Bilan de l'année 2025
22 356 animaux ont été pris en charge sur l’ensemble du territoire wallon en 2025, soit environ 30 % de plus qu’en 2024. Cet afflux a pu être géré grâce aux 16 CREAVES en fonction, dont deux ont été ouverts en 2024, en particulier grâce à leurs gestionnaires et vétérinaires mais aussi aux nombreuses personnes qui les appuient bénévolement.
Les espèces accueillies
De très nombreuses espèces d’oiseaux, de mammifères et même de batraciens et reptiles sont accueillies dans les CREAVES.
Le hérisson est de loin l’espèce la plus accueillie, représentant à lui seul environ un quart des entrées dans un CREAVES (fig.1). Le Pigeon ramier, le Pigeon bizet, le Moineau domestique, le Martinet noir, la Mésange charbonnière et la Mésange bleue figurent parmi les espèces qui sont les plus amenées dans un CREAVES. Il s’agit d’espèces vivant à proximité de nos habitations, ce qui d’une part les exposent à des menaces d’origine anthropique (accidents de jardinage, animaux de compagnie, collision avec des vitrages ou collisions routières …) et d’autre part permet un repérage des animaux en détresse.

Fig. 1 - Les espèces les plus accueillies dans un CREAVES en 2025
Les causes d'entrée
Les principales causes d’admission d’un animal dans un CREAVES sont d’origine anthropique. Sur les animaux accueillis en 2025 :
- plus de 7 % ont été blessés par un chat domestique ;
- plus de 3 % étaient victimes de collision routière ;
- plus de 3 % étaient victimes de collision avec un vitrage ;
- environ 3 % ont été amenés par suite de la destruction de leur habitat ;
- environ 2 % ont été retrouvés coincés ou enfermés dans une infrastructure humaine ;
- et environ 1 % ont été victimes d’un accident de jardinage (débroussailleuse …).
Le nombre d’accidents pourrait être limité par certaines actions de prévention, par exemple, par l’équipement des chats domestiques avec une clochette ou une collerette anti-prédation, par l’équipement des vitrages accidentogènes avec des silhouettes claires permettant aux oiseaux de voir le vitrage ou par l’installation de vitrages avec un faible coefficient de réflexion.
Le devenir des animaux pris en charge
L’objectif de la revalidation est de pouvoir relâcher l’animal dans son milieu naturel après que celui-ci ait récupéré sa pleine autonomie.
Malheureusement, malgré les efforts déployés par le personnel des CREAVES, tous les animaux ne peuvent être sauvés. Les atteintes (blessures, maladies) sont parfois trop sérieuses pour la récupération des fonctions vitales de l’animal. La prise en charge tardive augmente le risque que l’animal ne puisse être sauvé. En moyenne, 10 % des animaux doivent être euthanasiés dans les heures suivant leur arrivée et environ 30 à 40 % meurent en cours de traitement. Environ la moitié des animaux accueillis peuvent être relâchés dans leur milieu naturel après leur revalidation.
Faits notables en 2025
2025 a été marquée par une hausse notable de l’accueil de certaines espèces. C’est notamment le cas pour les chauves-souris (pipistrelles, mais également d’autres espèces plus rares). Ceci est en partie lié à la destruction de gites lors de travaux, notamment des rénovations en période inappropriée. Lorsque votre maison héberge des chauves-souris ou des oiseaux, il est conseillé de prendre contact avec le DNF avant tout travaux importants qui impactent la toiture ou les corniches, particulièrement en période de reproduction.
Le nombre de martinets noirs accueillis a plus que doublé par rapport à 2024. L’année 2025 a été marquée par des épisodes répétés de fortes chaleurs, pouvant générer des chutes précoces hors du nid, liées à la surchauffe des toitures et a également été marquée par une bonne disponibilité en insectes, favorable à la reproduction de l’espèce. Cette combinaison a vraisemblablement entraîné une augmentation du nombre de jeunes exposés aux aléas climatiques et urbains. À ce titre, le Martinet noir apparaît comme une espèce particulièrement sensible aux effets du dérèglement climatique.
Le printemps 2025, particulièrement sec et ensoleillé, a visiblement stimulé la reproduction chez de nombreuses espèces. Plusieurs CREAVES ont constaté une hausse marquée des admissions de jeunes mammifères : écureuils roux, lièvres, renards et chevreuils. Ces chiffres, en nette augmentation par rapport à 2024, témoignent de conditions climatiques favorables aux naissances. Ces admissions nombreuses pointent aussi le problème de prises en charge non indispensables : de nombreux jeunes, chevreuils notamment, sont déplacés à tort, alors que leur mère veille sur eux à distance. Avant de déplacer un jeune mammifère, il convient de s’éloigner durant un moment et de vérifier le retour de la mère. Dans le doute, il est conseillé de prendre contact avec le DNF ou avec un CREAVES avant toute action.
Photos : Laurence Strat
