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27 - Heid des Gattes

Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB)

Synonymes :Heyd des Gattes - Hé des Gattes
Communes :Aywaille
Cantonnements DNF :Aywaille
Surface :116.5 ha
Coordonnées :X Lambert : 243950 - Y Lambert : 130912
Voir la localisation avec la cartographie dynamique
Rappel : toute circulation en dehors de la voie publique requiert l'accord préalable du propriétaire ou de son délégué.

Intro

Brève description

Dominant la rive droite de l'Amblève à Aywaille, la Heid des Gattes est sans doute l'un sites naturels les plus prestigieux du patrimoine wallon. Et pourtant, cette falaise relique a bien failli disparaître à tout jamais. En effet, dès le début du 20ème siècle, une bonne partie du versant de la vallée fut entamée par deux carrières, le Goiveux et la Falize, qui se sont progressivement étendues de part et d'autre de la Heid des Gattes si bien que celle-ci s'est finalement retrouvée prise en tenaille. De plus, la falaise étant instable par endroit, la rue du Halage qui passe à son seuil a été fermée pour des raisons évidentes de sécurité. Cette situation a engendré une autre menace sur la Heid des Gattes, à savoir l'abattage de pans entiers de roches, ce qui aurait causé d'irrémédiables dégâts à ce milieu exceptionnel. La nature lithologique variée de la falaise (grès, psammites, schistes, macignos) et son ensoleillement maximal ont favorisé le développement de végétations uniques pour la région. Le joyau botanique de la Heid des Gattes est évidemment la célèbre joubarbe d'Aywaille (Sempervivum funckii var. aqualiense), dont c'est la seule localité connue au monde! A ses côtés poussent bien d'autres raretés comme le lychnis visqueux (Lychnis viscaria), l'armoise champêtre (Artemisia campestris), la campanule étalée (Campanula patula), la doradille du Nord (Asplenium septentrionale), etc. En outre, les carrières, désaffectées depuis longtemps, abritent divers habitats complémentaires et dignes d'intérêt, dont une remarquable pelouse steppique à aster linosyris (Aster linosyris), des éboulis, des dépressions humides, quelques petits plans d'eau et même des chantoires. Véritable attraction locale, un troupeau de chèvres sauvages semble occuper ces zones accidentées depuis toujours en exerçant une action notable sur la végétation herbacée et arbustive. Tout autant que la flore, la faune locale est d'une exceptionnelle richesse, avec de nombreuses espèces rares, et fait l'objet d'observations nombreuses et continues. La Heid des Gattes est maintenant définitivement protégée par un statut de réserve naturelle agréée, dont le périmètre s'étend sur plus de 63 ha et englobe également les carrières du Goiveux et de la Falize, ainsi qu'une partie du bocage de la Redoute (à l'est) et du coteau de la Corniche (vers l'ouest). Un plan de gestion très détaillé a été élaboré par Ardenne et Gaume, le gestionnaire historique de la réserve. L'ensemble du versant est par ailleurs intégré au réseau Natura 2000 au sein du site BE33017 «Basse vallée de l'Amblève».

Carto

Régions naturelles

  • K2 - Calestienne orientale

Limites administratives

Ancienne(s) commune(s)SurfaceNouvelle(s) commune(s)Province(s)
AywailleAYWAILLELIEGE
Sougné-RemouchampsAYWAILLELIEGE

Cantonnements DNF

Cantonnement(s)SurfaceDirection(s)
AywailleLiège

Mentions dans d'autres inventaires de sites

A compléter

Site classé

Le rocher de la Heid des Gattes est classé par Arrêté Royal du 29 mai 1952.

Propriétaire(s)

Commune d'Aywaille et DNF

Privé(s) Non  ONG Non  Communes Oui  Région Oui  Autres publics Non

Gestionnaire

ASBL Ardenne & Gaume - Siège social : 79, Rue du Camp Romain - 5500 FURFOOZ - Conservateur: Jean-Michel Darcis

Web sites de la Heid des Gattes : http://ardenne-et-gaume.be/reserve-naturelle-de-la-heid-des-gattes/

http://www.heiddesgattes.be/ et http://www.heid-des-gattes.blogspot.com/

Service public de Wallonie, Département de la Nature et des Forêts, Cantonnement d'Aywaille, rue de la Reffe, 9, 4920 Remouchamps (Tél. : 04/247.99.90 - Fax : 04/384.82.77).

Sites protégés

Code du siteNom du siteSurface
6602Heid des Gattes63.3007 ha

Biotopes

Biotopes WalEUNIS

CodeNomReprésentativitéSurfaceSource
C1Eaux stagnantes
C1.14Tapis de charophytes des eaux oligotrophesBonnet & Darcis 2018
C2.1Sources et ruisseaux de sourceBonnet & Darcis 2018
C3.23Typhaies
E1.11Communautés à espèces annuelles et succulentes des substrats rocheux (détritiques) thermophiles (+/- calcarifères)N2000; Bonnet & Darcis 2018
E1.28Pelouses xériques des rochers calcaréo-siliceuxAN2000; Bonnet & Darcis 2018
E2.11aPâtures permanentes intensivesN2000
E2.11bPrairies pas ou peu fertiliséesBonnet & Darcis 2018
E2.22Prairies de fauche de basse altitude peu à moyennement fertiliséesN2000; Bonnet & Darcis 2018
E3.41Prairies de fauche humidesBonnet & Darcis 2018
E3.5Prairies humides oligotrophesBonnet & Darcis 2018
E5.2aOurlets xéro-thermophilesBonnet & Darcis 2018
E5.3PtéridaiesBonnet & Darcis 2018
E5.6Végétations rudérales
F3.11Fourrés sur sols neutroclines à acidoclines, fraisBonnet & Darcis 2018
F3.1bFourrés thermophiles calcairesBonnet & Darcis 2018
FA.2Haies d'espèces indigènes, taillées régulièrementBonnet & Darcis 2018
FA.3Haies bien développées, riche en espècesBonnet & Darcis 2018
G1.211Frênaies-aulnaies des ruisselets et des sourcesBonnet & Darcis 2018
G1.212Aulnaies-frênaies des cours d'eau rapidesBonnet & Darcis 2018
G1.61Hêtraies acidophiles médio-européennesN2000
G1.63aHêtraies neutrophiles médio-européennes à méliqueN2000; Bonnet & Darcis 2018
G1.87aChênaies acidophiles médio-européennes non thermophilesBonnet & Darcis 2018
G1.911bBoulaies de colonisation ou de dégradation, à l'exception des boulaies tourbeuses et des chênaies-pédonculées à bouleauBonnet & Darcis 2018
G1.9aForêts mélangées à bouleau, tremble, sorbier des oiseleurs et/ou saule marsaultN2000; Bonnet & Darcis 2018
G1.9bSaulaies de colonisation ou de recolonisation
G1.A15aChênaies-charmaies schisteuses à stellaireN2000; Bonnet & Darcis 2018
G1.A15bChênaies-charmaies xérophiles famenniennesN2000; Bonnet & Darcis 2018
G1.A17Chênaies-charmaies subatlantiques calciphilesN2000
G1.A1cbChênaies-charmaies subatlantiques acidoclines de substitution de la hêtraieN2000
G1.A1dbChênaies-frênaies subatlantiques neutrophiles - substitution à la hêtraieN2000; Bonnet & Darcis 2018
G1.A41aErablaies-tillaies à scolopendreBonnet & Darcis 2018
G1.C3Peuplements de robinierBonnet & Darcis 2018
G3.FcbPlantations de conifères, neutroclines à neutrophiles hormis celles en milieu humide ou en fond de valléeBonnet & Darcis 2018
G5.1aaForêts alluviales linéaires dégradéesBonnet & Darcis 2018
H1.7aMines et tunnels souterrains désaffectésBonnet & Darcis 2018
H2.3aEboulis siliceux des substrats peu acides à [Galeopsis ladanum]N2000
H2.3bEboulis rocheux siliceux des substrats franchement acides à [Galeopsis segetum] et très rarement [Cryptogramma crispa]Bonnet & Darcis 2018
H2.6aEboulis calcaires ensoleillés à [Rumex scutatus]Bonnet & Darcis 2018
H3Rochers et falaises
H3.1bVégétation des fentes de rochers siliceux moins acides, dolomitiquesN2000; Bonnet & Darcis 2018
H3.4aFalaises intérieures suintantes calcaires avec et sans dépôts de tufsBonnet & Darcis 2018
H3.5Dalles rocheusesBonnet & Darcis 2018
J2.5Murs, clôtures, barrièresBonnet & Darcis 2018
J3.3Carrières et sablières abandonnées
X08Mosaïques rurales, consistant en des bois, des haies, des pâtures et des culturesBonnet & Darcis 2018
X09Bois pâturés (avec une couverture d'arbres surmontant la pâture)Bonnet & Darcis 2018

Espèces

Espèces de valeur patrimoniale

TaxonStatut de protectionListe rougeStatutAnnéeRep*ProtectionSource
Animaux - Vertébrés - Mammifères
Eliomys quercinusOuiNon2021C. Thomas
Eptesicus serotinusOuiOuiPrésence estivale2011P. Nyssen
Myotis brandtiiOuiOuiZone de chasse2011GT Plecotus
Myotis daubentoniiOuiOuiHivernant2021S. Pirotte
Myotis myotisOuiOui2017J. Preud'homme
Myotis mystacinusOuiNonHivernant2021D. Gailly, S. Pirotte
Myotis nattereriOuiOuiHivernant2016S. Pirotte, V. Demeuse
Nyctalus noctulaOuiOuiPrésence estivale2021Divers obs.
Pipistrellus pipistrellusOuiOuiPrésence estivale2011P. Nyssen
Rhinolophus ferrumequinumOuiOuiHivernant2021Divers obs.
Animaux - Vertébrés - Oiseaux
Bubo buboOuiOuiNicheur2021Divers obs.
Corvus coraxOuiOui2021Divers obs.
Corvus monedulaOuiNonNicheur (5-10 couples)2021Divers obs.
Dendrocopos mediusOuiNon2017D. Rabosée, J. Preud'homme
Dryocopus martiusOuiNon2021Divers obs.
Falco peregrinusOuiOuiNicheur2021Divers obs.
Pernis apivorusOuiNon2021Divers obs.
Animaux - Vertébrés - Amphibiens
Alytes obstetricansOuiNonRepr.2021Divers obs.
Bufo bufoOuiNonRepr.2021Divers obs.
Ichthyosaura alpestrisOuiNonRepr.2021Divers obs.
Lissotriton helveticusOuiNonRepr.2021Divers obs.
Rana temporariaOuiNonRepr.2021Divers obs.
Salamandra salamandraOuiNonRepr.2021Divers obs.
Animaux - Vertébrés - Reptiles
Anguis fragilisOuiNon2021Divers obs.
Coronella austriacaOuiOui2021Divers obs.
Natrix natrixOuiOui2021Divers obs.
Podarcis muralisOuiNonabondant2021Divers obs.
Invertébrés - Insectes - Papillons diurnes
Apatura iliaNonNon2020Divers obs.
Apatura irisNonNon2018Divers obs.
Aporia crataegiNonNon2020Divers obs.
Argynnis aglajaNonOui2013
Boloria euphrosyneOuiOui2011J.-M. Darcis, C. Devillers
Callophrys rubiNonNon2019Divers obs.
Erynnis tagesNonNon2021Divers obs.
Issoria lathoniaOuiNon2011E. Steckx
Lasiommata maeraNonOui2021Divers obs.
Melanargia galatheaNonNon2021Divers obs.
Nymphalis polychlorosNonNon2020Divers obs.
Pyrgus malvaeNonOui2021Divers obs.
Satyrium pruniNonNon2012E. Steckx, C. Devillers
Satyrium w-albumOuiNon2020Divers obs.
Spialia sertoriusNonNon2020Divers obs.
Invertébrés - Insectes - Papillons nocturnes
Arctia villica2010R. Cors
Bembecia ichneumoniformis2011E. Steckx
Calyciphora albodactylus2015C. Van Steenwinkel
Euplagia quadripunctaria2021Divers obs.
Proserpinus proserpina2019Divers obs.
Siona lineata2011E. Steckx
Thyris fenestrella2011E. Steckx
Invertébrés - Insectes - Libellules
Ischnura pumilioNonNon2010R. Cors, C. Devillers
Onychogomphus forcipatusNonNon2019C. Devillers et al.
Orthetrum coerulescensOuiNon2020Divers obs.
Sympecma fuscaOuiNon2007C. Devillers
Sympetrum danaeNonNon2013C. Devillers
Invertébrés - Insectes - Coléoptères
Cetonia aurata2021Divers obs.
Chilocorus bipustulatus2010C. Devillers
Coccinella quinquepunctata2011G.T. Coccinula; E. Steckx
Lebia cruxminor2011E. Steckx
Invertébrés - Insectes - Orthoptères
Chorthippus vagans2021Divers obs.
Gomphocerippus rufus2021Divers obs.
Oedipoda caerulescens2021Divers obs.
Tetrix bipunctata2010R. Cors
Invertébrés - Insectes - Hyménoptères
Andrena hattorfiana2011E. Steckx
Andrena vaga2011C. Devillers, S. Bertrand
Anthidium oblongatum2011A. Remacle, C. Devillers
Anthidium punctatum2020A. Remacle, C. Devillers et al.
Aphaenogaster subterranea2011P. Wegnez
Coelioxys mandibularis2020C. Mestdagh, J. Hendrix
Temnothorax affinis2011P. Wegnez
Invertébrés - Insectes - Diptères
Clitellaria ephippium2008C. Devillers
Volucella inflata2008C. Devillers
Invertébrés - Insectes - Hémiptères
Aellopus atratus2011C. Devillers
Coranus subapterus2011C. Devillers
Horvathiolus superbus2011C. Devillers
Leptopus marmoratus2011C. Devillers
Melanocoryphus albomaculatus2021C. Devillers, R. Cors
Phymata crassipes2011C. Devillers
Prostemma guttula2011C. Devillers
Rhynocoris erythropus2011J.-M. Darcis, C. Devillers
Sciocoris homalonotus2011C. Devillers, S. Bertrand
Plantes - Plantes supérieures
Arabis hirsuta2021Divers obs.
Artemisia campestris2021ADivers obs.
Asplenium adiantum-nigrum2021Divers obs.
Asplenium septentrionale2021Divers obs.
Aster linosyris2021ADivers obs.
Berberis vulgaris2021Divers obs.
Calamagrostis arundinacea2014F. Wyzen
Campanula patula2021ADivers obs.
Campanula persicifolia2020Divers obs.
Carex digitata2007O. Schott
Catapodium rigidum2021Divers obs.
Centaurium erythraea2021Divers obs.
Cephalanthera damasonium2021Divers obs.
Ceterach officinarum2021Divers obs.
Coincya monensis subsp. cheiranthos2021J.-M. Darcis et al.
Cornus mas2021Divers obs.
Cotoneaster integerrimus2021Divers obs.
Crepis foetida
Crepis vesicaria subsp. taraxacifolia2019Divers obs.
Dactylorhiza fuchsii> 100 pieds2021Divers obs.
Dactylorhiza maculata2020S. Rouxhet
Dianthus armeria2020Divers obs.
Festuca heteropachys2021Divers obs.
Fragaria viridis2016Divers obs.
Galeopsis angustifolia2021Divers obs.
Galeopsis segetum2021J.-M. Darcis et al.
Geranium rotundifolium2020Divers obs.
Hieracium glaucinum2021J.-M. Darcis et al.
Isolepis setacea2004A. Remacle
Juniperus communis2 pieds mourants2010S. Pirotte
Lychnis viscaria2021ADivers obs.
Melica ciliata2021Divers obs.
Melica nutans2020Divers obs.
Minuartia hybrida2000J. Saintenoy-Simon, J. Duvigneaud
Neottia nidus-avis2021Divers obs.
Neottia ovata2021Divers obs.
Ophrys apiferamax. 2000 pieds2021Divers obs.
Orchis mascula2021Divers obs.
Orchis militaris2004A. Remacle
Platanthera chlorantha2012A.-L. Janssen
Polystichum aculeatum2021Divers obs.
Pulmonaria montana2020Divers obs.
Pyrus pyraster2021Divers obs.
Rhamnus cathartica2021Divers obs.
Rosa micrantha2001J. Saintenoy-Simon, J. Duvigneaud
Rosa spinosissima2000J. Saintenoy-Simon, J. Duvigneaud
Rosa tomentosa2001Saintenoy-Simon & Duvigneaud (1989)
Saxifraga granulata2021J.-M. Darcis et al.
Sempervivum funckii var. aqualienseabondant2021ADivers obs.
Seseli libanotis2019Divers obs.
Silene nutans2021ADivers obs.
Sorbus torminalis2020Divers obs.
Vincetoxicum hirundinaria2021Divers obs.
Algues
Chara vulgaris2021J.-M. Darcis et al.

Commentaires sur la flore

Plantes vasculaires (données J. Saintenoy-Simon et J. Duvigneaud, 1995-2000; A. Remacle, 2004; J.-M. Darcis + divers obs. 2000-2021): Abutilon theophrasti, Acer campestre, Acer platanoides, Acer pseudoplatanus, Achillea millefolium, Adoxa moschatellina, Agrimonia eupatoria, Agrostis capillaris, Ajuga reptans, Alchemilla xanthochlora, Alliaria petiolata, Allium schoenoprasum, Allium vineale, Alnus glutinosa, Alnus incana, Alopecurus pratensis, Anemone nemorosa, Anisantha sterilis (= Bromus sterilis), Anisantha tectorum (= Bromus tectorum), Anthoxanthum odoratum, Apera interrupta, Aquilegia vulgaris, Arabidopsis thaliana, Arabis hirsuta, Arenaria serpyllifolia, Arrhenatherum elatius, Artemisia campestris, Artemisia vulgaris, Arum maculatum, Asplenium adiantum-nigrum, Asplenium ceterach (= Ceterach officinarum), Asplenium ruta-muraria, Asplenium scolopendrium, Asplenium septentrionale, Asplenium trichomanes, Athyrium filix-femina, Avenella flexuosa (= Deschampsia flexuosa), Barbarea intermedia, Barbarea vulgaris, Bellis perennis, Berberis vulgaris, Betonica officinalis, Betula pendula, Betula pubescens, Brachypodium sylvaticum, Briza media, Bromus erectus, Bromus hordeaceus, Calamagrostis epigejos, Calamagrostis arundinacea, Campanula patula, Campanula persicifolia, Campanula rapunculus, Campanula rotundifolia, Campanula trachelium, Cardamine amara, Cardamine flexuosa, Cardamine hirsuta, Cardamine impatiens, Cardamine pratensis, Carduus nutans, Carex acutiformis, Carex caryophyllea, Carex demissa, Carex digitata, Carex divulsa, Carex flacca, Carex pallescens, Carex pendula, Carex remota, Carex spicata, Carex sylvatica, Carlina vulgaris, Carpinus betulus, Castanea sativa, Catapodium rigidum, Cephalanthera damasonium, Centaurium erythraea, Centaurea jacea s.l., Centhranthus ruber, Cerastium fontanum, Cerastium glomeratum, Cerastium pumilum, Chaenorrhinum minus, Chaerophyllum temulum, Chenopodium album, Circaea lutetiana, Cirsium palustre, Cirsium vulgare, Clematis vitalba, Clinopodium vulgare, Coincya monensis subsp. cheiranthos, Convolvulus arvensis, Cornus mas, Cornus sanguinea, Corydalis solida, Corylus avellana, Cotoneaster horizontalis, Cotoneaster integerrimus, Crataegus germanica (= Mespilus germanicus), Crataegus laevigata, Crataegus monogyna, Crepis biennis, Crepis capillaris, Crepis foetida, Crepis vesicaria subsp. taraxacifolia, Cruciata laevipes, Cytisus scoparius, Cynosurus cristatus, Dactylis glomerata, Dactylorhiza fuchsii, Dactylorhiza maculata, Danthonia decumbens, Daucus carota, Deschampsia cespitosa, Dianthus armeria, Digitalis purpurea, Dipsacus fullonum, Dryopteris filix-mas, Dryopteris carthusiana, Echinochloa crus-galli, Echium vulgare, Epilobium hirsutum, Equisetum arvense, Equisetum palustre, Erigeron acris (= acer), Erigeron annuus, Erodium cicutarium, Erophila verna, Eupatorium cannabinum, Euphorbia amygdaloides, Euphorbia cyparissias, Euphorbia helioscopia, Euphorbia lathyris, Festuca heteropachys, Festuca rubra, Fagus sylvatica, Ficaria verna (= Ranunculus ficaria), Fragaria vesca, Fragaria viridis, Frangula alnus, Fraxinus excelsior, Fumaria sp., Galeopsis angustifolia, Galeopsis segetum, Galeopsis tetrahit, Galium mollugo, Galium odoratum (= Asperula odorata), Galium verum, Geranium columbinum, Geranium dissectum, Geranium molle, Geranium robertianum, Geranium rotundifolium, Geranium sylvaticum, Geum urbanum, Glechoma hederacea, Hedera helix, Helianthemum nummularium, Helleborus foetidus, Hieracium glaucinum, Hieracium lachenalii, Hieracium murorum, Hieracium sabaudum, Hieracium umbellatum, Holcus lanatus, Holcus mollis, Humulus lupulus, Hylotelephium telephium (= Sedum telephium), Hypericum humifusum, Hypericum maculatum, Hypericum perforatum, Hypochaeris radicata, Inula conyzae, Ilex aquifolium, Isolepis setacea, Juglans regia, Juncus articulatus, Juncus bulbosus, Juncus inflexus, Juniperus communis, Knautia arvensis, Lamium galeobdolon, Lamium purpureum, Lapsana communis, Lathyrus linifolius, Lathyrus pratensis, Lepidium campestre, Leontodon hispidus, Leontodon autumnalis, Leucanthemum vulgare, Linum catharticum, Linaria vulgaris, Lolium perenne, Lonicera peryclimenum, Lotus corniculatus, Lunaria annua, Luzula campestris, Luzula luzuloides, Luzula sylvatica, Lycopus europaeus, Lysimachia arvensis (= Anagallis arvensis), Lysimachia nemorum, Lysimachia nummularia, Lysimachia vulgaris, Lythrum salicaria, Mahonia aquifolium, Malus sylvestris, Malva moschata, Melica uniflora, Melica nutans, Melica ciliata, Mentha suaveolens, Minuartia hybrida, Molinia caerulea, Muscari botryoides, Myosotis ramosissima, Narcissus pseudonarcissus, Nasturtium officinale, Neottia ovata, Neottia nidus-avis, Oenothera deflexa, Ononis repens, Ophrys apifera, Orchis mascula, Orchis militaris, Origanum vulgare, Oxalis acetosella, Paris quadrifolia, Phragmites australis, Picris hieracioides, Pilosella officinarum (= Hieracium pilosella), Pilosella piloselloides s.l. (= Hieracium piloselloides + bauhinii), Pimpinella saxifraga, Plantago lanceolata, Plantago major, Plantago media, Platanthera chlorantha, Poa annua, Poa compressa, Poa nemoralis, Polygala vulgaris, Polygonum aviculare, Polypodium vulgare, Polygonatum multiflorum, Polystichum aculeatum, Populus tremula, Potentilla anserina, Potentilla argentea, Potentilla sterilis, Potentilla verna (= neumanniana), Primula elatior, Primula veris, Prunella vulgaris, Prunus avium, Prunus padus, Prunus spinosa, Pseudotsuga menziesii, Pulicaria dysenterica, Pulmonaria montana, Pyrus pyraster, Quercus petraea, Quercus robur, Ranunculus bulbosus, Ranunculus flammula, Reseda luteola, Rhamnus cathartica, Rhinanthus minor, Ribes rubrum, Ribes uva-crispa, Rosa arvensis, Rosa canina, Rosa micrantha, Rosa rubiginosa, Rosa spinosissima, Rubus sp., Rumex scutatus, Rumex acetosa, Rumex acetosella, Salix caprea, Salix purpurea, Sambucus nigra, Sambucus racemosa, Sanguisorba minor, Saxifraga granulata, Scabiosa columbaria, Scleranthus annuus, Scrophularia nodosa, Sedum album, Sedum rupestre, Sempervivum funckii var. aqualiense, Senecio erucifolius, Senecio jacobaea, Senecio inaequidens, Senecio sylvaticus, Senecio viscosus, Senecio vulgaris, Seseli libanotis, Silene dioica, Silene vulgaris, Silene nutans, Sisymbrium officinale, Solanum dulcamara, Solanum nigrum, Solidago virgaurea, Sonchus asper, Sorbus aucuparia, Sorbus torminalis, Stachys sylvatica, Stellaria graminea, Stellaria holostea, Stellaria media, Stellaria alsine, Succisa pratensis, Tanacetum parthenium, Tanacetum vulgare, Teucrium scorodonia, Thymus pulegioides, Tilia platyphyllos, Tragopodon pratensis, Trifolium arvense, Trifolium campestre, Trifolium dubium, Trifolium medium, Trifolium pratense, Trifolium repens, Trigonella alba (= Melilotus albus), Trisetum flavescens, Tussilago farfara, Typha angustifolia, Typha latifolia, Ulmus glabra, Urtica dioica, Vaccinium myrtillus, Valerianella locusta, Valeriana officinalis (= repens), Verbascum lychnitis, Verbascum nigrum, Verbascum thapsus, Verbena officinalis, Veronica acinifolia, Veronica anagallis, Veronica arvensis, Veronica beccabunga, Veronica chamaedrys, Veronica hederifolia, Veronica officinalis, Veronica serpyllifolia, Viburnum opulus, Vicia cracca, Vicia hirsuta, Vicia sativa, Vicia sepium, Vinca minor, Vincetoxicum hirundinaria, Viola hirta, Viola odorata, Viola reichenbachiana, Viola riviniana, Viscaria vulgaris (= Lychnis viscaria), Viscum album, Vulpia myuros.

Espèces exotiques

Plantes: Abutilon theophrasti, Allium schoenoprasum, Alnus incana, Centhranthus ruber, Cotoneaster horizontalis, Erigeron annuus, Hieracium bauhinii, Juglans regia, Lunaria annua, Mahonia aquifolium, Oenothera deflexa, Pseudotsuga menziesii, Robinia pseudoacacia, Senecio inaequidens, Tanacetum parthenium, Trigonella alba (= Melilotus albus).

Animaux: Cydalima perspectalis, Harmonia axyridis.

Conservation

Objectifs de conservation

Conservation d'une des dernières falaises psammitiques naturelles de Belgique et de la flore associée. Protection de la joubarbe d'Aywaille (Sempervivum funckii var. aqualiense), seule espèce de plante endémique du pays.

Menaces

Des éboulis ont nécessité le peignage des rochers (1992). En de nombreux endroits, la roche est instable et de nouvelles chutes de pierres sont à craindre.

Recommandations

A compléter

Plan de gestion

Un plan de gestion très complet figure dans le dossier d'agrément. Il prévoit les actions suivantes :
- le dégagement des peuplements de Cotoneaster integerrimus; de Campanula patula et de Sempervirens funckii var. aqualiense ;
- le débroussaillement du pied des rochers ;
- l'élimination des fourrés de prunelliers et de genêts à balais ;
- l'extirpation de la clématite des haies envahissant les éboulis ;
- la restauration progressive de la fontaine de Pied Vache ;
- la remise en état du sentier qui parcourt la réserve.
Le site est parcouru par un troupeau de chèvres sauvages qui participent en quelque sorte à la gestion de la réserve.

Accès du public

Accès difficile et parfois dangereux (chutes de pierres sur la route en contre-bas). Des visites guidées sont néanmoins organisées par Ardenne et Gaume.

Un livret-guide botanique a été réalisé fin des années 1980 (SAINTENOY-SIMON & DUVIGNEAUD, 1989).

Plus récemment, un topoguide décrivant les richesses naturelles du site et de ses environs a été édité par Ardenne et Gaume (JANSSEN, 2014).

Détails

Description physique

Le versant droit de l'Amblève entre Sougné-Remouchamps et Aywaille s'étend sur près de 2500 m depuis la côte de La Redoute, à l'est, et le ravin de Nierbonchera, à l'ouest. Il domine d'une centaine de mètres cet affluent de l'Ourthe et présente des pentes escarpées d'exposition sud à sud-est selon les endroits. Les affleurements sont constitués de psammites et de grès famenniens (assises d'Esneux et de Montfort), ces derniers marquant le bord méridional du synclinal de Comblain-au-Pont et donc la limite du Condroz. Ces grès et psammites ont été abondamment exploités au cours des deux derniers siècles, en particulier au sein des carrières du Goiveux et de la Falize. Entre ces deux importantes carrières, aujourd'hui désaffectées, les rochers de la Heid des Gattes font figure de dernier des Mohicans, dans le sens où ils ont échappé à l'appétit des carriers et représentent les ultimes affleurements naturels de cette partie de la vallée de l'Amblève. Le versant abrite en outre divers phénomènes karstiques et notamment plusieurs chantoire au nord-est de la Falize.

Les descriptions exposées ici sont basées sur les informations fournies par SAINTENOY et DUVIGNEAUD (1989) et sur celles réunies par A. Remacle dans le cadre de l'inventaire des carrières et sablières désaffectées de Wallonie.

La Heid des Gattes montre une diversité de roches et de substrats assez remarquable. Du sud vers le nord se succèdent des bancs de macignos noduleux dits de Souverain-Pré (partie supérieure de l'assise d'Esneux), puis des psammites en gros bancs, généralement dépourvus d'intercalations schisteuses (assise de Montfort). A côté d'affleurements nettement siliceux, on décèle à certains niveaux du Famennien la présence de faciès légèrement calcarifères. Des psammites nettement siliceux, des psammites légèrement calcarifères, des macignos bien plus riches encore en CaCO3, voire des schistes, peuvent voisiner ici sur une surface réduite. La vallée de l'Amblève, sur sa rive droite, a recoupé les affleurements de psammites famenniens perpendiculairement aux surfaces de stratification, comme dans un abrupt de cuesta. La falaise montre des avancées en forme de tours coupées de replats étagés, des ravins, un talus formé d'éboulis en contrebas des affleurements. Vers le haut de la falaise apparaît un versant très pentu; au sommet, vers le hameau de Sur la Heid, un versant remodelé par l'homme. Le flanc de la Heid des Gattes est très escarpé, avec 160 m de dénivellation, et exposé au sud-est.

La carrière de Goiveux a été creusée au début du 20ème siècle dans le versant droit de la vallée de l'Amblève, à cheval sur les anciennes communes d'Aywaille et de Sougné-Remouchamps. Elle jouxte vers l'est la Heid des Gattes, dernier affleurement rocheux non exploité dans la région. On y a extrait du grès famennien de la Formation de Montfort (principalement). Cette carrière à flanc de versant est nettement moins étendue que la carrière de la Falize ouverte de l'autre côté de la Heid des Gattes. L'excavation, accessible par un chemin carrossable, est scindée en deux parties par un éperon utilisé anciennement pour la montée des wagonnets chargés des haldes à déverser sur le terril localisé juste au nord (cf ci-après). Le front de taille est élevé (plus de 50 m) et sujet aux éboulements, comme en témoignent les accumulations de gros blocs au pied du front d'exploitation. La partie occidentale présente deux fosses, bien visibles sur la carte IGN: la plus grande, localisée vers l'est, est profonde d'une vingtaine de m et arborée; l'autre est plus chaotique; la sortie de la pierre se faisait par wagonnets via un passage souterrain dont on distingue encore l'entrée dans la fosse orientale. Cette partie, où arrive le chemin d'accès, a subi quelques aménagements réalisés par ses occupants: des barrières rudimentaires en bois, plus ou moins détruites en 2004, empêchaient l'accès à certains secteurs dangereux de la falaise; des suintements en bas de la falaise alimentent un réseau de mares peu profondes (moins de 20 cm), créé par l'ancien occupant de cette partie. Dans la partie orientale de la carrière ont été construites les volières d'une sorte de centre de revalidation pour rapaces (grand-duc notamment). Des animaux de basse-cour (poules, dindons, oies) y circulent librement. Les haldes sont principalement réparties en contrebas de l'excavation, sur le versant où subsistent plusieurs vestiges d'infrastructures. Cette pente couverte de déblais est plus ou moins colonisée par des ligneux selon les endroits. Comme la carrière de la Falize et la Heid des Gattes, cette carrière est fréquentée par un troupeau de chèvres sauvages qui y réalise un pâturage extensif (en 2003). La pression anthropique est forte: le site est habité (anciens bâtiments techniques) et visité occasionnellement, entre autres par des classes. En 2004, il y avait aussi des traces d'engins (prélèvements de pierres au pied de la paroi rocheuse). Malgré cela, les déchets sont peu abondants et surtout visibles dans l'une des deux fosses creusées dans le radier de la partie occidentale. Une place de brûlage est notée près du bâtiment habité dans la partie ouest. D'anciens bâtiments d'exploitation localisés dans le bas sont réaffectés: habitation, discothèque.

Le terril de la carrière de Goiveux est localisé sur le haut du versant droit de la vallée de l'Amblève, entre Aywaille et Sougné, au lieu-dit Sur la Heid. Il est situé au nord de la petite route rejoignant le Belvédère, la carrière de Goiveux étant localisée au sud de cette route, sur le versant abrupt de la vallée, juste à l'ouest de la Heid des Gattes. Les déblais sont en majorité constitués de grès du Famennien de la Formation de Montfort. Ce site correspond à une accumulation de déblais provenant de la carrière de Goiveux toute proche. Il consiste en une butte allongée dans l'axe est-ouest, sur une longueur de près de 250 m. La hauteur de ce terril par rapport aux environs est variable selon les endroits; elle peut atteindre 25 m vers l'ouest. Le haut de la butte est occupé par un replat plus ou moins étroit et assez envahi par les ligneux. Sur le flanc sud subsiste un mur élevé, édifié en pierres gréseuses (peut-être en voie de démolition en 2003, à moins qu'il ne s'agisse d'une altération naturelle), au-dessus duquel arrivaient les wagonnets remplis de déblais. Ce mur est localisé juste en face d'un petit bâtiment carré situé dans le pré au sud du chemin (visible sur la carte IGN). Le flanc nord de cette longue butte est nettement plus arboré que le flanc sud qui a fait l'objet, à différents endroits, de prélèvements de pierres; de petites excavations se sont ainsi créées le long de la route, avec des terre-pleins colonisés notamment par des nitrophytes. Un sentier a été plus ou moins aménagé (avec escaliers rudimentaires) pour atteindre le sommet du terril vers l'ouest. Ce terril est vraisemblablement parcouru par le troupeau de chèvres sauvages qui fréquente le versant de la vallée, de la carrière de Goiveux à celle de la Falize. Il longe une voie de promenade fréquentée, qui permet de rejoindre soit le belvédère et la vallée de l'Amblève, soit le ravin de Nierbonchera (Roche sanglante). Plusieurs sentiers escaladent le flanc sud; un autre parcourt une partie du sommet du terril. Quelques déchets inertes et autres sont observés localement ainsi que plusieurs places à feu.

La carrière de la Falize s'étend sur près de 800 m de long pour 450 m de large et a entamé une grande partie du versant droit de l'Amblève à l'est de la Heid des Gattes. Elle fut ouverte dès 1889 pour la production de pavés, moellons et dalles ornementales, dans les mêmes affleurements famenniens que ceux qui composent la falaise de la Heid des Gattes. Du sud vers le nord se succèdent des bancs de macignos noduleux (partie supérieure de l'assise d'Esneux) puis des psammites en gros bancs généralement dépourvus d'intercalations schisteuses (assise de Montfort). À côté d'affleurements nettement siliceux, apparaissent des faciès plus ou moins calcarifères. L'hétérogénéité de la roche est étonnante: ainsi voisinent des psammites siliceux ou légèrement calcarifères, des macignos riches en CaCO3, des schistes... Actuellement, cette carrière désaffectée présente une physionomie très accidentée avec fronts d'exploitation se présentant comme des falaises verticales, paliers horizontaux d'évacuation des roches, accumulations d'éboulis, et de-ci de-là des ilots rocheux épargnés.

Description biologique

La Heid des Gattes compte parmi les sites naturels les plus prestigieux de Wallonie, notamment en tant que localité unique de la fameuse joubarbe d'Aywaille, réputée seule plante endémique belge. Au sens strict, la Heid des Gattes correspond à la réserve naturelle administrée depuis plusieurs décennies par Ardenne et Gaume et qui avait pour but de protéger de l'appétit des carriers l'un des tous derniers affleurements naturels de la vallée de l'Amblève. En 2011, la réserve naturelle historique (8 ha) a été fortement étendue et englobe à présent les anciennes carrières du Goiveux et de la Falize. Le site et ses innombrables richesses biologiques ont été documentés à de multiples reprises dans la littérature (e.a. DARIMONT, 1945; DUVIGNEAUD & SAINTENOY-SIMON, 1988; SAINTENOY-SIMON & DUVIGNEAUD, 1989; voir aussi JANSSEN, 2014).

La présente fiche regroupe donc la Heid des Gattes au sens strict, la carrière du Goiveux (anc. SGIB 1626 et 1627) ainsi que la carrière de la Falize (anc. SGIB 1285) qui constituent donc la RNA actuelle, mais également les secteurs périphériques hors réserve (coteau de la Corniche et bocage de la Redoute) soit un périmètre porté à plus de 116 ha. Outre le grand intérêt biologique de l'ensemble, ce regroupement est aussi justifié pour des raisons administratives, géologiques et géographiques. Ce périmètre héberge une richesse floristique exceptionnelle, tant par le nombre d'espèces recensées à ce jour (> 360 spp. de plantes vasculaires) que par la proportion d'éléments à haute valeur patrimoniale. La cartographie des différents biotopes actuellement reconnus dans les limites de la RNA est détaillée par BONNET & DARCIS (2018).

Heid des Gattes

Il s'agit d'une imposante falaise rocheuse naturelle dominant d'une cinquantaine de mètres la rive droite de l'Amblève et constituée principalement de grès à ciment calcaire finement stratifié. Ces roches marquent ici la limite sud du Condroz. Ils portent plusieurs habitats rares et d'une grande valeur patrimoniale.

Les pelouses qui occupent les fissures et les étroits replats de la falaise sont d'un intérêt absolument exceptionnel. Artemisia campestris, Lychnis viscaria, Aster linosyris, Festuca heteropachys y sont très abondants parmi une flore à la base déjà riche et diversifiée (Koelerio-Phleion phleoidis). Les fissures de la roche abritent également les fougères Ceterach officinarum, Asplenium septentrionale, A. adiantum-nigrum (Asplenietea rupestris).

Les replats sont occupés par Sedum album, Lepidium campestre, Barbarea intermedia, Sedum telephium subsp. fabaria et les rochers qui se trouvent au pied et à l'ouest de la Heid des Gattes sont couverts de peuplements de Sempervivum funckii var. aqualiense, taxon endémique dont ce site constitue l'unique station au monde.

Les pentes sèches qui se trouvent au sommet de la falaise portent des chênaies thermophiles à Poa nemoralis dans lesquelles Mespilus germanica est abondant. Pyrus pyraster, Sorbus torminalis, Cotoneaster integerrimus apparaissent là où la roche est riche en carbonates. Ce dernier arbuste forme des fourrés en lisière de la forêt, sur le sommet des rochers (Berberidion).

Les éboulis de bas de versant, le long de la route de Sougné-Remouchamps à Aywaille, sont occupés par des taillis dominés par Corylus avellana. Les éboulis les plus instables sont envahis par Clematis vitalba qui tend à se substituer aux espèces des pelouses et qui souligne l'évolution progressive du milieu vers une recolonisation forestière.

Des fourrés de Prunus spinosa et de Cytisus scoparius envahissent localement les pelouses qui annoncent un début de recolonisation forestière. Rosa tomentosa et Rosa spinosissima apparaissent çà et là (Prunetalia, Franguletalia). Ces fourrés évoluent au cours du temps vers des futaies mélangées à Tilia platyphyllos, Fraxinus excelsior, Acer pseudoplatanus, etc., dont la strate herbacée est dominée par Hedera helix avec aussi, dans la lisière, la rarissime Campanula patula.

En bordure nord du site, au sommet du versant, s'étendent des pâtures qui jouent le rôle de zone tampon, dans la direction du hameau de Sur la Heid. Elles sont entourées d'intéressantes haies de composition floristique variée. D'anciennes terrasses jadis pâturées ou cultivées sont recolonisées par des bois où abondent les espèces nitrophiles.

Plusieurs ravins creusés dans le versant sont occupés par une futaie mélangée à Acer campestre, Ulmus glabra, Tilia platyphyllos, Fraxinus excelsior, etc. (Fraxino-Aceretum).

Enfin, des suintements sont occupés par une frênaie riche en Athyrium filix-femina et Dryopteris carthusiana (Fraxino-Carpinion).

Le joyau du site, Sempervivum funckii var. aqualiense, la fameuse joubarbe d'Aywaille, a fait l'objet de recherches récentes, notamment par VAN ROSSUM et al. (2017) qui ont étudié la dynamique démographique pendant six ans (densité de rosette, production florale, succès reproductif, germination des graines et recrutement de semis), la pollinisation (insectes visiteurs et pollinisateurs potentiels) et la diversité génétique en utilisant des marqueurs ISSR de cette population exceptionnelle.

Outre les végétaux vasculaires, A. et O. SOTIAUX (1994) dressent un aperçu des mousses et hépatiques de la Heid des Gattes, dont la richesse en fait un des haut-lieu de la bryologie belge. De nombreux spécialistes s'y sont succédés, dès la fin du 19ème siècle. Une centaine d'espèce de bryophytes ont ainsi été recensées à ce jour. Les espèces les plus remarquables sont Grimmia ovalis, Grimmia affinis (non retrouvée récemment), Tortula atrovirens, Tortula canescens et Bryum elegans.

Carrière de Goiveux

Cette ancienne carrière ouverte à l'ouest de la Heid des Gattes a été décrite comme suit par A. Remacle, dans le cadre de l'inventaire des carrières et sablières désaffectées de Wallonie.

L'ancien radier de la carrière, qui forme un grand replat allongé sur le versant, est peu colonisé par les ligneux: Betula pendula, B. pubescens, Salix purpurea subsp. lambertiana, Alnus incana, Populus tremula, Crataegus monogyna, Cornus sanguinea, Cytisus scoparius, Clematis vitalba,... Les ligneux recépés au cours des années précédentes montrent toutefois de nombreuses repousses.

Sur ce replat au substrat compacté croît une végétation herbacée formant une friche où dominent les poacées Calamagrostis epigejos, Poa compressa et, aux endroits plus humides, Molinia caerulea, accompagnée d'abondants Carex demissa. Aster linosyris, plante rarissime en Wallonie mais bien présente à la Heid des Gattes et à la carrière de la Falize voisine, est abondante par endroits. On peut aussi y observer diverses espèces de pelouses, éventuellement calcicoles, des plantes prairiales et des espèces d'ourlets, mais aussi des pionnières des milieux anthropiques: globalement Helleborus foetidus, Helianthemum nummularium (très peu abondant), Sanguisorba minor, Potentilla neumanniana, Lotus corniculatus, Ononis repens, Melilotus albus, Linum catharticum, Polygala vulgaris, Pimpinella saxifraga, Daucus carota, Centaurium erythraea, Vincetoxicum hirundinaria, Echium vulgare, Origanum vulgare, Thymus pulegioides, Prunella vulgaris, Plantago lanceolata, Euphrasia sp., Veronica officinalis, Campanula rotundifolia, Galium mollugo, Hieracium pilosella, H. bauhinii, H. sabaudum, H. murorum, Carlina vulgaris, Erigeron acer, Leucanthemum vulgare, Centaurea jacea, Tanacetum vulgare, Eupatorium cannabinum, Picris hieracioides, Leontodon hispidus, Solidago virgaurea, Tussilago farfara, Carex flacca, Festuca sp., Brachypodium sylvaticum, les orchidées Orchis militaris, Ophrys apifera et Neottia ovata,...

Duvigneaud et Saintenoy-Simon (1988) y soulignaient la dominance de Brachypodium sylvaticum; actuellement elle ne semble plus être la poacée dominante sur le replat d'exploitation.

Les parties les plus humides du replat (partie occidentale), qui incluent les suintements et les petites mares, présentent une végétation herbacée composée de Juncus inflexus, J. articulatus, Typha latifolia (quelques tiges), Phragmites australis (une plage), Carex demissa, C. flacca, C. pendula, Isolepis setacea, Equisetum palustre, Eupatorium cannabinum, Cirsium palustre, Epilobium hirsutum, Dactylorhiza fuchsii,..., ainsi qu'une characée.

Les fronts d'exploitation montrent une végétation ligneuse très éparse: Betula pendula, Salix caprea, Cornus sanguinea, Corylus avellana, Rosa canina, mais aussi Clematis vitalba, Cytisus scoparius et des ronces. La végétation herbacée envahit très lentement les irrégularités de la roche, micro-replats et fissures: entre autres Sedum album, Teucrium scorodonia, Carlina vulgaris, Aster linosyris, Inula conyzae, Senecio inaequidens, Melica ciliata et les fougères Asplenium ruta-muraria et A. trichomanes.

Sur les hauteurs de la carrière du Goiveux, sur le rebord du plateau situé à l'ouest du hameau Sur la Hé, s'étend un terril carrier (anc. SGIB 1626) qui a été décrit comme suit par A. Remacle, dans le cadre de l'inventaire des carrières et sablières désaffectées de Wallonie.

Ce terril allongé est colonisé par divers ligneux arborescents et arbustifs, en particulier sur son flanc nord et dans une moindre mesure sur son sommet: Quercus robur, Corylus avellana, Prunus avium, Fraxinus excelsior, Cornus sanguinea, Prunus spinosa, Rosa canina, Hedera helix, Lonicera periclymenum, Cytisus scoparius,... La pente méridionale, encore bien ouverte, est envahie par d'abondantes Clematis vitalba.

La végétation herbacée est dispersée sur les pentes pierreuses, au contraire du replat sommital où elle peut être localement continue. Le pied du terril, le long du chemin, est colonisé par diverses espèces de friches. La strate herbacée globale comprend notamment: Dianthus armeria, Hypericum perforatum, Arabis hirsuta, Sedum album, S. telephium, Fragaria vesca, Agrimonia eupatoria, Sanguisorba minor, Rubus sp., Melilotus albus, Lotus corniculatus, Vicia cracca, V. sepium, Lathyrus pratensis, Trifolium arvense, T. pratense, T. campestre, T. repens, Geranium columbinum, Linum catharticum, Pimpinella saxifraga, Daucus carota, Vincetoxicum hirundinaria (plusieurs plages sur le replat sommital), Echium vulgare, Pulmonaria montana (sommet), Verbena officinalis, Galeopsis angustifolia, Teucrium scorodonia, Thymus pulegioides, Origanum vulgare, Clinopodium vulgare, Linaria vulgaris, Campanula trachelium, C. rapunculus, Galium mollugo, Centhranthus ruber, Valeriana repens, Dipsacus fullonum, Carlina vulgaris, Hieracium pilosella, H. bauhinii, H. murorum, H. lachenalii, Leucanthemum vulgare, Inula conyzae, Tanacetum vulgare, Senecio inaequidens, S. jacobaea, S. viscosus, Picris hieracioides, Artemisia vulgaris, Eupatorium cannabinum, Poa compressa, P. nemoralis, Melica ciliata, Festuca sp., Arrhenatherum elatius, Bromus sterilis, Trisetum flavescens, Brachypodium sylvaticum, Neottia nidus-avis (replat) et les fougères Dryopteris filix-mas, Polypodium vulgare et Asplenium trichomanes, surtout cantonnées au flanc nord.

Coteau de la Corniche

Prolongeant la Heid des Gattes vers l'ouest, jusqu'au ravin de Nierbonchera, le coteau de la Corniche est entièrement inscrit dans le réseau Natura 2000 mais seule la portion orientale, en contact avec la carrière du Goiveux, est comprise dans la réserve naturelle agréée. Les informations présentées ci-après proviennent pour l'essentiel des relevés floristiques effectués pour la cartographie du site Natura 2000 (O. Schott, 2007).

Ce versant tourné vers le sud est entièrement couvert de forêts, essentiellement des hêtraies et des chênaies-charmaies acidophiles à neutrophiles, seulement interrompues par quelques petits massifs de résineux.

Les différents groupements sont mélangés ce qui complique la caractérisation du couvert forestier. De façon schématique, selon les endroits on peut reconnaître les habitats suivants:  

- chênaies-frênaies subatlantiques neutrophiles (substitution à la hêtraie), chênaies-charmaies subatlantiques acidoclines (substitution à la hêtraie), chênaies-charmaies schisteuses à stellaire et chênaies-charmaies subatlantiques calciphiles, avec principalement, dans la strate arborée Quercus petraea, Acer pseudoplatanus, Castanea sativa, Fagus sylvatica, Carpinus betulus, Acer platanoides, Acer campestre et, en sous-bois Lonicera periclymenum, Hedera helix, Luzula sylvatica, Teucrium scorodonia, Carex sylvatica, Arum maculatum, Cornus sanguinea, ...

- hêtraies acidophiles médio-européennes et hêtraies neutrophiles médio-européennes à mélique, avec Fagus sylvatica, Quercus robur, Prunus avium, Fraxinus excelsior, Ilex aquifolium, Ribes uva-crispa, Corylus avellana, Polygonatum multiflorum, Luzula luzuloides, Melica uniflora, Dryopteris filix-mas, etc.

En bas de versant, certaines espèces calciphiles des frênaies alluviales peuvent abonder localement, comme Corydalis solida. On observe également en plusieurs points la fougère Polystichum aculeatum.

Carrière de la Falize

Contrairement à la falaise naturelle de la Heid des Gattes, cette vaste et ancienne carrière de la Falize abrite des milieux davantage influencés par les activités humaines mais non dénués d'intérêt, autant d'un point de vue scientifique que pédagogique. Des zones très contrastées y sont observées, telles par exemple la pelouse steppique, unique en Belgique, qui se développe sur le palier supérieur, les éboulis à végétation pionnière ou encore les dépressions marécageuses. D'autre part, la carrière abrite encore un ilot intact de rochers psammitiques non touché par les carriers et couvert de pelouses xériques. Les différents habitats rencontrés sont décrits succinctement ci-dessous, d'après SAINTENOY et DUVIGNEAUD (1989).

- Les affleurements psammitiques naturels portent une végétation diversifiée assez semblable à celle de la Heid des Gattes. On y rencontre l'association des rochers calcaires à Ceterach officinarum, l'association des rochers siliceux à Asplenium septentrionale et A. adiantum-nigrum, le groupement à Polypodium vulgare, un groupement ouvert à Sedum album, etc. En outre, la pelouse à Festuca heteropachys y est particulièrement développée. Il s'agit d'une zone relativement accessible et donc d'intérêt didactique.

- Le replat supérieur est colonisé localement par une pelouse ouverte sur substrat artificiel relativement récent, qui évolue très peu du fait de la nature compacte du sol et du pâturage régulier par des chèvres sauvages. Il s'agit d'une pelouse 'steppique' unique en Belgique, très proche de l'association à Festuca heteropachys des falaises siliceuses et fort pauvre en espèces annuelles; elle renferme des espèces du Koelerio-Phleion phleoidis dont Festuca heteropachys, Artemisia campestris, Carlina vulgaris, Aster linosyris, Lychnis viscaria, des espèces de sols compacts comme Carex flacca et Leontodon autumnalis, des espèces calcicoles thermophiles telles que Echium vulgare, Sanguisorba minor, Helianthemum nummularium, Origanum vulgare, Fragaria viridis, et des espèces de friches dont Galium mollugo, Plantago lanceolata, Lotus corniculatus, Hieracium bauhinii, H. piloselloides, Inula conyzae, etc.

- Les fronts d'exploitation de la carrière, formés de roches récemment mises à jour, portent une maigre végétation pionnière à Carex flacca, Tussilago farfara (e.a.), en particulier au niveau de suintements.

- Quelques zones marécageuses se sont formées sur les anciens paliers d'exploitation. Selon la profondeur de l'eau et le degré d'inondation, on observe deux types de colonisation végétale: une typhaie fragmentaire à Typha angustifolia, et une cariçaie basse à Carex flacca accompagné de C. demissa ainsi que de diverses mousses (Philonitis fontana,...).

- Les éboulis instables sont colonisés en premier lieu par un groupement à Rumex scutatus, auquel succède une colonisation préforestière due à Clematis vitalba; ces zones accueillent également des espèces comme Hieracium bauhinii, Helleborus foetidus, Melica ciliata, Carduus nutans, Vincetoxicum hirundinaria,.... La forêt est annoncée par plusieurs essences pionnières comme Salix caprea, S. purpurea et Betula pendula.

- Les replats schisteux et les éboulis portent des pelouses ouvertes à Sedum album, Erophila verna subsp. verna, Cerastium pumilum subsp. pallens, etc. ainsi que des pelouses à Vulpia myuros, Crepis polymorpha, Crepis foetida, Minuartia hybrida, Arenaria serpyllifolia, Poa compressa, Apera interrupta (pelouses du Thero-Airion fragmentaires).

- À l'est de la carrière est présent, le long des sentiers, un groupement assez clairsemé à Potentilla argentea, Dianthus armeria,...

Les chèvres sauvages, qui parcourent l'ensemble de la Heid des Gattes de façon tout à fait indépendante et autonome, participent à l'entretien naturel des différentes végétations du site.

La carrière de la Falize héberge nombre d'autres richesses et notamment des orchidées sauvages. Signalons par exemple Ophrys apifera, orchidée calcicole bien connue pour son caractère pionnier et appréciant donc particulièrement les carrières, peut fleurir en masse ici lors de certaines années favorables, comme ce fut le cas en 1996 où plus de 2000 pieds furent comptés par J. Berteau!

Du point de vue cryptogamique, signalons la découverte en février 2016 de Teloschistes chrysophthalmus, un lichen considéré comme disparu depuis plus d'un siècle du territoire belge. La réapparition de cette espèce thermophile-héliophile pourrait s'expliquer par la combinaison de deux facteurs: d'une part la réduction de la pollution atmosphérique acide depuis deux décennies, et d'autre part le réchauffement climatique (STECKX et CORHAY, 2016).

Plateau Sur la Heid

Au sommet du versant, un chemin longe le rebord du plateau en traversant un paysage bocager particulièrement attrayant, constitué d'une succession de prairies, de bosquets, de haies et d'arbres isolés. Une partie de cette zone a été intégrée dans la réserve naturelle agréée de la Heid des Gattes.

Plusieurs prairies sont de banales pâtures intensives, mais certaines renferment un cortège floristique intéressant et diversifié. C'est le cas de parcelles situées au sud du chemin, entre le crassier et le haut de la carrière du Goiveux, occupées par des éléments de prairies de fauche de basse altitude peu fertilisées. Les relevés réalisés en 2012 pour la cartographie N2000 (D. Kever) et en 2020 par Natagriwal (S. Rouxhet) comportent plus d'une cinquantaine d'espèces herbacées dont Anthoxanthum odoratum, Achillea millefolium, Pimpinella saxifraga, Agrostis capillaris, Veronica chamaedrys, Rumex acetosa, Rumex acetosella, Trifolium pratense, Bromus hordeaceus, Hypericum maculatum, Leucanthemum vulgare, Festuca rubra, Ranunculus bulbosus, Hypochaeris radicata, Galium verum, Trisetum flavescens, Luzula campestris, Centaurea jacea, Dactylorhiza maculata, Leontodon autumnalis, Senecio jacobaea, Malva moschata, Cynosurus cristatus, Origanum vulgare, Arrhenatherum elatius, Galium mollugo, etc.

Vallon et bocage de La Redoute

Le vallon forestier de la Redoute - dit encore de Trottinfosse - correspond à l'extrémité orientale de la Heid des Gattes et est bien distincte en matière de biotopes du reste du versant. Cette zone se distingue en outre par la présence de plusieurs ruisselets intermittents et chantoires (pertes).

La végétation forestière est principalement formée de chênaies-charmaies subatlantiques acidoclines à neutrophiles selon les endroits, avec Quercus robur, Quercus petraea, Vaccinium myrtillus, Teucrium scorodonia, Sorbus aucuparia, Anemone nemorosa, Ranunculus ficaria, Polygonatum multiflorum, Viola riviniana, Digitalis purpurea, Poa nemoralis, Fraxinus excelsior, Athyrium filix-femina, Crataegus monogyna, Stellaria alsine, Urtica dioica, Alnus glutinosa, Geum urbanum, Ajuga reptans, Adoxa moschatellina, Oxalis acetosella, Alliaria petiolata, Lamium galeobdolon, Polytrichastrum formosum, Lathyrus linifolius, etc.

Faune de la Heid des Gattes

L'intérêt faunistique de la Heid des Gattes et de l'ensemble du versant droit de l'Amblève est tout aussi exceptionnel que sa végétation et sa flore, et des investigations visant des groupes taxonomiques très variés y sont menées depuis de nombreuses années.

Parmi les travaux pionniers, citons par exemple ceux de JACQUEMART (1967) pour les collemboles; LECLERCQ (1945) pour les zoocécidies, LECLERCQ (1954) pour les gastéropodes, LECLERCQ (1953) pour les Diptères. Citons aussi, quelques décennies plus tard, LITT (2001) qui fournit une liste d'hyménoptères de la carrière de la Falize, ainsi que les différentes contributions publiées dans la revue Parcs & Réserves d'Ardenne et Gaume, dont ceux consacrés aux oiseaux (DUMOULIN, 2009), à l'herpétofaune (e.a. HERMANNS, 2013; HERMANNS et al., 2013), aux punaises (STECKX, 2013 et 2018).

Au cours de ces vingt dernières années, la réputation du site a attiré un nombre toujours plus élevé de naturalistes dont les observations cumulées permettent d'établir des listes d'espèces impressionnantes, par exemple pour les hémiptères, les hyménoptères, les papillons, diverses familles de coléoptères et de diptères, etc. Depuis que la réserve naturelle est agréée par la Région wallonne, les observations les plus significatives sont présentées dans un rapport annuel rédigé par les conservateurs de la réserve. De plus, avec l'avènement des différents portails naturalistes à portée régionale (Observations.be, DEMNA, Biogeonet, ...), d'innombrables données biologiques sont maintenant consultables facilement. Grace à ces outils interactifs de science citoyenne, l'inventaire est donc devenu continu et évolutif si bien que de nouvelles espèces sont sans cesse notées sur le site et ses alentours.

Une page est consacrée sur le web aux richesses naturelles de la Heid des Gattes: https://www.heiddesgattes.be/richesses.php

Monument naturel

La Heid des Gattes constitue la dernière falaise naturelle de psammite famennien de l'est de la Belgique, tous les autres affleurements de la région ayant en effet été entamés par des carrières.

Monument historique

La Fontaine de Pied Vache présente un intérêt certain. En effet, les habitants du hameau venaient jadis s'y approvisionner en eau. Un abreuvoir pour le bétail y existait également.

Les carrières sont les témoins d'une industrie extractive importante pour cette région.

Histoire du site

D'après la carte de Ferraris, le site était occupé au 18ème siècle par des rochers et des bois de basse futaie. Le 18 septembre 1794, la vallée de l'Amblève a connu des évènements violents: la bataille de la Heid des Gattes y a vu la victoire de l'armée française sur les troupes autrichiennes dans le contexte de conquête menée par la France révolutionnaire à l'encontre des Pays-Bas autrichiens auxquels était rattachée à l'époque la Belgique actuelle (voir à ce sujet HARDY, 2013).

De nos jours, le sommet de la réserve est occupé par des prairies peu intensément exploitées, entourées de haies. En contrebas de ces prés, subsistent des traces d'anciennes cultures en terrasses dont les murets sont encore bien visibles en sous-bois. D'après un ancien habitant du village, des cultures de pommes de terre ont été établies jusqu'au dessus des rochers pendant la dernière guerre encore. Ces terrasses sont aujourd'hui boisées.

Deux vastes carrières ont bien failli faire disparaître le site de la Heid des Gattes. Il s'agit de la carrière de Goiveux, ouverte en 1907 à l'ouest du site, et de la carrière de la Falize, entamée dès 1899 à l'extrémité orientale de la Heid des Gattes. Ces deux carrières ont, pendant des décennies, progressé l'une vers l'autre tout en faisant disparaître une grande partie du versant. Ces exploitations sont à présent désaffectées et incluses dans la réserve naturelle agréée de la Heid des Gattes.

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Divers

Sources

Ardenne et Gaume

Répondants de l'information

Jean-Michel DARCIS (Ardenne et Gaume)

Date de la dernière modification de la fiche

2022-02-20