Au cours des dernières décennies, le nombre de sangliers en Europe a fortement augmenté, jusqu’à l’arrivée de la peste porcine africaine, une maladie grave qui s’est ensuite propagée dans une grande partie de l’Europe de l’Est.
Pour mieux comprendre l’importance de cette population, les chercheurs ont utilisé deux types d’informations :
- des observations de sangliers faites sur le terrain ;
- des données de chasse, c’est‑à‑dire le nombre de sangliers prélevés par les chasseurs.
Ces données ont été combinées à des informations sur l’environnement (forêts, climat, paysages…) et analysées à l’aide de modèles statistiques, afin d’obtenir une estimation du nombre de sangliers à l’échelle de toute l’Europe.
Les résultats de ces analyses ont ensuite été comparés à des mesures de densité fiables provenant de 77 sites répartis dans différents pays européens. Cela a permis d’estimer le nombre de sangliers par pays, avant l’apparition officielle de la maladie dans chacun d’eux. En Wallonie, c’est le territoire du camp militaire de Marche-en-Famenne qui sert de référence.
Les chercheurs estiment ainsi qu’avant chaque saison de chasse, l’Europe comptait entre 13,5 et 19,6 millions de sangliers dans les zones où l’espèce est la plus présente. Les différentes méthodes utilisées donnent des résultats très proches, même si le nombre de sangliers varie fortement d’un pays à l’autre.
Ces estimations peuvent parfois nécessiter des ajustements locaux (par exemple dans les régions où les sangliers s’installent récemment), mais elles sont déjà très utiles pour :
- évaluer les risques de propagation des maladies ;
- mieux planifier les actions de gestion, comme la chasse ou la surveillance sanitaire.
Enfin, les auteurs expliquent que cette méthode pourrait aussi servir à estimer les populations d’autres espèces animales, grâce à des données harmonisées fournies par l’Observatoire européen de la faune sauvage.