La liste rouge des chauves-souris (2021)
La nouvelle liste rouge des chauves-souris de Wallonie dresse un état des lieux actualisé du risque d’extinction de ces mammifères nocturnes, particulièrement sensibles aux modifications de leur environnement. Fondée sur les critères de l’UICN et sur plusieurs décennies de données de suivi, elle met en évidence une situation globale préoccupante, marquée par la vulnérabilité de nombreuses espèces, tout en soulignant l’importance des actions de conservation engagées pour enrayer leur déclin.
Données et cadre méthodologique
L’évaluation repose sur l’application des critères de l’UICN, adaptés à l’échelle régionale, et s’appuie sur un large éventail de sources de données : comptages d’individus en hibernation, suivis des colonies de reproduction, captures ponctuelles, données acoustiques, observations opportunistes et références bibliographiques.
Afin de tenir compte du contexte wallon, des comparaisons ont également été réalisées avec les listes rouges de régions limitrophes. Les résultats ont ensuite été confrontés à l’expertise de spécialistes belges afin d’ajuster les statuts lorsque cela était nécessaire.
Comparaison avec la liste précédente
Quatorze ans après la précédente liste rouge (2007), l’actualisation montre une situation globalement plus favorable, même si ces évolutions doivent être interprétées avec prudence. Les changements observés s’expliquent en partie par l’utilisation de critères d’évaluation différents, mais aussi par une amélioration notable des connaissances, notamment grâce au développement des méthodes acoustiques.
Plusieurs espèces voient leur statut s’améliorer, en partie sous l’effet des mesures de conservation mises en place (Natura 2000, protection des gîtes, restauration d’habitats). À l’inverse, une espèce présente un statut plus défavorable, et certaines demeurent menacées ou quasi menacées malgré les progrès réalisés.
Espèces et milieux les plus touchés
En Wallonie, un tiers des espèces de chauves-souris est aujourd’hui menacé. Les espèces les plus sensibles sont celles qui dépendent de milieux forestiers de haute qualité, de réseaux de zones humides, ou de gîtes spécifiques pour la reproduction et l’hibernation.
Les espèces anthropophiles, qui utilisent le bâti pour se reproduire ou hiberner, sont particulièrement exposées aux effets de la rénovation des bâtiments et au dérangement. D’autres espèces, bien que relativement répandues, restent vulnérables en raison de leur faible densité, de la fragmentation de leurs populations ou de pressions émergentes comme le développement des infrastructures ou les impacts du changement climatique.
Tendances générales et portée de la liste rouge
La liste rouge 2021 révèle une situation contrastée. Si plusieurs espèces montrent des signes encourageants de stabilisation ou d’amélioration, de nombreuses pressions persistent et de nouvelles menaces s’intensifient. Elle met également en évidence d’importantes lacunes de connaissance pour certaines espèces pourtant présentes sur le territoire.
Au-delà du diagnostic, la liste rouge constitue un outil central d’aide à la décision, permettant de hiérarchiser les priorités de conservation, d’orienter les actions futures et de mesurer l’efficacité des politiques mises en œuvre. Elle rappelle enfin le rôle essentiel du suivi à long terme et de la mobilisation des observateurs pour améliorer encore la connaissance et la protection des chauves-souris en Wallonie.
Statut des espèces
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Publication
Photo de bandeau : © Quentin Smits