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49 - Iles de Bourie

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Iles de Gives.
Communes :Huy
Cantonnements DNF :Liège
Surface :9.06 ha
Coordonnées :X Lambert : 205005 - Y Lambert : 133222
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec Google map

Intro

Brève description

Les Iles de Bourie s'étendent sur la Meuse entre Andenne et Huy. Le site, reconnaissable à sa forme triangulaire, était jadis constitué de deux iles distinctes qui ne sont plus séparées, actuellement, que par un étroit chenal. On y rencontre une assez grande variétés de biotopes dominés par les espèces végétales nitrophiles: aulnaie rivulaire, saulaie à saule blanc (Salix alba et S. x rubens), fourrés de sureau noir (Sambucus nigra), saules divers (Salix spp.) et houblon (Humulus lupulus), roselières, magnocariçaie à laîche des marais (Carex acutiformis), etc. Plusieurs espèces d'oiseaux s'y reproduisent comme le grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis) et le grèbe huppé (Podiceps cristatus).

Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Carto

Régions naturelles

  • E0 - Sillon sambro-Mosan
  • E7 - Vallée de la Meuse

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Ben-Ahin9.06 haHUYLIEGE

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Liège9.06 haLiège

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

L'île des Béguines est classée depuis le 04-12-1984.

Propriétaire(s)

MET.

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Non  Région Non  Autres publics Oui

Gestionnaire

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement de Liège, Montagne Sainte-Walburge, 2, 4000 Liège (Tél. 04/224.58.74 - Fax : 04/224.58.77).
Commission Consultative de Gestion des Réserves Naturelles Domaniales de Liège.

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6156Iles de Bourie9,06 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Actitis hypoleucos
Alcedo atthisOuiNon
Ardea cinereaOuiNon
Aythya ferinaOuiOui
Ixobrychus minutusOuiOui
Mergus albellusOuiNon
Mergus merganserOuiNon
Nycticorax nycticoraxOuiNonHivernage (1 mois)2003X. Vandevyvre
Phalacrocorax carboOuiNon
Podiceps cristatusOuiNon
Riparia ripariaOuiNon
Tachybaptus ruficollis
Plantes - Plantes supérieures
Lamium maculatum

Commentaires sur la faune

La berge sud de la réserve, qui fait face à la rive droite de la Meuse, est très abîmée par la présence de très nombreux oiseaux domestiques échappés des basses-cours avoisinantes : canards colverts plus ou moins hybridés, canards de Barbarie, canards mandarins, Bernache du Canada, cygnes et oies, les deux dernières espèces nichant bien tranquillement dans l'île.
Les îles de Bourie sont importantes comme reposoir lors des migrations des oiseaux. C'est ainsi qu'entre autres on a pu observer Podiceps ruficollis, P. cristatus, Phalacrocorax carbo, Ardea cinerea, Ixobrychus minutus, Anas platyrhynchos, A. crecca, Aythya fuligula, A. ferinea, Mergus merganster, M. albellus, Tringa hypoleucos (probablement observé le 26 avril 1991), etc. L'inventaire des oiseaux de l'île n'est pas fait à notre connaissance, mais Alcedo atthis et Riparia riparia y nicheraient. Etant donné l'état de la majeure partie des berges, ce fait serait à confirmer.

Rutilus rutilus, Leuciscus cephalus, L. leuciscus, Chondrostomanasus, Gobio gobio, Barbus barbus, Alburnus alburnus, Scardinius erythrophtalmus, Perca fluviatilis, Abramis brama, Esox lucius, Anguilla anguilla, sont des espèces de poissons les plus fréquentes capturées lors de pêches électriques et au filet maillant menées en aval de l'ancien barrage d'Andenelle.

Commentaires sur la flore

Espèces intéressantes : Angelica archangelica, Euphorbia esula subsp. esula.

Espèces exotiques

Impatiens glandulifera, Senecio inaequidens, Solidago gigantea,

Conservation

Objectifs de conservation

Protection de la faune et de la flore d'îles de la Meuse.
Protection d'une frayère.

Menaces

L'implantation d'une usine d'incinération des immondices à Seilles.

Recommandations

Le site ne fait l'objet d'aucune gestion. Les mesures préconisées en 1983 par DELVINGT avant la création de la réserve ne sont pas appliquées. En particulier, l'établissement de berges en pente douce n'a pas été réalisée. L'approfondissement de la partie amont du chenal non plus. La végétation ne semble pas s'établir dans ce qui devrait être une frayère. La berge sud est ravagée par les oiseaux domestiques qui s'y sont installés. L'aménagement récent du chenal devant servir de frayère est tel que très peu de végétation peut s'y établir. D'autre part de nombreuses et rapides variations du niveau de l'eau (dues à la centrale électrique d'Andenne), se produisant pendant la période de frai pourraient entraîner la destruction des oeufs ou des alevins.
Il faudrait aménager des sentiers permettant de pénétrer facilement dans la réserve sans quoi, d'ici quelques années, il sera devenu impossible d'y pénétrer. Il faudrait également débarasser son pourtour de tous les déchets de plastique qui l'enlaidissent. Si cela est possible, il faudrait mettre de la terre entre les enrochements pour accélérer la colonisation végétale.
Il faudrait faucher quelques parcelles afin de garder aux îles une partie de leur aspect traditionnel et pour diversifier les milieux.
Il faudrait mettre à la casserole la plupart des canards et oies qui occupent les berges sud des îles.

Plan de gestion

A compléter

Accès du public

Accès interdit. Aucune information n'est disponible pour le public.

Détails

Description physique

Les îles de Bourie se trouvent dans le cours de la Meuse, un peu en amont de Gives. Elles sont formées par l'île des Béguines, au nord, et l'île des Chanoines, au sud. Naguère les deux îles étaient séparées par un chenal longitudinal, envasé sur sa partie amont. Actuellement seule la partie aval de ce chenal subsiste encore et des travaux importants l'ont fait déboucher au sud-est. En pratique donc, l'île des Béguines et celle des Chanoines sont en grande partie rassemblées en une seule île, seule la partie sud-est de l'île des Chanoines formant encore un îlot détaché (voir plan).

Les îles de Bourie sont situées dans la partie de la Meuse qui traverse les schistes houillers.

Description biologique

Diverses études botaniques plus ou moins complètes ont été faites (DETHIOUX, LAMBINON in DELVINGT 1983). D'après nos observations du 26 avril 1991 (SAINTENOY-SIMON et DUVIGNEAUD), on peut dire que les îles sont formées :
- d'un groupement très nitrophile sur la banquette qui longe le sud de l'île, constitué d'arbres ou d'arbustes épars (Salix caprea, S. viminalis, S. x. rubens, Alnus glutinosa, Ulmus minor,...) et de ronces (Rubus caesius) dominant une strate herbacée très rudérale (Urtica dioica, Lamium album, Galium aparine, Alliaria petiolata, Glechoma hederacea,...). Quelques espèces de l'aulnaie y subsistent (Solanum dulcamara, Calystegia sepium, Humulus lupulus) et des espèces de friches y apparaissent (Artemisia vulgaris, Tanacetum vulgare,...) (Galio-Alliarion; Convolvulion);
- de jeunes saulaies, situées au-dessus de la zone d'inondation, dans lesquelles on observe Salix alba, S. viminalis, S. caprea, Alnus glutinosa, Fraxinus excelsior, Crataegus monogyna, Humulus lupulus; quelques buissons de Ribes rubrum et R. uva-crispa et de jeunes Sambucus nigra, Acer pseudoplatanus, A. platanoides. Au sol, Rubus caesius domine en compagnie de plantes rudérales comme Urtica dioica, Galium aparine, Glechoma hederacea, Solidago gigantea, Lamium album, Cardamine hirsuta; de diverses espèces hygrophiles typiques des prairies à l'abandon comme Symphytum officinale, Lysimachia vulgaris, Eupatorium cannabinum, Angelica sylvestris, Phalaris arundinacea, Heracleum sphondylium, Epilobium hirsutum, Rumex obtusifolius, Carduus crispus, Poa trivialis,...; de plantes forestières comme Scrophularia nodosa, Myosotis sylvatica, Epilobium montanum,... et d'une plante plus fréquente dans les érablières de ravin que l'on s'étonne un peu de trouver ici : Cardamine impatiens (Salicetum triandro viminalis; Salicetum albae; Filipendulion);
- de clairières s'ouvrant entre de très vieux saules d'une taille imposante (Salix alba, S. x rubens de près de 20m de hauteur), occupées par une flore très nitrophile. Des ronciers de Rubus caesius y voisinent avec des étendues d'Urtica dioica, Galium aparine, Glechoma hederacea, Solidago gigantea,... dans lesquelles Humulus lupulus est toujours très abondant. Lamium maculatum, lié aux grandes vallées, les égaie au premier printemps de sa floraison violacée. Sambucus nigra et S. nigra var. laciniata y sont fréquents;
- de roselières relictuelles qui groupent principalement Phalaris arundinacea et Phragmites australis (Phalaridetum et Phragmition);
- de magnocariçaies relictuelles à Carex acutiformis;
- de fragments d'ormaie-frênaie dans l'ancien chenal situé vers l'amont des îles, dans lequel Aegopodium podagraria et Stellaria nemorum sont les plantes les plus caractéristiques (Ulmo-Fraxinetum). La végétation de ce chenal semble avoir fort évolué depuis les observations de DETHIOUX (1983), car nous n'y avons pas observé les hygrophytes qu'il y signalait (Rorippa amphibia, Mentha aquatica, Lycopus europaeus, Myosotis palustris, Lythrum salicaria, Persicaria hydropiper, Myosoton aquaticum,...) (Ulmo-Fraxinetum).
L'aménagement de ce nouveau chenal a probablement provoqué l'assèchement de la partie amont dans lequel la circulation de l'eau était réglée par une vanne encore existante;
- d'une végétation pionnière sur les perrés qui occupent l'amont et l'aval de l'île. On y trouve des fourrés de Betula pendula, Salix caprea, Euonymus europaeus, envahis de Clematis vitalba. Une friche calcicole (Trifolion medii) s'y est établie dans laquelle poussent Origanum vulgare, Inula conyzae, Medicago lupulina, Primula veris, Barbarea vulgaris, Verbascum thapsus, Arabidopsis thaliana, Chrysanthemum leucanthemum, Achillea millefolium, Knautia arvensis, Tanacetum vulgare, Artemisia vulgaris, Saponaria officinalis, Picris hieracioides, Hieracium lachenalii, Linaria vulgaris, Potentilla reptans, Cardamine hirsuta, Lamium purpureum,... Une autre espèce caractéristique des grandes vallées, qui suit très exactement le cours de la Meuse et ne s'en écarte que rarement, Euphorbia esula subsp. esula y forme de petites populations;
- d'enrochements et de gabions encore très dénudés car les blocs de pierre sont très gros et leurs interstices sont dépourvus de terre où néanmoins quelques plantes intéressantes se sont accrochées comme Rumex hydrolapathum, Lycopus europaeus, tout à fait à leur place sur la berge; Senecio inaequidens, plante d'origine sud-africaine, introduite avec la laine de mouton, qui, au départ des graviers de la Vesdre, envahit maintenant tout le pays; Angelica archangelica, grande ombellifère, parfois cultivée pour la confiserie, assez commune dans la vallée de la Sambre et très rare ailleurs; Impatiens glandulifera, originaire de l'Hymalaya, introduite sans doute pour des raisons ornementales et qui investit de nos jours une grande partie des berges des rivières et des fleuves au détriment des espèces indigènes.
Des fragments d'Alysso-Sedion existent sur certains blocs de roche, avec Sedum acre, S. album, ...;
- des plantations de Picea abies, Larix kaempferi créent une ambiance forestière qui permet à Hedera helix, Stachys sylvatica, Silene dioica et Viola odorata de s'implanter et à des semis d'Acer pseudoplatanus de germer abondamment
- de berges très raides et couvertes de ronces le long de la frayère (= nouveau chenal).

Monument naturel

Aucun monument.

Monument historique

Aucun monument.

Histoire du site

Le site a été occupé pendant près de 50 ans par la même famille qui y entretenait des près de fauche et même un pâturage brouté par quelques vaches. les prés étaient régulièrement fauchés et le foin était transporté à terre sur une barque. L'île des Béguines fut même cultivée (cultures potagères) et pendant la guerre 40-45, on y planta un champ de pommes de terre.
L'abandon des cultures, prés et prairies provoqua la colonisation progressive du site par les ronces et les saules, la rendant quasi impraticable. De nombreux arbres morts reposent sur le sol et sont progressivement recouverts par la végétation. L'ensemble donne un peu l'impression d'une forêt vierge (très rudérale !) et d'ici quelques années il sera probablement impossible d'y circuler.

Divers

Sources

RESNAT

Répondants de l'information

SAINTENOY-SIMON, J. (1994)