Ce mardi 28 avril 2026, la Wallonie a publié pour la première fois une Liste rouge officielle de sa flore vasculaire. Les plantes vasculaires regroupent les plantes à fleurs, les conifères et les fougères qui composent l’essentiel de notre flore sauvage. Dans sa version étendue, il s’agit de la première liste complète des plantes vasculaires indigènes de Wallonie, auxquelles a été attribué un statut clair : espèce menacée, quasi menacée, non menacée ou régionalement éteinte. Parmi ces catégories, seules les espèces réellement menacées constituent, au sens strict, ce que l’on appelle la « Liste rouge ». Mais que signifie concrètement une « Liste rouge », et à quoi sert-elle ?
Un outil pour comprendre l’état de la biodiversité
Une Liste rouge est avant tout un outil scientifique qui fait le point sur la santé des espèces. Elle permet de savoir quelles plantes sont en danger de disparition, lesquelles sont fragilisées, lesquelles vont bien… et lesquelles ont malheureusement déjà disparu de notre Région.
Cette Liste rouge concerne les plantes indigènes de Wallonie, c’est-à-dire celles qui ont colonisé notre territoire par des moyens naturels et font partie de notre patrimoine. Sur un total de 1 284 espèces et sous-espèces analysées, 95 espèces sont régionalement éteintes (7,4 %), 238 espèces en danger critique (18,5 %), 128 espèces en danger (10 %), 155 espèces vulnérables (12,1 %), 112 espèces quasi menacées (8,7 %), 504 espèces de préoccupation mineure (non menacées - 39,3 %). 52 espèces n’ont pu être évaluées en raison de données absentes ou peu fiables (4 %). La liste rouge compte ainsi 521 espèces et sous-espèces menacées.
La seule comparaison possible est celle faite avec l’unique autre référence : la liste des espèces rares, menacées et protégées de Wallonie, parue en 2006.
La tendance pour les espèces évaluées aux deux périodes est une légère amélioration : le nombre d’espèces éteintes a baissé de 16 unités (29 ont été retrouvées, 13 n’ont plus été revues récemment et sont présumées disparues), quant aux espèces menacées, leur nombre a diminué (-19) et on observe un glissement léger mais global vers les statuts de moindre menace. La situation actuelle reste néanmoins préoccupante au vu de la proportion d’espèces menacées (plus de 40%) et d’ores et déjà éteintes (plus de 7%).
Un travail scientifique rigoureux, porté par l’administration wallonne
Cette Liste rouge est le fruit d’un travail de longue haleine, mené par les équipes de la Direction de la Nature et de l’Eau (DNE), au sein du Département de l’Étude du Milieu Naturel et Agricole (DEMNA) du Service public de Wallonie, en collaboration avec l’Université de Liège – Gembloux Agro-Bio Tech.
Elle repose sur l’analyse de plus de 4,5 millions de données, collectées sur le terrain par les agents du service public, mais aussi grâce à la contribution de naturalistes amateurs et d’associations. Ces informations ont été rassemblées, vérifiées et analysées selon les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ce qui garantit à la Liste rouge wallonne un statut officiel et une reconnaissance scientifique internationale.
Un état des lieux qui appelle à l’action
La Liste rouge n’est pas un simple inventaire. Elle sert de base indispensable pour agir.
Grâce à elle, la Wallonie dispose d’une photographie objective et reconnue de l’état de sa flore, qui permet de mieux orienter les politiques publiques de conservation, de mesures de protection et de stratégie d’action visant au maintien de la richesse floristique et de la biodiversité wallonnes. Cette Liste rouge constitue donc un outil de référence pour aujourd’hui et pour l’avenir, au service de la gestion de la biodiversité wallonne. La Liste rouge complète et les résultats détaillés sont disponibles sur le Liste rouge de la flore et sur le site des Naturalistes belges.
Contact : offh@spw.wallonie.be
Photo : Yvan Barbier