Liste rouge des libellules (2021)
La liste rouge des libellules de Wallonie a été actualisée en 2021, près de 20 ans après l’évaluation précédente, publiée en 2006. Il s’inscrit donc explicitement dans la continuité d’une ancienne liste rouge, qui comparait alors l’évolution des populations entre les périodes 1850‑1989 et 1990‑2000. Cette nouvelle évaluation était devenue nécessaire en raison de l’accroissement massif des données disponibles, lié à la mobilisation croissante des naturalistes, de l’amélioration des outils de suivi et d’encodage et du besoin de réévaluer le degré de menace réel des espèces à la lumière de ces nouvelles informations.
Données et cadre méthodologique
L’analyse repose sur un jeu de données exceptionnel, comprenant près de 200 000 observations collectées par plus de 1 700 observateurs, issus à la fois de programmes de monitoring structurés et de science citoyenne.
La liste rouge est établie selon les critères de l’UICN, adaptés au contexte wallon. Cette adaptation tient compte de la faible superficie du territoire wallon, des biais d’échantillonnage liés à l’augmentation de l’effort de prospection et de la nécessité de compléter les résultats automatiques par des avis d’experts, notamment pour les espèces rares ou très localisées.

© Denis Parkinson
Comparaison avec la liste rouge précédente
La comparaison avec l’évaluation antérieure met en évidence une amélioration nette de la situation des libellules en Wallonie. En 2006, 46 % des espèces évaluées étaient considérées comme menacées alors que cette proportion est ramenée à 25 % en 2021. Aucune espèce n’est désormais classée en danger critique, alors qu’elles étaient 11 dans ce cas lors de la précédente liste rouge.
Cette évolution confirme une diminution globale du risque de disparition pour ce groupe biologique.
Espèces et milieux les plus touchés
Les espèces menacées de libellules sont principalement associées aux milieux aquatiques de haute qualité écologique. Les tourbières, les plans d’eau oligotrophes et mésotrophes ainsi que les cours d’eau concentrent les plus fortes proportions d’espèces menacées, tandis que les espèces ubiquistes et celles liées aux eaux eutrophes sont globalement moins concernées. Cette vulnérabilité reflète la sensibilité des libellules à la dégradation hydrologique, à la pollution et à la fragmentation des habitats.
Tendances générales et portée de la liste rouge
Comparée à l’évaluation précédente, la situation des libellules en Wallonie montre une amélioration globale, avec une diminution marquée du nombre d’espèces menacées et l’absence actuelle d’espèces en danger critique d’extinction. Cette évolution positive est largement liée aux importants efforts de restauration des zones humides, notamment des tourbières. Elle reste toutefois à consolider : certaines espèces demeurent fragiles, et les effets du changement climatique pourraient, à terme, inverser les tendances observées.
Statut des espèces
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Publication
Photo de bandeau : © Gilles San Martin