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568 - Marais de l'Astoria

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Pont d'Ancre
Communes :Lessines
Cantonnements DNF :Mons
Surface :6.11 ha
Coordonnées :X Lambert : 112037 - Y Lambert : 157273
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

Le marais de l'Astoria s'étend à la confluence du ruisseau d'Ancre et de la Dendre canalisée. Il constitue l'une des rares zones humides ayant échappé aux travaux d'assèchement de la vallée. Bien qu'il soit assez fortement altéré, le site qui se présente comme une mosaïque d'habitats, héberge encore une flore et une faune diversifiée. Les bois humides renferment une plante aussi curieuse que rare, la lathrée clandestine (Lathraea clandestina). On peut aussi observer des espèces fort peu communes dans la région, comme le myosotis versicolore (Myosotis discolor) ou encore la sagittaire (Sagittaria sagittifolia) qui croît au bord des fossés. La nidification du martin pêcheur (Alcedo atthis) y est notée occasionnellement. Malgré ses multiples intérêts, ce marais ne bénéficie actuellement d'aucun statut de protection.

Carto

Régions naturelles

  • B0 - Région limoneuse hennuyère

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Ghoy6.06 haLESSINESHAINAUT
Lessines0.04 haLESSINESHAINAUT

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Mons6.11 haMons

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Privé(s) Oui  ONG Non  Communes Non  Région Non  Autres publics Non

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Mustela putoriusNonNonC.R.A.S.E.N
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Accipiter nisusOuiNonC.R.A.S.E.N
Acrocephalus palustrisOuiNonC.R.A.S.E.N
Alcedo atthisOuiNonNicheur1990C.R.A.S.E.N
Ardea cinereaOuiNonNicheur1976C.R.A.S.E.N
Asio otusOuiNonC.R.A.S.E.N
Athene noctuaOuiNonC.R.A.S.E.N
Buteo buteoOuiNonC.R.A.S.E.N
Cettia cettiOuiNonNicheur1975C.R.A.S.E.N
Falco tinnunculusOuiNonC.R.A.S.E.N
Tringa ochropusOuiNonC.R.A.S.E.N
Plantes - Plantes supérieures
Centaurium pulchellumC.R.A.S.E.N
Epipactis helleborineC.R.A.S.E.N
Lathraea clandestinaC.R.A.S.E.N
Legousia speculum-venerisC.R.A.S.E.N
Leonurus cardiacaC.R.A.S.E.N
Myosotis discolorC.R.A.S.E.N
Sagittaria sagittifoliaC.R.A.S.E.N

Commentaires sur la faune

Une visite effectuée en février 1990 a permis de relever la nidification du Martin-pêcheur (Alcedo atthis) : dans un flanc dégagé de la couche limoneuse servant d'assiette à l'ancien chemin de fer ont été trouvé 2 nids avec des débris de poissons à l'entrée. Cet oiseau est très rare dans la région : l'atlas des oiseaux nicheurs de Belgique (I.R.S.N.B., 1988) le signale comme absent de notre région ' à cours d'eau endigués et pollués '. Le Colvert (Anas platyrhynchos), la Poule d'eau (Gallinula chloropus) et la Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris) y nichent. Le Héron cendré (Ardea cinerea) a niché en 1976 et la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti) en 1975. Le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus), l'Epervier (Accipiter nisus), la Buse variable (Buteo buteo), le Hibou moyen-duc (Asio otus), la Chouette chevêche (Athene noctua) sont présents toute l'année sur le site ou ses parages. Le site constitue une zone humide intéressante pour les oiseaux paludicoles en halte migratoire ou en hivernage : la Bécasse (Scolopax rusticola), la Bécassine des marais (Gallinago gallinago), le Chevalier cul-blanc (Tringa ochropus), les Busards (Circus sp.), la Sarcelle d'été (Anas querquedula), la Sarcelle d'hiver (Anas crecca)...

En ce qui concerne les mammifères, le site est visité par plusieurs prédateurs : la belette (Mustela nivalis), l'hermine (Mustela erminea), le putois (Putorius putorius) et le renard (Vulpes vulpes).

La faune entomologique, peu étudiée, y est supposée très riche. Lors de notre visite, nous avons pu observer deux espèces de libellules assez banales : Anax imperator et Sympetrum sanguineum. Parmi les papillons : le vulcain (Vanessa atalanta), l'amaryllis (Pyronia tithonus) et un petit hespéridé : Thymelicus lineolus.

Commentaires sur la flore

Espèces protégées : Centaurium pulchellum, Epipactis helleborine.
Espèces intéressantes : Arctium tomentosum, Bidens frondosa, Lathraea clandestina, Legousia speculum-veneris, Leonorus cardiaca, Rorippa islandica, Myosotis discolor, Potentilla recta, Sagittaria sagittifolia, Stellaria neglecta.

Espèces exotiques

A compléter

Conservation

Objectifs de conservation

Conservation d'une mosaïque de milieux humides devenus rares dans la région. Protection d'une station de Lathraea clandestina.

Menaces

Les menaces pesant sur ce site sont multiples :

- projet de construction de la bretelle de l'autoroute A8;
- assèchement à cause des dépôts de remblais, et atterissement progressif par pompage;
- dépôts d'immondices;
- curage mécanique régulier du ruisseau d'Ancre;
- banalisation rapide dûe aux activités cynégétiques.

Recommandations

Cette zone humide, bien que fortement altérée, mériterait un statut de protection ainsi qu'un programme de restauration. Il conviendrait en particulier de prévoir l'alimentation en eau à partir de la Dendre afin de préserver l'intérêt du site comme zone humide.

Plan de gestion

Aucun plan de gestion officiel n'existe.

Accès du public

Le site, parcouru par de nombreux chemins, est loué par une société de chasse locale et son accès est donc réservé.

Détails

Description physique

Le site occupe une position privilégiée : c'est une plaine alluviale (altitude moyenne : 24 m) située à la confluence de la Dendre inférieure et de son affluent, le ruisseau d'Ancre, et coincée en contrebas des premières dénivellations du plateau limoneux. Cette position l'exposait jadis aux crues de la Dendre inférieure et à ses dépôts d'alluvions modernes à texture argileuse. Ces dépôts imperméables ont favorisé l'inondation périodique du site et ont permis le développement d'un sol marécageux à sédimentation organique : une tourbière y fut d'ailleurs très anciennement exploitée, comme en témoigne le toponyme 'turpri'. En bordure nord du site, à la cote 30, passe l'assiette de l'ancien chemin de fer Lessines-Renaix. Le site a été profondément altéré par la canalisation de la Dendre et la construction de la route Lessines-Grammont qui le privent de ce régime hydrique. D'autres remblais ont asséché une partie du site : une ancienne décharge publique forme une butte surélevée et une autre partie remblayée est occupée par un petit étang de pêche dont les berges en pente douce sont recouvertes de cendrées (charbon gras) provenant d'une centrale électrique.

Description biologique

Le site se présente actuellement comme un maillage de biotopes différents, alternance de zones asséchées et de zones plus humides. On y trouve des vestiges s'apparentant à des aulnaies mésotrophes à laîches, à des saulaies humides mésotrophes, à des friches humides colonisées par des espèces paludicoles... Une grande partie du site a été plantée de peupliers. En contrebas de l'assiette de chemin de fer se situent trois sources : on y observe la scrofulaire aquatique (Scrophularia auriculata), le cresson de fontaine (Nasturtium officinale), l'iris jaune (Iris pseudacorus), des laîches (Carex spp.),... Dans ces parages, le couvert d'aulnes glutineux (Alnus glutinosa) est très dense. Accompagné de quelques saules cendrés (Salix cinerea) et à oreillettes (Salix aurita), ce bois abrite la morelle douce-amère (Solanum dulcamara), la lycope (Lycopus europaeus), le myosotis des marais (Myosotis scorpioides), la verge d'or (Solidago virgaurea), le roseau (Phragmites australis), la lysimaque vulgaire (Lysimachia vulgaris). Un autre faciès abritant les mêmes espèces s'apparente plutôt à une saulaie humide mésotrophe, avec le saule des vanniers (Salix viminalis), le saule blanc (Salix alba), le saule pourpre (Salix purpurea). Parasitant les racines de saules et de peupliers : la lathrée clandestine (Lathraea clandestina) est une des plantes rares du site. Diversement répartis dans les friches humides et la saulaie, on trouve la reine des prés (Filipendula ulmaria), l'angélique sauvage (Angelica sylvestris), la pulicaire dysentérique (Pulicaria dysenterica), le pétasite officinal (Petasites hybridus), le millepertuis tetraptère (Hypericum tetrapterum), le céraiste aquatique (Myosoton aquaticum), le cirse maraîcher (Cirsium oleraceum), la salicaire commune (Lythrum salicaria)... Aux abords des fossés marécageux, se rencontrent la glycérie aquatique (Glyceria maxima), la sagittaire (Sagittaria sagittifolia), la renoncule scélérate (Ranunculus sceleratus), le bident triparti (Bidens tripartita), le bident à fruits noirs (Bidens frondosa), la massette à larges feuilles (Typha latifolia), le cresson des marais (Rorippa palustris), ainsi que des patiences (Rumex spp.)...

Une menthe hybride présentant des caractères de Mentha spicata y a été notée. Dans l'eau abondent des callitriches (Callitriches spp.) et la lentille d'eau (Lemna minor). La petite érythrée (Centaurium pulchellum) est présente sur les chemins dénudés et frais. L'épipactis à larges feuilles (Epipactis helleborine), la seule orchidée du site, s'observe aux abords du marais. Les terres de remblais, couvertes de pelouses, et les flancs de l'ancienne assiette du chemin de fer diversifient les substrats et s'offrent à l'épanouissement certaines espèces peu banales : L'agripaume (Leonorus cardiaca), le myosotis versicolore (Myosotis discolor), une sous-espèce rare du mouron des oiseaux (Stellaria media subsp. major) et la potentille droite (Potentilla recta). Le rare miroir de Vénus (Legousia speculum-veneris) et la primevère officinale (Primula veris) ont été trouvés sur un sol argileux anciennement amendé en calcaire (marne). La bardane tomenteuse (Arctium tomentosum) complète le lot des curiosités floristiques du site.

Monument naturel

Aucun monument.

Monument historique

Aucun monument.

Histoire du site

D'après la carte de Ferraris, le site était occupé au 18e siècle par une ancienne tourbière et un marais.

Divers

Sources

CRASSEN

Répondants de l'information

SAINTENOY-SIMON, J. (1994).