Le frelon asiatique à pattes jaunes n’est pas plus agressif ou plus dangereux pour l’homme que les guêpes ou le frelon européen. Inutile donc de paniquer ! Des gestes simples peuvent être adoptés pour diminuer le risque de piqûres… 

Un risque de piqûre bien plus faible qu’on ne l’imagine 

Le frelon asiatique à pattes jaunes est un insecte assez pacifique. Son aiguillon sert peu à la défense et est surtout utilisé pour la capture des proies. Lorsqu’il est agressé, il préfère souvent la fuite à l'attaque.  

Il chaparde moins souvent de la nourriture sur les tables que les guêpes, mais se rencontre davantage sur les fruits mûrs ou en chasse sur les plantes mellifères ce qui réduit sensiblement le risque de piqûre. 

Les cas de piqûres sont exceptionnels et la composition du venin du frelon asiatique à pattes jaunes est très proche de celui des hyménoptères rencontrés en Europe. Sa piqûre n'est pas plus dangereuse que celle d'une guêpe et la dose de venin injectée inférieure à celle déversée lors d'une piqûre d'abeille. Elle est toutefois un peu plus douloureuse car le dard plus long pénètre plus profondément dans la plaie et peut traverser certains équipements de protection comme des gants en cuir.  

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© Eric le Bervet 

A noter qu’il en va tout autrement pour le frelon géant japonais (Vespa mandarinia), absent d’Europe, beaucoup plus agressif et à l’origine de piqûres particulièrement douloureuses.

En France, le nombre d’hospitalisations causées par les piqûres d’hyménoptères (guêpes, abeilles et frelons) n’a pas augmenté de manière significative entre 2014 et 2023, en dépit de la très forte augmentation de la population de frelons à pattes jaunes durant cette période. La majorité des cas d’hospitalisation y sont causés par des piqûres de guêpes. L’invasion de ce pays par le frelon à pattes jaunes n’a donc pas entraîné de forte augmentation du risque lié aux piqûres d’insectes contrairement à ce que suggèrent certaines informations véhiculées par les médias.

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Evolution du nombre d’hospitalisation causées par des piqûres d’hyménoptères (guêpes, abeilles et frelons) sur le territoire français entre 2014 et 2023 

Ne pas s’approcher des nids de frelons asiatiques à pattes jaunes ! 

Si le frelon asiatique à pattes jaunes apparaît d'ordinaire assez paisible, l'approche volontaire ou accidentelle de son nid est assez risquée. En effet, à l’instar du frelon européen et des guêpes sociales, il défend son nid avec acharnement quand il se sent menacé. Son approche à moins de 5 mètres peut déclencher l'attaque collective de la colonie, la production de piqûres multiples sur le corps et la projection d’un liquide irritant pour les yeux, nécessitant une hospitalisation en urgence. En revanche, les nids qui sont situés très hauts dans les arbres, à plus de 5 mètres du sol, ne représentent le plus souvent pas de risque particulier.  

Les désinsectiseurs en charge de la neutralisation des nids de frelons constituent bien sûr les personnes les plus exposées à ce genre de risque, de même que le personnel en charge de l’entretien des espaces verts, les bucherons et les ouvriers récoltant des fruits sur les arbres.  

Durant l’hiver, les nids détectés sont sans danger. Ils ne contiennent plus que des insectes morts.  

Le saviez-vous ? Une personne sur cinquante est allergique au venin de guêpes, d'abeilles ou de frelons et doit donc se montrer très prudente vis-à-vis de ces insectes. En cas d'allergie, la piqûre provoque rapidement de l'urticaire, des vomissements, des vertiges et des difficultés respiratoires. Si ces symptômes apparaissent, il faut procéder le plus rapidement possible à une injection d’adrénaline dans la cuisse et faire appel aux services d’urgence. Plus d'informations auprès du Centre Antipoisons belge

Quelques astuces pour diminuer le risque de piqûre  

Quand une guêpe ou un frelon s’approche, inutile de paniquer car il ne vient pas pour piquer, mais plutôt par curiosité ou pour rechercher des aliments sucrés. Il faut simplement rester calme, éviter de gesticuler et surveiller l’insecte du coin de l’œil, le temps qu’il s’éloigne de lui-même. Il faut bien sûr se montrer prudent lorsque l’on mange des fruits ou que l’on consomme des boissons sucrées à l’extérieur pour éviter d’être piqué dans la bouche.  

Les nombreux frelons observés sur des parterres de fleurs, des saules pleureurs ou du lierre en fin de saison sont tout à fait inoffensifs. Ils sont à la recherche de ressources alimentaires et n’ont aucune agressivité envers l’homme. 

Bon à savoir : les guêpes et les frelons détestent l’odeur du café brûlé. Il est possible de les éloigner d’une table de pique-nique en laissant se consumer du marc de café séché ou du café moulu, préalablement disposé dans une assiette en porcelaine ou un récipient métallique ! 

Il faut bien sûr éviter de s’approcher à moins de 5 mètres d’un nid de frelon ou de guêpe. Avant de débuter des travaux de taille ou d’ébranchage, le mieux est de surveiller les allers et venues des insectes autour de la végétation pour détecter la présence éventuelle d’un nid et diminuer le risque de piqûre.  En cas de doute, un bâton de 3-5 mètres peut être passé en haut et en bas de la haie afin de détecter la présence éventuelle d’une colonie d’hyménoptères.

A proximité d’un nid, il est conseillé d’éviter les gestes brusques, de se vêtir de vêtements clairs et d’un chapeau à larges rebords pour bien se protéger la tête. En cas d’attaque massive, il faut s’enfuir rapidement en tournant le dos au nid et s’éloigner le plus possible de celui-ci. 

Si le nid est situé près du sol et dans un endroit de passage, il est conseillé de faire procéder à sa neutralisation par des professionnels.  

Les désinsectiseurs doivent impérativement porter une combinaison de protection intégrale faite d’un tissu double couche très résistant, d’un casque à visière rigide et d’une paire de gants en caoutchouc.  

Sources

  • Choi, M. B. (2021). Defensive behavior of the invasive alien hornet Vespa velutina nigrithorax against potential human aggressors. Entomological Research51(4), 186-195.   
  • Hoffman, D. R., & Jacobson, R. S. (1984). Allergens in hymenoptera venom XII : how much protein is in a sting. Ann Allergy, 52(4), 276-278. 
  • Laborde-Castérot, H. et al. (2021). Ocular lesions other than stings following yellow-legged hornet (Vespa velutina nigrithorax) projections, as reported to French poison control centres. JAMA ophthalmology, 139, 105-108. 
  • Sinno-Tellier, S. et al (2026). Public health impact of envenomation by Vespa velutina nigrithorax and other Hymenoptera in France: a multi-source study. Journal of Allergy and Hypersensitivity Diseases, 100062.