Baylisascariose
La baylisascariose est une maladie parasitaire causée par un ver rond, Baylisascaris procyonis, principalement hébergé par le raton laveur. Chez l’humain comme chez de nombreuses espèces animales, l’infection par des larves de ce ver peut entraîner des atteintes neurologiques graves.

Photo © EEI_Tony
Fiche d'identité de la maladie
Quel est l’agent responsable de la baylisascariose ?
Baylisascaris procyonis est un nématode intestinal qui parasite l'intestin grêle du raton laveur. Il appartient à la famille des Ascarididae, et une femelle adulte peut atteindre 20 à 22 cm de long au stade adulte. Ce vers est apparenté à Toxocara et Toxascaris des chiens et des chats.
Quels sont les animaux réservoirs ?
L'hôte naturel définitif de Baylisascaris procyonis est le raton laveur, chez qui le nématode n'entraîne quasiment aucune conséquence. Le parasite adulte se trouve dans l’intestin du raton et élimine un grand nombre d’œufs via les matières fécales de celui-ci.
Rarement, le chien peut également servir, comme le raton laveur, d’hôte définitif, et éliminer des œufs de Baylisascaris procyonis dans ses matières fécales.
Autres animaux atteints
Baylisascaris procyonis peut affecter gravement l’homme ainsi que de nombreuses espèces animales, mammifères et oiseaux. Il s’agit d’hôtes paraténiques, c’est-à-dire qu’il y a infestation de l’hôte sans élimination d’œufs dans l’environnement. Par contre les animaux atteints (comme les petits mammifères et oiseaux ayant ingérés des œufs du parasite) facilitent la transmission du parasite sous sa forme larvaire à l'hôte final (raton laveur), souvent par une relation proie-prédateur.
Quels sont les symptômes chez l’homme et chez l’animal ?
Chez l'homme et l'animal (hôtes paraténiques), on observe une migration des larves de B. procyonis à travers les organes abdominaux et la musculature, ainsi qu’une atteinte potentielle de l’œil et du système nerveux central (méningo-encéphalite fatale). Ces migrations de larves induisent des dommages tissulaires mécaniques graves, ainsi que des réactions antigéniques avec inflammation importante et des effets neurotoxiques. La gravité et la nature des signes cliniques sont fonction du nombre de larves atteignant le système nerveux central, des routes migratoires suivies dans celui-ci, de la taille atteinte par les larves (jusqu’à 1 à 2 mm de longueur) et de la gravité des lésions tissulaires.
- Des signes cliniques neurologiques ont été observés chez plusieurs petits mammifères infectés (marmottes, lapins, loutres, renards argentés, agneaux...) ainsi que chez des oiseaux (poulets, cailles, émeus, aras...).
- Chez les chiens, lorsque les parasites adultes restent uniquement dans les intestins, il n'y a généralement pas de signes cliniques associés.
Comparaison des symptômes chez l'animal et l'homme :
| Chez l'animal | Chez l'homme |
| Cibles | |
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Espèces hôtes :
Petits mammifères (marmottes, lapins, loutres, agneaux...) et oiseaux (poulets, cailles, émeus) = hôtes paraténiques |
Activités professionnelles à risque :
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| Fréquence des cas | |
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| Signes cliniques | |
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| Transmission et cycle | |
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| Mesures de prévention | |
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Comment se transmet la maladie ?
Le cycle
Chez l’hôte définitif (le raton laveur et rarement le chien), les Baylisascaris procyonis adultes se trouvent dans l’intestin grêle. Les parasites femelles adultes produisent un grand nombre d'œufs embryonnés qui sont éliminés dans le milieu extérieur via les matières fécales (jusqu'à 250 000 œufs par gramme).
Dans l’environnement, les larves se développent à l’intérieur des œufs jusqu’au troisième stade, qui est le stade infectieux. Dans des conditions idéales, le développement de ces œufs prend environ deux semaines.
La contamination du jeune raton a lieu par l’ingestion de ces œufs au stade infectieux, le plus souvent dans l’environnement direct (pelage de la mère – tanières où ils vivent). C’est ainsi que recommence un cycle : les larves libérées des œufs migrent dans l’intestin grêle et il y a une période d’environ 2 mois avant la production d’œufs embryonnés dans les matières fécales du jeune raton.
Chez les ratons adultes, l’infestation se fait plus fréquemment par l’ingestion d’un hôte paraténique infesté lui-même par des larves infectieuses. Le délai pour la production d’œufs dans les matières fécales est dans ce cas d’environ 1 mois.

© DEMNA (SPW), inspiré de l'article "Kazacps, K & Boyce, W., 1989, Baylisascaris larva migrans, Journal of the American Veterinary Medical Association"
La résistance
Les œufs embryonnés de Baylisascaris procyonis sont très résistants, notamment vis-à-vis de nombreux désinfectants chimiques utilisés habituellement. Ils persistent dans l'environnement et demeurent viables et potentiellement infectieux dans un sol humide pendant plusieurs années.
Le mode de contamination
Les oeufs embryonnés, très résistants, persistent dans l'environnement (sol, eau...) et sont la source d'infestations d'autres animaux ou de l'homme.
Chez l'homme, les cas sont rares, mais il s'agit habituellement d'une atteinte chez l'enfant (joue avec de la terre ou des objets contaminés par des matières fécales de ratons laveurs).
Le chien peut s'infecter lors de l'ingestion d'œufs larvés dans l'environnement ou encore l'ingestion de proies infestées. Il faut noter qu'il peut occasionnellement servir d'hôte définitif secondaire et héberger des nématodes adultes au sein de son intestin, avec pour conséquence l'élimination d'œufs dans ses matières fécales.
Cette maladie est-elle fréquente en Wallonie ?
La population de ratons-laveurs est en progression constante en Wallonie, et ce depuis 2012. Il est aujourd’hui très abondant au sud du sillon sambro-mosan et de plus en plus souvent observé au nord de celui-ci. Les régions naturelles les plus colonisées sont le Condroz, l’Ardenne et la Lorraine belge.
Le parasite Baylisascaris procyonis a été détecté chez les ratons laveurs pour la première fois en Wallonie en 2023. En 2025, une étude d’envergure a été menée en Wallonie, révélant une prévalence moyenne du parasite (ratons porteurs du Baylisascaris) chez un raton sur cinq. La prévalence passe à environ deux ratons porteurs sur cinq dans le pays de Herve et en Lorraine. Pour en savoir plus, consulter l'actualité sur le sujet.
Cette maladie est-elle fréquente dans le monde ?
La Baylisascariose est une infection rare due à un parasite intestinal, Baylisascaris procyonis, que l'on retrouve dans le tractus intestinal des ratons laveurs. Le raton laveur et le nématode Baylisascaris procyonis sont originaires d'Amérique du Nord, et se sont répandus ensemble à la suite d'exportations de ratons laveurs.
Le nématode est émergent en Europe et en Asie suite à l'introduction de ratons laveurs nord-américains pour le commerce de la fourrure au début du XXème siècle. Au Japon les ratons laveurs ont été introduits comme animaux de compagnie ou pour des expositions dans des zoos. Le parasite est moins fréquent en Amérique du Sud.
Dans les populations de ratons laveurs qui se sont installées en Europe, on retrouve B. procyonis en Allemagne, France, Grand-Duché de Luxembourg, Pays-Bas et en Belgique.
Comment se protéger de la baylisascariose ?
Les principales mesures de prévention consistent à éviter au maximum, et la présence du raton laveur dans les zones proches des habitations, et les sources de contamination potentielles (latrines de ratons, terre ou légumes et fruits souillés). Aussi,
- Ne nourrissez pas les ratons laveurs et gardez les poubelles fermées afin de ne pas les attirer près des habitations
- Ne touchez jamais les excréments de raton laveur et évitez tout contact direct avec ces animaux, qu’ils soient vivants ou morts
- Lavez-vous les mains après le jardinage ou les jeux en extérieur.
- Lavez soigneusement les fruits et légumes du jardin
- Couvrez les bacs à sable lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
- Vermifugez régulièrement les chiens avec un antiparasitaire conseillé par le vétérinaire et tenez-les en laisse en forêt.