Portail Wallonie.be| Portail Environnement| Fédération Wallonie-Bruxelles

676 - Grande Bruyère de Blaton

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Sablière de la Grande Bruyère de Blaton
Communes :Bernissart
Cantonnements DNF :Mons
Surface :31.84 ha
Coordonnées :X Lambert : 100439 - Y Lambert : 131488
Voir la carte du site (statique) ou sa localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

La Grande Bruyère est située dans le Hainaut occidental, entre le village de Blaton et le canal Nimy-Blaton. Depuis 2003, la moitié de cette ancienne sablière bénéficie du statut de réserve naturelle domaniale, suite à une convention entre la commune de Bernissart et la Région wallonne. Auparavant, ce vaste site fut altéré par le déversement de déchets et la fréquentation par les engins tout-terrains. Sur une douzaine d'hectares, on y rencontre un ensemble d'habitats des plus intéressants, notamment des étendues de sables non ou peu fixés colonisées par une végétation caractéristique à canche printanière (Aira praecox), canche caryophyllée (Aira caryophyllea), agrostis des sables (Agrostis vinealis) et jasione des montagnes (Jasione montana), des lambeaux de lande à callune (Calluna vulgaris), des fourrés de saules, une zone humide où subsiste tant bien que mal le rare lycopode inondé (Lycopodiella inundata). On y observe également de petites mares abritant le crapaud calamite (Bufo calamita) ainsi qu'un plan d'eau au pied d'une falaise sableuse, dont le rajeunissement a permis le retour de l'hirondelle de rivage (Riparia riparia). L'intérêt entomologique de la Grande Bruyère de Blaton est exceptionnel, accueillant en particulier de nombreuses espèces rares d'hyménoptères (abeilles et guêpes solitaires).

Carto

Régions naturelles

  • B0 - Région limoneuse hennuyère

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
Blaton31.84 haBERNISSARTHAINAUT

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
Mons31.84 haMons

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Site non classé.

Propriétaire(s)

Commune de Bernissart.

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Oui  Région Non  Autres publics Non

Gestionnaire

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement de Mons, rue Achille Legrand, 16, 7000 Mons (Tél. : 065/32.82.49 - Fax : 065/32.82.44).

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6505Grande Bruyère de Blaton31,84 ha

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Anthus trivialisOuiNon2012
Dryocopus martiusOuiNon2006Th. Paternoster
Falco subbuteoOuiNon2012Th. Paternoster
Riparia ripariaOuiNonNicheur (10 nids en 2015)2015A. Remacle, J.-P. Jacob et div. obs.
Sylvia currucaOuiNon2012
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Bufo calamitaOuiOuiReproduction2016R. Barone, P. Dupriez et al.
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Apatura iliaNonNon2015Y. Barbier, J.-Y. Baugnée
Apatura irisNonNon2015Y. Barbier, J.-Y. Baugnée
Invertébrés - Insectes - Libellules
Erythromma lindeniiNonNon2012Th. Paternoster
Lestes virensOuiOui2016Th. Paternoster, B. Gauquie
Sympecma fuscaOuiOui2 ex.2006Th. Paternoster
Sympetrum danaeNonNon2016Th. Paternoster
Sympetrum meridionaleNonNon2013B. Gauquie
Invertébrés - Insectes - Coléoptères
Anomala dubia2015Y. Barbier, J.-Y. Baugnée
Cetonia aurata2007R. Barone; M. Derume
Chilocorus bipustulatusmax. 2 ex.2015AM. Derume, J.-Y. Baugnée
Cicindela hybrida2015R. Barone et al.
Coccinella hieroglyphica1 ex. en 20162016J.-Y. Baugnée
Exochomus nigromaculatusmax. 39 ex.2016AM. Derume, J.-Y. Baugnée
Typhaeus typhoeus
Invertébrés - Insectes - Orthoptères
Chorthippus mollisAssez abondant2013A. Remacle, B. Gauquie
Gryllotalpa gryllotalpa2018B. Gauquie, Y. Barbier
Myrmeleotettix maculatusTrès abondant2016A. Remacle, B. Gauquie et al.
Tetrix ceperoi2003J.-F. Godeau
Invertébrés - Insectes - Hyménoptères
Andrena fuscipes2016R. Barone, J.-Y. Baugnée
Andrena nycthemera1995AA. Remacle
Andrena vagaAbondante2015Divers obs.
Anthophora retusa1999R. Barone
Bembix rostrata2015Y. Barbier
Chrysis inaequalis1 ex.1999R. Barone
Coelioxys mandibularis1999R. Barone
Colletes cunicularius10 ex.1999BR. Barone
Colletes similis8 ex.1999AR. Barone
Colletes succinctus2016AR. Barone, Y. Barbier, J.-Y. Baugnée
Dasypoda hirtipes2015R. Barone, Y. Barbier, J.-Y. Baugnée
Halictus scabiosae1999R. Barone
Halictus sexcinctus1999R. Barone
Holopyga generosa2015R. Barone, J.-Y. Baugnée
Hylaeus cornutus7 ex.1999AR. Barone
Hylaeus variegatus2015J.-Y. Baugnée, Y. Barbier
Macropis europaea1999R. Barone
Osmia bicolor1999R. Barone
Osmia tridentata1999R. Barone
Panurgus calcaratus2015R. Barone, Y. Barbier, J.-Y. Baugnée
Sphecodes albilabris1999R. Barone
Plantes - Plantes supérieures
Agrimonia proceraForte station2015AA. Remacle; div. obs.
Agrostis vinealisAbondant2012A. Remacle; div. obs.
Aira praecox2015A. Remacle; div. obs.
Centaurium erythraea2015CA. Remacle + div. obs.
Centaurium pulchellum2016A. Remacle + div. obs.
Epipactis helleborine2016CA. Remacle; div. obs.
Hydrocotyle vulgaris2016
Isolepis setacea2004CA. Remacle
Jasione montanaTrès localisé2015A. Remacle; div. obs.
Lycopodiella inundatatrès localisé (200 pieds en 2016)2016AA. Sotiaux, A. Remacle, T. Paternoster
Lythrum portula2016A. Remacle + div. obs.
Ophrys apiferaR. Barone
Osmunda regalis2 touffes2012T. Paternoster
Salix repensQuelques pieds2014P. Anrys, T. Paternoster

Commentaires sur la faune

Oiseaux (données à completer): Acrocephalus palustris, Anthus trivialis, Garrulus glandarius, Passer domesticus, Pica pica, Picus viridis, Riparia riparia, Sylvia atricapilla, Sylvia communis, Sylvia curruca, Turdus merula, Turdus philomelos.

Amphibiens (données à completer): Bufo calamita, Lissotriton helveticus, Lissotriton vulgaris, Pelophylax kl. esculentus, Rana temporaria.

Coléoptères (données à completer): Adalia decempunctata, Agapanthia cardui, Amphimallon solstitiale, Anomala dubia, Bruchidius villosus, Calvia decemguttata, Cetonia aurata, Chilocorus bipustulatus, Cicindela hybrida, Cionus olens, Coccinella hieroglyphica, Coccinella septempunctata, Cryptocephalus moraei, Cryptocephalus vittatus, Exochomus nigromaculatus, Exochomus quadripustulatus, Harmonia axyridis, Harmonia quadripunctata, Larinus turbinatus, Lochmaea suturalis, Micrelus ericae, Oedemera lurida, Oedemera nobilis, Phyllopertha horticola, Polydrusus formosus, Propylea quatuordecimpunctata, Rhinocyllus conicus, Rhinusa tetra, Rutpela maculata, Scymnus suturalis, Stenurella melanura, Trichius gallicus, Typhaeus typhoeus.

Hyménoptères Symphytes (données à compléter): Allanthus togatus, Amestagia albipes, Nematus viridissima.

Hyménoptères Aculéates (données R. Barone 1999; Y. Barbier 2000-2015): Agenioideus sericeus, Agenioideus usurarius, Alysson spinosus, Ammobates punctatus, Andrena fuscipes, Andrena nycthemera, Andrena ruficrus, Andrena vaga, Anthophora bimaculata, Anthophora retusa, Aporus unicolor, Astata boops, Bembix rostrata, Chrysis inaequalis, Coelioxys mandibularis, Colletes cunicularius, Colletes similis, Colletes succinctus, Dasypoda hirtipes, Dolichurus corniculus, Dryudella tricolor, Epeolus variegatus, Halictus scabiosae, Halictus sexcinctus, Halictus simplex, Hedychrum rutilans, Holopyga generosa, Homonotus sanguinolentus, Hylaeus annularis, Hylaeus cornutus, Hylaeus variegatus, Lestica alata, Macropis europaea, Megachile genalis, Nomada flavopicta, Nomada zonata, Nysson niger, Osmia bicolor, Osmia tridentata, Panurgus calcaratus, Sphecodes albilabris, Sphecodes reticulatus.

Orthoptères (données à compléter): Chorthippus biguttulus, Chorthippus brunneus, Chorthippus mollis, Chorthippus parallelus, Gryllotalpa gryllotalpa, Leptophyes punctatissima, Myrmeleotettix maculatus, Phaneroptera falcata, Pholidoptera griseoaptera, Tetrix ceperoi, Tetrix undulata, Tettigonia viridissima.

Lépidoptères rhopalocères (données à compléter): Aglais urticae, Apatura ilia, Apatura iris, Aphantopus hyperantus, Araschnia levana, Celastrina argiolus, Coenonympha pamphilus, Gonepteryx rhamni, Inachis io, Lasiommata megera, Lycaena phlaeas, Maniola jurtina, Ochlodes sylvanus, Papilio machaon, Pieris brassicae, Pieris rapae, Polygonia c-album, Polyommatus icarus, Pyronia tithonus, Thymelicus sylvestris, Vanessa cardui.

Commentaires sur la flore

Le site présente un grand intérêt bryologique du fait de la présence, parmi les 18 espèces d'Hépatiques et 83 espèces de Mousses, de diverses espèces rares et spécialisées ou montrant ici une vitalité exceptionnelle (SOTIAUX et al., 1997): c'est le cas de Pseudocrossidium hornschuchianum, Pottia bryoides, Lophosia capitata, Gymnocolea inflata, Racomitrium lanuginosum, Frullania dilatata, Metzgeria furcata, Radula complanata, Orthotrichum lyellii.

Les Ptéridophytes sont réprésentés par une très belle population de Lycopodiella inundata, un lycopode protégé et rarissime partout en dehors de la Campine; en 2004, l'espèce n'était plus représentée que par quelques pousses non sporangifères (obs. A. Remacle). Dans la sablière voisine de la Buche existe également une belle population de Lycopodium clavatum (SOTIAUX et al., 1997).

Parmi les plantes à fleurs, on note la présence d'espèces courantes sur les sables de la Campine mais beaucoup plus localisées ailleurs, notamment en Hainaut : il en est ainsi des graminées Aira praecox , Aira caryophyllea et Agrostis vinealis, de Jasione montana, Juncus bulbosus, Salix repens et enfin d'Aphanes microcarpa. Plusieurs autres plantes protégées ont été recensées : la rosacée Agrimonia procera, les orchidées Ophrys apifera (BARONE, 1999) et Epipactis helleborine (REMACLE & JACOB, 1996) ainsi que les gentianacées Centaurium erythraea et Centaurium pulchellum.

Espèces exotiques

Plantes: Fallopia japonica, Fallopia sachalinensis, Fallopia x bohemica, Oenothera deflexa, Philadelphus coronarius, Pistia stratiotes, Prunus serotina, Quercus rubra, Senecio inaequidens.

Animaux: Harmonia axyridis.

Conservation

Objectifs de conservation

L'intérêt biologique de la Grande Bruyère de Blaton est reconnu depuis de nombreuses années (voir par exemple l'inventaire ISIWAL) et a été largement confirmé par les études plus récentes.

Les objectifs principaux du plan de gestion du site sont:

- le maintien et développement de la lande à callune,

- le maintien voire l'extension des pelouses sur sable,

- la mise en place de mesures visant au maintien du groupement pionnier des sables humides à Lycopodiella inundata,

- la conservation de l'entomofaune inféodée aux milieux sableux et aux landes à callune,

- la gestion des pièces d'eau existantes et la création de nouvelles mares en faveur du crapaud calamite et de l'odonatofaune,

- le maintien de la colonie d'hirondelle de rivage, notamment par le rafraîchissement des falaises sableuses.

Menaces

- Boisement spontané.
- Activité de motocross.
- Dépôts clandestins de déchets.

Recommandations

Contrôle des ligneux, y compris au niveau de la zone humide.

Plan de gestion

A compléter

Accès du public

A compléter

Détails

Description physique

Le site de la Grande Bruyère est localisé en Hainaut occidental, au sud-est de Blaton et au nord du canal Nimy-Blaton. Il était jadis beaucoup plus étendu et était traversé par une ligne de chemin de fer, actuellement transformée en piste cyclable et rattachée au réseau autonome de voies lentes (RAVeL – ligne 78A).

Ce site est constitué d'un ensemble de trois anciennes sablières contiguës (Blaton n°1, 2 et 3 sur l'ancienne carte des carrières 45/1 de la DPA). On y a exploité des sables tertiaires du Landénien.

Il comprend:
- des étendues de sables non fixés, notamment dans la partie centrale correspondant à un ancien hippodrome;
- des lambeaux de lande sèche à callune, colonisés par les genêts à balais et les bouleaux;
- plusieurs massifs arborés;
- vers l'ouest, une falaise relictuelle peu élevée (4-5 m); un lambeau de falaise subsiste aussi vers l'est, avec, à son pied, un versage;
- une zone humide constituée de plusieurs petites mares peu profondes et temporaires. La partie située près de la falaise ouest est occupée par un petit plan d'eau récemment créé et est traversée par des sentiers fréquentés par les promeneurs, les motos et les VTT (ces deux derniers modes de déplacement étant strictement interdits).

Une ligne à haute tension traverse du nord au sud la partie orientale, surélevée par rapport au reste du site.

Etant entourée de quartiers habités et traversée par plusieurs sentiers, la Grande Bruyère est très fréquentée par les promeneurs, cavaliers, naturalistes,...

Dans les années 1990 et 2000, la partie sud du site était encore utilisée pour le déversement clandestin de déchets, d'une part sur l'ancienne décharge Fusiman, d'autre part au pied du reste de falaise subsistant au sud-est du site. On observait également des déchets dispersés dans les mares. Au nord du tracé de l'ancienne voie ferrée, donc en dehors du périmètre de ce site, il y avait également présence d'une décharge communale non autorisée. Depuis lors, la partie située dans la réserve naturelle domaniale a été assainie.

Description biologique

Une étude détaillée de la végétation du site est en cours en vue de l'élaboration du plan de gestion de la RND.

Les étendues de sables secs sont progressivement (re)colonisées par une végétation de pelouses sèches: Aira praecox, Filago minima et Agrostis vinealis y sont abondants, ainsi que diverses bryophytes et des lichens. On y trouve aussi Cerastium semidecandrum, Rumex acetosella, Trifolium arvense, Sedum acre, Myosotis ramosissima, Hieracium pilosella, Hypochaeris radicata, Luzula campestris, Carex pilulifera, Festuca filiformis, Aira caryophyllea, Aphanes australis, ...

Les lambeaux de lande à callune sont envahis à certains endroits par Betula pendula et Cytisus scoparius. Jasione montana se maintient, au moins du côté de la ligne électrique.

Les mares et sentiers humides présentent une végétation intéressante: station de Lycopodiella inundata (qui a fortement régressé dans les années 2000 pour réapparaître plus abondant après étrépage), Lythrum portula, Hydrocotyle vulgaris, divers joncs dont Juncus bulbosus, J. effusus, J. bufonius, J. articulatus, Phragmites australis, Molinia caerulea, Isolepis setacea, Hypericum humifusum, Centaurium pulchellum,... Le rare Salix repens y était signalé en 1991 (ANRYS et al., 1991) et a encore été revu vers 2013 à l'ouest de la falaise (obs. T. Paternoster).

Le secteur sous la ligne haute tension a été déboisé en 2013 par Elia, en concertation avec le DNF. Cette action étendue sur plusieurs hectares a entrainé le développement rapide d'une végétation assez exubérante et diversifiée, offrant d'importantes ressources florales pour les insectes butineurs (les landes et pelouses sur sable étant très peu fleuries par ailleurs). Un relevé effectué début juillet 2015 comprend une soixantaine d'espèces herbacées dont Agrostis capillaris, Anthoxanthum odoratum, Arrhenatherum elatius, Holcus lanatus, Cirsium vulgare, Oenothera deflexa, Hypochaeris radicata, Lolium perenne, Plantago lanceolata, Hypericum perforatum, Trifolium arvense, Rumex acetosella, Trifolium repens, Stellaria graminea, Teucrium scorodonia, Solidago virgaurea, Papaver rhoeas, Glechoma hederacea, Daucus carota, Reseda luteola, Artemisia vulgaris, Melilotus officinalis, Tanacetum vulgare, Ballota nigra, Eupatorium cannabinum, Geranium robertianum, Silene dioica, Solanum dulcamara, Scrophularia nodosa, Urtica dioica, Cirsium arvense, Dipsacus fullonum, Verbascum nigrum, Verbascum thapsus, Verbascum densiflorum, Calystegia sepium, Stachys sylvatica, etc.

Les ronces sont déjà bien développées par endroits, tandis que divers ligneux sont présents sous la forme de rejets ou de jeunes individus pionniers: Betula pendula, Betula pubescens, Salix caprea, Salix cinerea, Prunus serotina, Crataegus monogyna, Fraxinus excelsior, Cytisus scoparius, Frangula alnus, Sorbus aucuparia, Castanea sativa, Acer pseudoplatanus, etc.

Sur le versant rocailleux situé en bordure de la ligne, deux plantes ont particulièrement profité de l'élimination de la colonisation arbustive: il s'agit de Rumex acetosella, qui couvre des plages étendues et denses, et de Teucrium scorodonia. On y observe également Senecio sylvaticus, plante typique des coupes forestières ainsi que Filago minima et quelques rares exemplaires de Jasione montana.

Le site présente un grand intérêt bryologique du fait de la présence, parmi les 18 espèces d'Hépatiques et 83 espèces de Mousses, de diverses espèces rares et spécialisées ou montrant ici une vitalité exceptionnelle (SOTIAUX et al., 1997): c'est le cas de Pseudocrossidium hornschuchianum, Pottia bryoides, Lophosia capitata, Gymnocolea inflata, Racomitrium lanuginosum, Frullania dilatata, Metzgeria furcata, Radula complanata, Orthotrichum lyellii.

La faune locale est d'un très grand intérêt et d'assez nombreuses données sont disponibles pour plusieurs groupes taxonomiques.

Parmi les oiseaux observés sur le site figurent plusieurs espèces nicheuses peu communes comme la fauvette babillarde (Sylvia curruca), le pipit des arbres (Anthus trivialis), la rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris) et surtout l'hirondelle de rivage (Riparia riparia), espèce fortement menacée en Wallonie qui niche de nouveau (10 nids en 2015) suite au déboisement de la falaise où une colonie était installée au moins jusque 1995. Le site est en outre potentiellement favorable pour l'engoulevent (Caprimulgus europaeus) à condition qu'il ne subisse plus les nombreux dérangements actuels.

Les amphibiens comprennent le triton vulgaire (Lissotriton vulgaris), le triton palmé (Lissotriton helveticus), la grenouille verte (Pelophylax kl. esculentus), la grenouille rousse (Rana temporaria) et le crapaud calamite (Bufo calamita), celui-ci étant l'élément le plus remarquable de l'herpétofaune locale (BARONE, 1999).

Les insectes ont fait l'objet de nombreux recensements en 1998-99 dans le cadre d'un travail de fin d'études à l'Université de Mons (BARONE, 1999). Celui-ci a permis de dévoiler l'existence d'une entomofaune locale très riche et diversifiée, plus particulièrement parmi les Hyménoptères aculéates, vaste groupe comprenant les guêpes, abeilles et fourmis et spécialement visés par l'étude.

Parmi les abeilles sauvages remarquables on compte notamment: Andrena fuscipes, Andrena nycthemera, Andrena ruficrus, Andrena vaga, Panurgus calcaratus, Sphecodes albilabris (parasite de Colletes cunicularius), Sphecodes reticulatus, Halictus simplex, Halictus scabiosae, Halictus sexcinctus, Colletes cunicularius, Colletes similis, Colletes succinctus, Hylaeus variegatus, Hylaeus cornutus, Osmia tridentata (nouvelle pour la faune belge), Osmia bicolor, Megachile genalis, Coelioxys mandibularis, Ammobates punctatus, Anthophora bimaculata, Anthophora retusa, Epeolus variegatus, Nomada flavopicta, Nomada zonata, Dasypoda hirtipes, Macropis europaea.

Les guêpes ne sont pas en reste avec Agenioideus sericeus, Agenioideus usurarius, Aporus unicolor, Homonotus sanguinolentus, Dryudella tricolor (espèce nouvelle pour la faune belge), Dolichurus corniculus, Astata boops, Lestica alata, Alysson spinosus, Nysson niger, Chrysis inaequalis, Hedychrum rutilans ou encore Holopyga generosa.

Des recherches plus récentes ont permis d'établir la présence de Bembix rostrata, sphécide rarissime connu seulement de deux autres localités wallonnes, à Hensies et Arlon (obs. Y. Barbier).

Quelques hyménoptères symphytes peu communs ont été capturés durant cette étude dont Allanthus togatus, Amestagia albipes et Nematus viridissima (det. N. Magis).

Les coléoptères restent en grande partie à inventorier. Cicindela hybrida, espèce prédatrice localisée aux zones sableuses, est bien présente sur le site. On y observe aussi Anomala dubia, un cousin des hannetons aux mœurs psammophiles, de même que la cétoine dorée Cetonia aurata. Trois coccinelles spécialisées sont cantonnées aux landes à callunes: Exochomus nigromaculatus, ou coccinelle noire, y paraît assez abondante; Chilocorus bipustulatus, la coccinelle des landes, beaucoup plus discrète et observée seulement en individus isolés; enfin, Coccinella hieroglyphica, la coccinelle à hiéroglyphes, vient d'être découverte en septembre 2016 sur le site, cette dernière n'ayant plus été signalée du Hainaut depuis longtemps.

Représentés par une dizaine d'espèces, les orthoptères possède à la Grande Bruyère trois éléments particulièrement intéressants: Myrmeleotettix maculatus, espèce pionnière largement dominante sur le site, Tetrix ceperoi, autre pionnière liée aux ornières et dépressions humides sur sables, découvert en 2003 par J.-F. Godeau, et Chorthippus mollis, criquet rare et très localisé en Wallonie où il occupe exclusivement les landes à bruyères.

Plus de vingt espèces de lépidoptères (ou papillons de jour) ont été recensées à ce jour, la plupart étant banales et répandues dans la région. Il faut cependant souligner l'observation récente de deux papillons forestiers vulnérables, le grand mars changeant (Apatura iris) et le petit mars changeant (Apatura ilia).

Monument naturel

Intérêt géologique: non traité.

Monument historique

A compléter

Histoire du site

Occupation du site au 18e siècle: lande à bruyère.
Occupation du site avant exploitation: lande à callune.
Ancien exploitant:
Matériau(x) extrait(s): sable.
Déroulement de l'exploitation:
Autorisation: 1971.
Fin: 1979 et 1982 pour le site sud.
Réaffectation prévue (dans autorisation):
Réaffectation effective: Remblayage partiel, création d'un circuit de motocross. RND.

Divers

Sources

SABLIERES

Répondants de l'information

A. REMACLE (FUSAGx).
J.-P. JACOB (AVES).
Barone, R. (Université de Mons-Hainaut, Laboratoire de Zoologie, Prof. P. Rasmont).