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784 - Sablière du Poueux

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Sablière "Au Frêchy"
Communes :Saint-Léger
Cantonnements DNF :Arlon
Surface :1.28 ha
Coordonnées :X Lambert : 246020 - Y Lambert : 36415
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Intro

Brève description

Après son arrêt en 1972-74, la sablière du Poueux a rapidement acquis un grand intérêt biologique grâce au développement d'une lande sèche à callune et d'une pelouse pionnière sur sables acides; elle possédait en outre un intérêt entomologique considérable. Dans les années 1990, la sablière conservait un intérêt biologique certain; elle hébergeait, près de la route, une petite population de lézard des souches et diverses espèces d'insectes rares s'y observaient, comme le cuivré de la verge d'or (Lycaena virgaureae).

Actuellement, le fond de la sablière est occupé par un peuplement spontané plus ou moins équienne de pin sylvestre avec une minorité de feuillus, d'où a quasiment disparu la callune. Une partie proche de la route, d'environ six ares, est restée ouverte; il y subsistait en 2003 de minuscules lambeaux de pelouse sèche sur sables acides, de plus en plus envahis par la végétation rudérale et les ronces. Régulièrement utilisée comme dépôt de bois et lieu de déversement clandestin de déchets verts et autres, cette petite zone non boisée s'est dégradée au fil des années, avec en conséquence la disparition ou la forte régression des éléments de pelouse et de lande sur sable.

Le lézard des souches (Lacerta agilis) y a apparemment disparu mais pourrait subsister en nombre réduit à proximité immédiate; le lézard vivipare (Zootoca vivipara) y est par contre assez abondant. La valeur entomologique du site a fortement décru, la surface encore attractive à l'égard des espèces liées au sable étant quasi nulle.

Comme la sablière Lannoy éloignée de 600 m, cette ancienne carrière est englobée dans le réseau Natura 2000 (BE34061 "Vallées de Laclaireau et du Rabais").

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • M0 - Lorraine belge

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Châtillon1.28 haSAINT-LEGERLUXEMBOURG

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Arlon1.28 haArlon

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Commune de Saint-Léger

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Oui  Région Non  Autres publics Non

Gestionnaire

Commune de Saint-Léger

Biotopes

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Lacerta agilisOuiOuiReproduction (1 mâle et 1 immature)1995A. Remacle
Zootoca viviparaOuiNonReproduction2011A. Remacle et J.-P. Jacob
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Brenthis daphneNonNon3 ex.2011A. Remacle
Lycaena virgaureaeOuiOuiobservation régulièreannées 1990J.-P. Jacob
Invertébrés - Insectes - Coléoptères
Cetonia aurata1995J.-P. Jacob
Invertébrés - Insectes - Coléoptères - Carabidés
Cicindela hybrida1995J.-P. Jacob
Cicindela sylvatica2 ex.1996A. Remacle
Invertébrés - Insectes - Orthoptères
Gomphocerippus rufus2007A. Remacle
Myrmeleotettix maculatus2003A. Remacle
Oedipoda caerulescens1999A. Remacle
Invertébrés - Insectes - Hyménoptères
Ammophila pubescens1995A. Remacle
Colletes succinctus1995A. Remacle
Plantes - Plantes supérieures
Aira praecox2003A. Remacle
Epipactis helleborine2003A. Remacle
Genista pilosa2003A. Remacle
Jasione montana< 10 pieds2011A. Remacle
Ornithopus perpusillus2007A. Remacle
Teesdalia nudicaulis1995J.-P. Jacob

Commentaires sur la faune

Reptiles

Seule la partie ouverte voisine de la route est encore occupée par les lézards. Zootoca vivipara y est abondant, le milieu lui convenant parfaitement. La présence de Lacerta agilis fut mise en évidence en 1995: un immature et un mâle adulte observés à plusieurs reprises; depuis lors, plus aucune observation de ce reptile n'a été réalisée. De l'autre côté de la route, le talus et sa partie supérieure (pineraie claire avec callune) semblent assez favorables à L. agilis, mais il n'y a jamais été observé.

Insectes

- Coléoptères: petite population de Cicindela campestris.

- Hyménoptères Aculéates: en 1979-81, le site était remarquable par la présence d'espèces très rares en Wallonie (Jacob-Remacle & Jacob, 1990); une nouvelle espèce pour la Belgique, Andrena barbareae Panzer, y a même été découverte en 1979 (Leclercq & Jacob-Remacle, 1982). Actuellement, la valeur entomologique du site a fortement décru. Dans la partie ouverte proche de la route subsistait en 1994-95 un peuplement intéressant: les Apoïdes Panurgus sp., Colletes succinctus, divers Halictides; les Vespiformes Ammophila pubescens, Priocnemis perturbator. En 2007, la surface encore attractive à l'égard des espèces liées au sable était déjà très réduite et en 2011 elle est quasi nulle.

Commentaires sur la flore

La flore du terre-plein non reboisé a perdu de son intérêt; ailleurs, des espèces forestières ou de lisières sont apparues au fur et à mesure de la colonisation ligneuse.

Espèces exotiques

Aquilegia sp. (cultivar), Conyza canadensis, Oenothera biennis, Prunus serotina. Forte station de Fallopia japonica près de la limite sud-ouest du site.

Conservation

Objectifs de conservation

Principaux objectifs mentionnés dans le dossier de projet de réserve naturelle domaniale (Jacob & Remacle, 2011).

- Restauration des habitats sableux, en particulier la lande à callune et genêt pileux et les pelouses pionnières sur sable, par coupe massive de ligneux, désouchages et étrépages à très faible profondeur.

- Développement sur l'ensemble du site de milieux susceptibles d'être occupés par le lézard des souches et l'entomofaune liée au sable.

- Eradication ou limitation des espèces végétales exotiques, notamment Fallopia japonica (en limite de site, au bord de la route) et Prunus serotina (partie boisée).

Menaces

- Perte de tout caractère sableux suite au boisement de la quasi-totalité du site.

- Poursuite et extension des dépôts de bois dans toute la petite partie encore ouverte. Altération accrue de cet endroit par des dépôts divers (surtout déchets de jardins mais aussi quelques inertes).

- Risque de colonisation par des plantes exotiques.

Recommandations

- Octroi d'un statut de protection (projet de RND des sablières de Châtillon en cours), en plus des implications en matière de conservation résultant de l'inclusion dans le site Natura 2000 BE34061 « Vallées de Laclaireau et du Rabais ».

- Afin de restaurer le site, entreprendre dès que possible,

* la coupe et l'élimination de la quasi-totalité des ligneux, à commencer par ceux qui poussent dans le lambeau de pelouse sèche proche de l'entrée. Le déboisement massif du site et le réaménagement du sol visent à restaurer une lande à callune;

* l'évacuation des déchets et le décapage sur une partie de la petite zone encore ouverte;

* la fermeture de l'entrée du site, afin d'empêcher les véhicules d'entrer dans la sablière (arrêt des dépôts de bois et des déversements de déchets);

* l'éradication des plantes exotiques poussant à proximité.

- Limiter l'accès au site si une restauration est entreprise (fragilité vis-à-vis du piétinement de la faune et de la flore liées au sable).

Plan de gestion

Un projet de plan de gestion est inclus dans le dossier relatif au projet de réserve naturelle domaniale des sablières de Châtillon (Saint-Léger), préparé par J.-P. Jacob et A. Remacle dans le cadre du Plan d'action "Lézard des souches" (2011).

Accès du public

Accès libre, à conditionner toutefois par le DNF en cas de restauration du site.

Détails

Description physique

Cette ancienne petite sablière se situe à moins de 1 km au nord du village de Châtillon, dans le bois de Châtillon qui fait partie du vaste massif boisé de la cuesta sinémurienne. Ce bois est installé sur les sables et grès de la formation de Luxembourg (membre de Virton) et est surtout couvert de pineraies sur sols podzoliques. La sablière Lannoy n'en est éloignée que de 600 m et le terrain militaire de Lagland de 400 m.

Le site se trouve dans le bassin du Ton, au niveau de la tête de vallée de ce ruisseau (source à ± 500 m). La limite entre bassins de la Semois et du Ton passe à moins de 400 m de la sablière du Poueux vers le nord-est.

Cette sablière est actuellement occupée par un peuplement spontané plus ou moins équienne de pin sylvestre qui dissimule le talus limitant le site, haut de 7 m maximum. Près de la route subsiste une zone restée plus ou moins ouverte, de l'ordre de 6 ares; elle est régulièrement utilisée pour le stockage de grumes et fait à l'occasion l'objet de dépôts de déchets divers (surtout déchets verts, sciure, mais aussi inertes). D'anciennes grumes y sont abandonnées en bordure.

Description biologique

Actuellement, le fond de cette ancienne sablière est occupé par un peuplement spontané plus ou moins équienne de Pinus sylvestris, mêlé de quelques Betula pendula, Populus tremula, Fagus sylvatica, Salix caprea et de ronciers. De nombreux pins ont été brisés à la suite des importantes chutes de neige des hivers 2009-2010 et 2010-2011. Il y subsiste des buissons de Cytisus scoparius et des touffes de Calluna vulgaris morts ou mourants.

Près de la route, la partie restée ouverte, encore intacte et très intéressante au début des années 1990, se réduit et s'altère de plus en plus suite à des dépôts de déchets et à la création d'une aire de stockage de bois dont la superficie s'est accrue au fil des années. En 2003, il y subsistait de minuscules lambeaux de pelouse sèche sur sables acides, avec e.a. Aira praecox, Festuca filiformis, Agrostis capillaris, Rumex acetosella, Cerastium semidecandrum, Scleranthus annuus, Hypochaeris radicata, Hieracium pilosella, Trifolium arvense, Ornithopus perpusillus, Jasione montana, Luzula campestris. Calluna vulgaris et Genista pilosa y avaient déjà presque disparu.

En 2011, la végétation de pelouse couvre une surface encore plus faible à cause de l'envahissement par la végétation rudérale et les ronces et des dépôts de bois et de déchets. Aujourd'hui se maintiennent tant bien que mal quelques éléments de cette végétation, notamment Jasione montana, Festuca filiformis, Trifolium arvense et de rares Calluna vulgaris. Sauf localement, le tapis herbacé devient relativement dense, avec Hypochaeris radicata, Achillea millefolium, Plantago lanceolata, Tanacetum vulgare, Artemisia vulgaris, Conyza canadensis, Leontodon autumnalis, Hieracium umbellatum, Hypericum perforatum, Campanula rapunculus, Stellaria holostea, S. graminea, Ajuga reptans,...

Le lézard des souches a apparemment disparu mais pourrait subsister en nombre réduit à proximité immédiate; le lézard vivipare y est par contre assez abondant. La valeur entomologique du site a fortement décru; la surface encore attractive à l'égard des espèces liées au sable est quasi nulle.

Monument naturel

Non

Monument historique

Non

Histoire du site

A la fin du 19ème siècle (Cartes du Dépôt de la Guerre et de l'ICM), aucune sablière n'était ouverte à cet endroit. En 1923 (Carte de l'IGM publiée en 1932), une minuscule excavation se trouvait près de la route, dans une parcelle occupée par des résineux. Au début des années 1960 (Carte de l'IGM de 1968), l'excavation, nettement plus grande, est allongée perpendiculairement à la route. L'exploitation s'est arrêtée vers 1972-74. Actuellement, l'excavation est quasiment invisible, dissimulée par le boisement spontané constitué majoritairement de pins.

Divers

Sources

SABLIERES

Plan d'action Lézard des souches (J.-P. Jacob et A. Remacle)

Répondants de l'information

A. REMACLE

J.-P. JACOB (Aves)

Date de la dernière modification de la fiche

2013-08-05