipendula ulmaria et Valeriana repens.

On trouve localement des espèces de cariçaies ou de roselières dans les secteurs les plus marécageux et dans les anciens fossés: Lycopus europaeus, Iris pseudacorus, Persicaria maculosa, Solanum dulcamara, Scutellaria galericulata, notamment. Des peuplements denses de Carex acuta et Carex vesicaria sont également présents.

Vers l'amont, l'ancienne prairie est colonisée par un peuplement de Phalaris arundinacea très pauvre (litière abondante) dans lequel on ne trouve guère que Calystegia sepium.

La prairie encore pâturée héberge une flore très banale, le pâturage étant manifestement très intensif, malgré les précautions prises. On trouve notamment Lolium perenne, Trifolium repens, Poa pratensis, Dactylis glomerata, Poa cfr trivialis, Alopecurus pratensis et des espèces des endroits piétinés comme Potentilla anserina, Plantago major, Rumex obtusifolius, Agrostis stolonifera, Ranunculus repens etc. Ces espèces sont accompagnées de nombreux "refus": Arctium sp., Symphytum officinale, Urtica dioica, Cirsium arvense, ...

C'est la partie abandonnée du Richa qui possède actuellement le plus d'intérêt aussi bien sur le plan botanique qu'ornithologique. La partie pâturée ne montre que peu d'intérêt en raison du surpâturage. Par sa situation géographique (à proximité du centre de Florennes et des écoles de l'entité), le site présente également un intérêt didactique.

Biblio

Divers

Sources

Avis site n° 1177 (L.-M. Delescaille 2010).

Répondants de l'information

L.-M. DELESCAILLE (SPW-DEMNA-DNE)