Les maladies qui circulent entre la faune sauvage et les animaux d’élevage sont de plus en plus difficiles à contrôler. Cela s’explique en partie par le fait que les activités humaines s’étendent toujours davantage dans les habitats naturels. Mieux comprendre pourquoi et quand les animaux sauvages s’approchent des élevages est donc essentiel pour limiter le risque d’épidémies pouvant avoir de lourdes conséquences économiques et sociales.
Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés aux contacts entre sangliers et élevages porcins à l’échelle de toute l’Europe. Pour cela, ils ont combiné des données GPS issues du suivi de sangliers avec la localisation de centaines de fermes porcines. Ils ont analysé la fréquence des contacts à différentes échelles de temps (par heure et par mois) et étudié l’influence de nombreux facteurs liés à l’environnement, aux sangliers et aux caractéristiques des élevages.
Au total, le suivi de 187 sangliers et 457 élevages porcins a permis d’identifier plus de 3 300 situations de contact. Ces contacts ne sont toutefois pas répartis de manière homogène : une petite proportion de sangliers (5 %) et un nombre très limité de fermes (1 %) sont responsables de la moitié des contacts observés. En moyenne, un sanglier entre en contact avec une ferme environ une à deux fois par mois, et un peu plus souvent lorsqu’on considère l’ensemble des fermes présentes sur son territoire.