Signaler et neutraliser les nids
La neutralisation des nids du frelon asiatique à pattes jaunes constitue le moyen le plus efficace pour réduire les nuisances causées localement par cet insecte. Cette opération requiert le plus souvent l’usage d’un insecticide injecté sous forme de poudre dans le nid. Elle doit être mise en œuvre dans le cadre d’un programme de lutte raisonnée ciblant spécifiquement les nids à risque avéré pour la santé publique, l’apiculture ou la production de fruits.
Signaler les nids
Les citoyens sont invités à signaler les nids de frelon à pattes jaunes grâce à l’application dédiée qui sera prochainement disponible à partir de cette page.
Les informations concernant la localisation du nid, son support et son environnement devront être précisées. L’ajout d’une photo sera aussi recommandé afin de confirmer qu’il s’agit bien d’un nid de frelon asiatique à pattes jaunes. Voir aussi les informations disponibles sur la page « Le reconnaître » pour éviter les confusions avec les nids construits par d’autres espèces.
Dans la mesure où le frelon à pattes jaunes est aujourd’hui très répandu et ne peut pas être éradiqué, tous les signalements de nids ne s’accompagneront pas nécessairement d’une neutralisation (voir infra).
Un effort de surveillance particulier est nécessaire entre le mois de mars et le mois de juin pour assurer la détection des nids primaires installés sous abris dans les garages, les cabanes de jardin, ou les nichoirs, sous les terrasses, etc.
L’observation de l’insecte est nécessaire pour savoir si le nid a bien été construit par le frelon asiatique à pattes jaunes et non par un autre hyménoptère.

Nid primaire de frelon asiatique à pattes jaunes © Quiricou
On sera attentif à ne pas confondre les nids secondaires installés en hauteur dans les arbres avec des nids d’oiseaux ou des boules de gui et à vérifier à l’aide de jumelles si le nid est toujours bien actif (présence de frelons volant autour de lui).
Les techniques de destruction ou de neutralisation des nids
© Medoc Rapide Services
Les nids embryonnaires de la taille d’une balle de golf sont le plus souvent construits sous abri par la reine (terrasse, cabane de jardin, etc.). Quand l’accès est facile, ces nids peuvent être éliminés en les enfermant dans un pot en verre durant la nuit, avant de les stocker quelques jours au congélateur.
La destruction des nids primaires de taille plus importante et des nids secondaires est beaucoup plus délicate car ils hébergent un grand nombre d’insectes. Elle nécessite parfois une intervention en hauteur. Dans tous les cas de figure, il est recommandé de confier leur neutralisation à un opérateur préalablement formé par le CRA-W et convenablement équipé car cette opération représente un danger certain.
La neutralisation peut se faire par un décrochage du nid dans l’obscurité lorsque celui-ci est facile d’accès. Dans les autres cas, elle nécessite l’injection d’une poudre insecticide à base de pyréthrinoïde à l’aide d’une perche télescopique. Après neutralisation, les nids construits en hauteur seront le plus souvent laissés en place car difficiles à décrocher.
Les pyréthrinoïdes étant très toxiques pour les organismes aquatiques, ils devront être remplacés par de la poudre de diatomée dans tous les cas où il est nécessaire de neutraliser un nid situé près d’un cours d’eau ou d’une zone humide.
Les nids à détruire en priorité
La priorité est donnée aux nids embryonnaires ou primaires détectés à hauteur d'homme (mars-juin) qui sont assez faciles à éliminer et ne nécessitent souvent pas l’usage d’insecticides.
Les nids secondaires sont également prioritaires lorsque leur présence s’accompagne d’un risque avéré sur le terrain, en particulier :
- en présence d’un nid qui est construit à moins de 5 mètres de hauteur et constitue un risque pour la santé publique ;
- en cas d’attaques répétées sur les ruchers à partir de nids situés à moins d’1 kilomètre ;
- en cas de présence importante de frelons dans les vergers et les vignobles, portant atteinte aux récoltes de fruits.
Les nids construits en hauteur à l’écart des habitations, des ruchers ou des vergers ne doivent pas être détruits pour éviter de disséminer trop de produits insecticides dans l’environnement. Ceux établis à proximité des rivières, des milieux humides et des zones protégées seront laissés indemnes sauf en cas de situation d’urgence pour la santé publique.

Les nids en fin de vie détectés sur le terrain à partir du mois de novembre ne doivent plus d’être neutralisés. Ceux-ci vont en effet être abandonnés et se décomposer progressivement au gré des aléas météorologiques. Ci-contre, photographies d’un nid de frelon à pattes jaunes à l’automne.
© Etienne Branquart